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La grande paranoïa provoquée par Olivier VAGNEUX chez Justine CUVEILLE et Makan SOUKOUNA

C’est une petite anecdote qui m’est racontée par Farid BOUCHELOUCHE, le président de l’amicale des locataires de Grand-Vaux.

La scène se passe le mercredi 12 décembre 2018 aux alentours de 11 heures.

J’ai beau être un branleur professionnel, je donne quand même quelques cours à domicile.

Et il se trouve que les mercredis entre 10 heures et 11 heures, je donne un cours dans la barre Utrillo, dans une famille qui n’est pas dérangée que sa fille soit aidée par un homme.

Parce que vous pourriez être effarés du nombre de cours de soutien sur Grand-Vaux, mais aussi ailleurs, qui sont réservés aux professeurs femmes, à cause d’un certain islam.

Bref, ayant fini mon cours à 11 heures, et en ayant un autre à 11 heures 30 à Épinay, j’ai l’habitude de prendre le bus 385 pour me rendre de l’un à l’autre.

Mais l’arrêt du bus 385 se trouve devant la fameuse maison du projet de Grand-Vaux, celle qui nous a coûtée si cher pour ne durer que cinq ans à son emplacement aux termes desquelles elle devra être déménagée…

Et M. BOUCHELOUCHE avait une réunion à la maison du projet à 11 heures 00 avec Justine CUVEILLE, chargée de la Gestion urbaine et sociale de proximité, et Makan SOUKOUNA, dont je n’ai jamais su ce qu’il faisait, remplaçant théoriquement le directeur du projet ANRU auquel le Conseil municipal avait voté un contrat et un salaire de trois ans… Bref, il bosse sur la rénovation.

Et me voyant à l’arrêt de bus, avec ma carte Navigo à la main, donc devant la maison du projet, ils ont appelé M. BOUCHELOUCHE pour lui demander des explications parce qu’ils pensaient que je voulais l’inviter à leur réunion, dont j’ignorais tout.

Bref, voilà le genre de parano que je suscite dans les services saviniens ; certainement à raison car dans ce cas, ils ne devaient pas être très confiants pour se retrouver aussi gênés… Je continue donc de penser qu’ils ont des choses à cacher, et agissent en douce, et n’ont qu’une peur : c’est que je dise à Farid BOUCELOUCHE et à d’autres, où est-ce qu’ils se moquent de lui…

À suivre…



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Savigny-sur-Orge : la maison du projet de Grand-Vaux ouvre enfin ses portes !

Dans la théorie, la maison du projet est un lieu qui doit permettre l’expression de tous les citoyens (habitants et non-habitants du quartier), dans le cadre d’une opération de renouvellement urbain. Dans la pratique, à Savigny-sur-Orge, ce ne sera qu’un lieu pour présenter aux habitants le projet tel qu’il a été pensé par des « sachants » qui n’avaient pas besoin de s’embêter à écouter les doléances de la piétaille de Grand-Vaux.

Mais très paradoxalement, cette maison, enfin ce préfabriqué, ou cet Algeco, qui lorsqu’on additionne tous les coûts des travaux, aura coûté près de 600 000 euros aux Saviniens, ne va pas directement servir à la présentation du projet, mais devenir une annexe de la GUSP (Gestion urbaine et sociale de proximité) qui dans un premier temps, se trouvera alors immergé dans le quartier deux demi-journées par semaine, lesquelles sont déjà appelées à se réduire.

En effet, de telles permanences avaient déjà lieu depuis février 2017 à la maison de quartier deux jours par semaine pendant deux heures. Enfin, cela a duré un mois, et puis ils se sont rendus compte que passé l’effet de surprise, plus personne n’y venait. Et ils ont cessé d’y venir, en supprimant la permanence du jeudi puis en se trouvant toujours des trucs à faire le mardi à l’heure de la permanence. Bref, ils ne comprenaient qu’on puisse trouver la GUSP absente…

La maison du projet sera donc ouverte les mardis et jeudis après-midis de 14 h 00 à 17 h 00, le temps de voir si les gens s’intéressent, ce qui est complètement à l’inverse de la logique de rénovation urbaine qui est censée tout faire pour intéresser les gens. Il n’y a pour l’instant aucun nouveau document à la disposition des usagers, et il n’est pas prévu de les dématérialiser ou de les doubler sur un support numérique. Donc zéro réel intérêt à ce jour…

Tout cela pour dire qu’on sent bien que MEHLHORN fait une maison du projet parce qu’il faut faire une maison du projet dans la Loi. Qu’il l’a faite au prix fort pour se vanter d’investir pour la rénovation, mais que ce n’est pas synonyme de qualité ; plutôt juste que c’est lui qui se fait encore avoir. Enfin, que les partenaires s’en foutent toujours autant et que c’est la Ville de Savigny-sur-Orge qui continue d’imposer sa vision de la rénovation, et finalement son projet foireux…


Seulement sept mois de retard ; même si on rappelle que la maison est en discussion depuis plus de deux ans… Il était d’abord question de la faire en pied d’immeuble, puis dans un bus, puis en dur, puis il a fallu installer l’eau et l’électricité, puis s’occuper des fondations, puis il manquait le mobilier…



De la rénovation urbaine au renouvellement urbain, d’une sémantique à l’autre

Albert CAMUS disait : « Mal nommer un objet, c’est ajouter au malheur de ce monde. »

Prenons maintenant l’objet « politique de la Ville ».

Peut-être trouverons-nous ici la raison de ce glissement sémantique, lourd de conséquences, qui nous fait passer de la « rénovation urbaine » au « renouvellement urbain » ?


La rénovation urbaine contient cette idée de réparation de l’existant. Elle s’applique uniquement au bâti. Elle s’attache au fait que la population vivra mieux dans un environnement rafraîchi et moins « dépensivore ». Qu’elle prendra soin de ce qui a été fait pour elle.

Sa philosophie politique est de dégonfler la cité par la régénération du cadre de vie. Elle attend la paix sociale du fait d’une reconnaissance des habitants pour les efforts consentis.

Le renouvellement urbain est plus large. Il change l’urbanisme et réinvente la Ville. Il s’applique également à la population, en partant du principe que c’est à cause des habitants que le bâti se dégrade, et qu’il en faut d’autres pour recréer une autre vie de quartier.

Sa philosophie politique est de détruire la cité et d’en empêcher la reconstitution à l’identique au moyen d’une gentrification.

Ce faisant, elle se refuse à tout regard historique et sociologique critique, car le gros problème des Grands ensembles tient à la trop forte densification, à l’aspiration naturelle de l’Homme de posséder (un bien immobilier) et au contexte économique qui augmente plus vite les prix de l’immobilier que les salaires, qui vous fait perdre votre travail et vous empêche de payer vos charges, ou au fait qu’un propriétaire peut louer son bien à une personne qui pourra en prendre moins bien soin parce qu’elle n’est pas propriétaire.


À Savigny-sur-Orge, dans le quartier de Grand-Vaux, ce n’est clairement plus de la rénovation urbaine mais bien du renouvellement urbain, sous couvert d’un discours intellectuellement malhonnête qui dit que c’est de la rénovation urbaine.

On ne répare pas les bâtiments existants, porteurs d’une identité. On les démolit et on change l’urbanisme du quartier.

On ne garde pas la population existante, mais on la remplace par une nouvelle, plus aisée.


Or, si la rénovation urbaine est économiquement et socialement acceptable par le reste de la population, parce qu’elle essaie de résoudre une partie des problèmes, le renouvellement urbain ne peut pas l’être parce qu’il ne fait que déplacer les problèmes sans les résoudre.

Bien sûr, certains verront leur avantage à se débarrasser d’une partie de la population ; laquelle devient dès lors le problème des autres.

De la même manière, beaucoup ne comprendront pas le manque de reconnaissance des habitants du quartier rénové ; déjà parce que l’État agit avec un paternalisme condescendant, mais ensuite et surtout parce que l’urbanisme n’est qu’une partie du problème à résoudre.


En 2018, le problème est que l’État dit qu’il fait du renouvellement urbain, avec la définition de la rénovation urbaine. C’est à dire qu’il fait croire qu’il fait du « renouvellement urbain » pour changer la vie des habitants des quartiers en difficulté.

Or, il ne fait clairement pas de rénovation urbaine ; d’abord, parce qu’il s’est aperçu qu’il n’obtenait pas les résultats espérés, ensuite parce qu’il est plus intéressant pour lui de casser les cités, et de réinventer des espaces moins densifiés.

Ce faisant, l’État fait le jeu économique des promoteurs, des architectes et des urbanistes, et ne tient plus son rôle social d’assistance aux citoyens les plus défavorisés, dans une optique d’égalité.

Rénover, c’est impitoyablement s’attaquer au problème quitte à ne pas le résoudre. Renouveler, c’est déplacer le problème du fait de cette capacité à pouvoir faire abstraction de l’ancien pour créer le nouveau.

C’est pourquoi à mon sens, les personnes politiques commettent une grave erreur de vouloir renouveler plutôt que rénover. Parce que tôt ou tard, les conséquences sociales n’en seront que plus fortes. Et qu’on créé en plus le ressentiment auprès de personnes qui se sentent déjà oubliés ou qui utilisent cette excuse à dessein.

Ainsi, c’est un tort de vouloir faire de l’immigration un problème exclusivement politique quand il est aussi un problème économique et social. De la même manière qu’il convient d’être prudent avec la rénovation en tant que c’est souvent moins un problème d’urbanisme qu’un problème politique qui pousse à vouloir renouveler.



Vos questions : comment va se dérouler la rénovation urbaine de Grand-Vaux ?

Une habitante de Grand-Vaux m’interroge via mon Facebook sur le déroulement de la rénovation du quartier de Grand-Vaux. J’y réponds ici, à partir des éléments rendus publics lors de la réunion du 18 avril 2018, ainsi que de ceux que j’ai pu glanés ici et là. Je précise aussi que nous n’avons encore aucune réelle idée de la date du début de ces travaux (qui ne devraient pas commencer avant 2021), ni du temps que tout cela va prendre !


Avant même les travaux, le bailleur va commencer à reloger les habitants pour vider les bâtiments. Probablement dès 2020. Par ailleurs, il est prévu au mieux que les travaux se terminent en 2027. Je relèverai cependant l’imprécision et la grossièreté des documents qui ont été présentés au public. Ils ont oublié de dessiner des routes, d’expliquer la dernière étape et ils ne sont pas super précis-précis, dans leurs croquis d’architectes.


Phase 01

Les premiers habitants concernés par le relogement sont ceux de la barre Utrillo.

Ensuite, la Ville va redessiner la rue de Grand-Vaux qui permet actuellement de quitter ou de rejoindre la RD 25.

C’est à dire que la bretelle qui fait une grande boucle et permet de rejoindre rapidement la RD 25 vers l’autoroute va être supprimée, et qu’on rentrera et sortira de la RD 25 par l’actuelle sortie de la RD 25 en direction de Grand-Vaux.

La grosse butte entre la RD 25 et la rue de Grand-Vaux va être aplanie pour y bâtir deux immeubles (R+1).

La dizaine de place de parkings situés sur le côté du gymnase Douillet va être supprimée pour y bâtir trois immeubles (1 R+5 et 2 R+4). Ne resteront que les places devant l’entrée en haut de l’escalier.

La nouvelle crèche et la PMI seront construites en face de cette entrée du gymnase (en R+1).

Les box en bord d’Yvette et la barre Utrillo vont être détruits.

Enfin, la route de Grand-Vaux va être refaite et prolongée en direction de la crèche et de la rue Ouzilleau, pour remplacer l’actuel chemin de terre seulement accessible à pied.


Phase 02

La barre Van Gogh et la tour verte vont être détruites à leur tour, tout comme la crèche.

À la place des box, quatre immeubles (2 R+4, 1R+5 et 1 R+6) vont être construits en bordure de l’Yvette.

Une place des commerces va ensuite être aménagée à l’emplacement des actuels 2 et 4 rue Utrillo. Elle sera entourée de cinq autres immeubles (2 R+4, 1 R+5, 1 R+6 et 1 R+7).

Neuf immeubles vont être construits derrière la copropriété de l’Yvette, c’est à dire à la place du parc actuel : 2 R+2, 3 R+3, 1 R+4 et 3 R+5)

Les rues Van-Gogh, Gauguin, Wlaminck et Ouzilleau seront refaites, et un pont accessible aux voitures sera créé entre la rue Utrillo et la nouvelle rue de Grand-Vaux.


Phase 03

La tour blanche, le centre commercial, ainsi que les box situés dans le parking sous la dalle vont être rasés.

Trois autres immeubles vont être construits en bord d’Yvette (1 R+3 et 2 R+4).

Quatre immeubles vont remplacer la barre van Gogh (2 R+3 et 2 R+4).

Une maison de quartier va être bâtie au pied du souterrain qui mène à Grand-Val, et qui doit être réaménagé.


Phase 04

La barre Degas, ses box, et l’actuelle maison de quartier vont être rasés.

À la place de la tour blanche, il y aura quatre immeubles (2 R+2, 1 R+3 et 1 R+4). En bas d’un des R+2 et du R+4 devrait être installé un pôle de service public.

À la place du centre commercial, il y aura quatre immeubles (1 R+2, 2 R+3 et 1 R+4) et dix pavillons.

Une route va être créée qui ira de la place des commerces rue Utrillo jusqu’au croisement de la rue Degas et de la rue Van-Gogh.


Phase 05

À la place de l’actuelle maison de quartier, il y aura quatre immeubles (1 R+2, 2 R+3 et 1 R+4) et la maison de santé.

À la place de la barre Degas, il y aura seize pavillons.

Plus un immeuble (R+4) et sept pavillons dans les emplacements restants libérés par la démolition de la barre, de la tour et du centre commercial.

Enfin, le parking souterrain situé devant la barre Monet seront détruits.


Phase 06

Enfin, à la place du parking situé devant Monet, il y aura 10 pavillons, un immeuble R+3, 1 R+4 et 2 R+5.

Une route doit être créée dans le prolongement de la nouvelle rue Degas, qui va être réorientée pour être perpendiculaire à l’autoroute.

Sur les parkings de la rue Ouzilleau, et au niveau de l’église, il va y avoir un immeuble R+3 et dix pavillons devant la pointe de l’église, à la place de ce qu’il restait du parc.