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Oui, l’eau doit revenir en gestion publique

Une Savinienne me demande mon avis après avoir reçu ce tract et si je vais rejoindre cette association, et/ou signer cette lettre ouverte. Ceux qui n’ont pas la mémoire courte se rappelleront que j’ai défendu pendant la campagne des élections municipales la municipalisation de l’eau sur le territoire communal voire intercommunal.

Ma vision des services publics est claire : ils doivent être gérés par des entreprises d’État (si possible qui ne soit pas soumis à des actionnaires qui spéculeraient sur leurs activités). Les partenariats publics-privés ne fonctionnent pas et sont à exclure. Il faut municipaliser (en agglomération) sinon re-nationaliser nos services publics.

Pour moi, les services publics (SP) ne doivent pas être mis en concurrence (ce que je dénonçais dans mon article précédent sur La Poste) car cela ne sert à rien d’autre qu’à augmenter les coûts pour des services qui se dégradent. Et ce sont les impôts qui payent… Donc je refuse aussi le TAFTA (TransAtlantic Free Trade Agreement) qui tuerait nos SP.

Concernant l’eau de Savigny-sur-Orge, il faut en effet la municipaliser pour baisser le prix du mètre cube de près de 1/3 de son coût actuel. Rappelez-vous d’ailleurs le scandale, sous le mandat de Jean MARSAUDON, qui cède la gestion de l’eau à La Lyonnaise des Eaux en 2002 pour 20 ans. Or, moins de deux ans après, le prix du mètre cube augmente…

Je pense que la gestion de l’eau est une activité qui permet la corruption, vu les sommes que ce secteur brasse. Autre question : comment expliquer la différence de coût qui existe entre Morangis et Savigny ? Rappelez-vous d’ailleurs ce conseil de la CALPE de 2013 au cours duquel Pascal NOURY, Maire de Morangis, s’était opposé à une harmonisation des prix. Pourquoi ?

De fait, il existe des différences allant jusqu’à 2 € d’écart au mètre cube entre des villes de l’agglomération. Alors, OUI, il faut créer une régie intercommunale de l’eau mais peut-être pas celle des communistes castelvirois. Rappelons encore que la gestion de Gabriel AMARD, même si elle était mieux que la précédente, a aussi été interrogée.

Casser le contrat en 2016 ou en 2022 coûtera toujours aux Saviniens la somme de 1 million € environ selon l’estimation que j’avais demandé en 2013. Mais elle ne pourra être que bénéfique pour nos porte-feuilles. Je propose que nous organisions un débat public sur cette question, et que nous invitions Jean-Luc TOULY, conseiller régional vivant sur le canton pour nous en parler.

Une lettre ouverte au Maire de Savigny-sur-Orge n’obtiendra pas de réponse. Éric MEHLHORN se fout de cette problématique alors que plusieurs Saviniens lui ont écrit pour le solliciter en tant que Maire-adjoint au Cadre de vie ou en tant que Conseiller général. (En même temps, qu’a-t-il fait en 9 ans sinon percevoir plus de 2000 € par mois ?)

De toute façon, le « bon sens » pour cet homme est celui du vent. Telle une girouette, il tourne là où le vent l’emporte. Manifestement, il n’y a pas eu beaucoup de vent ces derniers mois sur la Ville ni ces dernières années sur le canton. Enfin, si cela peut aider le camarade à se réveiller un peu… (Mais votez pour lui en mars, et continuez à espérer qu’il s’active…)

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Hors du marché, quel partage de services ?

Selon Rifkin, les « pronsomateurs » ou consommateurs-producteurs fondent leurs échanges de biens et de services en dehors du marché. Pourtant, les entreprises de services partagés sont de plus en plus nombreuses à brasser des sommes folles, à entrer en bourse, voire à monopoliser des secteurs de services. Une attitude, qui tel un réflexe pavlovien, revient au marché.

Leurs noms vous rappelleront peut-être leurs campagnes de communication soigneusement maîtrisées : Uber (covoiturage), AirBnb (location), Lending Club (crédit participatif), Taskrabbit (traductions)… Ces sociétés sont fondées sur l’économie de partage. Leur force repose sur les économies qu’elles permettent de réaliser, grâce au faible nombre d’intermédiaires nécessaires pour accéder à leurs services.

Quand le marché devient superflu

Si chacun peut fabriquer ses biens avec son imprimante 3D et accéder à ses services à partir de son smartphone ou de sa tablette, à quoi servent encore les grandes entreprises ? Puisque les services sont présents en abondance sur le marché et que chacun peut les proposer, alors personne n’a besoin de les posséder. Le système de l’offre et de la demande est alors rompu.

Une alternative pas toujours heureuse

Ce système annonce toutefois un nouveau modèle de société basé sur la marchandisation des rapports humains. Sur l’exemple de Google et de Facebook, certains économistes comme Jean Gadrey s’interrogent sur un risque de monopolisation des plates-formes de partage. De plus, le droit du travail ne s’applique pas sur ces supports informatiques et les personnes qui les font vivre ne sont pas aussi bien protégés que les salariés. Enfin, ces structures arrivées à un stade de développement avancé, dans lequel elle touche plusieurs millions de personnes, risquent d’effacer la concurrence locale qui pourrait exister.

Un avenir sombre

Les puissances commerciales de l’OMC tentent de libéraliser toujours plus leurs échanges avec les traités TAFTA et PISA (voir encadré), preuve que le modèle économique dominant rencontre un essoufflement . S’appuyant sur l’Accord général sur le commerce des services (AGCS), ils devraient à terme mettre en concurrence tous les services des pays concernés, y compris les services publics. À partir de là, les entreprises de services pourraient porter plainte contre toutes les sociétés basées sur une économie de partage pour concurrence déloyale. Le prélude de ce futur conflit n’était-il pas la guerre des taxis contre les VTC (véhicule de tourisme avec chauffeur) ? 

Olivier Vagneux

Nostalgie du mondialisme communiste

Mercredi soir, j’avais répondu à l’invitation des Amis du Monde diplomatique et j’assistais à Grigny à une conférence sur les dangers du TAFTA et du TISA, traités ultra-libéraux de libre-échange. L’assemblée était relativement âgée (une moyenne d’âge autour de 65 ans) avec seulement deux jeunes. Les communistes étaient nombreux dans la salle.

Soudain à un moment, un homme demande la parole et dit que si cela continue ainsi, avec l’augmentation exponentielle des inégalités, les Hommes ne supporteront plus cette situation et se révolteront. Dans tous les pays. Quels sont ceux qui ne lui sont pas tombés dessus ? Il était à la fin presque désolé d’avoir émis cette idée, honteux et quasi-obligé de s’excuser.

Travailleurs de tous les pays, unissez-vous

Cette conclusion du Manifeste du Parti communiste est la base de l’internationalisme. Une idée parfaitement honorable de mise en commun mondiale des biens et des services dans une optique de partage égalitaire. Sauf que le communisme n’a jamais fonctionné ailleurs que dans les kibboutzim israélien. En attendant, il a marqué l’Histoire du monde pendant plus d’un siècle.

Reductio ad sovieticum

Alors parce que le socialisme soviétique a échoué (comme tous les socialismes qui sont anticapitalistes et ne peuvent exister dans un monde ultra-libéral), le communisme aurait échoué ? Encore faudrait-il qu’on ait pu voir des nations appliquer un véritable communisme, ce qui est impossible à partir d’un certain seuil de plusieurs dizaines de personnes.

Du mondialisme avant toute chose

Souverainiste pour certaines choses, je n’aime vraiment pas le mondialisme que je vois comme un ennemi des nationalismes. Pourtant, je tolère deux mondialismes que je trouve beaux : celui développé par les chrétiens et celui désiré par les communistes. Et je ne souhaite pas leur avènement immédiat. Mais j’y vois une idée intéressante voire une belle utopie en ce monde.

Le communisme va mal en France

Alors pour que des fanatiques du communisme en vienne à nier le principe même de leur existence et leur motif de réunion, c’est bien qu’il y a un problème. Déjà celui du moral. Ensuite celui de la fuite des communistes vers le Front national. Aujourd’hui, qu’ils ne se soient toujours pas réorganisés vingt-cinq ans après la fin des régimes de l’Est.

Quelle conclusion ?

Alors est-ce la fin d’un idéal d’égalité et de partage ? Est-ce la victoire d’un ultralibéralisme qui nous laissera tôt ou tard sur le carreau ? Nous comprenons ainsi mieux le peu de convictions des communistes français d’aujourd’hui. Mais nous voyons là un triste symbole de l’achèvement définitif du XXème siècle. Le XXIème siècle sera capitaliste et libéral ou il ne sera pas.

À trois jours des européennes

On ne dirait vraiment pas que l’Union européenne est à l’origine de près de 80 % de nos lois. Une semaine avant le scrutin, seules trois affiches garnissaient les panneaux électoraux saviniens. Et les médias ne font rien pour y intéresser les citoyens. Car soit ils relayent les campagnes europhiles soit ils présentent des querelles politiques franco-françaises.

On a compris que les partis politiques français étaient trop nuls pour proposer une vision européenne. Aussi la droite demande-t-elle de sanctionner la gauche. Tandis que cette dernière appelle à faire barrage aux extrêmes et à élever le scrutin au-delà des problèmes français. Hypocrisie de circonstance.

La bonne campagne du Front de Gauche

Ils sont les seuls à présenter un programme cohérent et à mettre les moyens au niveau de leurs ambitions, votre serviteur ayant reçu trois documents différents de leur part.  Mais on peut s’attrister de savoir que leur principale motivation est de renflouer les caisses du parti. Enfin, c’est l’occasion pour Jean-Luc Mélenchon d’exister après qu’il ait perdu la guerre des fronts. Mais il est déplorable qu’il ait parachuté Gabriel Amard comme tête de liste pour la région Est.

L’hypocrisie du PS

Ils font campagne contre l’austérité et pour relancer l’économie. Sûrement comme en 1981 ? Outre la médiocrité du programme, leurs candidats ne sont pas très bons. Ils présentent un cumulard en n°2 en Île-de-France. Ou l’idéologue Vincent Peillon, recyclé après avoir raté sa refondation de l’école. Ou encore Édouard Martin qui sera LE député « ouvrier » à Strasbourg. Heureusement que des personnes comme Pervenche Berès relèvent un peu le niveau.

L’insolence de l’UMP

Populaire et populiste, l’UMP condamne une Europe fédérale et américaniste. En réalité, elle veut envoyer à Strasbourg des europhiles convaincus à l’image d’Alain Lamassoure qui se dépêcheront de négocier le TAFTA. Ou les perdants à recycler comme Nadine Morano.  La tribune europhile de Nicolas Sarkozy dans le Point est pitoyable, tout juste bonne à cueillir l’électorat centriste et s’éloignant un peu plus des valeurs de la droite.

L’absence des écologistes

On ne les voit pas. Leur tête de liste régionale Pascal Durand est inexistante. Rappelez-nous la couleur politique d’Éva Sas ? Ce n’est vraiment pas comme si la septième circonscription de l’Essonne avait élu une députée écologiste… À moins qu’elle ne soit revenue à ses premières amours et qu’elle fasse la campagne de « Nouvelle donne », la liste de Pierre Larrouturou. Et puis cette manie de la co-présidence

La sur-représentation du FN

Ils capitalisent sur le rejet de l’UMPS et n’ont toujours pas de vrai programme. Ce qui est problématique car la ligne Marine n’est pas la ligne Jean-Marie. Ils étouffent tous ceux qui se présentent, comme eux, pour modifier l’Union européenne de sa déviance actuelle ultralibérale et américaniste. Sauf qu’ils sont perçus comme « antisémite » et qu’ils sont fuit par les autres groupes européens d’extrême-droite (sauf aux Pays-Bas, en Autriche et en Hongrie). Bref, ils ne pourront pas former de groupe et seront juste là présents et indemnisés 11 000 € par mois.

Aucun des partis ne pouvant réformer l’Europe ne semble réellement vouloir le changement. Ils sont tous atteints par l’idéologie fédéraliste et n’ont pas d’ambition pour arrêter ce bateau ivre. Dans ces conditions, pourquoi voterai-je pour eux, les finançant ainsi ?  Dimanche, mon vote sera probablement blanc.