Ma réponse à Yuval Noah HARARI sur les religions au XXIe siècle

Dans une interview au Point du 31 août 2017, le chercheur transhumaniste Yuval Noah HARARI, dont MACRON assure la publicité, dit ceci, que je souhaite nuancer :

« La religion est toujours très importante pour unir des gens et créer des conflits. Mais c’est tout ! Le « retour de Dieu » est un mirage, car les monothéistes n’ont plus rien à nous dire sur nos vies modernes. Que préconisent la Bible et le Coran sur l’intelligence artificielle ou la génétique ? Vous trouverez toujours des exégètes pour soutenir n’importe quelle position sur ces questions, mais il n’y a aucune vraie réponse dans ces textes sacrés, et pour cause. Ces religions ont depuis longtemps cessé d’être des forces créatives pour devenir des forces réactives. D’où pensez-vous que viendront les grands changements du XXIe siècle : de l’État islamique, qui ne fait que recycler de vieilles histoires, ou de la Silicon Valley ?

Tout d’abord, je pense qu’il convient de signaler, à la lecture de l’interview complète (7 pages) que le chercheur ne croit plus en l’Homme tel que nous sommes, mais veut idéologiquement le dépasser, donc qu’il n’y a pas de dialogue possible.

Alors, on peut, comme les rationalistes du XIXe siècle, dire que l’Homme sera plus intelligent une fois débarrassé des religions, mais c’est faux, et les Hommes seront tout autant irrationnels, avec toujours ce besoin de transcendance, donc ce besoin de religion.

Un Homme cherchera toujours à se dépasser, ou à s’améliorer. Et le jour où il ne le fera plus, c’est qu’il sera devenu une machine, car la machine applique un programme indépassable, qui tant qu’il ne peut pas s’améliorer lui-même, ne conçoit pas qu’il y ait meilleur qu’elle.


La religion est toujours très importante pour unir des gens et créer des conflits.

Un bon truc pour flinguer les religions est de commencer par les rendre responsables des guerres, alors que c’est presque toujours l’argent qui est derrière cela, et que Daech n’est par exemple qu’un groupe qui cherche l’enrichissement et qui se contrefout de la religion.

Je veux ici rappeler qu’on peut être religieux sans être belliciste.

Et dans le même temps, l’auteur qui prévoit l’invention d’une techno-religion, le dataïsme, ne peut donc pas imaginer qu’elle dure sans guerre.

Donc son Homme du futur, amélioré, est toujours aussi bidon que l’Homme actuel.


Le « retour de Dieu » est un mirage, car les monothéistes n’ont plus rien à nous dire sur nos vies modernes.

La Bible commence sur cette question de Dieu : « Qu’as-tu fait de ton frère ? »

Le Nouveau Testament rajoute une idée d’amour aux relations humaines : « Tu aimeras ton prochain comme toi même ».

Même si les réseaux sociaux et autres évolutions ont réussi à nous diviser, et à nous isoler, nos vies modernes ne peuvent pas (encore) se passer des autres.


Que préconisent la Bible et le Coran sur l’intelligence artificielle ou la génétique ? Vous trouverez toujours des exégètes pour soutenir n’importe quelle position sur ces questions, mais il n’y a aucune vraie réponse dans ces textes sacrés, et pour cause.

En toute sincérité, ne s’intéressent à ces questions que les milliardaires de la Silicon Valley et d’ailleurs qui n’ont jamais eu à travailler donc à s’abîmer, et qui ne sont pas préoccupés par les soucis du quotidien.

À quoi bon vouloir améliorer l’Homme si on ne veut pas améliorer le monde ? Un Homme amélioré restera un connard et continuera de détruire la planète…


Ces religions ont depuis longtemps cessé d’être des forces créatives pour devenir des forces réactives.

Qu’on le veuille ou non, les religions créent des liens sociaux.

Mais oui, elles s’opposent aussi à certains changements qu’elles jugent néfastes.

Est-il vraiment néfaste de dire qu’on pourra toujours faire mieux que l’Homme, et qu’il n’y a pas vraiment d’utilité à créer des robots qui lorsqu’ils nous percevront comme des choses inutiles voire néfastes nous écarteront ?


D’où pensez-vous que viendront les grands changements du XXIe siècle : de l’État islamique, qui ne fait que recycler de vieilles histoires, ou de la Silicon Valley ?

L’auteur compare ici deux choses incomparables. L’État islamique est en soi une start-up qui a réussi, créé sur le modèle de celles de la Silicon Valley. Elle est d’ailleurs peut-être un avenir économique.

Mais le principal changement du XXIe siècle ne pourrait-il pas déjà être qu’on arrive à vivre ensemble, et peut-être même que cela ne viendrait pas de la Silicon Valley ?


En conclusion, je pense que les religions ont leur place dans la société moderne, et qu’elles ne sont pas incompatibles avec la recherche scientifique. Mais que basées sur l’Homme, c’est aussi normal qu’elles s’inquiètent du progrès lorsqu’il veut créer un Homme qui n’est plus humain…



 

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Peut-on agir dans l’attente d’un appel de classement de plainte sans suite ?

Lorsque vous déposez une plainte simple (devant le Procureur de la République), celui-ci peut estimer qu’il n’y a pas de suite à donner, et donc classer la plainte.

Libre à vous alors de saisir le Procureur général près de la Cour d’appel pour avoir un deuxième avis, ce qui peut prendre plusieurs mois.

Mais est-il possible, par exemple pour ne pas dépasser le délai de prescription, d’agir quand même d’une autre manière, au cas où finalement le Procureur général ne ferait rien ?

OUI, m’a-t-on indiqué au 3939, et ceci dès que le Procureur relevant de votre Tribunal de grande instance a classé la plainte, ou si votre plainte est restée sans réponse pendant plus de trois mois (ce qui vaut décision de classement).

Toutefois, il est quand même recommandé de saisir les services du Procureur général afin de se renseigner au préalable au cas où il aurait ouvert une enquête.

Dans tous les cas, rien n’empêche un plaignant de porter plainte en se constituant partie civile (avec le risque malgré tout que cette constitution soit reconnue comme abusive), ou d’adresser une citation directe à son adversaire (avec aussi le risque que cela soit reconnu comme une procédure abusive).

Et dans le cas où le Procureur général aurait ouvert une enquête, ou qu’il en ouvrirait une entre temps, votre action en Justice se verrait opposé un sursis à statuer, le temps de fusionner les deux affaires.

Donc oui, il est possible de continuer les procédures sans attendre la décision d’un Procureur général relative à une contestation de classement sans suite.



Sur l’enseignement de l’identité au collège public (programme de 5e)

Avant les attentats de Charlie, ce qu’on appelle pompeusement les cours d’éducation civique et morale commençaient par un chapitre sur la diversité et l’égalité avec un thème, étudié en second sur les identités multiples de la personne.

Dorénavant, on commence ce cours, au programme de 5e, directement par le thème des identités multiples de la personne en distinguant cette fois l’identité personne et l’identité collective, ce qu’on étudiait pas avant.

Alors pourquoi cette redécouverte de l’identité collective, sinon parce qu’on se rend compte que nous avons des Français qui ne vivent pas ensemble mais bien qui coexistent, parfois en se détestant profondément ?

Je voudrais commencer par pousser un coup de gueule contre les modèles de l’identité collective tels que donnés aux élèves, en l’occurrence dans le livre dont j’ai photographié la page : Jamel DEBOUZZE et MIKA. Caricaturalement des immigrés qui ont réussi.

Mais est-ce que c’est cela la France ? Est-ce qu’un jeune Français, dont par exemple tous les arrière-arrière-grands parents sont français n’a pas d’identité collective ? De la même manière, ne reconnaît-on pas que certains immigrés n’ont pas d’identité collective avec les Français ?

Même si les statistiques ethniques sont interdites, qu’on condamne un maire qui affirme sans preuve que 72 % des enfants de sa commune sont musulmans, mais qu’on laisse dire que 50 % des enfants de Chalon-sur-Saône ne veulent pas manger de porc, ce cours est une réponse…


Mais intéressons-nous donc plutôt au témoignage de Jamel DEBOUZZE, que je trouve assez effrayant par rapport à son contenu et à sa conscience de l’égalité. Je ne sais pas ce qu’un enfant en comprend en 5e, mais il y a clairement un choix politiques des rédacteurs du manuel.

1) Jamel DEBOUZZE définit son identité comme celle d’un musulman. Pour moi, un musulman est celui qui va à la mosquée. Et quand on voit la carrière cinématographique de l’acteur, qui n’est pas très « hallal », il n’est pas de ce que je considère être comme un musulman.

Il est donc assez révélateur de lire que Jamel DEBOUZZE, sans manifestement pratiquer, se définit comme musulman.

2) Jamel DEBOUZZE définit ensuite la France comme l’endroit où on peut-être à la fois musulman et artiste, où on peut grandir dans un quartier qui n’est pas celui de sa naissance, et où on peut épouser une « chrétienne ».

Là encore, je ne trouve pas que les éléments donnés soient propres à la France mais plutôt à la démocratie occidentale, laïque, urbanisée, mondialisée…

3) Jamel DEBOUZZE finit enfin en affirmant qu’il est citoyen parce que la France a accueilli et aidé ses parents.

C’est une drôle de définition de la citoyenneté ; d’une part passive, et d’autre part basée sur l’héritage et la transmission. Et si ça peut lui signifier quelque chose, qu’est-ce que cela signifiera à ses enfants, et plus généralement aux immigrés de plusieurs générations ?


Je trouve donc qu’au lieu d’apporter un exemple apaisé de multiculturalisme, si tant est que l’école républicaine veuille continuer de faire semblant que cela est possible, ce témoignage nous montre tout ce qui ne va pas dans la question de la conscience identitaire.

Et qu’il ne faut pas s’étonner en agissant ainsi de la montée des communautarismes puisque déjà les gens mettent ce qu’ils veulent derrière le concept de Français et ensuite qu’ils en ont une compréhension qui se heurte fatalement avec ceux qui raisonnent pareillement…

J’estime que ce témoignage est un mauvais exemple, qu’on a pris Jamel DEBOUZZE juste parce qu’il a de l’argent, et qu’il est politiquement-médiatiquement correct. Mais qu’on ne saurait faire de généralités avec un cas à part volontairement sorti du lot, ce qui est pourtant voulu…



La Police municipale de Savigny-sur-Orge ne fait pas « dans les relations avec les citoyens »

Étrange annonce provenant d’un « service public ». Mais c’est pourtant ce qui m’a été affirmé ce vendredi 15 septembre 2017 en me rendant à 17 h 45, dans les locaux de la Police municipale de Savigny-sur-Orge.

Beaucoup de Saviniens ont l’impression que je n’aime pas la Police municipale, et que je m’acharne sur elle, par exemple parce qu’il serait populiste de dire que ses agents dressent trop de contraventions. Oui, je le pense pour tous ceux qui sont emmerdés pour aller travailler en partant de la gare.

Mais disons plutôt que j’affirme qu’il n’y a pas besoin de treize policiers municipaux à Savigny, pas plus que d’une brigade cynophile, pour faire traverser les enfants des écoles et garder le maire pendant le Conseil municipal, ni même pour les parades républicaines…

Et il est clair que si je deviens un jour maire, je supprimerai la plupart des postes créés sous ce mandat non sans avoir préalablement fait retrouver un travail à ces agents, à moins de pouvoir les intégrer à des unités conjointes avec la Police nationale. Nous n’y sommes pas.

Bref, je me rendais au Poste de Police municipale pour leur demander la copie d’un arrêté (celui relatif à l’interdiction de la consommation d’alcool dans certains quartiers). Derrière moi, il y avait le maire-adjoint à la Sécurité, qui sitôt ma demande faite, va s’enfermer dans son bureau.

L’hôte d’accueil sort son classeur, puis il extrait l’arrêté de sa pochette plastique, et il va pour le photocopier, quand il est brusquement interrompu par un appel. Il s’interrompt, laisse l’arrêté sur la photocopieuse et va répondre. La conversation dure environ trente secondes.

Il raccroche. Puis me dit qu’il ne peut rien me donner, qu’il ne faut plus venir ici, et que c’est le secrétariat général qui est chargé de la « relation avec les citoyens ». Je lui dis que je reviendrai quand même et au moment où je pars, voilà que le maire-adjoint sort de son bureau…

De cette anecdote, je retiens deux choses :

  • la synchronicité parfaite du moment où le maire-adjoint est dans son bureau, et où l’hôte d’accueil reçoit un appel qui le fait changer d’attitude…
  • l’annonce que l’hôte d’accueil de la Police municipale, donc que le service de la Police municipale, ne fait pas dans « la relation avec les citoyens ». Et dans ma tête, j’avais envie de demander à ce Monsieur ce qu’il fait de ses journées… Sachant que ce n’est pas ce qu’il voulait dire.

Je ne sais pas ce qui est le plus gênant dans cette histoire.

Est-ce que c’est la stupidité de la dernière bêtise qui est certainement mal dite et sous le coup d’une émotion : comment dire à VAGNEUX qu’il arrête de venir nous embêter ici ?

Ou bien qu’on soit trop lâche pour venir me dire : on ne veut pas prendre nos responsabilités et on vous renvoie au secrétariat général (ce qui n’est pas plus légal car ce n’est pas au maire de décider ce qui est communicable).

D’où un paradoxe terrible entre des agents qui sont là pour faire appliquer des arrêtés, alors qu’ils sont eux-mêmes incapables de respecter des lois, qui sont pourtant supérieures aux arrêtés, selon la hiérarchie des normes juridiques.

Bref, s’ils avaient autant d’énergie dans leurs missions de service public que dans leurs stratagèmes pour m’éviter ou m’envoyer bouler, Savigny ne s’en porterait que mieux…