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Observatoire politique des élections municipales 2020 à Savigny-sur-Orge – n°2 – novembre 2019

On commence enfin à y voir légèrement plus clair dans ces élections municipales.

Je maintiens qu’il y aura sept listes candidates à la fin.

Et je m’étonne toujours autant du retard occasionné par les nouveaux délais de pré-campagne, réduits de un an à six mois, qui font que seulement cinq listes se sont pour l’instant officiellement déclarées (IZARD, BLANCHAUD, VAGNEUX, FABRE et DEFRÉMONT) à moins de cinq mois des élections.



Les 11 listes potentielles (en italique, celles qui pourraient ne pas aboutir)

– IZARD (majorité présidentielle) – soutenu par LaREM

– BLANCHAUD (divers-droite) – soutenu par Nous citoyens et le CNIP

– VAGNEUX (divers-droite)

– FABRE (centre) – soutenu par l’UDI

– DEFRÉMONT (union de la gauche) – soutenu par EELV, le PS et le PCF

– MEHLHORN (union de la droite) – soutenu par LR

– GUIBERT (Rassemblement national)

– CURATOLO (divers droite)

– ESTIVILL (extrême-gauche) – soutenu par le POI

– MAHROUG (France Insoumise)

– … (musulmane communautaire)


Les 2 partis qui veulent participer mais qui ne savent pas encore avec qui

– Debout-la-France

– Le Mouvement Démocrate


Les négociations en cours

– DLF cherche à quitter LR, mais ne trouve personne d’autre (pourquoi n’iraient-ils pas avec CURATOLO ?)

– Le MoDem négocie de pouvoir rester avec LR.



Les sondages

Je n’ai toujours pas de connaissance de sondage officiel, même si un proche de MEHLHORN m’a soutenu qu’il y en avait un et que j’étais à 3 % pour me dire que j’étais minable.


La campagne

Les documents : 2 pour VAGNEUX, 1 pour FABRE, rien pour les autres

L’affichage : Disputés entre VAGNEUX et FABRE

Les sites internet et les réseaux sociaux : en construction pour la plupart des candidats

Les locaux de campagne : un seul pour FABRE ; BLANCHAUD y réfléchit


La dynamique de campagne

Au global, l’élan suscité par la candidature LaREM est retombé. VAGNEUX et FABRE en profitent, mais cela ne peut durer que tant qu’ils ne sont que tous les deux.

– IZARD est sur le terrain et régulièrement en porte-à-porte. Mais il a plus de mal que prévu, et les gens ne le connaissent pas.

– BLANCHAUD est assez présent dans le quartier du Boulevard du Bardy à Juvisy. Il est dynamique sur internet mais semble avoir des difficultés à composer sa liste.

– VAGNEUX se rend présent par ses journaux et son affichage. Mais beaucoup ne le connaissent pas, et on le voit trop souvent tout seul, ou très faiblement accompagné.

– FABRE fait plutôt un bon début de campagne, mais il est poursuivi par sa réputation. Le soutien de Laurence SPICHER-BERNIER ne semble rien changer.

– DEFRÉMONT commence, mais son équipe reste globalement la même qu’en 2014 et il ne perce pas au-delà de la gauche historique.


L’avancement des listes

À ce stade, seuls FABRE et VAGNEUX semblent en mesure de présenter 39 personnes. Leurs listes restent cependant ouvertes jusqu’au dernier moment.


Estimation des scores (je fais exprès de ne rien me mettre – les couleurs indiquent des dynamiques par rapport au mois écoulé)

IZARD (LaREM) : 20 % (↓)

– BLANCHAUD : 7 % (↑)

– VAGNEUX

– FABRE (UDI) : 9 % (↑)

– DEFRÉMONT (UG) : 13 % (↓)

– MEHLHORN : 11 % (↑)

Il reste 40 % à accorder dont les 15 % du RN.


État des lieux

À ce stade, les candidats attendent d’abord de savoir ce que fait le RN, puis l’annonce d’entrée en campagne de MEHLHORN (logiquement fin novembre).

Même si certains annoncent des programmes en décembre, rien ne devrait réellement se passer avant janvier, du fait de la mauvaise période des fêtes.

Pour l’instant, et tant qu’il ne se passe rien, la dynamique du vide profite à FABRE et à VAGNEUX, mais cela ne devrait pas durer.




Sur l’équité du temps de parole au moment des élections…

J’entends beaucoup les gens se plaindre qu’il y a 34 listes candidates aux élections européennes de 2019, dont la moitié qu’ils ne connaissent pas. Et alors ? Qu’est-ce que cela peut vous faire, à partir du moment où les citoyens ont des causes à défendre ? Par contre, c’est clair que nous n’entendrons quasiment pas parlé de ces petites listes à cause du système inégalitaire et inéquitable, de la répartition du temps de parole…

Dans une démocratie idéale, il devrait y avoir une égalité complète du temps de parole afin de laisser (presque) les mêmes chances à chacun.

Or, le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) a mis en place un système d’équité, qui ne concerne d’ailleurs que les clips de campagne officiels, et qui ne fait que favoriser les partis déjà installés dans la vie politique. (Et tout le monde ne reçoit pas autant d’argent que MACRON pour monter son parti du jour au lendemain…)

Ainsi sur un total de 312 minutes (pourquoi seulement 312 ? Est-ce que les élections sont importantes avec seulement 312 minutes de télévision en onze jours ?), la liste En Marche dispose de 55 minutes de temps de parole, tandis que les plus petits et les plus inconnus des partis auront 3 minutes et 33 secondes.

Chaque liste dispose en effet d’un forfait de trois minutes, qui est élargi en fonction du nombre de parlementaires qui soutiennent la liste (alors que ce n’est pas le rôle des parlementaires qui sont des élus de la Nation et pas des élus partisans…), des derniers résultats électoraux et des sondages. Enfin, il y a une heure trente de correction pour rééquilibrer un peu les choses.

Mais ailleurs, dans les débats, et sur le reste des plateaux télé, vous voyez toujours les mêmes, dont certain qui comme Nicolas DUPONT-AIGNAN, se plaignent quand ils ne sont pas invités, mais ne disent plus rien quand on leur laisse le micro avec leur plus de 4 % (en même temps, on ne pourrait pas inviter GLUCKSMANN si on ne prenait que ceux certains de faire plus de 5 %…).

Avec quand même, des petits efforts, ici ou là, pour présenter tel candidat dont on ne reparlera plus jusqu’à la prochaine élection s’ils ont survécu… J’ai été frappé d’une remarque d’ASSELINEAU que c’est vrai, qu’à part son affichage caractéristique, et que Quotidien se foute régulièrement de sa gueule, on ne l’a quasiment plus entendu depuis la présidentielle…

Les médias sont d’ailleurs encore plus hypocrites, lorsqu’ils nous expliquent comme France Télévisions, qu’ils s’appuient sur cinq critères pour faire leur choix, alors qu’au moins deux sont subjectifs : les résultats aux précédentes élections, le nombre d’élus en France et au Parlement européen, les sondages et intentions de vote, la dynamique de campagne, et les durées imparties par le CSA.

Alors je ne sais pas sur quels sondages on s’appuie, lesquels sont globalement et quand même très souvent à côté (ceux qui ne voyaient pas LE PEN au deuxième tour en 2002, pas FILLON en tête de la primaire de la droite, pas HAMON gagnant de la primaire de la gauche) ; de même est-ce bien le rôle d’un média de juger d’une dynamique de campagne ? À quoi cela se voit-il ?

N’oublions pas non plus que c’est MACRON qui a fait modifier la découpe du temps de parole, en intégrant le soutien des parlementaires qui le favorise, et dessert plus ou moins le Front national (un tout petit peu), la France insoumise (moyennement) et Europe écologie les Verts (plutôt beaucoup).

En fait, ce système qui assume de ne pas être égalitaire, mais qui se dit équitable, ne l’est pas tellement plus et favorise toujours les grosses formations, qui s’entretiennent à force de sur-médiatisation, et n’ont aucun intérêt à changer le système.

Alors je ne dis pas que j’ai envie d’entendre et de sur-entendre les identitaires, pour ne citer qu’eux, qui présentent plusieurs listes, mais je pense que c’est malgré tout le rôle de la démocratie de leur donner du temps d’antenne, à partir du moment où on les a autorisés à concourir. Sinon, on les bloque en amont, si c’est pour qu’ils ne fassent rien parce que personne ne les connaît, et qu’ils n’ont pas eu la chance de se faire connaître…

Si donc on me répond que ce n’est pas sérieux de laisser 34 listes se présenter, je réponds que ce n’est pas sérieux de ne donner sincèrement la parole qu’aux six têtes des listes qui sont les mieux placées dans les sondages…



Mes pronostics pour les élections européennes 2019

À huit jours des européennes, et au vu des différents sondages et des dynamiques de campagne, voilà mes pronostics pour les élections européennes du 26 mai 2019.

Je pense que le RN sera en tête du fait d’un vote anti-MACRON.

Que MACRON sera deuxième, et autour de 20 %, du fait que sa campagne ne prend pas, et que sa tête de liste est mauvaise.

Que Les Républicains vont plutôt bien s’en sortir avec un score au dessus de 14 %, du fait du choix de BELLAMY qui correspond aux attentes de la majorité de ce qu’il reste à droite, dite droite TROCADÉRO.

Que les écologistes vont plutôt bien s’en sortir avec un score au dessus de 10 %.

Que MÉLENCHON paie ses polémiques, et ses coups de colère, et donc qu’il ne sera pas en tête des gauches.

Que Place publique n’atteindra pas 5 %, du fait des voix que va lui prendre Génération-s.

Que Nicolas DUPONT-AIGNAN ne fera pas non plus 5 %, du fait de son alliance avec Marine LE PEN à la présidentielle.

Que les autres ne seront même pas remboursés de leurs frais de campagne.


Taux de participation : 39 %


La France Insoumise : 9 %

Une France royale au cœur de l’Europe : <0,5 %

La ligne claire : <0,5 %

Parti pirate : <0,5 %

Renaissance (LaREM – MoDem) : 20 %

Démocratie représentative : <0,5 %

Les Patriotes : 2,5 %

Parti des citoyens européens : <0,5 %

Urgence écologie : 0,5 %

Reconquête : <0,5 %

UDI : 2 %

Place publique – PS : 4,5 %

Parti fédéraliste européen : <0,5 %

Mouvement pour l’initiative citoyenne : <0,5 %

Debout la France : 4 %

Allons enfants : <0,5 %

Décroissance 2019 : <0,5 %

Lutte ouvrière : 1 %

Parti communiste : 2 %

UPR : 1 %

Generation-s : 2,5 %

À voix égales : 0 %

Rassemblement national : 22,5 %

Neutre et actif : 0 %

Parti révolutionnaire communiste : <0,5 %

Espéranto : <0,5 %

Évolution citoyenne : <0,5 %

Alliance jaune : <0,5 %

Les républicains – Les centristes : 14,5 %

Europe écologie : 10,5 %

Parti animaliste : 1 %

Les oubliés de l’Europe : <0,5 %

Union démocratique pour la liberté, l’égalité et la fraternité : <0,5 %

Union des démocrates musulmans français : <0,5 %



 

Des européennes comme enjeu des partis politiques pour jauger leurs forces avant les municipales

Vous êtes nombreux à vous demander pourquoi des partis qui pensent la même chose et proposent le même programme y vont séparément aux élections européennes ?

Pourquoi l’UDI ne va pas avec La République En Marche (LaREM) ?

Pourquoi Generation-s (Benoît HAMON) ne va pas avec Europe Écologie les Verts (EELV) ?

Pourquoi le Parti communiste (PC) ne va pas avec la France Insoumise (LFI) ?

Pourquoi Lutte ouvrière (LO) refuse le soutien du Nouveau parti anticapitaliste (NPA) ?

Pourquoi Debout la France (DLF) ne va pas avec le Rassemblement national (RN) ?

Pourquoi Les Patriotes (Florian PHILIPPOT) ne va pas avec l’Union populaire républicaine (UPR de François ASSELINEAU) ?

La réponse est simple : tous se testent avant les municipales, et en vue de celles-ci !

Comme un sondage géant et presque gratuit, qui donnera un résultat national global, et surtout des résultats dans chaque ville de France !

D’où des programmes hors-sujets, sur des compétences qui ne sont pas celles de l’Union européenne, et un désintérêt toujours croissant des populations pour l’Europe.


Ainsi,

Si certains partis voient qu’ils peuvent faire 5 % aux municipales dans certaines villes, donc être intégralement remboursés, et pourquoi pas devenir faiseurs de roi, et obtenir un siège par le jeu d’une alliance, ils iront !

S’il y a cinq listes de gauche, c’est juste dans l’espoir que celle arrivée en tête puisse proposer de réaliser l’union autour d’elle aux municipales, et ça se fera.

Si le PC se distingue de la FI, c’est pour voir s’il peut y aller seul et sans MÉLENCHON qui les embarrasse, dans les anciennes banlieues rouges.

Même chose pour Génération-s, qui veut voir comment ils s’en sortent sans EELV dans certaines banlieues.

De son côté, DLF aussi cherche à se dissocier du RN, ou au contraire à voir si en additionnant leurs voix, une union n’est pas plus intéressante voire nécessaire.

Même chose pour l’UDI avec LR cette fois voire avec LaREM, qui se servira de ces résultats pour peser dans des accords nationaux.


Et nous en arrivons au sempiternel débat : faut-il faire des compromis au risque de se compromettre, ou rester intègre et ne jamais être élu ?

Avec l’hypocrisie que les partis en question qui se présentent aux européennes, y vont donc seul, non pas parce qu’ils seraient les seuls à défendre un même programme, ce qui n’est pas vrai puisqu’ils veulent ensuite tous rejoindre un groupe au Parlement européen et donc qu’ils vont être forcés de faire des compromis à un moment donné, car c’est la seule manière de peser, mais parce qu’ils ont en vue le prochain scrutin local ou national

Et surtout qu’ils se disent qu’un mec ou une nana qui fait l’effort de se déplacer aux européennes où l’abstention est très forte, se déplacera forcément pour les municipales, qui sont un scrutin davantage populaire !


Sauf que cette dernière affirmation est fausse, parce que l’enjeu local et national est bien différent.

Même si je serai le premier à regarder les résultats sur ma commune.

Oui, les européennes vont indiquer un résultat théorique mobilisable, à la condition que le parti ne fasse pas une grosse connerie entre temps, et que son leader charismatique ne disparaisse pas subitement.

Or, la perception du temps en politique continue de se réduire, et l’immédiateté s’impose de plus en plus, de telle manière que tout peut très rapidement basculer.

Au national, les gens votent pour une personne qu’ils ont vu à la télé, et pour le coup, puisqu’il n’y a qu’un seul tour proportionnel, vont réellement choisir leur candidat, pour une élection qui en plus les engage moins que localement.

Au local, ils votent aussi en fonction de la tête de liste ; tous les partis ne sont pas représentés, et les enjeux sont bien différents ; là aussi parce qu’ils s’expriment, comme aux européennes, contre le parti au pouvoir…


Ainsi, la somme des facteurs à prendre en compte nuancent toute analyse sérieuse qu’il pourrait sincèrement être appliquée des résultats d’une élections nationale à une élection locale la suivant ne serait-ce que de six mois.