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Pourquoi je refuse de participer à la cérémonie de remise des diplômes et des insignes de donneurs de sang

Je veux ici dénoncer une dangereuse dérive qu’est en train de prendre l’Établissement français du sang (EFS), qui parce que les besoins en sang augmentent, et que leur modèle économique d’un établissement public est vaseux, commencent à réfléchir ouvertement à la possibilité d’acheter le sang (et aussi à celle de ficher leurs donneurs).

Et il y en a, parmi les partisans de la PMA (procréation médicalement assistée) et de la GPA (gestation pour autrui) que cela arrangerait bien, et qui font pression pour obtenir une telle marchandisation du corps humain. Or, si jusque-là, les hématologues étaient très soucieux de l’éthique, cette politique commence à évoluer du fait des difficultés rencontrées.

Et évidemment, les Français sont trop cons pour y voir à mal. Ils ne voient qu’un avantage dans le fait d’être payés pour donner leur sang, ce qu’ils pensent attirer plus de monde, et ne se rendent pas compte, déjà que leur sang sera revendu beaucoup plus cher que ce qu’il est actuellement ; et ensuite que c’est la porte ouverte, à la vente de l’Homme par l’Homme…


Savigny-sur-Orge, le 02 mai 2019

Madame,

Je vous remercie pour votre invitation à la cérémonie de remise des diplômes et des insignes de donneurs de sang, prévue ce jeudi 16 mai 2019.

Je n’y assisterai cependant pas pour les raisons suivantes.


En premier lieu, je ne cours pas après les diplômes et les insignes. Je ne donne pas mon sang pour obtenir une quelconque reconnaissance, mais parce que je connais qu’il peut être utile à d’autres.


En deuxième lieu, je sais que les finances de votre établissement ne sont pas des meilleures. Je vous invite à faire des économies avec ce que ma venue aurait coûté.


En troisième lieu, je suis très dérangé par cette manie que l’EFS possède, de vouloir servir la soupe aux élus, et de mêler la politique locale à tout cela ; en l’occurrence ici, la mairie du 13e arrondissement de Paris.

Ainsi récemment, ma commune a été labellisée “Commune donneur”, et le maire a reçu en catimini un joli trophée qu’il a gardé pour lui tout seul, alors que son seul mérite est de continuer la pratique de ses prédécesseurs en mettant une salle à disposition et en affichant les dates des collectes.

Je n’apprécie franchement pas que vous offriez aux élus de se faire mousser, pour une cause qui ne fonctionne que par l’investissement des citoyens.

Le plus déplacé étant quand le maire qui ne donne pas son sang, vient se faire photographier aux côtés des donneurs, ou envoie le photographe de la mairie les immortaliser, pour sa communication personnelle.


En quatrième lieu, je souhaiterais que l’EFS soit plus transparente sur l’usage non-thérapeutique du sang collecté, et l’économie du sang (la cession des produits sanguins labiles).

Je voudrais vraiment que les professionnels de santé de l’EFS, généralement peu informés, ne soient pas gênés de répondre aux questions des donneurs, et parfois de répondre n’importe quoi.

Qu’ils arrêtent de forcer les donneurs à répondre OUI à la question de l’acceptation de l’utilisation du sang collecté à un usage non-thérapeutique.

Et qu’ils arrêtent de se cacher derrière des procédures pour trouver à quand même pomper du sang, par exemple lorsque le donneur se trouve en anémie, au prétexte d’analyses…


En cinquième et dernier lieu, j’aimerais vivement que l’EFS réaffirme son attachement à la gratuité du don, malgré les difficultés qu’elle rencontre, tant au niveau financier, qu’au niveau des besoins croissants en sang.

Les hématologues ont longtemps été parmi les plus fervents défenseurs de l’éthique, et du principe de non patrimonialité du corps humain et de ses éléments (article 16-1 du code civil).

J’espère qu’ils vont le rester, et qu’ils sauront faire porter leurs voix dans le cadre des prochains débats relatifs à la nouvelle loi de bioéthique.

Nous avons la chance, en France, que les règles qui régissent le don de gamètes soient copiées sur celles du don du sang.

Dans le cadre des débats sur la PMA et la GPA, il serait bon que l’EFS ne profite pas des pressions de ceux qui veulent réformer le système, pour établir aussi bien une marchandisation du don du sang, qu’un fichage des donneurs, potentiellement accompagné d’une levée de leur anonymat.


En vous remerciant de vos efforts, je prie de recevoir l’expression de mes sincères salutations.

Olivier VAGNEUX




Ce que les scandales « Piss Christ » montre de chrétiens de 2014

Depuis huit jours, un homme à Ajaccio (Corse) mène une grève de la faim contre la venue de Piss Christ (ou Immersion), oeuvre de l’américain Andres SERRANO. Cette réaction violente n’est pas la première contre la photographie controversée de 1987. Rappelons-nous du scandale provoqué à Avignon en 2010 lors de l’exposition de la pièce. Or, cette contestation révèle un malaise des chrétiens de 2014 face à la personne du Christ.

Oui, le nom de cette oeuvre est un blasphème. Et après ? L’artiste a plongé un crucifix dans un verre rempli de son urine et de son sang, ce qui donne l’image d’un crucifix sur un fond orangé. En même temps, on ne nous le dirait pas, personne ne pourrait le savoir. Le scandale porte donc sur le fond de l’oeuvre plutôt que sur sa forme, qui bien exposé, est objectivement intéressante pour ne pas dire belle d’un point de vue artistique.

Une synthèse de la vie du Christ

Jésus s’est littéralement « fait pisser » dessus pendant toute sa vie publique. Par certains juifs notamment, à commencer par les Pharisiens, mais par beaucoup de gens du peuple ce qui l’incitera à dire « Nul n’est prophète en son pays. » Le summum de cette haine se traduisant par son assassinat par les Romains, étrangers à sa religion. Encore aujourd’hui, des chrétiens se font pisser dessus comme en Irak. Or, Jésus nous dit que ce que nous faisons au plus petit de nos frères, c’est à Lui que nous le faisons.

Le Christ vivant en évangélisation

Tant qu’on parle de cette oeuvre, on ne parle pas d’autre chose. Oui, notre Dieu est vivant et nous pouvons lui donner un visage ; celui du Christ. C’est une chance que ne partagent pas les juifs et les musulmans qui ne peuvent pas représenter Dieu (ou Muhammad pour les seconds). Depuis plus de 25 ans, cette photo fait le tour du monde et participe à parler du Christ, d’une manière qui peut certes nous déplaire, à un large public. Réjouissons nous donc que 2000 ans plus tard, notre religion existe encore et fasse parler d’elle.

Interroger la réaction intégriste

Le vrai problème que rencontre certains intégristes est que cette représentation casse leur image du Dieu parfait, policée, dans les nuages au dessus des problèmes des Hommes. Or, en dénigrant cette oeuvre, ils nient l’Incarnation du Christ et sa nature humaine. Pire, ils récusent l’humanité (et la divinité même) des substances que sont l’urine et le sang. Non, cela n’a rien de sale et ces liquides sont naturels. Sur la Croix, Jésus n’a-t-il pas perdu du sang et de l’eau de son flanc percé ?

Toutes ces questions  « artistiques » sont secondaires et font perdre un temps fou et une énergie précieuse aux chrétiens. Le message du Christ est un message de paix, d’Amour et de solidarité. Nous avons du travail et il n’y a pas besoin d’aller à la périphérie pour agir.

L’expression des pulsions par les fluides : les trois S (sperme, sang et sueur)

Les Grecs distinguaient cinq pulsions chez l’Homme, les Chinois quatre, tandis que le psychanalyste Sigmund FREUD les a résumé en deux types : celles de vie et celles de mort. Je pense que la réalisation de ces pulsions s’exprime dans la création et l’échange des trois principaux fluides humains : le sperme, le sang et la sueur.

Depuis plusieurs mois, la réflexion de David ESCHER, personnage clé de la série Real Humans, m’obsède. Que serait un être humain avec 50 % de pulsions de vie et 50 % de pulsions de mort ? Il ne pourrait en effet rien faire et s’auto-détruirait sûrement. Inconsciemment, mon instinct animal, de survie, choisit la vie pour perpétuer la race humaine. Consciemment, je choisis la vie, en chrétien, donc de faire triompher mes pulsions de vie en moi et autour de moi.

Le sperme : la vie

Dans la mythologie sumérienne (IIème millénaire avant J.-C.), le Père des dieux créé la vie en se masturbant, en mettant sa semence dans sa bouche où il la féconde (Me demandez-pas comment ? Par sa parole ?) puis en la recrachant. D’un point de vue scientifique, les hormones sexuelles participent à la vie du cerveau puisque les rats castrés voient l’activité de leur complexe hypothalamo-hypophysaire ralentie.

À partir de sa puberté, l’homme est capable théoriquement, grâce à son sperme, de féconder plusieurs de ses semblables tous les jours (et on ne parle ici bien que de femmes). Il trouve sa motivation dans le désir sexuel, que l’Homme peut contrôler puisqu’il n’est pas un animal mais un « roseau pensant » (Pascal). En cela, il répond à une pulsion qui doit permettre la reproduction et que l’instinct lui fait ressentir comme un besoin biologique.

Car la civilisation et son humanité font que l’Homme ne va pas « tirer » sur tout ce qui bouge, même s’il en est capable. Juste assez pour que les plus petites cellules d’Homme (les spermatozoïdes) rencontrent la plus grosse cellule d’Homme (l’ovule). Et jusqu’à présent, la reproduction ne peut se faire qu’à l’aide de cette semence, que l’on ne peut pour l’instant pas créer artificiellement.

Le sang : la mort

Il y eut des civilisations méso-américaines avec une caste de prêtres-soldats qui faisaient des guerres pour que le sang des victimes abreuve la terre des dieux, ainsi que des sacrifices humains dans lesquels le sang apaisait ces dieux. Certaines tribus Amérindiennes, coutumières des pactes de sang les liant jusqu’à la mort, se recouvraient le corps de peintures de sang avant de partir au combat. Toutefois, les conflits ont plutôt toujours eu lieu plus pour des intérêts politiques et économiques, que dans un but sanguinaire.

Le sang circule en circuit fermé dans le corps. Nous ne sommes donc pas censés le voir couler chez nous, autrement que dans nos veines, ni le connaître naturellement (rappelons-nous ceux qui au Moyen-Âge croyaient que les Rois avaient le sang bleu). Pourtant, nous le fréquentons au quotidien dans la viande rouge (mort de l’animal), dans nos blessures (mort des tissus de la peau qui le laissent couler), dans les menstruations (mort de l’ovule) et en avons parfois une utilité sociale comme les Hébreux recouvrant leur maison du sang de l’agneau en Égypte ou les Grecs exposant le sang de la vierge sur les draps nuptiaux après le mariage (mort de la petite fille devenue femme).

Aujourd’hui, nous connaissons scientifiquement le rôle du sang, les dégâts de son absence (la mort cellulaire) et son possible remplacement par celui de l’arénicole (ver marin breton) sans le problème des groupes sanguins. Pourtant, l’homme en colère (pris d’un « coup de sang » ou aux « yeux injectés de sang ») est pris du désir de faire couler le sang à l’intérieur (hématomes ou hémorragies internes) ou à l’extérieur. Il marquera alors visiblement sa puissance et sa supériorité. Des pulsions refrénées par la culture et l’éducation de l’Homme, restant pourtant conditionnées par une part de son animalité (qu’il doit maîtriser). La même qui chez les animaux fait aimer à certains le goût, la couleur ou l’odeur du sang.

La sueur : frôler la mort pour se sentir vivant

Alexandre le Grand disait que « seuls le sexe et le manque de sommeil me rendent conscient de ma mortalité« . L’homme aime se mettre au défi ou en danger afin de vérifier qu’il vit et parfois frôler sa mort. C’est d’ailleurs un besoin intimement lié aux questions existentielles et métaphysiques auxquelles la religion est une partie de réponse : Pourquoi je vis ? Qu’est-ce qu’il y a après la vie ? Qu’est-ce que la mort ? La mort est-elle une fin ? Les enfants sont très sensibles à cette prise de risques (et à ces questions), protégés par leur inconscience et une sorte de « cocon social ».

La sueur est une réaction du corps en mouvement. L’élimination de l’eau, consubstantielle à la vie et au bout de laquelle il y a la mort par déshydratation, du muscle, qui s’en sert pour se refroidir et rester à 37°. Elle est provoquée soit physiquement (une action ou l’effet de la chaleur) soit psychiquement (la peur ou l’angoisse). On notera alors que l’odeur de la première est moins forte que celle de la seconde. Cette transpiration est naturelle et la nier ou la chasser par un déodorant participe à une manière d’ignorer la vie puisque seuls les défunts ne transpirent plus. Au contraire, le sauna qui provoque la transpiration permet d’éliminer les impuretés qu’elle contient.

L’effort physique est toujours limité par le temps ou l’espace et le corps nous le rappelle avec la sueur. Pendant la seconde guerre mondiale, un général américain aurait dit qu’une « bonne dose de sueur peut parfois économiser plusieurs litres de sang« . Pourtant, faire du sport à outrance (transpiration physique) n’est pas plus naturel que s’engager pour faire la guerre (transpiration physique et psychique). Or, l’Homme ne peut pas rester inactif sinon il s’atrophie et finit par mourir (constatation dans les prisons chinoises communistes). Il a donc besoin de transpirer pour prouver qu’il vit et qu’il agit, se distinguant alors de l’état post mortem.

Sperme, sang et sueur, telles sont les fluides qui conduisent les Hommes lorsqu’ils laissent leur animalité prendre le pas sur leur humanité. En effet, ce qui distingue l’Homme de l’animal est sa capacité à maîtriser ses pulsions, en plus d’avoir une réflexion (le cogito).

Pour autant, une trop grande différence entre sa part de pulsions de vie et de pulsions de mort (le violeur libidineux ou le tueur sanguinaire) relèvent de la maladie mentale et de problèmes psycho-somatiques (de l’âme et du corps).