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Sur le scandale des religieuses abusées dans l’Église catholique

Est-ce que la révélation de ce scandale va faire du bien aux victimes ? Je ne saurais le dire. Mais j’ose espérer que le dévoilement de ces crimes va faire un mal nécessaire à l’Église pour qu’enfin, elle procède à un ménage salutaire dans ses rangs. Dans tous les cas, l’Église, et en premier lieu les chrétiens, doivent réagir, par égard pour les victimes, pour en prévenir de nouvelles, mais aussi parce que l’Église devient désormais inaudible.


Je voudrais commencer par dire que je ne connais pas personnellement de religieuses qui m’ait témoigné d’avoir subi ces crimes. Mais de la même manière que je ne tolère pas ces comportements dans la société, je ne les tolère pas plus dans l’Église. Et donc je pense qu’il faut démettre de leurs charges pastorales tous ceux qui ont porté atteinte à la dignité humaine !

Je trouve quand même réconfortant, qu’au travers de la dénonciation de ce « système » d’abus de prêtres sur des religieuses, dans le documentaire intitulé « Religieuses abusées, le nouveau scandale de l’Église » de Marie-Pierre RAIMBAULT et Éric QUINTIN, on voit des chrétiens qui s’engagent sur le terrain auprès des victimes et contre ces abus.

Je note aussi que ces mêmes personnes se font traiter de Satan comme j’ai pu l’être aussi sur ma paroisse en certains moments…


Ensuite, que même si tout semble apparaître dans l’espace public au même moment, il faut bien distinguer les abus commis par des prêtres sur les religieuses, d’une part de la pédophilie de certains religieux et d’autre part de l’homosexualité d’autres religieux.

Certains ne manqueront pas là de voir le besoin de réformes, comme celle du mariage des prêtres. Arrêtons tout de suite parce qu’un mari normal ne viole pas sa femme, pas plus qu’il ne lui impose d’actes sexuels. De la même manière, et il faut l’écrire parce qu’on l’entend, que le mariage n’empêche ni la pédophilie ni l’homosexualité.

Au contraire, tout pousse dans le sens que la vraie réforme doit être éducative !


D’abord, au plan humain, pour que nos religieux soient mieux formés.

D’une part, pour qu’ils soient psychologiquement plus forts, et aussi qu’ils connaissent les bases de la sexualité (ce qui n’est toujours pas le cas partout). Or, le problème se pose notamment quand nos séminaristes sèchent les cours d’éducation affective, aussi gênés que certains élèves de 4e lors de l’étude du chapitre de SVT sur la reproduction. Pourquoi donc ?

D’autre part, pour qu’ils aient un métier ou soient capables d’en avoir un, et ne dépendent pas uniquement de l’Église économiquement, ce qui les maintient sous pression.


Ensuite, il faudrait enfin que l’on se décide à appliquer les constitutions issues du concile Vatican II, et qu’on casse nos schémas de pyramides qui placent le prêtre au sommet de tout, parfois plus haut que Jésus, et qui en fait un messager de Dieu sur la Terre, explicitant ce que Dieu veut pour nous, parce que c’est faux !

Et cela fait cinquante ans que l’Église ne dit plus cela, tant dans Lumen Gentium que dans Presbyterorum Ordinis. Des textes que l’Église ne veut pas appliquer ! Même si ce sont les chrétiens qui sont les premiers fautifs !

De même que les vœux d’obéissance des religieuses ne veulent pas dire qu’elles doivent faire tout ce que les prêtres leur commandent ! Même si effectivement, il existe des survivances de ces chaînes d’autorité dans le vocabulaire des 2900 articles du catéchisme de l’Église catholique. D’autant que dans l’Histoire de l’Église, les ordres réguliers sont indépendants du séculier…

(Et de relever d’ailleurs que les prêtres font vœu de célibat et pas vœu de chasteté, ce qui n’empêche pas qu’ils sont censés rester chastes.)

Dans un autre ordre d’idées, il faudrait aussi se décider à appliquer le code de droit canonique.


Je vais être sincère : le mea culpa du pape, et même de l’Église, je m’en fous.

Surtout si c’est pour obtenir à la fin une condamnation du bout des lèvres, avec déplacements des fautifs (quand c’est grave, on les envoie au monastère comme si le régulier devait être la poubelle du séculier) et messes de réparations à la clé…

Mais je sais aussi que c’est ce que l’opinion publique attend ! Et que cela ne suffira pas !


Je ne suis pas naïf : je connais les jeux politiques de pouvoirs qui s’exercent dans l’Église. Et non, ils ne me font pas perdre la foi, parce que ma relation à Dieu se situe ailleurs.

Certains ont exercé du chantage sur le pape Benoit XVI à cause du comportement de son frère.

D’autres font de même avec François par rapport à sa gestion du diocèse de Buenos Aires…

Oui, il y a une solidarité de caste du clergé qui ne supporte pas son déclin, et qui compense par un renforcement de l’impunité des prêtres.

Oui, il y a des prêtres qui n’ont rien à foutre dans l’Église, mais qu’on ordonne, ou qu’on conserve, parce qu’on manque de prêtres partout (sauf à Paris).

Oui, il y a une dérive sectaire très claire dans certains mouvements de la nouvelle évangélisation, contre lesquels ce très cher saint Jean-Paul II ne trouvait rien à redire parce que ça grossissait les rangs. Mais à quel prix ?

Oui, il y a cette idée bien ancrée qu’en ne parlant pas de ce sujet, on ne fera pas fuir les personnes.

Oui, il y a des prêtres vraiment problématiques qu’on envoie en Afrique comme du temps de l’évangélisation coloniale.

Oui, il y a des religieuses que l’Église fait avorter, et qu’elle achète ensuite en leur donnant des postes à responsabilités.

Oui, il y a un gros problème de SIDA de plus en plus prégnant chez les religieux.


Par contre, j’aimerais bien entendre certaines choses dans ma paroisse !

J’aimerais bien que le mouvement parte d’en bas pour reprendre la métaphore pyramidale ; de la base, des chrétiens, et pas pour dire n’importe quoi.

Oui, des prêtres ont toujours couché avec des religieuses. Mais ce n’est pas la même chose qu’un viol, et ce n’est pas une raison pour continuer.

Oui, l’Église allait plus mal au moment de la Réforme, mais ce n’est pas une raison pour se féliciter de la situation actuelle.

Et non, les religieuses ne font pas cela pour obtenir des promotions !

J’aimerais entendre cette condamnation dans ma paroisse, avec des arguments, et une prise de conscience et des propositions pour changer.


Dans les années à venir, nous allons assister à la multiplication du nombre des découvertes des victimes de ces abus, et la mise en place du relais médiatique vient de commencer, même si l’opinion sera moins sensible parce qu’elle considérera ces affaires comme internes, et qu’elle ne se sentira pas directement menacés comme avec la pédophilie.

Pour autant, je ne dirais pas que l’Église est une organisation criminelle parce que le viol de religieuses par des prêtres ne fait pas partie de ses buts, mais oui, elle se rend complice de ces crimes. Et je ne crois pas non plus à la théorie selon laquelle dans un contexte de disparition des corps intermédiaires, l’Église serait couverte pour assurer la paix sociale.

Mais j’affirme ce besoin d’un ménage en profondeur. Et oui, nous allons alors manquer de prêtres. Qu’à cela ne tienne, formons les chrétiens pour qu’ils s’organisent et se prennent en mains. Il y aura toujours des abus, parce que l’Église restera toujours humaine, mais il y aura au moins l’expression d’une volonté de s’améliorer, et de plus se taire ni cautionner.



Une deuxième réunion du Grand débat national à Savigny-sur-Orge, sur le thème « Finances et dépenses publiques »,

À l’initiative du conseiller municipal Nous Citoyens, Bernard BLANCHAUD, une deuxième réunion du Grand débat national aura lieu à Savigny (qui sera en fait la première chronologiquement). Elle aura lieu le samedi 09 mars à 14 h 00 dans la salle Carnot (au 24, avenue Carnot) et elle portera sur le thème de la fiscalité et des dépenses publiques.

Il n’y a pas besoin d’inscription mais la salle est limitée à 60 places.

Pour ma part, j’y serai ; en observateur, car cette mascarade visant à faire patienter jusqu’aux européennes que MACRON devrait désormais remporter, me fait gentiment sourire.

Mais c’est aussi la politique que d’écouter poliment les gens, sur des sujets auxquels vous ne pouvez rien ; et puis, cela peut m’aider à trouver l’inspiration pour le programme de 2020.

Je déplore malgré tout, comme ce que je peux lire dans les cahiers de doléances de Savigny, que la seule chose qui intéresse vraiment les citoyens soit leur argent…

Alors que s’ils comprenaient que c’est le politique qui décide du prélèvement et de l’utilisation de leur argent, dans une moindre mesure, alors ils agiraient sur ce premier pour obtenir des résultats sur le second… Et ils ne proposeraient pas en vain des réformes du second sans prendre compte le premier…




Éditorial : il faut attendre deux Français sur le podium pour parler du Tour de France.

Chaque semaine, je décrypte l’actualité qui m’a marquée dans un court éditorial. Voici celui de la semaine écoulée du lundi 21 juillet au dimanche 27 juillet 2014.

Il ne servirait à rien de continuer à se faire peur en revenant sur les différents accidents de la circulation qui touchent notre pays et qui ont amené le président HOLLANDE à déclarer un deuil de la Nation qui commence ce lundi 28 juillet jusqu’au mercredi 30 juillet inclus. Reste que l’histoire d’un chauffeur qui ne sent pas venir l’hypoglycémie est inquiétante, même si l’homme de confession musulmane nie avoir pratiqué le jeûne du ramadan.

Les bonnes nouvelles qui nous mettent un peu de baume au cœur nous viennent du sport : en escrime, les Français sont champions du monde par équipe à l’épée (épreuve masculine). En cyclisme, plusieurs Français obtiennent de très bonnes places au Tour de France comme Jean-Christophe PÉRAUD (2ème), Thibualt PINOT (3ème) et Romain BARDET (6ème). Et une mention spéciale pour l’Essonnien Tony GALLOPIN qui termine 29ème. Merci à eux !

Les moins bonnes nouvelles nous viennent de l’importation du conflit israélo-palestinien sur nos terres. Le Gouvernement commence enfin à faire preuve de fermeté avec des peines immédiates allant jusqu’à six mois de prison ferme pour les manifestants casseurs ! Taper sur la Police vous coûte toujours moins que balancer votre chat contre un mur (Attention, ce comportement n’est pas à reproduire à la maison). Et personne ne dit rien contre le NPA (Nouveau parti anticapitaliste) de Olivier BESANCENOT qui continue à appeler à la participation à des manifestations interdites. Preuve en est qu’il n’arrive plus à mobiliser ses électeurs qu’autour de la reconnaissance d’un état palestinien (comme le Front de gauche).

Enfin, tandis que le chômage augmentait de 0,3 % en juin 2014, l’Assemblée préfère perdre son temps, avant d’être bloqué par le passage à droite du Sénat en septembre, à voter une carte des régions. Elle ne durera pas tant la fronde des élus locaux est grande et elle ne permet surtout aucune économie. Mais là encore, le sentiment de changement fait toute la différence et endort les sots. À moins qu’elle ne focalise toute l’attention sur un sujet secondaire, permettant de ne pas traiter les réformes principales et urgentes. Bon été !

Retrouvez ici mon précédent éditorial de la semaine dernière.