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Undressed, nouvelle étape dans la putasserie de la téléréalité

Quand je repense au scandale qu’avait provoqué Loft story en 2001, je me demande si on pouvait imaginer, quinze ans plus tard, la diffusion en clair en première partie d’une soirée d’une émission de téléréalité dont le concept est de faire se rencontrer des gens en sous-vêtements dans un lit. Et pourtant, qu’est-ce que ça nous paraîtra banal voire gentillet dans quinze ans, quand les relations sexuelles à la télé n’auront plus rien de tabou…

Ce mercredi 19 juillet 2017, je voulais regarder le film Her avec Joaquin PHOENIX (que je n’ai jamais apprécié que dans Gladiator). Mais j’en ai vite eu marre, surtout quand au bout de 45 minutes, déjà je me suis rendu compte que Scarlett JOHANSSON ne serait rien de plus qu’une voix ; ensuite que j’ai été saoulé de voir le personnage principal trouvé du réconfort sexuel avec son système d’exploitation d’ordinateur plutôt qu’avec son amie dans la même détresse sexuelle.

Bref, j’ai zappé sur NRJ12 pour me délecter du deuxième et dernier épisode d’Undressed. Ils auront quand même attendu deux ans après le tournage pour permettre aux participants de dire que c’est du passé ou une erreur de jeunesse. Donc on met deux personnes dans un lit (quels réactionnaires ; même Plus belle la vie est passé au triolisme) ; on les fait se déshabiller l’un l’autre, on leur propose diverses actions, et à la fin, ils doivent dire s’ils sont prêts à se revoir.

Alors il paraît que ça fonctionne bien en Europe notamment en Italie où ils en sont à la quatrième saison. Dans la version française, qui accueille pas mal de Belges, ce sont essentiellement des caricatures de jeunes vingtenaires ou trentenaires, plutôt bo-bos, qui ne semblent généralement pas avoir fait beaucoup d’études, ce qui n’empêche pas certains diplômées d’être de gros cons. Bref, ces candidats sont surtout là pour s’amuser et passer à la télé ; davantage que pour trouver l’amour, ou plutôt le sexe.

Il y a ceux qui sont gênés et ne veulent pas se toucher malgré qu’ils viennent pour cela (la production se doit toujours d’en avoir pour varier les plaisirs, comme elle prend pour Koh Lanta – c’est la même société ALP – des gens qui ne savent pas nager) et à côté, ceux qui sont prêts à se sauter dessus sans même attendre les consignés données par un écran (la soumission 2.0). On sent aussi qu’ils doivent s’amuser à former des faux-couples que tout oppose…

Donc ils jouent à Action, vérité en parlant de leur vie ou en commentant des photos ; et puis quand il faut pimenter le tout, on leur demande des choses plus sensuelles comme un massage, ou d’imiter des postures de gymnastique, qui sont malgré tout relativement éloignées des figures classiques que l’on peut trouver dans le fameux Livre de Vâtsyâyana mieux connu sous le nom de Kamasutra.

Je pense que c’est également la production qui doit habiller les candidats avec parfois des sous-vêtements vraiment trop justes pour les femmes, un peu comme Sabrina SALERNO dans sa piscine (Boys, Boys, Boys) ou comme Jennifer BEALS dans Flashdance (même si c’était surtout le corps de Marine JAHAN, sa doublure). Ainsi, fait aujourd’hui le buzz, cette prof de 23 ans dont on est censé avoir tout vu (même dans le replay, je ne vois pourtant rien…), ce qui en ferait presque oublier le buzz de cette autre candidate ayant accepté d’enlever son soutien-gorge…

On souffre de ces candidats lourdingues qui ne jouent pas le jeu. On est déçu de ces candidats qui ne veulent pas repartir ensemble, surtout quand l’un a dit oui, et l’autre non, alors qu’ils formaient sur le papier quelque chose de mignon. Enfin, les présentateurs ne servent à rien. De savoir ce que sont devenus les participants n’apporte rien non plus. Bref, on quitte le programme, juste frustré d’avoir perdu son temps, si toutefois on a réussi à tenir jusqu’au bout.



 

Les rites, les religions et Dieu (après les attentats de Charlie)

Ce vendredi 24 avril 2015, je regardais un épisode de « Plus belle la vie » sur France 3 et j’ai été frappé de l’image que ledit service public véhicule des religions, tandis que les attentats de janvier devraient peut-être nous inviter à changer notre conscience et notre regard sur les croyants. Alors si ce fait n’est pas nouveau, je trouve assez irresponsable de diviser sinon continuer de mépriser les citoyens dans leurs convictions religieuses, après tous les attentats de 2015, qui expriment aussi un mal-être de certains croyants.

Dans ledit épisode, Kévin, le personnage de ladite scène, renonce à la religion musulmane à laquelle il voulait se convertir pour pouvoir draguer son amie musulmane. Il en conclut que l’islam,  ce sont les 5 prières quotidiennes, le halal et le Ramadan. Tandis qu’il compare cela au christianisme qui se résumerait à la pilule, pas d’avortement et pas de sexe avant le mariage… Pour comprendre les religions et les croyants, peut-être faut-il ne pas s’arrêter aux rites mais aller s’intéresser à ce que vivent les pratiquants. D’où l’échec de la « conversion » du garçon.

La séduction par la religion : « chahader » pour draguer une musulmane

La scène décrite n’est pas si anodine et ne relève pas que de la fiction grand-public. J’en parlais il y a quelques années avec de jeunes musulmans (hommes) de Grigny qui m’avouaient que pour séduire une femme musulmane, il n’était pas rare que le jeune homme (même le non musulman sinon le non pratiquant) lui récite la cha’ada (profession de foi). Parce que dans la culture musulmane, la piété est un signe de sérieux tandis que dans la culture occidentale déchristianisée, c’est juste le frustré (sexuel notamment) qui a peur de la mort.

La religion est ce que l’Homme fait de Dieu

Ce qui me dérange profondément dans cette séquence est qu’à aucun moment, il n’est question de la foi (cette chose inexplicable qui nous permet d’affirmer que Dieu existe et qu’Il nous aime). Or, la religion est d’abord une relation à Dieu et aux autres croyants. Ensuite viennent les rites qui codifient la pratique religieuse afin qu’elle possède une unité. Et l’Histoire fait et défait les rites, aussi dans le cas du catholicisme, beaucoup ne veulent pas voir les évolutions du concile Vatican II (1962-1965)…

Le rite comme composante identitaire

À l’origine du rite, il y a souvent la nécessité de se démarquer de celui qui est autre. Être circoncis parce que les peuples voisins ne le sont pas. Prier Dieu en dehors du Temple parce que les autres ne peuvent le prier qu’ainsi. 5 prières quand les voisins n’en font que 2 ou 3. Manger halal pour ne pas manger comme l’autre. Consacrer un mois à Dieu parce que les voisins ne le font pas. Être fidèle dans son couple avec une seule femme pour ne pas imiter les barbares païens polygames.

Le natalisme des religions

La religion, dès lors qu’elle acquiert un rôle politique et social, encourage la natalité de ses fidèles pour pouvoir s’étendre, tout du moins se renouveler. Quand l’Église catholique déconseille la pilule et rejette l’avortement, c’est d’abord parce que sa vision de la Vie dit que les Hommes eux-mêmes n’ont pas droit de vie ou de mort sur quiconque car l’Homme est libre (l’homme prenant vie à la rencontre des gamètes), et qu’on ne peut pas décider à la place de l’embryon, Homme en puissance. Ensuite, parce qu’il va bien falloir remplir les églises.

Pourquoi les Hommes auraient-ils besoin de Dieu ?

Dieu n’est, à mon sens, pas un besoin humain. Il se propose en toute liberté au travers du témoignage que portent les Hommes qui s’en réclament. Mais quand même qu’est-ce qui pousse Mère Térésa à quitter son Albanie natale et sa famille bourgeoise pour aller vivre pauvrement en Inde soigner des lépreux. Pourquoi le père Maximilien KOLBE va-t-il se proposer à Auschwitz de prendre la place de condamné à mort d’un père de famille Franciszek Gajowniczek. Certes, il ne suffit pas d’être chrétien pour faire cela mais tout de même…

Mais si Dieu existait vraiment, pourquoi la guerre ou la misère ? Pourquoi Daech ?

Je pense que, face à tout le Mal qui peut exister, Dieu est impuissant parce qu’il ne contrôle pas sa création mais je crois qu’Il est là et aussi malheureux que nous d’assister sans pouvoir rien faire à tant de souffrances. Lorsque je fais du jardinage, je ne sais pas ce que deviendra la graine que j’ai semé. Lorsqu’une femme accouche de jumeaux, elle ne sait pas pourquoi l’un vivra 60 ans et l’autre 80 ans… Lorsqu’un ami souffre d’un cancer, je ne sais pourquoi il peut mourir quand d’autres, atteints du même mal que lui, vivront.


Je suis donc gêné par ce que j’ai vu dans cette épisode car les croyants ont quand même une bonne image d’arriérés qui se foutent de l’aspect social des relations humaines, mais qui ne pensent qu’à ne pas froisser un Dieu punisseur. Or, je pense malheureusement que dans tout « fou de Dieu », il y a un croyant qui a choisi l’extrémisme parce que les structures modérées n’ont pas su être à son écoute. Ou ont échoué à comprendre sa démarche afin de lui témoigner du sens de l’Amour de Dieu.