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De la rénovation urbaine au renouvellement urbain, d’une sémantique à l’autre

Albert CAMUS disait : « Mal nommer un objet, c’est ajouter au malheur de ce monde. »

Prenons maintenant l’objet « politique de la Ville ».

Peut-être trouverons-nous ici la raison de ce glissement sémantique, lourd de conséquences, qui nous fait passer de la « rénovation urbaine » au « renouvellement urbain » ?


La rénovation urbaine contient cette idée de réparation de l’existant. Elle s’applique uniquement au bâti. Elle s’attache au fait que la population vivra mieux dans un environnement rafraîchi et moins « dépensivore ». Qu’elle prendra soin de ce qui a été fait pour elle.

Sa philosophie politique est de dégonfler la cité par la régénération du cadre de vie. Elle attend la paix sociale du fait d’une reconnaissance des habitants pour les efforts consentis.

Le renouvellement urbain est plus large. Il change l’urbanisme et réinvente la Ville. Il s’applique également à la population, en partant du principe que c’est à cause des habitants que le bâti se dégrade, et qu’il en faut d’autres pour recréer une autre vie de quartier.

Sa philosophie politique est de détruire la cité et d’en empêcher la reconstitution à l’identique au moyen d’une gentrification.

Ce faisant, elle se refuse à tout regard historique et sociologique critique, car le gros problème des Grands ensembles tient à la trop forte densification, à l’aspiration naturelle de l’Homme de posséder (un bien immobilier) et au contexte économique qui augmente plus vite les prix de l’immobilier que les salaires, qui vous fait perdre votre travail et vous empêche de payer vos charges, ou au fait qu’un propriétaire peut louer son bien à une personne qui pourra en prendre moins bien soin parce qu’elle n’est pas propriétaire.


À Savigny-sur-Orge, dans le quartier de Grand-Vaux, ce n’est clairement plus de la rénovation urbaine mais bien du renouvellement urbain, sous couvert d’un discours intellectuellement malhonnête qui dit que c’est de la rénovation urbaine.

On ne répare pas les bâtiments existants, porteurs d’une identité. On les démolit et on change l’urbanisme du quartier.

On ne garde pas la population existante, mais on la remplace par une nouvelle, plus aisée.


Or, si la rénovation urbaine est économiquement et socialement acceptable par le reste de la population, parce qu’elle essaie de résoudre une partie des problèmes, le renouvellement urbain ne peut pas l’être parce qu’il ne fait que déplacer les problèmes sans les résoudre.

Bien sûr, certains verront leur avantage à se débarrasser d’une partie de la population ; laquelle devient dès lors le problème des autres.

De la même manière, beaucoup ne comprendront pas le manque de reconnaissance des habitants du quartier rénové ; déjà parce que l’État agit avec un paternalisme condescendant, mais ensuite et surtout parce que l’urbanisme n’est qu’une partie du problème à résoudre.


En 2018, le problème est que l’État dit qu’il fait du renouvellement urbain, avec la définition de la rénovation urbaine. C’est à dire qu’il fait croire qu’il fait du « renouvellement urbain » pour changer la vie des habitants des quartiers en difficulté.

Or, il ne fait clairement pas de rénovation urbaine ; d’abord, parce qu’il s’est aperçu qu’il n’obtenait pas les résultats espérés, ensuite parce qu’il est plus intéressant pour lui de casser les cités, et de réinventer des espaces moins densifiés.

Ce faisant, l’État fait le jeu économique des promoteurs, des architectes et des urbanistes, et ne tient plus son rôle social d’assistance aux citoyens les plus défavorisés, dans une optique d’égalité.

Rénover, c’est impitoyablement s’attaquer au problème quitte à ne pas le résoudre. Renouveler, c’est déplacer le problème du fait de cette capacité à pouvoir faire abstraction de l’ancien pour créer le nouveau.

C’est pourquoi à mon sens, les personnes politiques commettent une grave erreur de vouloir renouveler plutôt que rénover. Parce que tôt ou tard, les conséquences sociales n’en seront que plus fortes. Et qu’on créé en plus le ressentiment auprès de personnes qui se sentent déjà oubliés ou qui utilisent cette excuse à dessein.

Ainsi, c’est un tort de vouloir faire de l’immigration un problème exclusivement politique quand il est aussi un problème économique et social. De la même manière qu’il convient d’être prudent avec la rénovation en tant que c’est souvent moins un problème d’urbanisme qu’un problème politique qui pousse à vouloir renouveler.



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Vos questions : comment va se dérouler la rénovation urbaine de Grand-Vaux ?

Une habitante de Grand-Vaux m’interroge via mon Facebook sur le déroulement de la rénovation du quartier de Grand-Vaux. J’y réponds ici, à partir des éléments rendus publics lors de la réunion du 18 avril 2018, ainsi que de ceux que j’ai pu glanés ici et là. Je précise aussi que nous n’avons encore aucune réelle idée de la date du début de ces travaux (qui ne devraient pas commencer avant 2021), ni du temps que tout cela va prendre !


Avant même les travaux, le bailleur va commencer à reloger les habitants pour vider les bâtiments. Probablement dès 2020. Par ailleurs, il est prévu au mieux que les travaux se terminent en 2027. Je relèverai cependant l’imprécision et la grossièreté des documents qui ont été présentés au public. Ils ont oublié de dessiner des routes, d’expliquer la dernière étape et ils ne sont pas super précis-précis, dans leurs croquis d’architectes.


Phase 01

Les premiers habitants concernés par le relogement sont ceux de la barre Utrillo.

Ensuite, la Ville va redessiner la rue de Grand-Vaux qui permet actuellement de quitter ou de rejoindre la RD 25.

C’est à dire que la bretelle qui fait une grande boucle et permet de rejoindre rapidement la RD 25 vers l’autoroute va être supprimée, et qu’on rentrera et sortira de la RD 25 par l’actuelle sortie de la RD 25 en direction de Grand-Vaux.

La grosse butte entre la RD 25 et la rue de Grand-Vaux va être aplanie pour y bâtir deux immeubles (R+1).

La dizaine de place de parkings situés sur le côté du gymnase Douillet va être supprimée pour y bâtir trois immeubles (1 R+5 et 2 R+4). Ne resteront que les places devant l’entrée en haut de l’escalier.

La nouvelle crèche et la PMI seront construites en face de cette entrée du gymnase (en R+1).

Les box en bord d’Yvette et la barre Utrillo vont être détruits.

Enfin, la route de Grand-Vaux va être refaite et prolongée en direction de la crèche et de la rue Ouzilleau, pour remplacer l’actuel chemin de terre seulement accessible à pied.


Phase 02

La barre Van Gogh et la tour verte vont être détruites à leur tour, tout comme la crèche.

À la place des box, quatre immeubles (2 R+4, 1R+5 et 1 R+6) vont être construits en bordure de l’Yvette.

Une place des commerces va ensuite être aménagée à l’emplacement des actuels 2 et 4 rue Utrillo. Elle sera entourée de cinq autres immeubles (2 R+4, 1 R+5, 1 R+6 et 1 R+7).

Neuf immeubles vont être construits derrière la copropriété de l’Yvette, c’est à dire à la place du parc actuel : 2 R+2, 3 R+3, 1 R+4 et 3 R+5)

Les rues Van-Gogh, Gauguin, Wlaminck et Ouzilleau seront refaites, et un pont accessible aux voitures sera créé entre la rue Utrillo et la nouvelle rue de Grand-Vaux.


Phase 03

La tour blanche, le centre commercial, ainsi que les box situés dans le parking sous la dalle vont être rasés.

Trois autres immeubles vont être construits en bord d’Yvette (1 R+3 et 2 R+4).

Quatre immeubles vont remplacer la barre van Gogh (2 R+3 et 2 R+4).

Une maison de quartier va être bâtie au pied du souterrain qui mène à Grand-Val, et qui doit être réaménagé.


Phase 04

La barre Degas, ses box, et l’actuelle maison de quartier vont être rasés.

À la place de la tour blanche, il y aura quatre immeubles (2 R+2, 1 R+3 et 1 R+4). En bas d’un des R+2 et du R+4 devrait être installé un pôle de service public.

À la place du centre commercial, il y aura quatre immeubles (1 R+2, 2 R+3 et 1 R+4) et dix pavillons.

Une route va être créée qui ira de la place des commerces rue Utrillo jusqu’au croisement de la rue Degas et de la rue Van-Gogh.


Phase 05

À la place de l’actuelle maison de quartier, il y aura quatre immeubles (1 R+2, 2 R+3 et 1 R+4) et la maison de santé.

À la place de la barre Degas, il y aura seize pavillons.

Plus un immeuble (R+4) et sept pavillons dans les emplacements restants libérés par la démolition de la barre, de la tour et du centre commercial.

Enfin, le parking souterrain situé devant la barre Monet seront détruits.


Phase 06

Enfin, à la place du parking situé devant Monet, il y aura 10 pavillons, un immeuble R+3, 1 R+4 et 2 R+5.

Une route doit être créée dans le prolongement de la nouvelle rue Degas, qui va être réorientée pour être perpendiculaire à l’autoroute.

Sur les parkings de la rue Ouzilleau, et au niveau de l’église, il va y avoir un immeuble R+3 et dix pavillons devant la pointe de l’église, à la place de ce qu’il restait du parc.



La concertation, dans la rénovation de Grand-Vaux, résumée en une image

Sept croix rouges ! Regardez donc, ma bonne dame et mon bon monsieur, comme a été productive la concertation des habitants de Grand-Vaux, pour la rénovation de leur quartier. Les gens ont bien participé en supprimant des constructions qu’ils n’avaient en l’occurrence pas demandées… C’est tellement grossier qu’il va bien se trouver des gens pour se féliciter de cela, du genre de Pierre GUYARD (ça c’est gratuit) qui se félicite de tout !


En fait, c’est exactement comme les négociations syndicales. Le Gouvernement dit qu’on va nous prendre 500 euros d’impôts en plus. Les syndicats gueulent un coup et se mettent en gréve, et le Gouvernement dit qu’il ne prend plus que 400 euros. Et tout le monde fait la fête parce qu’on a gagné 100 euros. Ben non, mon con, on en a perdu 400 ! Sauf qu’il faut remplacer le gouvernement par l’ANRU, les syndicats par la population et les euros par des logements !

La concertation, pour la rénovation de Grand-Vaux, n’aura rien été d’autre qu’un appel à la terreur permanent à base de menaces pour les copropriétaires (parce que l’avis des locataires , on s’en fout, parce qu’ils sont pauvres) : on va construire sous vos fenêtres, on va supprimer vos arbres… Et puis les gens ont participé de fait, en disant qu’ils n’étaient pas d’accord avec ce projet. Et on a intégré ces désaccords en les interprétant comme de la concertation.

Donc je ne veux pas remuer le couteau dans la plaie, mais quand même. C’est depuis 2015 qu’on annonce, avec mon ami Jean-Marie CORBIN que c’est comme cela que ça allait se passer ! Et que toutes les concertations se passent, avec des projets imposés par le haut…

Pour le reste, peut-on considérer qu’il y a eu de la concertation quelque part ailleurs ? Quand à cette nouvelle concertation qui commence en juin, alors que MEHLHORN a écrit qu’elle était finie en avril, je ne comprends pas à quoi elle sert, sinon à dire qu’on fait de la concertation !

Enfin, que dire de la maison du projet qui n’est toujours pas ouverte, alors que le maire avait dit deuxième semaine de juin, et qu’elle devait être terminée en avril !!! Là encore, un lieu de concertation qui ne sera qu’une très chère vitrine d’un projet qui n’est pas celui des habitants…




Quand la rénovation urbaine de Grand-Vaux exproprie l’Église catholique !

Édit au 05/09/18 : De nouveaux plans qui m’ont été communiqués dans l’été font valoir un dévoiement de l’avenue Ouzilleau et un autre alignement du bâti. Un immeuble R+3 sera donc bien construit à la hauteur de l’église, mais à un mètre de la parcelle environ. On appréciera cependant la qualité des premiers documents mensongers présentés au public qui m’ont induits en erreur, et à partir desquels s’est faite TOUTE la concertation !


Tu m’étonnes que le maire de Savigny-sur-Orge dissimule les documents de la rénovation urbaine de Grand-Vaux. Parce que si par exemple, les catholiques s’intéressaient au temporel avec autant de force qu’ils consacrent au spirituel, ils s’apercevraient que l’actuel projet de rénovation urbaine de Grand-Vaux prévoit de leur piquer une partie de la parcelle de l’église Notre-Dame d’espérance pour bâtir un nouvel immeuble juste à côté…


Je commencerai par dénoncer la soumission intellectuelle des Saviniens qui parce qu’on leur dit que le Schéma directeur de la Région Île-de-France (SDRIF) impose d’augmenter la population du quartier, se laissent endormir sur le nombre de nouvelles constructions à prévoir à l’horizon 2030. Je vais même vous présenter les calculs, que le maire de Savigny ne manquera pas de réfuter. Le projet prévoit 400 logements supplémentaires, alors que 260 suffiraient !

Mais alors pourquoi ne construire que 260 nouveaux logements, et pas directement 400 ? Parce qu’en atteignant trop vite le nouveau seuil, et dans un contexte d’urbanisation galopante des quartiers proches des gares, plus on construit et plus on devra construire. Laissons-nous donc des marges, avant d’en être réduit à devoir blinder la densité de logements sur TOUT Savigny, pour réduire la part progressive de nouveaux logements à construire près de la gare !

Page 28 du SDRIF – 2013

Extrait du protocole de préfiguration de la rénovation urbaine – Septembre 2016

Donc on doit augmenter d’ici 2030 la densité moyenne des espaces d’habitat de 15 %, soit la faire passer de 81,5 logements par hectare à 94 (93,725) logements par hectare (x 1,15).

Sachant que Grand-Vaux / Grand-Val s’étend sur 20 hectares, donc on est à 13 nouveaux logements par hectare (94 – 81) x 20 hectares = 260 nouveaux logements.

On doit encore augmenter d’ici 2030 la densité humaine de 15 %, donc augmenter la densité de population de 225 habitants par hectare à 259 (258,75) habitants par hectare (x 1,15).

Même calcul en prenant en compte les 20 hectares, il faut accueillir 259 – 225 soit 34 nouveaux habitants par hectare, soit 680 habitants supplémentaires sur les 20 hectares !

Je pense personnellement qu’il est possible de loger 680 personnes dans 260 logements, soit une moyenne de 2,61 habitants par logement.

Mais on peut blinder avec 140 autres logements pour diminuer la moyenne à 1,7 habitant par logement, ce qui ne me semble pas très pertinent.

Étant de toute façon entendu que les projets de rénovation urbaine échappent en plusieurs points aux obligations du SDRIF, si on sait les motiver.

De là, je pose une question : QUI a intérêt à blinder le quartier ? Et qu’on me fasse pas croire que 140 logements en plus = 140 nouvelles taxes d’habitation…


Revenons au sujet de cet article : je vous présente la parcelle AI 64

(c’est celle du milieu avec un pentagone sur lequel est dessiné une croix chrétienne)


Elle appartient à l’Association diocésaine d’Évry Corbeil – Essonnes (ADECE)

(C’est l’association qui gère les biens de l’Église en Essonne)


Et quand je regarde le plan du projet, arrêté au terme de la pseudo-concertation, donc normalement définitif, même si je suis le seul à penser qu’il va être retoqué par l’ANRU en tant qu’il ne respecte pas les normes de catégories de construction fixées à l’article 55 de la loi SRU, et que je calque les limites de la parcelle sur le projet, j’ai un petit problème…

(je précise que je mesure par parallélisme avec la limite de la parcelle de l’immeuble de l’allée Corot)

Parce qu’il y a juste un petit immeuble à cheval sur la parcelle de l’église !


Donc soit l’architecte est vraiment un gros nul qui sait pas dessiner, soit « ils » prévoient effectivement de baiser les chrétiens. Et on pourra toujours nous parler de déclaration d’utilité publique donc d’enquête publique, ce n’est pas elle qui fera revenir le maître d’œuvre sur le projet. Et je rappelle que le projet de financement est décidé en septembre 2018 !

J’ai écrit au prêtre responsable de secteur. Il n’est pas intéressé pour que l’information soit diffusée auprès des chrétiens. Il pense que l’ADECE réagira quand elle le saura. J’ai la faiblesse de penser, qu’on ne leur dira que trop tard, une fois mis devant le projet accompli… Moi, ça m’emmerde, et je n’ai pas envie de laisser cela se réaliser, surtout pour le rendu qu’on attend.