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Municipales 2020 à Savigny-sur-Orge : la 28e de liste IZARD (LaREM) était 4e sur la liste ESTIVILL (POI) en 2014 et 6e en 2008 (app PCF) !

Waouh ! Mais quelle est cette exceptionnelle et très puissante force de conviction dont dispose ce cher Alexis IZARD, candidat de La République en marché à Savigny ? Il arrive même à transformer les plus anticapitalistes d’entre-nous en ultra-libéraux !

Des gens qui il y a six ans à peine, militaient encore chez les trostskystes lambertistes, et qui six ans plus tard, soutiennent le parti présidentiel et le monde de la finance.


Il y avait déjà Marie-Line MORVAN-FISCHER qui était 6e de la liste ESTIVILL en 2008.

Puis, il y a quelques jours, je faisais remarquer que le corbeau de la campagne, qui avait candidaté sur la liste ESTIVILL en 2008, avait un père qui avait été colistier sur la liste FABRE, et un frère sur la liste IZARD (si c’est bien lui !)

Et voilà maintenant que je m’aperçois (il m’a fallu un peu de temps) que Annie LABBÉ, 28e de la liste IZARD, était 6e en 2008 (puisque Marie-Line FISCHER était alors 4e) sur la liste ESTIVILL alors apparentée communiste, puis 4e en 2014 sur la liste trotskyste lambertiste (POI) puisque Marie-Line FISCHER avait possiblement déjà entrepris sa conversion à l’économie de marché.


Remarque liminaire : je trouve quand même assez génial que Alexis semble ignorer tout cela. Il a fait une liste, mais il ne connaît absolument rien du passé de ses colistiers, ce qui donne l’impression qu’il a accepté sans discernement les premiers qui ont frappé à sa porte.


Cela étant posé, plusieurs questions :

  • Les colistiers de Jean ESTIVILL n’avaient-ils donc aucune convictions ou valeurs pour céder si facilement aux sirènes du Grand Capital ?
  • Jean ESTIVILL n’avait-il donc personne pour composer sa liste, qu’il ait dû s’entourer de sociales-traîtresses, qui ont abandonné si facilement la cause du Peuple ?
  • Alexis IZARD manquait-il à ce point de colistiers pour devoir aller débaucher, à tout le moins accepter sur sa liste d’anciens colistiers de Jean ESTIVILL ?

Je rappelle aussi que TROTSKY, dans l’imaginaire français, est le gentil révolutionnaire qui présente, encore en 2017, 3 des 11 candidats à la présidentielle française (MÉLENCHON étant le troisième dans sa mentalité ; c’est un ancien). C’est quand même TROTSKY qui a accompli toutes les basses œuvres de LÉNINE : le massacre des Russes blancs, des mencheviks, des Russes tout court… Mais comme à la fin, c’est lui qui a perdu, et qui a été assassiné sur ordre de STALINE alors qu’il coulait des jours heureux avec sa maîtresse Frida KAHLO, alors c’est un héros.

J’ajoute que ESTIVILL n’est pas vraiment lambertiste, entre ses appartenances successives et incohérentes quoi qu’il s’en défende au Parti socialiste, au Parti communiste français, au Parti radical de gauche puis au Parti ouvrier indépendant. Il est surtout pro-ESTIVILL.


Bref, amusante cette liste IZARD qui picore ici et là, qui prend d’un peu partout, et surtout d’où cela vient.

Alors on va me dire : oui mais c’est local, on ne fait pas de politique nationale.

Il y a quand même un gros problème idéologique à ce que des anticapitalistes puissent envisager de rejoindre des ultra-libéraux, ce qui est quand même le stade suprême du capitalisme.

Ne serait-ce que dans le financement du programme, et je ne vais même pas vous parler du sponsoring défiscalisé qui est dans le programme de IZARD ! Non mais MARX reviens !

Avec de toute façon cette hypocrisie, que si tu ne vis pas en autarcie, alors tu participes au libéralisme, donc que l’anticapitalisme ne veut plus dire grand chose.

Moi, ce qui me dérange, en bon droîtard, c’est quand même que 2017 devait marquer l’échec politique du socialisme, qui tombait à 6 % tel le PCF avant lui, même s’il y a bien longtemps qu’il n’existe plus que de la social-démocratie renommée social-écologie. Et qu’on a quand même 20 % des Français, qui pendant des dizaines d’années, nous ont emmerdé à défendre une vision politico-économique socialiste à laquelle il ne croyait pas vraiment, et qui ont pris soudainement l’excuse du macronisme pour devenir plus libéraux que moi à droite. Il y a comme un truc que je ne digère pas parce que ces gens auraient plutôt dû s’écraser…


Le bonus : Annie LABBÉ et Jean ESTIVILL, côte-à-côte, à la grande époque de 2014 !

© Savigny Égalité – Mars 2014



Quelles différences entre le léninisme, le stalinisme et le trotskysme ?

Avant-propos : L’auteur de ces lignes n’est pas marxiste et ne croit pas à l’existence des classes sociales (donc il croit à l’impossibilité de la lutte des classes). Il pense au contraire, sans rejeter l’idéal égalitaire du communisme, que le marxisme vise à ce que des gens, un peu intelligents et souvent loin du dénuement, instrumentent les pauvres pour s’en faire leurs chefs, au nom d’un processus, qui va volontairement être bloqué en cours de réalisation.


À la base de ces trois idéologies politiques (léninisme de LÉNINE, stalinisme de STALINE et trotskysme de TROTSKY), il y a le marxisme, issu des thèses de Karl MARX et de Friedrich ENGELS, qui prônent une alternative au capitalisme, au moyen d’une société sans classes.

Le marxisme considère que l’Histoire évolue lorsque changent les rapports sociaux entre les classes sociales. MARX définit donc un processus historique pour arriver à ce régime d’égalité parfaite, qu’il appelle le socialisme. Il interprète ainsi le sens de l’Histoire :

1. À la base, c’est le féodalisme de la noblesse foncière

2. Puis des révoltes (comme les Révolutions anglaises de 1689 ou française de 1789) donnent le pouvoir à la bourgeoisie, laquelle va développer le pays.

3. Puis le développement économique du pays créé un capitalisme industriel avec suffisamment d’ouvriers pour faire la révolution (les paysans ne sont pas considérés comme tels, voire parfois comme des « petits-bourgeois », puisqu’ils possèdent leurs terres)

4. Puis les ouvriers font la révolution prolétarienne et s’emparent de leurs outils de travail ; ils créent un État prolétarien. Cette révolution pour fonctionner doit être mondiale, c’est la révolution socialiste internationale.

5. Puis la dictature du prolétariat supprime l’État, lequel s’auto-dissout.

6. Enfin, c’est la société sans classe ni propriété privée qui connaît l’égalité parfaite, aussi appelée socialisme (ou communisme intégral).


MARX a vécu de 1818 à 1883 dans une Europe industrialisée et capitaliste (Royaume-Uni, Allemagne et France). Il a donc développé des thèses d’une société sans classes, dans un contexte de pays industrialisés, et en opposition au capitalisme.

Or, la Russie de la fin du XIXe siècle n’est ni développée ni industrialisée. LÉNINE considère donc que pour arriver à la dictature du prolétariat, il faudra créer ce prolétariat donc développer la Russie, et en faire une société capitaliste et industrialisée. D’où sa nouvelle politique économique (capitaliste) en 1922.

Mais si MARX voit la dictature du prolétariat (l’auto-dissolution de l’État) comme un moyen d’accéder au socialisme, LÉNINE en fait vraiment une fin, et un but suprême à atteindre, à partir duquel adviendra naturellement le socialisme. Le léninisme vise donc à instaurer la dictature du prolétariat pour arriver au socialisme, tandis que le marxisme vise le socialisme.

Le stalinisme prétend continuer le léninisme ; lorsque STALINE succède à LÉNINE en 1924. Il prend aussi le nom de « marxisme-léninisme » ; lequel est aujourd’hui employé pour désigner les régimes politiques connaissant des dérives staliniennes.

Le trotskysme prétend, face aux dérives de STALINE, régénérer et revenir aux idéaux de base  du léninisme. C’est aussi une critique personnelle de STALINE en tant que TROTSKY visait sa place pour succéder à LÉNINE.


Sur le léninisme

LÉNINE pense que la révolution et la lutte des classes ont besoin d’un moteur qui soit le Parti, lequel dirigera la dictature du prolétariat. Il veut que chacun doit avoir « l’esprit de parti ».

Il définit ce parti dans « Que faire ? » en 1902 comme composé de révolutionnaires professionnels, à l’avant-garde de la classe ouvrière, qui portent la conscience de classe et la théorie révolutionnaire, pour et auprès des autres ouvriers qui ne la comprennent pas.

LÉNINE défend une économie marxiste, un matérialisme historique et dialectique, une vérité scientifique matérialisme.

Il rejette la démocratie sous la forme de soviets (des conseils [municipaux]), tout en affirmant la « liberté de discussion », tant qu’il y a « unité d’action ». Il défend l’ « unité de la volonté » (aussi appelé la volonté de classe), laquelle est collective et supérieure aux volontés individuelles, c’est à dire que tout le monde doit se soumettre à la collectivité.

Il dénonce l’impérialisme, comme étant le stade suprême du capitalisme.

Il justifie la terreur de masse contre les contre-révolutionnaires.

LÉNINE fonde la IIIe Internationale (ou Internationale communiste), en tant qu’il est internationaliste et vise l’union du prolétariat mondial, lequel transcende ses différences nationales.


Sur le stalinisme

STALINE considère que le léninisme est  « le marxisme de l’époque de l’impérialisme et de la révolution prolétarienne. Plus exactement : le léninisme est la théorie et la tactique de la révolution prolétarienne en général, la théorie et la tactique de la dictature du prolétariat, en particulier. »

Il considère que l’URSS est développée en 1929 et arrête la Nouvelle politique économique. Mais il se refuse de passer à l’étape suivante de la révolution mondiale. Il dit dans les années 1930 qu’il ne faut pas y renoncer, mais d’abord consolider les acquis révolutionnaires dans la seule URSS, ce qui est nationaliste et va à l’encontre de l’internationalisme marxiste.

Il instaure donc, de manière contradictoire au marxisme puis au léninisme, un État fort et autoritaire, lequel ne serait que provisoire. Il supprime aussi toute démocratie au sein du Parti communiste.

Cet état stalinien totalitaire se caractérise par une politique de terreur avec :

  • des procès truqués et l’élimination systématique de ses opposants, la déportation des opposants politiques ou des réfractaires, la manipulation de l’Histoire et des sciences, un régime militariste, une propagande organisée autour de sa personne et une surveillance de masse.
  • la suspension des les libertés publiques et personnelles acquises pendant la Révolution de 1917 : droit à l’avortement, liberté de presse, la liberté sexuelle…
  • une exaltation du travail et le dévouement du salarié à son entreprise et à l’état avec la doctrine du stakhanovisme.
  • un refus de l’égalitarisme en considérant que la société socialiste doit adopter des normes de distribution de la richesse différenciées suivant la « contribution » de chaque couche sociale à la société. (Merci Wikipédia !)

Sur le trotskysme

Le trotskysme prône la révolution permanente (une révolution ne s’arrête pas tant qu’elle n’a pas atteint tous ses objectifs), laquelle s’oppose à la révolution par étapes de STALINE, qui dit qu’il faut s’arrêter pour se concentrer sur son pays. En cela, c’est un courant internationaliste face au stalinisme, qui est nationaliste.

TROTSKY réaffirme l’importance du parti ouvrier révolutionnaire, qui doit être un lieu de démocratie et de débat ; et de la dictature du prolétariat comme base de l’auto-émancipation de la classe ouvrière et de la démocratie directe.

Il conteste la bureaucratie ; une caste de techniciens de l’État ouvrier, qui dirige tout par le haut.

TROTSKY fonde la Quatrième Internationale, pour faire la Révolution mondiale et accomplir, sinon continuer ce qui n’a pas été fait en URSS.


En conclusion, le léninisme est une variante du marxisme, laquelle n’est officiellement plus revendiquée que par certains régimes communistes. Le stalinisme est une idéologie d’inspiration marxiste et léniniste, mais détournée de ses objectifs, au profit de la seule personne de STALINE (puis de ses successeurs dans une moindre mesure). Le trotskysme est une mise à jour du léninisme, donc du marxisme, qui réclame toujours d’accomplir la Révolution prolétarienne.