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Désintox : aucun magasin de Houston n’a fermé le 11 septembre 2009 pour rendre hommage aux terroristes

Est réapparu un canular visant à affirmer qu’un magasin américain de Houston (Texas), qui serait tenu par des musulmans, a été fermé le 11 septembre 2009 pour rendre hommage à un des terroristes du 11 septembre 2001 qui s’appellerait Ali. C’est bien mal connaitre l’histoire de l’islam que de propager ainsi de telles fausses nouvelles. Un rapide tour sur Wikipédia nous apprend en plus qu’aucun de ces terroristes ne s’appelait Ali…

Le fameux imam ‘Alî auquel il est ici fait référence n’est autre que le gendre du prophète Muhammad, quatrième calife de l’islam et dernier de la série des Rāshidūn (bien guidés).

‘Alî a été nommé calife en juin 656, après l’assassinat du calife ‘Uthmân, auquel était reproché de trop favoriser son clan (Ummayades) au détriment du clan hashîmite.

Du coup, à la mort de ‘Uthmân, le gouverneur de Syrie Mu’âwiya, nommé par ‘Uthmân, craint pour sa place, va prendre prétexte que ‘Alî n’a pas assez bien vengé son prédécesseur. Il refuse de prêter allégeance, monte une armée et part se battre contre ‘Alî. C’est la Grande discorde ou al-fitna-al-kubra.

Mais tandis qu’aucun des deux chefs de guerre n’arrive à prendre l’avantage, ‘Alî finit par accepter un arbitrage, tel que préconisé par le Coran.

Une partie de ses soutiens refuse l’idée qu’un choix divin puisse être soumis à une médiation humaine. Ils font dissidence, mais sont vaincus l’année suivante : ce sont les khârijites.

L’arbitrage aboutit enfin sur l’idée de choisir un troisième homme pour calife, ce qui achève de déconsidèrer le pouvoir de ‘Alî. Mu’âwiya en profite pour se faire nommer calife en 660.

Finalement, des khârijites font assassiner ‘Alî en 661 alors qu’il se prosternait pendant la prière de Al-Fajr (prière du lever de soleil) le vingt-et-unième jour du mois de Ramadan : c’est le martyre de ‘Alî.

Or, en 2009, quel jour du calendrier correspond au vingt-et-unième jour de Ramadan ? Le vendredi 11 septembre.

Par conséquent, et d’autant plus s’ils sont chiites (shî‘at ‘Alî – partisans de ‘Alî) qui sont les seuls à célébrer cette fête islamique, les propriétaires du magasin ont fermé ce jour-là pour rendre hommage au calife ‘Alî et non pas à un terroriste du 11 septembre 2001. CQFD



Pour un Carême en conscience sans souffrance

Les chrétiens de 2015 ont une tendance certaine à vouloir faire du Carême l’équivalent d’un « Ramadan chrétien« . C’est à dire une période de 40 jours au cours de laquelle ils se privent pour réaliser l’importance de la place de Dieu de leur vie. Mais si pour l’islam, le mois de ramadan est un mois pour Dieu, pour les chrétiens, c’est toute l’année qui Lui est consacrée. D’où l’importance de ne pas être hypocrite dans sa démarche de Carême.

Je ne suis donc pas tout à fait d’accord avec la vision simpliste mais compréhensible du Carême que nous proposons à nos catéchumènes. Non, cette période n’est pas qu’un temps de combat (qui est permanent) au cours duquel le croyant doit renforcer son partage, son pardon, sa pénitence et sa prière (ce que j’appelle les 4P). C’est plutôt le temps de la prise de conscience des mystères divins que nous sommes invités à placer au centre de notre vie.

Une démarche de l’Église avant d’être une démarche personnelle

Puisque le chrétien n’est pas hypocrite et ne va pas concentrer sa pratique sur 40 jours plutôt que sur l’année entière, alors il va d’abord vivre l’adaptation de son Église qui modifie sa liturgie (règles du culte). Par un choix de textes précis et significatifs, par la pratique de rituels spécifiques et par la récurrence de célébrations dédiées, le croyant est invité à suivre un autre rythme de vie qui le préparent à prendre conscience de l’Amour de Dieu.

Du mystère de l’Amour à l’appel au témoignage

Je considère, en dépit de ce qu’en dit la théologie catholique, qu’il existe trois grands mystères divins. J’entends par « mystère » des faits, relevant de la croyance, qui dépassent notre entendement et que l’on ne peut exister scientifiquement, sans quoi ils ne seraient plus des mystères. Je parlerais donc ici 1) de Dieu 2) de l’Incarnation 3) de la Résurrection avec ce que chacun des mystères nous dit de l’Humanité.

1) le mystère divin : Dieu existe et il nous aime. Pourquoi autrement des gens voueraient-ils leur vie au service de leurs frères ? Le Carême nous invite à témoigner de l’Amour de Dieu (donc par analogie de son existence) et surtout à le mettre en pratique.

2) le mystère de l’Incarnation : Dieu s’est fait Homme et il est venu connaître notre vie. Celle de Jésus racontée dans l’Évangile n’a pas été facile  : il a connu les joies et les peines de tout homme. Mais il était dans l’action et nous invite à nous engager dans ce monde.

3) le mystère de la Résurrection : Jésus a dû mourir pour ressusciter et il nous promet la Vie après notre mort. Il nous invite à ne pas avoir peur de la fin et à lui faire confiance quant à qu’il viendra tous nous chercher. Mais le Royaume de Dieu se construit d’abord ici.

Du rejet de la souffrance

Quelle blessure a dû sentir Dieu lorsque les Hommes ont crucifié son fils ! Lui-même n’a pas pu le sauver sur la Croix et a certainement dû souffrir de voir son fils unique mourir sous ses yeux. De la manière qu’il souffre des malheurs de notre monde contre lesquels il ne peut rien. Pour cela, Dieu ne peut pas nous demander de souffrir encore plus dans notre vie et il nous invite à apaiser les souffrances des autres, comme Jésus a pu le faire de son vivant.

La Carême n’est donc pas un temps de jeûne et d’adoration. Ni un temps de djihad (effort sur soi) comme j’ai aussi pu l’entendre. Il est juste un moment dans l’année que l’Église valorise pour faire mémoire de l’action de Dieu dans nos vies. Un temps au cours duquel nous sommes invités à vivre en conscience notre mission de baptisé (qui reste la même qu’au long de l’année) : célébrer ensemble (prêtre), annoncer l’Amour et la Paix (prophète) et vivre et servir (roi).

Éditorial : il faut attendre deux Français sur le podium pour parler du Tour de France.

Chaque semaine, je décrypte l’actualité qui m’a marquée dans un court éditorial. Voici celui de la semaine écoulée du lundi 21 juillet au dimanche 27 juillet 2014.

Il ne servirait à rien de continuer à se faire peur en revenant sur les différents accidents de la circulation qui touchent notre pays et qui ont amené le président HOLLANDE à déclarer un deuil de la Nation qui commence ce lundi 28 juillet jusqu’au mercredi 30 juillet inclus. Reste que l’histoire d’un chauffeur qui ne sent pas venir l’hypoglycémie est inquiétante, même si l’homme de confession musulmane nie avoir pratiqué le jeûne du ramadan.

Les bonnes nouvelles qui nous mettent un peu de baume au cœur nous viennent du sport : en escrime, les Français sont champions du monde par équipe à l’épée (épreuve masculine). En cyclisme, plusieurs Français obtiennent de très bonnes places au Tour de France comme Jean-Christophe PÉRAUD (2ème), Thibualt PINOT (3ème) et Romain BARDET (6ème). Et une mention spéciale pour l’Essonnien Tony GALLOPIN qui termine 29ème. Merci à eux !

Les moins bonnes nouvelles nous viennent de l’importation du conflit israélo-palestinien sur nos terres. Le Gouvernement commence enfin à faire preuve de fermeté avec des peines immédiates allant jusqu’à six mois de prison ferme pour les manifestants casseurs ! Taper sur la Police vous coûte toujours moins que balancer votre chat contre un mur (Attention, ce comportement n’est pas à reproduire à la maison). Et personne ne dit rien contre le NPA (Nouveau parti anticapitaliste) de Olivier BESANCENOT qui continue à appeler à la participation à des manifestations interdites. Preuve en est qu’il n’arrive plus à mobiliser ses électeurs qu’autour de la reconnaissance d’un état palestinien (comme le Front de gauche).

Enfin, tandis que le chômage augmentait de 0,3 % en juin 2014, l’Assemblée préfère perdre son temps, avant d’être bloqué par le passage à droite du Sénat en septembre, à voter une carte des régions. Elle ne durera pas tant la fronde des élus locaux est grande et elle ne permet surtout aucune économie. Mais là encore, le sentiment de changement fait toute la différence et endort les sots. À moins qu’elle ne focalise toute l’attention sur un sujet secondaire, permettant de ne pas traiter les réformes principales et urgentes. Bon été !

Retrouvez ici mon précédent éditorial de la semaine dernière.