Archives du mot-clé Raquel GARRIDO

La Casa de Papel : une saison 4 sans fin qui laisse sur sa faim (attention divulgâchage)

Une fin qui n’en est pas une et qui déçoit. Tous les éléments sont réunis pour une cinquième saison, et paradoxalement, il vaudrait peut-être mieux que cette saison 5 n’existe pas, tant les saisons 3 et 4 sont faibles par rapport à la fraîcheur des saisons 1 et 2 (qui n’étaient pas financées par Netflix).

J’ai commencé à regarder La Casa de Papel quand Raquel GARRIDO était dans son délire de surnommer Jean-Luc MÉLENCHON le Professeur. Je me devais donc de savoir qui était ce Jean-Luc MÉLENCHON espagnol.

Ainsi que pour démonter cette affirmation selon laquelle dévaliser la réserve nationale, ce n’est pas prendre l’argent des gens, parce qu’on sait très bien qu’un État qui serait dévalisé remplirait ses caisses avec l’argent du peuple, et des pauvres en priorité.

Petite parenthèse, il suffit juste de regarder la levée de bouclier de ceux qui réfléchissent au retour de l’ISF (4,2 milliards € de recettes en 2017) pour financer les hôpitaux, par les mêmes qui applaudissent tous les soirs à 20 heures !


Même si les créations visuelles et les travail de l’image sont toujours aussi magnifiques, voire peut-être plus que sous les saisons 1 et 2, et qu’il y a aussi deux belles scènes de fusillades, c’est comme pour The Irish Man, je ne vois pas où est passé l’argent de Netflix.

Alors que le respect qu’il pouvait y avoir pour le Professeur tenait de sa capacité de joueur d’échecs à avoir toujours six ou sept coups d’avance, il se retrouve globalement dépassé en permanence, à courir après le temps. Il n’y a plus cet aspect jouissif de ressentir qu’il avait tout prévu, et qu’on ne retrouve que dans les deux derniers épisodes avec ses sept missiles. Et puis, il n’y a la musique de Bella Ciao qu’une seule fois, pendant pas très longtemps !

Et puis surtout la série s’est endormie dans le politiquement-médiatiquement correct. Même s’il n’y a toujours pas de noirs, d’Arabes, de jaunes ou de tout ce qui n’est pas blanc, la saison se veut féministe et genrée, abordant l’homosexualité, le changement de sexe, le don de sperme, la PMA, le droit des femmes et la lutte contre les viols. Elle se politise trop !

Alors qu’à côté, les scénaristes ne prennent pas de risques : un seul personnage clé qui meurt, quelques nouveaux personnages mais aux rôles très limités, les plus populaires comme Nairobi et Helsinki volontairement valorisés par rapport à ceux détestés de Tokyo, Palerme ou SIERRA.

Et puis le rôle de la foule devait être mis en avant, alors qu’à part le groupe de militants réactifs qui colle des affiches, les gens sont juste intéressés par les millions d’euros balancés.

Si certains trouvent plus de place comme Marseille ou ce pervers narcissique de Arturo ROMÀN (dont personne n’interroge le stress post-traumatique), on ne comprend pas bien à quoi servent certains dont on s’attarde sur l’histoire comme Mathias (pourquoi n’a-t-il pas de prénom de ville ?), ou Manille. Et pourquoi le personnage de Tatiana n’est-il pas exploité ? À côté, on se plaît à revoir Berlin, Oslo et Moscou.

Pour le reste, il y a beaucoup d’incohérences (l’inspectrice qui sait que Nairobi n’est pas morte, les policiers qui ne voient pas l’abreuvoir retourné GANDIA qui refuse de tuer trois personnages, le sport pour « activer » le cerveau, Palerme aveugle qui semble voir normalement, Nairobi qui est en pleine forme après s’être fait retirer la moitié du poumon…) ce qu’il pouvait faire, et les flashbacks permanents perturbent ceux qui ne sont pas à fond dans la série. Au fait, cette série n’est pas transposable en France puisque nous n’avons plus de cabines téléphoniques…


En conclusion, une saison moins addictive que les précédentes parce que le Professeur semble moins fort, et l’équipe, trop dépassée et trop divisée. Il y a comme une perte de l’ADN de la série originale, et c’est pour cela qu’il vaudrait sûrement mieux arrêter là, pour que tout en nous laissant sur notre faim, chacun puisse écrire sa propre fin, très souvent la meilleure.



Il ne faut pas désespérer MÉLENCHON

Après Billancourt (Hauts-de-Seine), c’est une autre cause désespérée qu’il s’agit de soutenir : Jean-Luc MÉLENCHON. Le président du Parti de gauche (PG) confie sa lassitude au site internet Hexagones. Il se dit « fatigué », « avoir besoin de bailler aux corneilles » et reconnaît même un « échec » du Front de gauche (FDG). L’homme annonce prendre du recul par rapport à son action politique.

Ce n’est plus une déprime, c’est une dépression. Après l’échec immérité du Front de gauche aux européennes (un des rares à avoir un programme) et face aux communistes qui cherchent à casser l’alliance du Front de gauche, c’est six années d’efforts depuis 2008 qui sont remis en cause et une grande absence de reconnaissance envers l’homme aux 11 %.

MÉLENCHON, le socialiste qui voulait rénover le communisme

Quand en 2007, Marie-George BUFFET mobilisait 700 000 électeurs pour faire 1,93 % des suffrages, MÉLENCHON en captait 4 millions soit 11,1 % en 2012. Un score à deux chiffres que les communistes n’avaient plus connu depuis les 15,35 % de Georges MARCHAIS en 1981. Mais surtout un résultat permis par le rassemblement autour d’un homme de socialistes, de communistes, d’écologistes et d’alternatifs. En 2008, MÉLENCHON créé le PG comme une dissidence au PS, revenant aux fondamentaux de la gauche, dévoyée par un PS social-libéral. À l’occasion des élections européennes de 2009, il propose le rassemblement du FDG pour conforter cette alliance et réalise 6,05 %. Outre, les désirs de revenir dans sa vraie famille politique (des trotskistes) et de profiter du réservoir de voix communistes, il y avait aussi la volonté de créer une vraie gauche, fidèle à MARX et à JAURÈS, ce que les électeurs dits « de gauche » n’ont jamais compris.

La rupture viendrait du Parti communiste (PC) qui préfère le PS au PG

Au PC, la plupart des cadres n’ont jamais pu « encadrer » Jean-Luc MÉLENCHON. Pour autant que Pierre LAURENT, secrétaire général du PC et Marie-George BUFFET se forcent, André CHASSAIGNE, président du groupe communiste à l’Assemblée ne se prive pas de critiquer l’ancien Essonnien. Les élections municipales de 2014 ont laissé paraître le malaise latent avec une frange du PC franchement hostile à MÉLENCHON, qui a lâchement préféré aller se cacher avec le PS tout en espérant obtenir plus de poste. Ce fut le cas à Paris où cela ne servit que les intérêts de Ian BROSSAT ou à Savigny-sur-Orge où le PC se décrédibilise avec un Laurent LIEPCHITZ qui ne connaît pas la ville. Tout le problème vient du fait que le PC ne comprend pas qu’il perd en visibilité et donc en voix en se terrant avec le PS qui ne manque pas une occasion de les trahir, comme Ramzy HAMMADI le fit en 2012, leur ravissant la septième circonscription de Seine-saint-Denis.

Une stratégie politique du PC minable à court terme, mortelle à long terme

À vaincre sans péril, on triomphe sans gloire. Le PC perd en effet ses derniers bastions qui lui sont conquis par le PS. (En 2014, par la droite à cause du rejet massif de la gauche qu’incarne HOLLANDE). L’exemple de la Seine-saint-Denis est frappant à ce sujet avec les offensives massives de Claude BARTOLONE à chaque élection pour implanter le PS au détriment du PC. Les socialistes se croient malins à épuiser son principal réservoir de voix, jusqu’à ce qu’il n’existe plus. Les socialistes se prennent pour MITTERRAND sauf qu’ils n’ont pas l’habileté politique de notre dernier président de droite (de conviction, pas d’action). La ceinture rouge des années 1960 s’étiole progressivement tandis que le PC perd toujours plus d’élus, de villes, de cantons, de circonscriptions. Leur message politique est parfaitement inaudible. On ne se souvient plus du PC lorsqu’on parle de la fête de l’Humanité ou qu’on revoit Robert HUE à la télé ou des archives de Georges MARCHAIS.

Incapables d’incarner une alternative à la gauche molle du président HOLLANDE 

Mais le problème du FDG est de n’exister que grâce à MÉLENCHON dont les coups de gueule répétés ont fini par en agacer plus d’un. L’ancien plus jeune sénateur de France, élu à Massy (Essonne), vole immanquablement la vedette à ses camarades (sauf peut-être à Clémentine AUTAIN). Pourtant, les personnes proches qui l’entourent sont aussi intelligentes, voire parfois plus compétentes que lui : Martine BILLARD, Clémentine AUTAIN, François DELAPIERRE, Éric COQUEREL, Marc DOLEZ, Jacques GÉNÉREUX, Alexis CORBIÈRE, Gabriel AMARD son gendre, RAQUEL GARRIDO son avocate… Jérôme GUEDJ aurait eu sa place s’il n’avait pas préféré le PS… De 2008 à 2012, ils ont été les chantres de l’antisarkozysme. Mais c’est le PS qui en a récolté tous les lauriers. Et aujourd’hui, trop peu leur font confiance pour faire mieux que HOLLANDE à gauche.

Terrassé par la guerre des fronts puis par la guerre républicaine (UMPS contre FN)

Elle était annoncée pour 2012 mais elle a tourné au désastre : 17,9 % pour le FN à la présidentielle de 2012 contre 11,1 % pour le FDG. MÉLENCHON se voulait le seul vrai pourfendeur de Marine LE PEN. L’homme a  bien compris que les extrêmes ne sont pas figés et passent de la gauche à la droite en fonction du climat politique. Mais les Français ne l’ont pas suivi. Et on ne peut alors pas impunément taper sur la gauche à laquelle on appartient. Dans le même temps depuis 2013, les électeurs traditionnellement PC, partent au PS, craignant un nouveau « 21 avril 2002 », tandis que nombreux au PS cèdent aux sirènes du FN. Alors dans ces conditions, blessés par leurs divergences programmatiques comme par exemple les positions sur le nucléaire (PC pour ; FDG contre), l’extrême-gauche communiste ne peut pas survivre. Et le choix de MÉLENCHON apparaît, éclairé ainsi, comme le plus raisonnable : renoncer à diriger un ensemble indirigeable qui s’est lassé de lui.

C’est une histoire qui n’est pas finie. Au dernier moment, le PC ne lâchera pas MÉLENCHON dont ils ont trop besoin. Mais l’utopie du « pouvoir au peuple » et du FDG est morte. Jean-Luc MÉLENCHON ne peut plus dire « Place au peuple » en ne rassemblant que 6 % de la population. Il est certain que sa pause politique, si l’extrême-gauche ne se recompose pas, affectera durablement la gauche française jusqu’à créer un nouvel équilibre :

– Gauche-Extrême-gauche : 32 %

– Centre (droit) : 10 %

– Droite : 33 %

– Extrême-droite : 25 %

Et l’élimination systématique de la gauche lors des grands scrutins.

P.-S. : J’ai déjà rencontré Jean-Luc MÉLENCHON un jeudi midi dans le Xème arrondissement parisien. Il marchait seul, vêtu d’un blouson en cuir, et tenant sous le bras un journal écrit par ceux qu’il fait tant semblant de détester pour attirer l’attention médiatique. Il m’a paru « petit » puisqu’il doit mesurer autour de 1m70, quand j’en fais 1m75. Nous avons un ami commun en la personne de Mgr Guy HERBULOT.