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La faute à la concertation si Robin RÉDA a approuvé la loi de bioéthique en première instance…

Mais comment faire pour justifier une mesure très impopulaire qui va à l’encontre des convictions profondes du parti qui nous a fait élire (et qu’on a d’ailleurs quitté depuis) ?

Réponse : organiser une concertation pour porter la faute sur ce con de peuple qui vote si mal (le Brexit, Donald TRUMP, Matteo SALVINI et enfin notre propre élection…)

Et évidemment, surtout s’abstenir de donner les résultats de la concertation, parce que vu que 90 % des commentaires Facebook sous l’annonce de la consultation sont opposés, on se demande bien comment il a pu y avoir ce raz-de-marée, en faveur du projet de loi…


Ce qui est toujours amusant avec RÉDA est que pour changer, il était absent au moment du vote du premier article de la loi bioéthique, relatif à la PMA, alors que c’est sur ce sujet uniquement qu’il décide de consulter.

On rappellera d’ailleurs que c’est la veille, alors que RÉDA était aussi absent, que Richard FERRAND, président de l’Assemblée nationale, avait fait approuver un amendement, manifestement minoritaire dans l’hémicycle, au vu de la vidéo… Le déni de démocratie dans toute sa splendeur.


Et donc RÉDA, au moment de voter l’ensemble de la loi, demande l’avis de ses concitoyens sur ce seul sujet de la PMA, comme si c’était la seule évolution proposée par cette loi, qu’il présente en bon gauchiste comme un sujet intime (néanmoins remboursée par tous ces cons de Français).

En oubliant tout ce qu’il y a d’autres dans le texte : la levée de l’anonymisation des dons de gamètes et donc la destruction des gamètes stockées dans les CECOS, l’auto-conservation ovocytaire sans raison médicale, les travaux sur les embryons chimères humains / animaux…


En fait, il suffit d’un coup d’œil rapide sur la consultation de RÉDA pour s’apercevoir qu’il voulait juste nous montrer son beau tableau de CHIRAC (oui, parce qu’il faut savoir qu’alors qu’il racontait partout qu’il était un bébé SARKOZY, aujourd’hui RÉDA est devenu un bébé CHIRAC !), et faire s’abonner les gens à la sa lettre d’informations mensuelle ! Des informations personnelles que RÉDA va directement filer gratuitement à Nation Builder.

Relevons au passage que RÉDA nous propose de nous opposer à la révision quinquennale des lois de bioéthique alors qu’elle est une obligation législative. On dirait vraiment qu’il ne maîtrise pas son sujet tant les ficelles de sa communication sont énormes !

Rel


Bref, à la fin, et à cause de cette concertation, que RÉDA se doit de respecter parce qu’il est démocrate, mais dont il ne donnera ni les résultats ni les noms, il va voter POUR.

Mais le pire avec RÉDA reste qu’il est quand même capable de nous dire que la consultation était effectivement CONTRE, mais qu’il a agi pour le progrès et l’intérêt collectif, contre la douleur des femmes seules et des couples de femmes et pour favoriser la recherche médicale.

Sur ce, il reste encore deux lectures du texte. RÉDA est encore parfaitement capable de retourner sa veste entre temps.

C’est dommage pour lui car dans sa manœuvre, il a failli retrouver le soutien de la droite conservatrice, et là, je pense qu’il vient de les perdre définitivement…



Sur la vidéo pro-PMA sans père « Parlons bioéthique #1 » de Laëtitia ROMEIRO-DIAS

Je vous propose de commenter la vidéo de 3 minute 45 de Laëtitia ROMEIRO-DIAS, députée LaREM élue en Essonne, intitulée « Parlons bioéthique #1″.

Derrière une explication de ce qu’est l’Aide médicale à la procréation (AMP dans le vocabulaire scientifique), aussi appelée Procréation médicalement assistée (ou PMA qui est le terme que les médias et les politiques préfèrent utiliser), se cache en fait une vidéo subjective de propagande idéologique qui repose essentiellement sur l’émotion ; et qui nous explique in fine que les anti-PMA sans père ont tort, puisque leurs méchants reproches sont tous injustifiés et balayés.


Sur la forme de la vidéo, j’aurais trois remarques.

– Je trouve que la musique de fond est complètement déconnectée du sujet.

– Le claquement de porte à 3 minutes aurait pu être évité…

Inviter seulement deux pro-PMA sans père, parce que la députée se fait le relais des questions des anti, est intellectuellement assez minable.


Je sais bien que les anti-PMA sans père donnent l’impression d’être très présents dans l’espace public.

Mais Quotidien nous montre quand même plus souvent des cathos versaillais qui ne veulent pas de PMA sans père pour « éviter que la colère de Dieu s’abatte sur la France », que les discours structurés d’Élisabeth BADINTER ou de Ludovine DE LA ROCHÈRE.

Donc oui, il y a des anti-PMA sans père dans l’espace public, mais à 90 % des gens sans arguments, et que l’on montre uniquement pour les moquer.


Sur le fond,


Le documentaire commence en allant interroger quatre personnes sur la PMA pour montrer que le sujet divise les Français.

– Une femme avoue humblement qu’elle ne sait pas ce qu’est la PMA.

– Un homme, interviewé devant une église, explique qu’il est contre parce que « rien ne vaut un père et une mère ».

– Une deuxième femme explique qu’elle est pour car elle « pense » qu’un enfant peut trouver tout son équilibre en dehors du couple papa/maman.

– Une dernière femme pose la question des enfants sur le plan éthique et humain.


À ce stade, trois éléments me dérangent :

On ne connaît pas exactement la question qui leur a été posée. Or, beaucoup de gens ignorent effectivement que la PMA existe et qu’elle est déjà pratiquée pour les couples (hétérosexuels), et si on va par là, qu’elle est même autorisée par l’Église catholique depuis 1987 !

On ignore la représentativité des personnes (et on est sûrement proche de 90 % qui ne savent pas réellement, ce qui ne les empêche pas d’avoir une idée). Mais quand bien même 60 % des personnes interrogées seraient pour, j’aurais reproché qu’on ne fait pas une politique par et pour l’émotion.

L’argument de la femme pro-PMA sans père n’a rien de scientifique. C’est une idée, un sentiment. Et pourtant, il existe bien des études qui tendent à dire qu’un enfant peut effectivement trouver son équilibre en dehors du couple papa/maman. Le problème étant que cela n’est pas vrai pour tout le monde… Du coup, assume-t-on de faire une loi dont on sait qu’elle va laisser des enfants de côté, qui vivront mal cette situation ?


Pendant les interviews de notre quatre représentants des avis du débat, l’écran se coupe en deux pour laisser apparaître une définition de la PMA.

Il est notamment écrit, et mis sur un même plan de comparaison, qui encore une fois, fait appel à l’émotion :

« Aujourd’hui en France, la PMA n’est possible que pour les couples hétérosexuels en situation d’infertilité ou de stérilité.

« la loi n’autorise pas les couples de femmes et les femmes seules à avoir recours à la PMA. »

On oublie cependant de dire que les couples hétérosexuels apportent tout le matériel nécessaire, alors que les femmes, ont forcément besoin du matériel d’un homme.

Le débat est donc plus large qu’un simple rééquilibrage de droits.


La députée reçoit ensuite deux militantes.


À la première, elle demande de réagir au reproche que la PMA pour les femmes va créer des familles sans papa :

Et l’invitée de répondre :

  • ça fait 40 ans qu’il existe différentes familles (1)
  • qu’il y a des figures d’hommes autour d’elle (2)
  • que la maman peut avoir l’autorité du papa (3)

(1) C’est depuis que l’humanité existe qu’il existe différents types de famille, dont la famille monoparentale au décès prématuré d’un des parents. Mais au surplus, ce n’est pas parce qu’on ferait quelque chose depuis 40 ans que ça devrait en devenir la norme. C’est comme vouloir rendre légal la GPA (Gestation pour autrui) parce que d’autres pays la pratiquent…

(2) Des figures d’hommes, d’autant plus si elles sont mouvantes, ne sont pas un papa, c’est à dire une figure parentale duale. Si tu vas par là, il y a aussi des hommes à la télévision.

(3) C’est amusant d’entendre de cette personne cette vision surannée du partage des tâches dans le ménage avec le papa qui incarne l’ordre et la maman les câlins.


À la deuxième invitée, elle demande comment fait-on financièrement ?

Et là, on nous montre une personne tout à fait structurée et rassurante, qui a préparé et développé un projet parental à deux et qui s’est assurée d’avoir les moyens.

Quoique devoir s’endetter de 20 000 euros m’interroge personnellement sur les capacités financières de la dame à ensuite pouvoir ensuite élever l’enfant.

Cette femme met en plus le doigt sur le fait qu’elle a dû réaliser plusieurs essais, parce que cela ne fonctionne pas toujours, et qu’il y a sinon de gros enjeux d’argent, qui entraînent ceux qui n’ont pas les moyens à recourir à des donneurs jusque-là inconnus, avec le risque que ceux-ci réclament ensuite la paternité de l’enfant.

Il n’en reste pas moins posé là le problème actuel de l’hypocrisie du droit français qui interdit à ce jour la PMA sans père, mais qui reconnaît les enfants nés à l’étranger de PMA sans père.


Enfin, il y a une question sur la filiation, qui rappelle que l’autre parent n’a pas de droit sur l’enfant et qu’il devra alors l’adopter (à la place de l’autre) pour en obtenir.

Et on joue alors sur notre émotion de ce que pourrait devenir un enfant, dont le seul parent légal décéderait, et on nous dit qu’il faut revoir la filiation pour protéger juridiquement les enfants nés de PMA.

C’est encore ici un raisonnement par l’absurde, en tant que l’insécurité juridique commence au moment où lesdits parents commettent l’acte illégal de la PMA sans père. Cette seconde situation de la filiation, qui découle de la première, n’a sincèrement rien d’étonnant !


La vidéo se termine sur les propositions du rapport TOURAINE en matière d’évolution de la PMA, avec notamment cette idée que la PMA doit intégralement être prise en charge par la Sécurité sociale, au motif que ce serait un acte médical.

Je laisse maintenant chacun se faire sa propre idée, mais cette vidéo, à charge, ne m’a personnellement pas convaincu, ni fait changer de point de vue.

Je ne dis pas que deux femmes, ou deux hommes, ne sont pas capables d’élever un enfant, je continue d’affirmer que ce n’est pas le meilleur modèle de cellule familial. C’est tout…

Mais je peux aussi sortir le couplet fachô que ce n’est pas la réforme de la PMA et de la filiation qui normalisera l’homosexualité, en tant que la nature ne permet pas à deux personnes de même sexe d’avoir un enfant ensemble. Et je m’arrête là pour ne pas rentrer dans les débats de la psychologie qui poussent deux personnes à vouloir un enfant, et toutes les questions au vocabulaire impropre de désir d’enfant ou de droit à l’enfant…



Pourquoi je refuse de participer à la cérémonie de remise des diplômes et des insignes de donneurs de sang

Je veux ici dénoncer une dangereuse dérive qu’est en train de prendre l’Établissement français du sang (EFS), qui parce que les besoins en sang augmentent, et que leur modèle économique d’un établissement public est vaseux, commencent à réfléchir ouvertement à la possibilité d’acheter le sang (et aussi à celle de ficher leurs donneurs).

Et il y en a, parmi les partisans de la PMA (procréation médicalement assistée) et de la GPA (gestation pour autrui) que cela arrangerait bien, et qui font pression pour obtenir une telle marchandisation du corps humain. Or, si jusque-là, les hématologues étaient très soucieux de l’éthique, cette politique commence à évoluer du fait des difficultés rencontrées.

Et évidemment, les Français sont trop cons pour y voir à mal. Ils ne voient qu’un avantage dans le fait d’être payés pour donner leur sang, ce qu’ils pensent attirer plus de monde, et ne se rendent pas compte, déjà que leur sang sera revendu beaucoup plus cher que ce qu’il est actuellement ; et ensuite que c’est la porte ouverte, à la vente de l’Homme par l’Homme…


Savigny-sur-Orge, le 02 mai 2019

Madame,

Je vous remercie pour votre invitation à la cérémonie de remise des diplômes et des insignes de donneurs de sang, prévue ce jeudi 16 mai 2019.

Je n’y assisterai cependant pas pour les raisons suivantes.


En premier lieu, je ne cours pas après les diplômes et les insignes. Je ne donne pas mon sang pour obtenir une quelconque reconnaissance, mais parce que je connais qu’il peut être utile à d’autres.


En deuxième lieu, je sais que les finances de votre établissement ne sont pas des meilleures. Je vous invite à faire des économies avec ce que ma venue aurait coûté.


En troisième lieu, je suis très dérangé par cette manie que l’EFS possède, de vouloir servir la soupe aux élus, et de mêler la politique locale à tout cela ; en l’occurrence ici, la mairie du 13e arrondissement de Paris.

Ainsi récemment, ma commune a été labellisée “Commune donneur”, et le maire a reçu en catimini un joli trophée qu’il a gardé pour lui tout seul, alors que son seul mérite est de continuer la pratique de ses prédécesseurs en mettant une salle à disposition et en affichant les dates des collectes.

Je n’apprécie franchement pas que vous offriez aux élus de se faire mousser, pour une cause qui ne fonctionne que par l’investissement des citoyens.

Le plus déplacé étant quand le maire qui ne donne pas son sang, vient se faire photographier aux côtés des donneurs, ou envoie le photographe de la mairie les immortaliser, pour sa communication personnelle.


En quatrième lieu, je souhaiterais que l’EFS soit plus transparente sur l’usage non-thérapeutique du sang collecté, et l’économie du sang (la cession des produits sanguins labiles).

Je voudrais vraiment que les professionnels de santé de l’EFS, généralement peu informés, ne soient pas gênés de répondre aux questions des donneurs, et parfois de répondre n’importe quoi.

Qu’ils arrêtent de forcer les donneurs à répondre OUI à la question de l’acceptation de l’utilisation du sang collecté à un usage non-thérapeutique.

Et qu’ils arrêtent de se cacher derrière des procédures pour trouver à quand même pomper du sang, par exemple lorsque le donneur se trouve en anémie, au prétexte d’analyses…


En cinquième et dernier lieu, j’aimerais vivement que l’EFS réaffirme son attachement à la gratuité du don, malgré les difficultés qu’elle rencontre, tant au niveau financier, qu’au niveau des besoins croissants en sang.

Les hématologues ont longtemps été parmi les plus fervents défenseurs de l’éthique, et du principe de non patrimonialité du corps humain et de ses éléments (article 16-1 du code civil).

J’espère qu’ils vont le rester, et qu’ils sauront faire porter leurs voix dans le cadre des prochains débats relatifs à la nouvelle loi de bioéthique.

Nous avons la chance, en France, que les règles qui régissent le don de gamètes soient copiées sur celles du don du sang.

Dans le cadre des débats sur la PMA et la GPA, il serait bon que l’EFS ne profite pas des pressions de ceux qui veulent réformer le système, pour établir aussi bien une marchandisation du don du sang, qu’un fichage des donneurs, potentiellement accompagné d’une levée de leur anonymat.


En vous remerciant de vos efforts, je prie de recevoir l’expression de mes sincères salutations.

Olivier VAGNEUX




Pourrait-on laisser les anciens nazis mourir ailleurs qu’en prison ?

La bienpensance se félicite de la condamnation du comptable du camp de concentration d’Auschwitz à 4 ans de prison. Tant mieux si cela soulage la conscience de cet homme qui avait déjà demandé pardon lors de son procès. Mais au niveau du symbole, du sens de l’Histoire et de la philosophie du droit international, je trouve cela très moyen…

Oskar GRÖNING, 94 ans,sera probablement le dernier nazi et le dernier SS à être condamné de son vivant pour toutes les exactions commises du temps du IIIe Reich. Mais qu’est-ce que cela peut encore vouloir dire en 2015 ? Pouvait-on dans l’Allemagne nazie, lorsqu’on était affecté au service d’un camp d’extermination, ne pas être « complice de meurtres aggravés » ?

Avant propos

Un paragraphe que je me passerais bien d’écrire. Non, je ne suis pas un nazi et je condamne aussi les génocides (également celui qui n’en a pas encore le nom du gouvernement d’extrême-droite d’Israël à l’encontre des Palestiniens), parmi lesquels l’Holocauste. Je ne cherche pas d’excuses à M. GRÖNING et je n’écris pas qu’il ne fallait pas le condamner. Simplement, je n’accepte pas que l’on remette en cause l’ordre juridique et social du monde.

La volonté de juger les Nazis jusqu’à leur dernier souffle

À l’heure où l’Allemagne est régulièrement rappelée à son passé national-socialiste par les affaires de Grèce, l’Outre-Rhin retrouve, depuis le procès Demanjuk, la volonté de rompre définitivement avec son passé. Pour moi qui n’ait que 24 ans, je ne comprends pas cet acharnement alors que je sais que l’Allemagne n’est pas nazie et que c’est un des pays européens dans lequel l’extrême-droite est actuellement la moins virulente.

Extension du domaine de la culpabilité

En 1945, lors de l’élaboration de la Charte de Londres instituant les Procès de Nuremberg, a été fait le choix de ne juger que les hauts-responsables des barbaries nazies, et de renoncer à poursuivre les subalternes exécutants. Ce fut une base morale de la tenue de ces procès et une condition nécessaire à la réconciliation (treize millions d’Allemands avaient voté pour le parti nazi aux élections de 1933). Depuis le procès EICHMANN de 1966, cela est remis en cause. Qu’en dirait Hannah ARENDT ?

Du droit et de l’acharnement

Déjà inquiété pour les mêmes faits qui avaient été jugés « insuffisants » en 1985, Oskar GRÖNING avait alors bénéficié d’un non-lieu. Il avait alors servi de témoins dans trois procès d’anciens nazis. En France comme en Allemagne, la Justice est rendue au nom du Peuple. Sauf procédure de révision ou lois rétroactives, il n’y a pas plus de raisons de juger un homme en 1985 qu’en 2015… Or, il n’y a pas plus de preuves, comme en 2011 pour l’affaire DEMANJUK, de la participation active de M. GRÖNING à l’Holocauste.

Ce qu’il est reproché à GRÖNING

La Justice reproche à l’ancien nazi (probablement engagé volontaire dans la Waffen SS vu la date de 1941, donc pas non plus tour neutre) d’avoir contribué à l’envoi dans les chambres à gaz d’Auschwitz de 300 000 juifs de nationalité hongroise. Donc d’avoir été un rouage de l’administration nazie de l’extermination. On l’accuse aussi d’avoir participé au tri des déportés entre personnes valides et condamnées à mort. Qu’aurait-il pu faire d’autre alors qu’il y était ?

Des condamnations sur des fonctions

Dans mes rares vrais cours de droit, reçus à l’université Paris I Panthéon-Sorbonne, j’ai appris que l’on condamnait sur des faits avec des preuves. Ici, comme en 2011, on ne condamne que sur la base d’une fonction sans preuve d’aucun actes criminels précis. Le pire, pour moi, est que cette décision fait précédent, puisque la condamnation de DEMANJUK en 2011 a relancé une cinquantaine de procédures !

L’hypocrisie de la reductio ad hitlerum

Alors on condamne, pour le principe. Pour les millions de morts du génocide, pour l’idéologie raciale et pour les pratiques totalitaires. Quand les chrétiens se font massacrer en Orient en 2015, qui pipe mot ? Quand on choisit le génotype de son enfant pour sa PMA ou sa GPA, ou que les médecins proposent spontanément l’avortement à la mère d’un enfant handicapé. Pire, quand le Conseil de l’Europe propose d’euthanasier les enfants qui survivent à leur avortement tardif, que faisons-nous ? Du nazisme à moindre échelle…

Le mal est fait, continuons l’Histoire

Sur les 6500 SS qui ont servi à Auschwitz, seulement 43 ont été traduits en Allemagne devant un tribunal, parmi lesquels 9 ont été condamnés à perpétuité, 25 à des peines de prison et le reste a été acquitté. À mes yeux, l’Allemagne ne sera pas moins responsable de rattraper aujourd’hui, 70 ans après les faits, les choix de sa Justice et de sa réconciliation nationale (sur une base similaire qu’en Afrique-du-Sud post-apartheid). Au contraire, l’attitude d’un tel partenaire européen aurait tendance à me faire prendre quelques distances avec elle…

L’Histoire : connaître le passé pour appréhender le présent

Chaque année, lors des commémorations nationales, les secrétaires d’État aux anciens combattants lance un appel à la jeunesse afin qu’elle se réconcilie avec l’Allemagne pour faire l’Europe. Il faudrait peut-être qu’ils comprennent que celle-là, elle est faite. Mais ils font la même chose avec l’Algérie, prônant une réconciliation avec les Algériens qui pour les plus expressifs n’en veulent pas. Un pays qui souhaiterait aussi faire condamner la France…

La crainte d’un mimétisme juridique et d’une contamination idéologique

Alors si on peut condamner les Allemands parce que le nazisme, c’est mal, ne peut-on pas aussi condamner les Français parce que la colonisation, c’est mal ? En Algérie aussi, il y a eu des représailles donc des morts, après que les Algériens aient réclamé la décolonisation par les armes. Voilà ma crainte pour l’avenir, surtout lorsque je vois ces propos à 09:15 de cette vidéo (lire un autre des mes articles sur le sujet). Donc prudence sur de telles questions.


Le procès doit se poursuivre jusqu’à la fin juillet au tribunal de Lunebourg, dans le nord de l’Allemagne. Une douzaine d’autres enquêtes préliminaires sont en cours outre-Rhin mais leurs chances d’aboutir sont compromises par l’âge des suspects. Finalement, je ne trouve pas moral de ne juger que ceux qui auront tenu le cap de l’âge jusqu’à aujourd’hui. Alors que la condamnation morale est là, dans les mémoires et dans l’Histoire.