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Si l’Église catholique pouvait éviter de remplacer ses prêtres par des diacres…

En mai 2018, les catholiques essonniens sont invités à répondre à un sondage sur l’interpellation au diaconat permanent dans le diocèse d’Evry – Corbeil-Essonnes. Le but de ce questionnaire se voulant être de comprendre les motivations et les freins à l’appel pour cette mission. Le nouvel évêque essonnien voudrait-il donc combler le manque de prêtres par des diacres permanents, au mépris de la responsabilisation des laïcs ?

https://docs.google.com/forms/d/e/1FAIpQLSeLw4vfgJm6ne0bTCAbZ1Ae9U_RV6mvsl7DIO2ENc97pbmu1g/viewform


Qu’est-ce qu’un diacre permanent ? C’est un homme marié (parfois veuf) qui reçoit une ordination pour exercer une mission particulière au service de ses frères, ainsi que et surtout pour pouvoir administrer certains sacrements. Il n’est cependant pas prêtre, et ne peut pas tout faire. Par exemple, il ne peut pas présider la messe. Il cumule parfois sa charge avec une profession. Il suit une longue préparation, et il faut l’accord de sa femme pour qu’il soit ordonné.


Il faudrait peut être commencer par faire un bilan du diaconat permanent réintroduit en Essonne par Mgr HERBULOT. Avec des expériences plus ou moins heureuses, et le constat personnel d’une dégradation des qualités humaines entre les premières personnes ordonnées et celles qui le sont plus récemment. Comme si déjà les dernières personnes ordonnées avaient été choisies pour faire le nombre, et non pas par rapport aux exigences de la mission.

Je me suis déjà disputé plein de fois avec des diacres, qui croient qu’ils savent tout parce qu’ils ont reçu l’Esprit saint, ou qui disent des conneries en se prenant pour des hautes autorités morales. Le gros problème étant qu’ils sont finalement peu formés, et qu’ils ne veulent plus essayer de s’améliorer une fois ordonnés. Et ça donne des personnes qui peuvent parfois être repoussoirs, notamment avec ceux qui ne fréquentent que très rarement l’Église.*

* Les reproches adressés aux diacres sont aussi et malheureusement valables pour les prêtres…


Les deux premières questions portent sur notre capacité d’appel personnel au diaconat. Et personnellement, je ne pense pas que cet appel doive être le fait d’une seule personne. Et comme on ne connaît jamais assez bien les gens, et que l’Église a tendance à ne plus refuser grand monde (les pédophiles quand même contrairement à ce que certains voudraient faire croire), je n’ai pas envie de dire à quiconque que je pense qu’il ferait un bon diacre.

Or, justement, une question qui manque est de savoir si nous avons besoin de diacre, et si oui pourquoi faire. Pour des réunions inutiles ? On pourrait éviter. Or, très globalement, les demandes de sacrements (sauf l’eucharistie dominicale) diminuent, en proportion du nombre de consacrés. Se pose surtout le problème des obsèques, que les laïcs résolvent très bien par eux-mêmes. Donc finalement, pourquoi ordonner des diacres permanents en 2018 ?

La troisième question s’intéresse à nous (savoir si on nous a déjà proposé de devenir diacre), et la quatrième si nous coopérons avec les diacres. Enfin, la cinquième et dernière question propose de laisser des commentaires. C’est donc un questionnaire assez timide qui ne dit pas grand chose de la crise des vocations. Pourquoi s’engager pour l’Église en 2018 ? Or, ce n’est pas parce qu’on connaitra mieux le diaconat qu’on proposera mieux ou qu’on aura plus de diacres…


Est-ce donc la fin de cette manie qui consistait à aller chercher des prêtres en Afrique, avec des expériences plus ou moins heureuses ? Je ne le pense pas. Mais le regain d’intérêt porté pour le diaconat ne doit pas nous faire oublier le rôle des laïcs que nous devons associer à la mission de l’Église, au lieu de les laisser en spectateurs qui attendent que d’autres fassent pour eux. Si on revient aux premiers temps de l’Église, comportons-nous comme ils faisaient alors !

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Assez des mensonges dans la communication autour du denier de l’Église !

Cela se passe dans mon secteur pastoral (Savigny-Viry), dans mon diocèse (Évry – Corbeil-Essonnes), mais je pense que la critique pourrait s’appliquer ailleurs. Donc pour faire participer les chrétiens au Denier de l’Église, on leur raconte qu’ils auront des prêtres proportionnellement au fric qu’ils vont donner. Comme si les prêtres, dont je mets de plus en plus en doute l’indispensabilité, étaient ceux qui ruinaient les finances diocésaines…

En premier lieu, des prêtres comme certains que je connais, qui sont mal-aimables, qui ne veulent plus présider les célébrations de sacrements ou d’obsèques, qui sont indisponibles car tous les jours en inutiles réunions, et à qui je peux faire encore plein d’autres reproches ; personnellement, je m’en passe très bien. Et il serait temps que l’Église arrête sa presbytéro-dépendance, et accepte que la pastorale soit partagée avec des laïcs capables de s’animer.

Cela étant écrit, qui souhaite plus de prêtres, plus disponibles, comme ceux que nous avons ? Qui est derrière cette communication ? Que les prêtres que nous avons déjà commencent par s’organiser autrement, et se rendent disponibles, et peut-être qu’ils donneront aux autres l’envie de devenir prêtres ? Moi, je vois de plus en plus une caste en déclin, qui croît détenir la vérité, et qui se referme sur le peu d’influence qu’il leur reste, tout en refusant de se réformer.

je n’ai aucun problème à entendre que les prêtres voudraient être plus payés. Dans mon diocèse, ils perçoivent environ 840 euros bruts par mois ; à comparer aux salaires scandaleusement plus élevés des prêtres des diocèses de Versailles et de Paris. Mais je leur serai reconnaissant de les entendre dire cela, plutôt que de le faire réclamer, par des personnes convaincues de l’utilité des prêtres, mais qui n’iront quand même pas verser 10 % de leur salaire au denier.

Enfin, c’est faux de dire que plus il y aura d’argent, et plus il y aura de prêtres ! La crise des vocations religieuses n’est pas liée à la question des salaires, et c’est prendre les donateurs pour des imbéciles que de l’affirmer. Personnellement, je n’ai jamais entendu un prêtre se plaindre de son traitement et j’ose donc affirmer que ce n’est pas le traitement des prêtres qui met l’Église en faillite ! D’autant qu’il y a de moins en moins de prêtres, et de plus en plus de déficits…

Je pourrais parler plus longtemps des problèmes de gestion dans l’Église, mais cela aurait plus sa place dans un autre article. L’Église doit cependant se rendre compte qu’elle ferait mieux de louer son immobilier, plutôt que de le vendre, et donc de s’entourer de professionnels de gestion. De la même manière, c’est une connerie de rogner sur la communication, parce que c’est elle qui, en plus d’aider à amener de nouveaux chrétiens, fait qu’il y a des dons hors de l’Église.