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Municipales 2020 : quel bilan pour l’UPR de François ASSELINEAU ?

Ah l’UPR, portant le même nom qu’un petit mouvement d’extrême-droite qui concourrait dans les années 1930, le « parti qui monte malgré le silence des médias ».

Et voilà qu’au moment où il n’a jamais eu autant de militants (plus de 39 000, ce qui en fait un des plus grands partis de France) et où ses résultats électoraux aux municipales, toutes choses étant égales par ailleurs, ne sont sincèrement pas dégueulasses, la presse parle enfin de ce mouvement ! Pour relayer que des cadres du parti reprochent à ASSELINEAU de favoriser le recrutement de certains collaborateurs pour pouvoir leur faire des avances homosexuelles.

Mais où ira l’UPR sans ASSELINEAU ? C’est bien là le grand drame des partis personnels comme Les Patriotes de PHILIPPOT, le MoDem de BAYROU, le MPF de DE VILLIERS, le MRC de CHEVÈNEMENT et dans une autre mesure le RN des LE PEN et LaREM de MACRON.

Et effectivement, ses résultats sont loin d’être mauvais, dans les 21 communes (sur plus de 35 000) où le mouvement s’est présenté, pour un parti anti-Europe (quel lien avec la commune ?), qui voulait y aller vraiment tout seul (en s’entourant au plus large de citoyens ne rendant pas de culte à ASSELINEAU).


Il s’agissait des premières élections municipales auxquelles participaient le mouvement.

À l’élection présidentielle de 2017, l’UPR avait obtenu 0,92 %.

Aux élections législatives de 2017, l’UPR avait obtenu 0,67 %.

Aux élections européennes de 2019, l’UPR a obtenu 1,17 %.


Alors globalement, on constate que presque partout, les candidats UPR consolident, voire même améliorent les différents scores de ASSELINEAU, ce qui traduit d’une installation du mouvement dans la vie politique française, tout du moins localement.

En n’oubliant cependant pas deux éléments.

D’une part, la faible participation qui même si elle ne dit pas quelle est la participation des seuls sympathisants de l’UPR, gonfle les scores, alors que le nombre de voix n’a pas évolué.

D’autre part, le scrutin de liste qui fait que si chaque colistier, et sa famille vote pour la liste, alors celle-ci obtient mécaniquement quelques pourcents.

Il faut enfin regarder que l’UPR n’a réussi à se présenter que dans 21 communes, ce qui ne permet pas d’analyse à spectre large.

Même s’il convient de relever qu’elle dépasse 10 % à La Courneuve, en s’appuyant sur un candidat qui avait déjà obtenu 6,9 % en 2014. Et de noter aussi son score de 11,76 % à Saint-Arnoult-en-Yvelines.

En conclusion, l’UPR progresse légèrement mais reste un petit parti à la marginalité de la vie politique française, de laquelle il lui sera difficile de sortir.


Compilation des résultats de l’UPR aux élections municipales 2020

Antibes – Juan-les-Pins (06) : 1,38 %

Cannes (06) : 1,50 %

Nice (06) : 0,92 %

Marseille (13 ) 7e : 1,12 %

Bordeaux (33) : 0,66 %

Montpellier (34) : 0,54 %

Nantes (44) : 0,92 %

Tonneins (47) : 3,55 %

Marcq-en-Baroeul (59) : 1,57 %

Wattrelos (59) : 2,56 %

Lyon (69) – 8e secteur: 1,13 %

Villeurbanne (69) : 0,96 %

Paris (75) 18e : 0,41 %

Saint-Arnoult-en-Yvelines (78) : 11,76 %

Nanterre (92) : 1,70 %

La Courneuve (93) : 10,14 %

Montreuil (93) : 1,58 %

Noisy-le-Sec (93) : 1,76 %

Rosny-sous-Bois (93) : 2,08 %

Limeil-Brévannes (94) : 1,83 %

Saint-Maur-des-Fossés (94) : 2,12 %

Vitry-sur-Seine (94) : 2,72 %


Non comptabilisé du fait de la taille de la commune

La-Boissière-École (78) : 8,79 %



Des européennes comme enjeu des partis politiques pour jauger leurs forces avant les municipales

Vous êtes nombreux à vous demander pourquoi des partis qui pensent la même chose et proposent le même programme y vont séparément aux élections européennes ?

Pourquoi l’UDI ne va pas avec La République En Marche (LaREM) ?

Pourquoi Generation-s (Benoît HAMON) ne va pas avec Europe Écologie les Verts (EELV) ?

Pourquoi le Parti communiste (PC) ne va pas avec la France Insoumise (LFI) ?

Pourquoi Lutte ouvrière (LO) refuse le soutien du Nouveau parti anticapitaliste (NPA) ?

Pourquoi Debout la France (DLF) ne va pas avec le Rassemblement national (RN) ?

Pourquoi Les Patriotes (Florian PHILIPPOT) ne va pas avec l’Union populaire républicaine (UPR de François ASSELINEAU) ?

La réponse est simple : tous se testent avant les municipales, et en vue de celles-ci !

Comme un sondage géant et presque gratuit, qui donnera un résultat national global, et surtout des résultats dans chaque ville de France !

D’où des programmes hors-sujets, sur des compétences qui ne sont pas celles de l’Union européenne, et un désintérêt toujours croissant des populations pour l’Europe.


Ainsi,

Si certains partis voient qu’ils peuvent faire 5 % aux municipales dans certaines villes, donc être intégralement remboursés, et pourquoi pas devenir faiseurs de roi, et obtenir un siège par le jeu d’une alliance, ils iront !

S’il y a cinq listes de gauche, c’est juste dans l’espoir que celle arrivée en tête puisse proposer de réaliser l’union autour d’elle aux municipales, et ça se fera.

Si le PC se distingue de la FI, c’est pour voir s’il peut y aller seul et sans MÉLENCHON qui les embarrasse, dans les anciennes banlieues rouges.

Même chose pour Génération-s, qui veut voir comment ils s’en sortent sans EELV dans certaines banlieues.

De son côté, DLF aussi cherche à se dissocier du RN, ou au contraire à voir si en additionnant leurs voix, une union n’est pas plus intéressante voire nécessaire.

Même chose pour l’UDI avec LR cette fois voire avec LaREM, qui se servira de ces résultats pour peser dans des accords nationaux.


Et nous en arrivons au sempiternel débat : faut-il faire des compromis au risque de se compromettre, ou rester intègre et ne jamais être élu ?

Avec l’hypocrisie que les partis en question qui se présentent aux européennes, y vont donc seul, non pas parce qu’ils seraient les seuls à défendre un même programme, ce qui n’est pas vrai puisqu’ils veulent ensuite tous rejoindre un groupe au Parlement européen et donc qu’ils vont être forcés de faire des compromis à un moment donné, car c’est la seule manière de peser, mais parce qu’ils ont en vue le prochain scrutin local ou national

Et surtout qu’ils se disent qu’un mec ou une nana qui fait l’effort de se déplacer aux européennes où l’abstention est très forte, se déplacera forcément pour les municipales, qui sont un scrutin davantage populaire !


Sauf que cette dernière affirmation est fausse, parce que l’enjeu local et national est bien différent.

Même si je serai le premier à regarder les résultats sur ma commune.

Oui, les européennes vont indiquer un résultat théorique mobilisable, à la condition que le parti ne fasse pas une grosse connerie entre temps, et que son leader charismatique ne disparaisse pas subitement.

Or, la perception du temps en politique continue de se réduire, et l’immédiateté s’impose de plus en plus, de telle manière que tout peut très rapidement basculer.

Au national, les gens votent pour une personne qu’ils ont vu à la télé, et pour le coup, puisqu’il n’y a qu’un seul tour proportionnel, vont réellement choisir leur candidat, pour une élection qui en plus les engage moins que localement.

Au local, ils votent aussi en fonction de la tête de liste ; tous les partis ne sont pas représentés, et les enjeux sont bien différents ; là aussi parce qu’ils s’expriment, comme aux européennes, contre le parti au pouvoir…


Ainsi, la somme des facteurs à prendre en compte nuancent toute analyse sérieuse qu’il pourrait sincèrement être appliquée des résultats d’une élections nationale à une élection locale la suivant ne serait-ce que de six mois.



François ASSELINEAU, nouvel acteur de la vie politique française

Il ne constitue pas le chamboulement le plus marquant de cette période électorale mouvementée. Malgré cela, il faudra désormais compter avec François ASSELINEAU à toutes les élections, et ce pour au moins une dizaine d’années. Il n’obtiendra probablement qu’entre 1 et 3 % des suffrages, mais il prendra toujours des voix soit à Marine LE PEN soit à Nicolas DUPONT-AIGNAN, tout en continuant de dévaloriser les idées qu’il porte.

Inutile de parler d’UPR, l’Union populaire républicaine, car ce parti politique ne vit que par et pour François ASSELINEAU. Ses militants n’agissent pas pour la sortie de l’euro, de l’Union européenne et de l’OTAN, mais pour que soient appliquées les idées de François ASSELINEAU, à savoir la sortie de l’euro, de l’UE et de l’OTAN. Il s’agit bien d’un parti mono-candidat qui ne vit (et court après les subventions politiques publiques) que pour faire la promotion permanente d’une seule personne.


Un parti installé dans la vie politique française

« Le parti qui monte malgré le silence des médias » n’est pas novice en politique. Après les européennes de 2014, et les régionales de 2015, ASSELINEAU bénéficie d’un réseau de militants suffisamment large pour pouvoir démarcher et obtenir les signatures de plus de 500 maires, et présenter des candidats dans presque chaque circonscription législative. Faisant campagne sans moyens à coup de numérique et d’affichage sauvage, il dispose désormais de convaincus dans chaque ville prêts à le représenter.


Un obstacle sur la route de la droite eurosceptique

Le débat du premier tour de la présidentielle l’a montré. ASSELINEAU parle bien de ses trois lubies, voire il en parle mieux que LE PEN et DUPONT-AIGNAN, dont c’était jusque-là une des bases du fond de commerce. Bref, qu’il candidate partout va prendre des voix au premier tour à ce qu’on appellera l’extrême-droite, qui ainsi sera peut-être empêchée de se qualifier à un second tour. Demandons-nous donc franchement : ASSELINEAU n’est-il pas monté de toute pièce pour faire obstacle au FN ?


Un idiot utile du système ?

Quand bien même certaines des affirmations d’ASSELINEAU sur les conséquences d’une sortie de l’euro, de l’UE et de l’OTAN sont partiellement fausses, dans tous les cas discutables, le programme d’ASSELINEAU est très limité voire irréalisable sur tous les autres grands sujets d’intérêt national (emploi, logement, transports, culture…). Donc tout le monde le prend pour un comique, et ainsi on continue de diffuser l’idée que tous les eurosceptiques sont des charlots dont le combat n’est pas valable dans la durée.


ASSELINEAU est excellent en communication politique. De ses affiches à la couleur verte si particulière à l’idée du « Frexit » que les Français politisés lui associe . C’est aussi un très bon commercial, et je ne saurais vous recommander, pour l’humour, la boutique de l’UPR qui vend par exemple du champagne marqué UPR. Il sait faire le show, notamment face à MACRON « vous êtes d’accord avec tout le monde », et son parti désormais largement connu, tiendra tant que ASSELINEAU vivra. Il est une des nouveautés de la vie politique française de 2017.