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Hommage à Monsieur Bernard TORTES, ancien responsable du service Prison-Justice du Secours catholique de l’Essonne

J’apprends ce mardi matin du 05 février 2019 le décès de Bernard, à l’âge de 74 ans.

Ses obsèques auront lieu ce mercredi 06 février 2019 à 15 h 00, en l’église saint-Michel de Morangis.

Je ne pourrais personnellement pas y assister, parce que je suis de permanence à Fleury ; et je veux me rassurer en me disant que c’est sûrement le plus bel hommage que je puisse lui rendre…

Je me rappelle, aujourd’hui avec émotion, de ce samedi 08 décembre 2018 et de sa visite à l’opération de préparation des colis de Noël pour les personnes détenues indigentes ; qu’il a portée pendant 25 ans. C’est sa fille qui l’avait accompagnée. C’était la dernière fois que je le verrais. Il n’y a pas eu un mot, de manière très symbolique. Juste une poignée de main, un regard complice et un sourire qui en disait déjà beaucoup.


Bernard a longtemps été membre et responsable du service Justice-Prison au sein du Secours catholique de l’Essonne.

Il était surtout l’infatigable organisateur de la préparation et de la distribution des colis de Noël aux personnes détenues indigentes de la maison d’arrêt de Fleury-Mérogis, soit environ 1000 personnes chaque année, pendant plus de 25 ans, avec méthode, travail et diplomatie…


Je perds un ami, et un voisin.

Je perds surtout l’homme qui m’avait entraîné à Fleury, qui m’a recruté dans l’équipe des écrivains publics ; celui qui m’a fait aimé la prison, mais plus que cela le service des personnes détenues, et qui m’a donné l’envie de m’y investir toujours plus.

Un passionné de foot, avec lequel j’avais plaisir à dîner tous les étés, lorsqu’il accueillait chez lui des Nantais de passage, qui participaient à l’opération de l’accueil Familles vacances.

Je pourrais encore écrire que je perds un électeur qui me demandait souvent où j’en étais de mon engagement politique, et un homme qui m’a souvent rendu service en me covoiturant dans nos différentes aventures floriacumoises ou évryennes.


Le Parisien l’avait surnommé « l’ancien flic au secours des détenus« .

Ancien commandant de la Police de l’air et des frontières, notamment en poste à l’aéroport d’Orly, il racontait souvent que la prison était comparable à une loterie. On peut d’ailleurs citer ce qu’il disait au Parisien :

« Pour des faits et des circonstances absolument identiques, un gars était relaxé, un autre se
prenait trois mois ferme. Il n’y a pas que des anges en prison mais pas que des diables non
plus. Je sais de quoi je parle. »

Il avait une carrure, une présence, et des histoires, qui marquaient et qu’on retenait.

Il avait souvent ce bon mot pour se présenter, qu’il était passé du fournisseur de la prison, au service après-vente. Ce qui est redit dans l’article du Parisien, tout comme le récit de sa première distribution, dans une cellule vide et humide, dans laquelle il apportait un colis à un homme âgé, qui, lorsqu’il a reçu le cadeau, s’est mis à genoux et à pleurer. Et cet homme voulait lui embrasser les mains et les pieds, parce qu’on avait pensé à lui à l’extérieur.


Aujourd’hui, je pense particulièrement à ses enfants et à son petit-fils (le seul membre de sa famille que je connais).

Je veux leur exprimer mes plus amicales et fraternelles pensées, et leur dire toute la joie et tout l’enrichissement que j’ai eu, à côtoyer Bernard, qui m’a fait travailler et changer mon regard sur la prison, et sur les personnes détenues. (Même si je sais aussi qu’à côté, il avait son caractère, et qu’il n’était pas toujours facile à vivre…)

Je veux aussi dire à Bernard ma reconnaissance pour toutes ces heures passées au service, à lui ainsi qu’à l’équipe qu’il avait su fédérer, et avec laquelle la transition de son départ a été difficile, ce que j’ai regretté pour une officine chrétienne.

Admirer l’œuvre de transmission qu’il a toujours développée, notamment en faisant intervenir de nombreux jeunes, souvent issus des grandes écoles, et leur donner un autre regard. Sa disponibilité aussi pour répondre à quelques unes de mes interviews

Enfin, j’écris un grand merci pour tout ce que Bernard a pu m’apporter personnellement pour ma formation et ma réflexion, et je veux lui promettre qu’à sa suite, et dans la lignée de son engagement, nous n’oublierons pas les personnes qui sont en prison, et je continuerai le plus longtemps possible, animé par la même détermination, à essayer de faire comme il a fait pendant tant d’années.

Nous perdons un grand Monsieur, à qui je veux rendre un bel hommage. Je perds une personne qui a occupé une place importante dans l’affirmation de mes convictions, et qui aura marqué ma vie d’une manière importante. Salut Bernard !



Pascal PRAUD, ou la fausse irrévérence à la télévision

De plus en plus d’articles de la presse mainstream s’élèvent pour dénoncer le vilain méchant Pascal PRAUD qui serait de plus en plus fachô dans ses émissions. Et de le présenter comme un poil à gratter et un homme de provocation. Alors, pour autant que j’apprécie beaucoup le bonhomme, justement par rapport à ses prises de position, je réfute l’idée qu’il soit un animateur polémique, parce que du système, et dans le système.

Je reprocherai trois choses à Pascal PRAUD : qu’il fasse semblant d’être libre et de défendre la liberté d’expression alors qu’il est soumis à ses employeurs ; de ne rien dénoncer du système économique et politique du foot alors qu’il y aurait beaucoup à écrire et à dire ; enfin, de reprocher aux autres de ne pas avoir sa liberté, alors qu’il s’est bien abstenu de critiquer avant de réussir, et d’avoir la place qui lui permet cette fausse outrecuidance, parfois néanmoins justifié.

Bien sûr que c’était mieux avant, et que COLUCHE et DESPROGES ont pu dire des choses qui les mèneraient aujourd’hui devant le Tribunal. Oui, il y a un problème de liberté d’expression, y compris sur le sujet de racisme, en tant qu’il est le fond de commerce des antiracistes, et que si tu dis qu’il n’existe pas, tu mets les bienpensants au chômage. Et effectivement, PRAUD fait trop souvent des raccourcis et empêche certains développements de ses invités ou chroniqueurs.

Mais personnellement, j’en ai marre de ces donneurs de leçons qui passent leur temps à regretter un passé qu’ils ont laissé démolir. De personnes qui font semblant de critiquer un système, mais qui ne vont pas jusqu’au bout, parce que cela reste leur gagne-pain. Qui font croire qu’elles ont toujours été grandes gueules, alors qu’ils ont attendu d’atteindre le sommet de leur carrière, pour commencer à chatouiller, d’abord mollement puis un peu plus virulemment.

Qu’est-ce donc qui est le plus énervant ? Une presse qui se choque de pas grand chose, et qui prouve son entre-soi par ce besoin de dénoncer celui qui se montre un peu différent. Ou un animateur qui lance des polémiques contrôlées, dont il ne peut ignorer qu’elles vont faire parler de lui, et qui attise ensuite le feu avec les médias toujours pour faire parler de lui ? PRAUD, tel un MACRON, est une construction du système pour faire croire qu’il est ouvert et tolérant…

Non pas seulement que PRAUD soit un « idiot utile » pour montrer la pluralité de C8, puisque lui-même y trouve son compte. Mais il participe, malgré lui, à donner l’image d’une progression de l’extrême-droite dans la société, juste parce qu’il va tenir un discours différent du gauchisme politiquement correct ambiant. Et en soi, cette instrumentalisation est dégueulasse parce que Pascal PRAUD apparait personnellement loin de cela, même s’il invite de plus en plus à droite.