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Catastrophique pastorale des jeunes catholiques en Essonne

Je ne me retrouve désespérément pas dans les propositions faites par mon diocèse à destination des jeunes catholiques. Je suis vraiment pressé d’être au 22 mars 2018 pour pouvoir écouter le théologien Christoph THEOBALD nous parler de ce qu’il considère être dans son dernier livre les « urgences pastorales ». Car si l’Église n’arrive déjà pas à communiquer avec ses fidèles, comment pourrait-elle pratiquer la moindre évangélisation ?

Lors de ce dernier Dimanche jeunes, nous étions seulement 24, de 18 à 35 ans, à avoir répondu à l’appel de notre évêque. Or, quand je vois ce qui nous a été proposé (une lectio divina), je finis par me dire que l’Église fait tout ce qu’elle peut pour éviter de s’intéresser à la vie des jeunes croyants, et de permettre au Christ de les rejoindre dans leur vie.

Je sais que je ne suis pas comme la majorité des jeunes cathos. Je pense que l’Église doit aussi être un lieu festif, mais quand les jeunes participent aux Journées mondiales de la jeunesse, davantage pour le Pape que pour le Christ, je finis par me dire qu’il y a un problème, et qu’on oublie l’essentiel pour nous réfugier derrière un sentimentalisme craintif d’un Dieu punisseur.

Et en même temps, n’est-ce pas ce sentiment qui est entretenu par l’évêque, en col romain soit par traditionalisme, soit par besoin de reconnaissance sociale, qui commence en demandant qui a pris des « résolutions de Carême » ? Mais faisons-nous Ramadan ? Est-ce qu’on a besoin de 40 jours dans l’année pour nous convertir, quand c’est normalement le chemin d’une vie ?

Mgr Michel PANSARD ne se rend pas compte du décalage entre ce qu’il dit, et le public qu’il a en face de lui, qui ne comprend pas tout. En plus d’être bien trop long chaque fois qu’il prend la parole (30 minutes cette fois). Pourtant, ses homélies sont plutôt correctes, même s’il se contente davantage d’asséner des vérités générales, que d’actualiser la Parole de Dieu.

Ainsi, la lectio divina (une méthode de lecture de la Bible) qu’il nous a proposé, la sienne en quatre étapes : lire, méditer, prier et contempler ; sur un texte de l’évangile selon saint-Jean (le plus compliqué car le plus théologique), souffre de plusieurs défauts :

– elle est affaiblie du fait de la méconnaissance de la Bible. Non pas que j’attende que nous soyons tous des exégètes accomplis (des gens qui étudient la Bible), mais nous ne pouvons que bloquer à des erreurs de compréhensions simples si nous ne connaissons pas les contextes. Et on fait des contresens sur la gloire de Dieu, ou le sacrifice.

– elle est illogique en tant qu’elle veut que la lecture aboutisse à la prière, mais qu’elle commence en invoquant l’Esprit, alors que Jésus nous recommande de s’adresser au Père quand nous voulons prier.

– elle est déresponsabilisante, en tant que c’est donc à l’esprit « de Jésus » (sic !) de faire le travail à notre place. On l’invoque pour qu’il descende sur nous (je pensais plutôt qu’il était en nous depuis la Création et l’haleine de Dieu qui nous a façonnés ; au pire, nous sommes au plus tard censés en avoir pris conscience à notre confirmation), et on lui demande « l’intelligence de la Parole ».

Et on finit avec le Magnificat (même si peu connaissent cette prière), en s’auto-congratulant que Dieu ait parlé en nous, parce qu’après trois lectures, on a acquis le sentiment d’avoir compris ou appris. Alors, si Dieu a parlé en nous ce soir là, il a aussi dit des bêtises, et comme on ne fait que s’écouter sans se répondre, l’exercice nous maintient dans l’ignorance de la foi.

Personnellement, les pèlerinages et les veillées de prière ne sont pas trop mon truc, parce que je crois que ce soit dans ces exercices, somme toute égoïste, que je pense que nous soyons les plus utiles. Mais alors si en plus, les rares temps de réflexions sont aussi niais, je comprends que les jeunes chrétiens n’aient pas envie de s’intéresser plus à la Parole. Que faire ???


Non à la réduction liturgique de la « Parole du Seigneur »

Régulièrement dans ma paroisse, on me demande de lire, et régulièrement, on me reproche d’omettre l’acclamation « Parole du Seigneur » à la fin des lectures. On me prétend que c’est une tradition primitive de l’Église et que même le Pape le dit, alors que je ne peux pas faire mieux que le Pape (qui entre nous, depuis le concile Vatican II, n’est plus que l’évêque de Rome, s’occupant des affaires de son diocèse).

Mais au-delà de la question de l’imitation d’une pratique qui n’existe pas partout dans l’Église donc qui n’est pas universelle, il convient de s’interroger sur la valeur de la « Parole du Seigneur« . Certes, le droit canon (qui me semble-t-il n’est pas dans l’Évangile en qui je place plutôt ma foi) demande de dire « Parole du Seigneur« . Mais cette pratique réduit le sens et la portée du message biblique, mettant de plus à égalité les paroles de Jésus avec celle des autres hommes.


La Bible est un texte inspiré

En réalité, les chrétiens rajoutent cette supplique car ils doutent face à l’islam qui affirment que ses textes religieux sont révélés, donc dictés directement de Dieu vers le Prophète dans la seule vraie langue qui existe, c’est à dire l’arabe. Les chrétiens, quant à eux, pensent que Dieu leur délivre un message tout au long de l’Histoire, qu’ils interprètent grâce à l’Esprit saint. Or, ce message est tellement grand qu’il ne pourrait se traduire qu’avec des mots humains.


Traduire, c’est trahir

Si nous sommes d’accord que la Parole de Dieu est un mystère, dont la pleine compréhension n’est pas possible sans passer par la mort et la résurrection, nous admettons que la traduction liturgique ne peut résumer à elle seule le message divin. Ajoutons à cela que le message a été donné à une certaine époque et compris dans une certaine culture et une certaine langue, nos traductions contemporaines ont forcément dénaturé quelque chose donc ne sont pas parfaites.


La Parole de Dieu s’incarne dans l’Église

Quand une personne lit seul la Bible, alors elle lit un récit biblique que l’Église a validé (au contraire des apocryphes dont l’Église reconnaît l’existence), mais qui n’est pas la « Parole du Seigneur » . Quand cette lecture se fait à plusieurs ou au cours de la messe, alors ce texte devient « Parole du Seigneur« , non pas par la nature intrinsèque du texte, mais par ce que le Peuple de Dieu va faire du contenu du texte. Et s’il n’en fait rien, ce n’est pas une Parole de Dieu…


Qu’est-ce qui est « Parole de Dieu » ?

Je pense qu’on ne peut pas résumer la Parole de Dieu à la Bible canonique, ou aux seuls évangiles, ou aux seuls interventions directes de Jésus ou de son père dans les textes. Je pense qu’une belle prière contemporaine peut aussi être une Parole du Seigneur, mais que tout dépend de ce que l’on en fait. Si l’Esprit saint souffle où il veut, peut-être qu’il nous inspire inconsciemment comme peut-être qu’il ne nous inspire pas ? C’est le mystère de la foi.


Une valeur au message biblique ?

La seule question que nous avons à nous poser est de savoir ce que le texte que nous lisons provoque en nous : cette parole de Dieu me nourrit-elle ? Le fait qu’elle ne me nourrisse pas aujourd’hui, ne signifie pas non plus, qu’elle ne me nourrira pas demain quand je la relirai, ou qu’elle ne restera pas dans un coin de ma mémoire, et reviendra au moment opportun. Couper les textes comme ils le sont dans le lectionnaire affecte aussi cette valeur qui nous dépasse.


Jésus nous dit dans l’évangile : « Le ciel et la terre passeront, mais mes paroles ne passeront pas » (Mc 13,31). Toute la difficulté pour les chrétiens est de comprendre ces différentes paroles, sans penser détenir la Vérité qui nous échappe d’une façon ou d’une autre. La Bible doit nous interroger dans notre quotidien, et nous devons accepter de nous laisser interroger et d’interpréter et de réinterpréter les textes, pourvu qu’ils nous fassent vivre (et agir).

Les meurtres de Matthatias et la Parole du Seigneur

Ce jeudi 19 novembre 2015, on m’a proposé de lire la première lecture de la messe qui relate deux meurtres d’apostat, ce que j’ai accepté. Et je me suis encore fait reprocher de ne pas avoir terminé cette lecture en affirmant que c’était la Parole du Seigneur. Mes amis me disent d’arrêter de lire, voire d’arrêter d’aller à la messe en semaine, qui n’est qu’une marque de piété populaire. Est-ce à affirmer que la Bible est Parole du Seigneur ?

Retrouvez le texte de la lecture du jour en bas d’article !

Dans la vie réelle, on peut combattre ou on peut fuir. Souvent, j’ai déserté, mais toujours après avoir perdu les différents combats auxquels j’ai participé. Mon ami Jean-Marie CORBIN a une bonne phrase pour résumer cette philosophie : « Au moins, nous ne pourrons pas nous reprocher de ne pas avoir essayé« . Je ne pense pas vain de me battre pour qu’on reconnaisse que la Parole du Seigneur se limite à ce qui est dit par Dieu uniquement, notamment par son fils Jésus.


La Bible (inspirée) n’est pas le Coran (révélé)

Le Coran est un texte dicté par Dieu mot pour mot (sauf qu’il n’a donné que les consonnes). Le Premier (l’Ancien) testament tout comme le Nouveau sont composés de textes écrits par des hommes simplement inspirés dans le choix de leur mot par l’Esprit saint. Les groupes de rédacteurs ont écrit librement par rapport aux récits transmis depuis des générations, mais leurs productions ne sont que des paroles d’Hommes qui, parfois, citent Dieu.


La Parole du Seigneur dit de ne pas tuer (Ex 20,13)

C’est le sixième commandement (« Tu ne tueras point« ) qui nous vient de ce que Moïse a gravé lui-même sur la tablette à partir de ce que Dieu lui disait. Ainsi, lorsque Matthatias (qui pourrait juste renverser l’autel et se barrer), choisit de tuer deux personnes, cela doit nous interpeller. Dieu légitime-t-il la violence et le meurtre dans certains cas ? En pratique, plus depuis le Déluge, sinon dans le Premier testament que Jésus viendra mettre à jour par le Nouveau.


Reconnaître la Parole de Dieu

On peut adhérer au fait de vouloir garder sa religion sans approuver les assassinats superfétatoires d’un homme en colère. Dire que ce texte est « Parole du Seigneur » revient à dire que Dieu est d’accord avec l’assassinat des apostats, donc concrètement, qu’on peut partir demain en croisade. Comment critiquer le djihad (dans son sens moderne de guerre sainte) si nous chrétiens, adhérons au message de tuer les autres croyants ?


L’Histoire et le judéo-christianisme

On m’a reproché de faire douter de la Parole de Dieu et de nier l’Histoire du peuple de Dieu. À quel moment de ce passage Dieu intervient-il pour faire connaître son avis ? Nulle part. Ici, Matthatias agit guidé par sa seule colère sans se préoccuper de l’avis de Dieu. Ensuite, ce texte doit être contre-balancé par la lecture de l’Évangile. La critique vient du fait qu’on sépare l’unité de la liturgie en ne s’intéressant qu’à la partie juive de la Parole. Or, nous sommes chrétiens !


Sur l’identité chrétienne

Aux messes qui ont suivi les attentats de Paris, les églises étaient pleines. Il y avait le besoin de prier, un peu de superstition (si Dieu peut m’éviter de mourir en se rappelant de moi) mais surtout l’affirmation d’une identité chrétienne. Or, parce que nous sommes chrétiens, ce sont les paroles de Jésus contenues dans l’Évangile qui priment sur tout le reste de la Bible, et pas la compréhension juive d’un Dieu qui ne s’est pas encore converti à l’Homme (incarné).


Ainsi suis-je chagriné en ce contexte, que pour pas mal de personnes, cette lecture soit « Parole du Seigneur » alors que Dieu ne souhaite pas la mort de l’apostat et qu’Il est même déjà prêt à pardonner aux terroristes qui ont tué tant de gens… Que voilà un terrible paradoxe pour nous.


Dans le premier livre des Martyrs d’Israël (1 M 2, 15-29)

En ces jours-là,
les hommes envoyés par le roi Antiocos
pour contraindre les gens à l’apostasie
arrivèrent dans la ville de Modine
pour y organiser des sacrifices.
Beaucoup en Israël allèrent à eux ;
Mattathias et ses fils vinrent à la réunion.
Les envoyés du roi prirent la parole
pour dire à Mattathias :
« Tu es un chef honoré et puissant dans cette ville,
soutenu par des fils et des frères.
Avance donc le premier,
et exécute l’ordre du roi,
comme l’ont fait toutes les nations,
les hommes de Juda
et ceux qui sont restés à Jérusalem.
Alors, toi et tes fils, vous serez les amis du roi.
Toi et tes fils, vous serez comblés
d’argent, d’or et de cadeaux nombreux. »
Mattathias répondit d’une voix forte :
« Toutes les nations qui appartiennent aux États du roi
peuvent bien lui obéir
en rejetant chacune la religion de ses pères,
et se conformer à ses commandements ;
mais moi, mes fils et mes frères,
nous suivrons l’Alliance de nos pères.
Que le Ciel nous préserve
d’abandonner la Loi et ses préceptes !
Nous n’obéirons pas aux ordres du roi,
nous ne dévierons pas de notre religion,
ni à droite ni à gauche. »
Dès qu’il eut fini de prononcer ces paroles,
un Juif s’avança en présence de tout le monde
pour offrir le sacrifice, selon l’ordre du roi,
sur cet autel de Modine.
À cette vue, Mattathias s’enflamma d’indignation
et frémit jusqu’au fond de lui-même ;
il laissa monter en lui une légitime colère,
courut à l’homme et l’égorgea sur l’autel.
Quant à l’envoyé du roi,
qui voulait contraindre à offrir le sacrifice,
Mattathias le tua à l’instant même,
et il renversa l’autel.
Il s’enflamma d’ardeur pour la Loi
comme jadis Pinhas contre Zimri.
Alors Mattathias se mit à crier d’une voix forte
à travers la ville :
« Ceux qui sont enflammés d’une ardeur jalouse pour la Loi,
et qui soutiennent l’Alliance,
qu’ils sortent tous de la ville à ma suite. »
Il s’enfuit dans la montagne avec ses fils,
en abandonnant tout ce qu’ils avaient dans la ville.
Alors, beaucoup de ceux qui recherchaient la justice et la Loi
s’en allèrent vivre au désert.

Le chrétien dans la télé-réalité

On disait la télé-réalité à bout de souffle. La sixième saison des « Anges de la télé-réalité » n’est pas plutôt terminée que commence l’émission « Nabilla, en famille à Paris ». L’autre soir, je regardais en même temps que mon amie Lucie l’émission « Qui veut épouser mon fils ? » sur TF1. Nous échangions des SMS pour nous moquer des candidats et moi de ne pas être tendre avec les caricatures de chrétien.

Dans les émissions de télé-réalité, il en faut souvent un. Comme il faut aussi maintenant un candidat homosexuel et au moins un autre issu de la diversité. Petite analyse de quatre comportements clichés qui isolent les chrétiens dans la société, en les enfermant dans une représentation médiévale et arriéré.

Cette étude a été menée sur différents candidats de télé-réalité ayant participé à « Koh Lanta », « Secret Story », « l’Amour est dans le Pré », « Qui veut épouser mon fils ? » ou encore « Nabilla ».

Il a des idées bien arrêtés, notamment en termes de valeurs

Naturellement, tous les chrétiens sont homophobes, pro-vie (comprendre anti-avortement), anti-euthanasie, anti-préservatif, pour la contamination par le VIH, désireux d’arriver vierges au mariage. Ils pensent être supérieurs aux autres, sont mesquins, opportunistes et calculateurs. Ils n’aiment pas les croyants d’autres religions, notamment les juifs et les musulmans. Ils ont plein d’idées sur la politique et voudraient des politiques chrétiens. Surtout, ils se croient chrétiens.

Il cite la Bible à tort et à travers

Pour justifier son attitude et ses comportements, le chrétien a toujours sous le coude une référence de la Bible, qui une fois sur deux, n’est pas dans la Bible mais dans l’imaginaire collectif et populaire. Tel un Témoin de Jéhovah ou un charismatique, il manie habilement des morceaux de phrases qu’il isole de leur contexte, leur donnant un tout autre sens. Il aime particulièrement les Pères de l’Église comme saint Augustin, pour les relents de paganisme de leurs écrits.

Il bénit ce qu’il mange 

Le repas est un grand moment de télé-réalité car il force les candidats à paraître ensemble. L’occasion est trop belle pour notre chrétien de ne pas se faire remarquer par un bénédicité ou une prière. Dommage pour lui de ne pas comprendre que si Dieu est à l’origine de la création du monde, alors ce qu’on mange est naturellement bon et béni. Ou que s’il veut remercier d’avoir à disposition le « pain de ce jour » (qui est la Parole de Dieu), alors compris comme la nourriture, il ne tient qu’à lui d’œuvrer pour une meilleure répartition des ressources alimentaires sur notre planète en surproduction.

Il jure et prie en permanence

Généralement asocial, il passe son temps à invoquer son Dieu par la prière ou avant de prendre une décision importante. Il le fait de manière ostentatoire, en contradiction avec les indications de jésus sur la prière en Matthieu, 5. Le signe de croix est son rituel quotidien et un outil qu’il emploie pour montrer sa piété et surtout se faire remarquer. Là encore, ne comprenant pas la symbolique de ce geste qui nous place en présence de Dieu, il en use et abuse à l’évocation d’un mort ou d’une chose grave.

Maintenant, vous ferez plus attention si comme moi, vous perdez votre temps à regarder la télé-réalité. Sauf que sorti assez vite des émissions avec éliminations, ils ne durent pas assez longtemps pour pouvoir montrer la bonté de la nature humaine, qui se retrouve dans tout homme. Mais qui perce souvent assez mal chez les candidats de ces émissions, la bêtise prenant le pas sur le reste.