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Sur les affiches des 11 candidats à la présidentielle 2017

J’avais envie de donner mon avis sur les affiches des candidats à l’élection présidentielle de 2017. C’est chose faite avec cet article, qui s’intéresse à la communication visuelle des prétendants à l’Élysée. J’ai un coup de cœur pour celle de Philippe POUTOU, et inversement je trouve que celles de MACRON et de MÉLENCHON sont vraiment ratées. Dans l’ensemble, elles sont plutôt sobres et finalement très classique, sans prises de risques.


1. Nicolas DUPONT-AIGNAN

Une affiche classique sur fond bleu et vert. La retouche photo pèche au niveau des cheveux et il est dommage que le produit soit coupé sur le haut. Le choix de l’écriture blanche sur la chemise blanche ne me semble pas le plus judicieux. Les rides marquent à la fois l’empathie et l’expérience du candidat mais c’est la face droite du visage qui transparaît alors qu’elle est dans l’ombre. Cela manque d’un slogan. On a connu le candidat mieux inspiré…


2. Marine LE PEN

Les couleurs sont sobres et éloignées du bleu marine. Le slogan est fort. Le nom du parti comme le nom de la candidate n’apparaissent pas. La photo est efficace ; Marine se présente en bonne copine, avec une photo de profil Facebook.


3. Emmanuel MACRON

Une affiche décevante du fait que le candidat ne regarde pas le public. Il semble perdu au milieu d’une foule de trois personnes qui ne sont pas rassemblées derrière lui. Le slogan est creux… Le candidat semble avoir un petit visage…


4. Benoît HAMON

Une affiche classique qui indique l’identité politique du candidat : rouge pour la gauche et vert pour l’écologie. Une belle photo tournée vers l’avenir. Seul défaut, le fond un peu trop clair qui fait notamment ressortir les oreilles décollées du candidat.


5. Nathalie ARTHAUD

L’affiche type de Lutte Ouvrière qui s’adresse à un public déjà conquis qui va prendre le temps de la lire. La photo n’est pas optimale…


6. Philippe POUTOU

L’affiche la plus efficace selon moi. Un slogan efficace, une photo naturelle au milieu d’une manifestation donc dans le vrai. Mais ça ne fait clairement pas présidentiable…


7. Jacques CHEMINADE

Une affiche efficace même si le candidat n’est pas bien mis en avant, notamment du fait qu’il soit coupé sur la partie haute de son visage, comme pour cacher une calvitie, et ne regarde pas le public. On comprend de suite le programme du candidat et on passe à autre chose, en continuant de se demander ce qu’est l’occupation financière…


8. Jean LASSALLE

Une belle photo qui met en avant un nez exceptionnel. Le nom est en grand pour permettre à l’électeur de s’en rappeler. Le slogan est énigmatique mais percutant. On sent le candidat inspiré par la fonction et qui croit à son destin…


9. Jean-Luc MÉLENCHON

Un ciel clairsemé… Les couleurs ne permettent pas d’identifier le candidat… La tête est un petit peu petite par rapport à l’affiche… Le candidat n’est pas au mieux physiquement, mal rasé par exemple, pour incarner la fonction…


10. François ASSELINEAU

Le fond est classique et donne une image rurale. Elle rappelle une photo officielle avec ce qui serait l’Élysée flouté en arrière-plan. Le slogan interroge mais ne dit rien du programme. Le candidat possède une stature présidentielle.


11. François FILLON

Une affiche un peu surexposée qui fait ressortir l’âge d’un candidat volontairement vieilli et marqué par l’expérience ; peut-être aussi par les affaires. L’homme est tourné vers la gauche donc vers le passé, ce que représente le conservatisme de la droite. La partie gauche de son visage est volontairement mise en avant pour accentuer l’aspect sincère du candidat.


Cela ne reste que des avis personnels, et je vous invite à partager les vôtres dans les commentaires.



Cinq raisons pour que François HOLLANDE soit candidat à sa réélection en 2017

Si on écoute les sondages, HOLLANDE n’est plus qu’à 4 % de popularité (et dire qu’on tapait sur SARKOZY quand il était à 20). Même si ce n’est pas forcément vrai, on constate néanmoins que le doute est là rue de Solférino, et qu’on cherche qui pourrait faire un meilleur candidat en 2017. VALLS ? MACRON ? ROYAL ? Dans tous les cas, ces choix rencontrent des limites, et HOLLANDE reste celui avec qui cela passera ou tout cassera.

J’avoue ne pas bien comprendre les Français. Le livre des commentaires de HOLLANDE me le rendait presque sympathique, même si je n’aurais pas voté pour lui pour autant. Il crachait enfin ce que pense la majorité silencieuse (en tout cas moi) sur le laxisme de la Justice, la sur-importance donnée aux footballeurs sur-payés, un problème avec l’islam et l’immigration… Mais c’est vrai qu’il demande aussi de détruire le PS pour le réinventer, et c’est ça qui fait mal.


Parce qu’il doit défendre son bilan

Certes, le bilan est plat mais il ne faudrait pas dire qu’on a perdu 5 ans. Il y a au moins un certain nombre des 60 propositions du candidat HOLLANDE qui ont été appliquées (analysées sur le site Luiprésident) à défaut que leur résultat soit concluant notamment en matière d’économie, d’emploi ou de logement. Si HOLLANDE n’y va pas, il donnera réellement l’impression partagée par une très grande majorité de Français d’un « quinquennat pour rien« .


Parce que sans lui, la gauche va exploser

On voudrait croire que VALLS (qui n’y croît plus et passe de plus en plus de temps à Évry pour se refaire sur son terrain) va tranquillement ramasser les morceaux après 2017. Mais le PS ne veut pas de VALLS qui pèse un peu plus que les 6 % de la primaire mais n’a pas les idées ni le charisme de ROCARD. Sans lui, le PS explosera en trois courants : social-libéral qui se ralliera avec le centre, social-démocrate avec les écologistes et socialiste, proche de MÉLENCHON.


Parce que HOLLANDE est bon en campagne

Mine de rien, HOLLANDE est longtemps resté « Monsieur 3 % » et beaucoup pensaient qu’il serait éliminé en 2011 soit par la Dame des 35 heures (Martine AUBRY) soit par l’ancienne candidate à la présidence (Ségolène ROYAL ; 46,94 %). Et pourtant, il est remonté, il a gagné la primaire, il a eu de bons discours (même s’il ne les avait pas écrit), il a eu de beaux gestes, il a su s’adapter à SARKOZY et ne pas tomber dans un piège du FN qui a perdu MÉLENCHON. Il peut le refaire !


Parce que c’est sa seule chance de se racheter

Si HOLLANDE a une image très négative auprès de l’ensemble des Français, un deuxième et dernier mandat lui permettrait de montrer un nouveau visage, et peut-être d’enfin réformer la France, vu qu’il n aura plus l’enjeu d’être réélu. Ah oui, mais il y aura le nouveau but de garder le pouvoir à gauche après 2022, or si cela ne fonctionne pas non plus… Bref, peut-être quand même l’occasion d’associer son nom à ses réformes ou de dire qu’il a fait quelque chose ?


Parce que la gauche va quand même perdre et qu’il faut quelqu’un pour assumer

Même si SARKOZY gagne la primaire de la droite, et que MÉLENCHON n’a pas ses signatures, la gauche ne gagnera pas car elle a perdu son identité de défenseur des ouvriers au profit du FN, et que les bo-bos ne sont pas majoritaires en France. Quel sacré handicap pour celui qui veut ensuite reconstruire la gauche de commencer par perdre une présidentielle, en étant éliminé au premier tour qui plus est. VALLS ou MONTEBOURG ont tout à y perdre ; seule ROYAL peut.


De toute façon, la gauche a déjà décidé que ce serait JUPPÉ parce qu’il aurait un profil centriste (l’homme a quand même commencé sa carrière en co-écrivant des livres avec le Club de l’Horloge). Si la gauche va perdre, c’est avant tout à cause de la crise identitaire que vit le PS. Le réformer, c’est casser la seule structure qui a permis à la gauche de MITTERRAND d’arriver au pouvoir. Mais 1981 est passé et il serait temps d’un inventaire en 2016 pour nuancer 1981.



Du danger démocratique que représentent les primaires présidentielles

En France, l’élection présidentielle se fait désormais à six tours (les primaires, l’élection présidentielle et les législatives). Faut-il donc s’étonner que les citoyens se désintéressent toujours plus de la politique lorsque la campagne devient permanente ? Un président élu pour 5 ans travaille à sa réélection au bout de 4 ans. Un président élu pour 5 ans travaille à gagner sa primaire au bout de 3 ans…

Américanisation de la société française, les chefs politiques français s’imaginent pouvoir mobiliser plus aux élections quand une primaire a préparé le terrain. Pourtant, aux États-Unis, vous avez, selon les élections, plus de participants aux primaires qu’à l’élection présidentielle, qui ne rassemblent au mieux que 63 % des participants comme en 2008 lors de l’élection historique de Barack OBAMA. Est-ce un exemple à suivre ?


Du raccourcissement du mandat

Rares sont les présidents à réellement agir pendant la période de l’état de grâce (les 100 jours après l’élection) de peur que cette situation ne retombe. MITTERRAND offrant un précédent que nos politiques actuels refusent de revivre. Peu essaient de bouger les choses en toute fin de mandat même s’ils ne se représenteront pas. De fait, la seule période intermédiaire qui leur permettrait une action raisonnée et posée est ainsi sacrifiée à la communication proactive.


Du rétrécissement du choix : je ne retrouve pas mon candidat, je ne vote pas

Si les deux principaux partis de la gauche et de la droite ne présentent qu’un seul candidat, alors ce candidat peut pâtir de ses inimitiés s’il n’est pas le plus rassembleur, et surtout perdre tout renfort de voix au second tour que permet la saine émulation d’oppositions de candidats. Ne pas permettre aux citoyens de trouver son candidat au premier tour ne peut donc que le décourager à aller voter, s’il refuse de cautionner le système partisan intéressé.


Un encouragement à voter Contre

Au premier tour, votez pour celui qui sera le moins dangereux quand il se retrouvera face au FN au second. Avec l’épouvantail FN, le Français ne fait plus comme autrefois (choisir au premier tour, éliminer au second) ; il élimine d’office. Je ne vote pas pour celui que je veux voir se retrouver troisième et je ne me risque pas à voter pour un petit candidat alternatif de peur que mon candidat ne soit pas premier ou deuxième…


Le choix de l’électeur dans l’isoloir est pourtant incertain jusqu’au dernier moment, et le théorème de Condorcet (1785) nous le prouve mathématiquement. Il est faux de croire qu’une primaire à gauche aurait permis d’éviter les désastres à gauche de 1969 ou de 2002. De même, ce n’est pas la primaire de 2011 qui a renforcé le vote en faveur de HOLLANDE. Attention au phénomène des primaires qui n’est pas sain pour notre vie politique française.