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Quelle différence entre le populisme et la démagogie ?

Ces deux expressions de « populisme » et de « démagogie » sont très souvent mal employés afin de dénoncer une rhétorique politique négative.



Tentatives de définition

La démagogie, c’est dire aux gens ce qu’ils veulent entendre.

C’est un discours simpliste et irrationnel qui vise à s’attirer la sympathie d’un maximum de personnes avec des idées du moment (je ne veux pas employer le mot de populaire) qui rencontrent le plus de succès.

Le populisme, c’est opposer un peuple à des élites.

C’est (aussi) un discours, basé sur la dénonciation des pouvoirs en place, qui put ensuite prétendre apporter les solutions de l’opinion publique et du bon sens populaire à des problèmes provoqués par les élites afin de garantir leurs privilèges et leur domination.


Ressemblances et divergences

Populisme et démagogie sont donc deux discours, ou rhétoriques politiques, à la fois simplistes (des choses qui apparaissent logiques sans y réfléchir), et irrationnelles (la chose dénoncée n’est pas forcément la cause du problème des gens).

Ces deux notions sont considérées comme négatives, en tant qu’outre que leurs solutions ne sont pas forcément viables, elles divisent ou oublient intentionnellement une partie de la population.

Le populisme peut être démagogique, dès lors qu’il sort de la seule dénonciation des élites, pour commencer à proposer.

La démagogie n’est populiste que lorsqu’elle s’adresse à un peuple, qu’elle oppose à des élites, qui seraient responsables de sa situation.

La notion de peuple, ou d’opinion publique, a beaucoup évolué à travers le temps. Ainsi, le peuple ne représente pas la population dans son ensemble, mais a d’abord beaucoup défini les ouvriers, avant d’englober aujourd’hui tous les laissés pour compte de la mondialisation, y compris parfois, et de plus en plus, les fameuses « classes moyennes », quand même victimes des élites, en tant qu’on leur confisque une partie de leur argent (taxes et impôts).



Manifestations contre les prières de rue : le double-jeu dangereux des élus

Ils étaient plusieurs dizaines d’élus à avoir répondu présent ce vendredi 10 novembre 2017 à l’appel du maire LR de Clichy-la-Garenne (Hauts-de-Seine). En cause, l’occupation illégale du domaine public par des musulmans en prière, lesquels se rassemblent devant la mairie tous les vendredis depuis huit mois. Sauf que cette manifestation, loin de résoudre quoi que ce soit, aurait plutôt tendance à aggraver une situation déjà tendue.

Première chose que personne ne dit : la provocation volontaire des musulmans de se réunir devant le symbole de la mairie. À croire que c’est le seul endroit de Clichy qui serait suffisamment grand pour pouvoir les accueillir. Non, il s’agit d’une revendication à but politique ; et le piège dans lequel sont tombés les élus présents, est de prétendre apporter une réponse politique à un problème étatique d’ordre public. C’est à la Police d’intervenir ; en aucun cas aux élus…

Ensuite, il y a ce piège que tendent les musulmans pour obtenir une mosquée, soit en la finançant eux-mêmes ; soit si possible avec l’aide de la mairie et d’un petit bail emphytéotique. Nous sommes dans la rue parce que la salle de prières est trop petite, et que nous tenons à éviter un islam des caves, plus propice à l’intégrisme. Donc aidez-nous ou permettez-nous d’avoir un lieu de culte plus grand, et nous arrêterons de vous embêter. Non mais c’est quoi ce chantage !

Il y a encore cette réaction des élus qui ne proposent aucune solution. Ils sont dehors pour dire qu’il faut faire appliquer la Loi. Sauf que quand on regarde les images de la presse, on y voit que des blancs fachos xénophobes qui n’aiment pas les musulmans, face à des bonnes gens qui ne demandent qu’à prier en paix. Et donc par une communication ratée, au lieu d’apparaître en victimes, ils apparaissent surtout en vilains oppresseurs et inversent les rôles.

11 novembre oblige, il y aura bien quelques gauchistes qui nous diront bien que cela ne nous dérangeait pas quand les troupes coloniales priaient (le mythe des Indigènes qui ont libéré la France collaborationniste), et qu’il y a bien des cathos intégristes qui se baladent derrière la Croix le vendredi saint. Là aussi, on compare des choses incomparables, et on prend prétexte d’exceptions, de plus en plus rares, pour essayer de légaliser des situations récurrentes…

En conclusion, nos élus se trompent de combat. En cherchant à interpeller l’opinion publique, ils ratent leur cible des pouvoirs publics qui n’ont toujours rien à faire d’eux malgré que la presse en parle, et ils se donnent le mauvais rôle. Ce faisant, ils aboutissent à la conclusion qu’il faut bâtir des mosquées pour éviter ces incidents, et s’imaginent justifier quoi que ce soit auprès de leur électorat… Ils ont donc tout faux et renforcent un FN qu’ils disent combattre…

Les manifestations contre les prières de rues sont donc autant choquantes et moralement condamnables que les prières de rue elles-mêmes. Le maire est officier d’ordre public. Il n’a qu’à requérir des compagnies de CRS et faire dégager tout ce monde, qui à l’heure d’internet et sans préjudice de la dimension communautaire, pourrait aussi prier de chez lui. Ne nous trompons donc pas qu’il n’y a d’autre but que de plaire à droite et de justifier plus de mosquées…

Quelles solutions donc à ces revendications de lieux pour pouvoir prier ? Que les musulmans arrêtent leur cinéma médiatique et qu’ils fassent comme ont fait les chrétiens au cours des siècles. Qu’ils se cotisent et achètent des lieux de culte. D’autant qu’ils peuvent encore se les faire financer par le Qatar et l’Arabie-Saoudite. Mais comme certains dans ces pays préfèrent financer NEYMAR ou l’état islamique, difficile effectivement de trouver une aide extérieure…