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Grande peine et grande tristesse d’apprendre le décès de Bernard MANTIENNE

C’est avec émotion que j’ai appris le décès de Bernard MANTIENNE, ancien sénateur de l’Essonne et maire de Verrières-le-Buisson de 1983 à 2013. Président d’honneur de l’association de soutien à ma liste citoyenne aux élections municipales de Savigny en mars 2014, il était une personnalité politique que j’admirais pour son intégrité, ses valeurs (scouts et chrétiennes), sa rigueur, mais aussi sa simplicité et son accessibilité.

Je garde en mémoire ce samedi matin qu’il m’avait consacré pour parler de mon engagement politique naissant en août 2013. Puis les quelques échanges téléphoniques ou courriels que nous avions eu après ; ses félicitations réconfortantes après la campagne malgré mon faible score. Ce délicieux porto blanc, que nous avions dégusté chez lui, alors qu’il me partageait son expérience, mais également me parlait de Pierre GUYARD, son adversaire en 2001 et 2008.

D’un point de vue théologique, nous partagions une certaine vision, à l’origine du mouvement des Scouts unitaires de France. Précurseur du combat écologique, c’est cette dynamique qu’il avait mis en pratique dans sa ville, respectueuse de l’Homme et de l’environnement. C’est certainement à ce titre qu’il s’était présenté comme un fervent défenseur de l’intégrité du mariage, ce qui lui avait été reproché. Un combat que je poursuivrai encore en sa mémoire.

C’est aussi et enfin un homme qui avait su laisser sa place, certes sur les recommandations de son médecin, mais qui ne s’était pas accroché au pouvoir. En cela, il avait permis une transition politique apaisée, et c’est finalement un élu qui a toujours agi par humanisme pour les autres avant même ses propres intérêts. Un vrai politique, dans ce qu’il y a de plus sincère et de plus honnête, pour s’occuper de la chose publique. Une personne que j’ai trop peu connue.

La cérémonie d’obsèques de Bernard MANTIENNE aura lieu le lundi 7 novembre à 10 h 00 en l’église Notre-Dame-de-l’Assomption à Verrières-le-Buisson.



Comprendre la défaite de Nicolas SARKOZY en 2012 : immigration, identité et débat raté

En 2007, Nicolas SARKOZY triomphait avec 53,06 % des voix (18 983 138 voix) après une campagne qui lui semblait irrésistible. En 2012, Nicolas SARKOZY perd l’élection avec 16 860 685 voix (soit 48,36 %). Une seule question se pose : où sont passés les 2 122 453 voix de 2007 (Non, ce ne sont pas que des vieux qui sont morts entre temps).

En 2012, ce n’est pas HOLLANDE qui a gagné, mais c’est SARKOZY qui a perdu. L’analyse sociologique des résultats de l’élection tend à nous montrer que deux grandes catégories de votants ont fait défaut à Nicolas SARKOZY en 2012, par rapport à 2007 : l’électorat du FN (qui se retrouve en partie dans les 2 154 956 votes blancs et nuls), et les Français « issus » de l’immigration qui l’ont massivement boudé. 1 139 316 voix ont fait la différence.

L’exemple des musulmans en France

Selon l’IFOP (lire le rapport), en 2007, 20 % des musulmans de France avaient voté Nicolas SARKOZY au second tour (ils avaient été 26 % à choisir la droite au premier tour), tandis qu’ils n’étaient plus 14 % en 2012 (contre 19 % au premier tour en comptant BAYROU). La présence continue au Gouvernement de filles de Harkis de l’Algérie française (Rachida DATI, Jeannette BOUGRAB, Nora BERRA) n’aura donc profité à Nicolas SARKOZY.

Le cas des Frontistes

Selon l’IPSOS, seuls 51 % des Frontistes ont voté SARKOZY en 2012 (contre 63 % en 2007). Le non-aboutissement du programme de 2007 du président-candidat en matière de « lutte » contre l’immigration (autrement écrit de fermeture des frontières) et l’absence de conclusion du débat sur l’identité nationale, qui n’excluait pas de facto les Français issus de l’immigration de la communauté nationale, ont fortement joué contre lui.

SARKOZY aurait-il pu gagner en suivant la ligne dure de Patrick BUISSON ? Je le pense.

Alors qu’en janvier 2012, HOLLANDE était encore crédité de 58 % d’intentions de vote au second tour, ce dernier n’a fini qu’avec 51,46 %. En cause, la stratégie « buissonnienne » de Nicolas SARKOZY qui lui a permis d’aller capter l’électorat FN qui se détournait de lui. Mais dix semaines de « buissonnades » n’auront pas été suffisantes tandis que parmi les 6 millions d’électeurs de Marine LE PEN, 3 autres millions auraient pu rejoindre SARKOZY.

Le petit prince de sang-mêlé

De 2005 à 2007, Nicolas SARKOZY a travaillé son image de Français issu de l’immigration, ayant souffert des brimades de ses camarades neuilléens intolérants : celle du petit Hongrois SARKOZY DE NAGY BOSCA également petit-fils d’un marchand juif de Salonique. La diversité de ses soutiens séduits par ce discours et ayant disparu en 2012 est une preuve de la portée que ce message a connu : Faudel, Miss Dominique, Doc Gynéco, Enrico MACIAS, Charles AZNAVOUR.

Et puis le débat sur l’identité nationale…

Sujet hyper casse-gueule lorsque des Indo-européens romanisés ayant pris le nom de la peuplade Batave qui les a envahi au Ve siècle se mettent à réfléchir sur qui ils sont. D’un côté les multiculturalistes : la France de ceux qui se reconnaissent dans les droits de l’Homme. De l’autre, la France des Français blancs catholiques. En plus d’avoir fait douter les Ultra-marins de leur appartenance à la communauté internationale, on n’a pas tranché la question.

D’où les déceptions multiples dans tous les camps

Les intellectuels se sont donc déchirés sur la question, entrainant à leur suite les réflexions de comptoirs et de bazars allant du saint-simonisme (le Français moderne est un métis) à la réaction la plus naïve (« on n’est plus chez nous »). Au final, les Français issus de l’immigration ont « compris » qu’ils n’étaient pas vraiment Français et ne le seraient jamais (dans le débat). Et les fachos qu’on ne virerait pas les Français étrangers ni n’arrêterait l’immigration.

Un livre qu’on ne veut plus lire

Le débat a cessé de s’alimenter entre 2010 et 2011. Depuis, les scores du Front national ne font que progresser et les propos discriminatoires de multiplient en France. En cause, une page blanche avec beaucoup de lecteurs qui veulent connaître la suite de l’Histoire. Sauf que cet ouvrage est scellé et que ceux qui veulent le desceller ne sont plus dans une optique de débat mais d’écrire la suite de l’Histoire, que l’on ne connaît pas. Que faire alors ? Je ne sais pas.

Pourquoi cette question de l’identité est si importante ?

La mondialisation a connu un nouvel élan avec Internet. Désormais, à peine quelques dixièmes de secondes sont nécessaires pour communiquer avec une personne à l’autre bout du monde. Or, toutes ces évolutions dépassent très largement l’entendement d’une personne née sans ces outils car nous n’avons pas fini de nous adapter à ces nouveaux schémas mentaux qui créent une insécurité par rapport à nos repères. Donc nous nous sécurisons comme nous pouvons.

Pour finir, des raisons diverses de la défaite de SARKOZY

Il faut voir que la progression du FN créé un réservoir de voix qui ne se répartiront pas au deuxième tour puisque la consigne était l’abstention. Au contraire de 2007, l’ensemble des partis d’extrême-gauche ont appelé à voter pour le candidat socialiste. Enfin, les Français en avaient marre du président bling-bling et sa storytelling, même au côté de Carla BRUNI, n’émouvait plus personne.


En conséquence, alors que l’extrême-droite progresse de plus en plus et captera des voix à la droite qui ne se reporteront plus sur elle au deuxième tour, il serait peut être temps que l’UMP et les différents partis de droite (mais c’est aussi valable pour la gauche) se positionnent sur ces thèmes que sont l’identité et l’immigration, et qui sont CONFISQUÉS par le Front national qui est le seul à apporter de mauvaises réponses à cette question légitime de « Qui sommes nous ? »

Comprendre la défaite de Pierre GUYARD et du PS de Savigny-sur-Orge aux municipales

Quatre mois après le second tour des élections municipales, le Savinien libéré revient sur sept raisons qui expliquent la défaite de l’union de la gauche à Savigny, écrasée au second tour par l’UMP d’Éric MEHLHORN et le bloc des trois droites qui ont réalisé 68 % des voix avec trois listes contre 32 % pour la gauche unie, et rejointe par les électeurs de FABRE.

Au premier tour, la coalition PS-PC-PRG-EELV avait réalisé 21,77 % et s’était placée en tête. Le candidat marxiste Jean ESTIVILL avait quant à lui réalisé 2,84 % tandis que le candidat divers-gauche David FABRE en avait obtenu 13,41. Le cumul de ces voix aurait dû s’assurer la victoire contre une droite divisée, d’autant que la gauche réalisait 49 % des voix aux municipales de 2008 et 52 % en 2012. Et pourtant, il n’en fut rien…

 

I. La politique présidentielle et gouvernementale jouait contre eux

Les coalisés n’ont pas été aidés par le contexte politique nationale qui a vu la gauche fortement contestée. Mars 2014 fut, dans toute la France, un juste retour de boomerang pour le PS et son allié EELV à cause de leur incapacité économique, de leur oubli de l’électorat populaire et de leur réformes acharnées pour modifier la société française (mariage pour tous, rythmes scolaires). De fait, ils se sont coupés d’une partie de leurs bases (ouvriers, parents d’élèves, croyants…) Le charisme de Jean-Marc AYRAULT n’arrangeait alors pas les choses, même si Manuel VALLS n’aurait pas fait mieux.

II. Ils ont manqué d’une émulation à gauche sur la commune

Ils ont voulu faire l’union tout de suite et ont manqué d’un débat d’idées avec l’extrême-gauche communiste qui aurait pu les faire connaître, le centre étant absent du débat politique. Le camarade Jean ESTIVILL ne compte pas puisqu’il ne sert que les intérêts des fidèles de Savigny-égalité à savoir sa famille et les fidèles de 1989 comme Pascal CHANOUX. Le Parti de gauche de Dominic LEBRUN ne les a pas suivis et n’a pas pu constituer sa liste.

III. Leur alliance, mal ficelée, ne ressemblait à rien

Ils ont cru qu’ils l’emporteraient au nombre de partis présents sur le bulletin. Le PRG uniquement représentée par Chirinne ARDAKANI n’a servi à rien sinon à montrer l’opportunisme de la jeune syndicaliste. EELV comptait 4 personnes dont la député SAS opposé au cumul des mandats mais pas opposé au fait de devenir conseillère municipale et conseillère communautaire de la CALPE. Le PC a brillé par ses sorties, notamment celles de Michèle PLOTTU-GROSSAIN qui ne cessait de réclamer des dépenses pour financer des services publics (lesquels, on ne sait pas)…

IV. Une liste de responsables politiques parachutés 

Il n’est un secret pour personne que Pierre GUYARD (« la fierté d’être Savinien« ) nous arrive de Verrières-le-Buisson, abandonnant lâchement le PS local. On appréciera que le Parti socialiste considère Savigny comme une poubelle. Éva SAS (EELV) n’habite la ville qu’une journée par semaine sinon Paris, à ce qui se dit. Chrinne ARDAKANI (PRG) a fui Massy ayant compris qu’elle avait une chance à Savigny. Enfin, Michèle PLOTTU-GROSSAIN (PC) était la seule implantée sur la ville mais elle avait disparu politiquement depuis sa participation aux législatives de 2007.

V. Communication et impressions de campagne

Il y a tout d’abord cette affiche sur laquelle le produit (Pierre GUYARD) est coupé. Cette communication révèle un amateurisme flagrant qui est indigne de l’expérience du PS. Il y a ensuite cette manie de ne se retrouver qu’entre copains, ce qui est oppressant pour les petits nouveaux. C’était super les réunions publiques et les vœux. Sauf que c’était systématiquement le même public dont une partie venait des villes voisines, de la CALPE notamment. Les marchés de la campagne n’ont pas fait recette et les candidats s’y disputaient. Seul le porte-à-porte fut efficace. Ce fut la campagne du PS pour le PS…

VI. Un projet qui n’a pas convaincu

Essayons de l’expliquer simplement :

un service public exemplaire et efficace –> Les électeurs ont préféré la droite qui favorise le privé. Seuls les fonctionnaires apprécient vraiment le service public.

accompagner tous les âges de la vie -> On pense aux jeunes et aux vieux. Mais que fait-on pour les actifs ? Or, ce sont eux qui votent le plus. Cet aspect a manqué.

réussir le vivre ensemble –> C’est une utopie. Commençons par vivre sur Savigny. Le FN ne s’embarrasse plus avec cette question très délicate et ici mal traitée.

rendre Savigny attractive –> Ce sont les Saviniens qui veulent profiter de leur ville et en sortir pour s’amuser. Ils n’ont rien à faire que les autres viennent.

VII. Un candidat-Maire qui n’a pas séduit

Il faut voir que 1/3 des électeurs de gauche a préféré FABRE. Pierre GUYARD, arrivé récemment quoiqu’il en dise, semble avoir du mal à parler d’autre chose que d’efficacité énergétique et de rénovation thermique. Ses positions en faveur des partenariats public/privé n’ont pas été comprises. Il n’a pas accroché dans les quartiers populaires à Grand-Vaux ou aux Prés-saint-Martin, semblant trop distant et trop lointain. Enfin, il ne connaissait pas suffisamment bien les dossiers saviniens, même entraîné par son équipe ou l’ancien maire-adjoint Bernard MÉRIGOT.

 

Cette défaite est d’abord la conséquence du climat politique national. Mais elle s’explique aussi par le refus des Saviniens d’un candidat et d’une équipe extérieure, qui n’a pas fait une super campagne et qui n’avait pas un programme suffisamment convaincant pour l’emporter.

À titre personnel, je déplore la soumission des militants du PS qui ont préféré le candidat parachuté par Solférino (Pierre GUYARD) à Jean-Marc DEFRÉMONT, militant classique du PS, parent d’élève FCPE, doté d’un ancrage local. On peut aussi regretter la division du PS savinien en deux courants : social-démocrate (très idéologique) et social-libéral (avec compromis) et la victoire du premier sur le second. Enfin, on peut déplorer la perte de personnes compétentes telles que Chadia SEMDANI-ZIZTERMAN et de Jean-Claude LÉOST.