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Élections européennes : et si on parlait du scandale de Place publique ?

Je m’en vais vous raconter une très jolie histoire. C’est un essayiste français, Raphaël GLUCKSMANN, fils d’un célèbre philosophe, qui se réveille un matin, et qui constate que les forces de gauche sont divisées, et qui décide avec quelques amis que sont Claire NOUVIAN et Thomas PORCHER de fonder un mouvement qui devra rassembler la gauche en vue des élections européennes, afin que celle-ci arrive en tête au soir du 26 mai.

Et donc l’idée de départ, qui était de proposer une alternative, s’attendait naïvement à ce que tous les Yannick JADOT (EELV), Jean-Luc MÉLENCHON (LFI), Olivier FAURE (PS), Benoît HAMON (Generation-s), Ian BROSSAT (PCF) et Pierre LARROUTUROU (Nouvelle Donne) se désistent pour laisser la place à ce mouvement, avant que plus sérieusement, ne soit proposé une liste commune dans laquelle chacun aurait sa place, provoquant le départ de Thomas PORCHER.

Mais qui n’a pas compris que Place publique est une officine du PS, plus exactement du PS d’Olivier FAURE qui voulait changer l’image de son parti en mettant autre chose en avant que le nom marqué de socialisme ? Avec le non moins paradoxe que GLUCKSMANN est en même temps un libéral qui a soutenu SARKOZY, que c’est un bo-bo parisien du type de tous ces apparatchiks qui ont causé la perte du PS, car trop coupés des réalités sociales du pays.

Les ralliements ont été grandement médiatisés, alors qu’ils n’ont aucun poids. Pierre LARROUTUROU qui est de tous les bons coups, abandonnant soudain HAMON qu’il devait au départ rallier, puis Aurore LALUCQ, porte-parole inconnue de Generation-s, et bien sûr le PS, qui finit par prendre le contrôle de la liste, sans en avoir l’air, et qui présente le même programme en mots depuis 20 ans : la jeunesse, l’écologie, l’emploi et la justice sociale.

Peu de membres du PS ont eu le courage de dénoncer l’hypocrisie de cette liste, mis à part Stéphane LE FOLL. Ne pas y aller sur son nom, laisser la place à une tête inconnue du grand public et qui ne mobilise pas à gauche, et proposer des recettes qui ne fonctionnent plus. Une sorte d’entrisme à l’envers pour favoriser l’élection d’une personne qui dit qu’elle n’aime pas la politique, au risque de se retrouver à Bruxelles pour faire de la politique. Schizophrénique !

Lors qu’on écoute le premier secrétaire du PS, il explique qu’il a vendu Solférino en vue de préparer les élections de 2022. Sauf qu’au rythme où il va, et avec les choix qu’il fait, le PS ne fera pas de meilleurs résultats aux prochaines législatives, s’il n’a pas disparu avant… Pour la première fois, le PS risque de ne pas envoyer d’eurodéputés à Bruxelles, ainsi que d’être définitivement distancé par MÉLENCHON et les écologistes. Et ça ne réagit pas plus…

Il n’y a qu’à voir dans ma ville, ils continuent de viser prioritairement l’électorat populaire là où le communautarisme est en train de l’emporter sur eux. Ils continuent de se présenter comme écolos, alors qu’ils ne font rien quand ils sont élus. Ils s’enfoncent sur des créneaux qui sont déjà pris, et au lieu de réinventer la gauche, ils retapent la façade du PS, en espérant que les électeurs ne s’apercevront pas qu’ils vendent les mêmes produits, sans plus les assumer…

Place publique trahit les militants fidèles du parti socialiste, qui s’en retournent d’ailleurs vers HAMON, notamment en province. La manière dont FAURE a préparé cette alliance en cachette, en faisant croire qu’il y allait, puis en faisant ratifier cette proposition qui restait la seule au vote du bureau du PS est anti-démocratique. Mais Place publique trahit surtout la gauche en montrant que les idéaux politiques ont disparu au profit de l’opportunisme des personnes…




Sur l’élection à la présidence du Parti socialiste en mars/avril 2018

C’était ce mercredi 07 mars 2018 le grand débat des candidats au poste de secrétaire général du Parti socialiste (PS), devant seulement 204 000 spectateurs. Sans plus attendre, je vais commencer par achever le suspense : qui peut gagner à part Olivier FAURE ?

Lequel se retrouvera élu par une partie des 30 000 électeurs encartés et à jour de cotisation. (On rappellera qu’il n’y en eu guère plus de 90 000 – 120 000 revendiqués – sous le précédent mandat au cours duquel ils ont tout contrôlé ; soit quasiment autant que d’élus sur des listes socialistes en France…)

Mais surtout pour quoi faire ? Le Parti socialiste est inaudible donc mort, poignardé à la fois par sa gauche mélenchoniste et sa droite macroniste. Il reste donc un centre-gauche qui ne veut juste pas se positionner, et fait semblant de croire à une drôle de synthèse insipide qui annone tels des mantras : l’écologie, le féminisme, le progrès et l’accueil des migrants.

Ce n’est pas tellement la faute de HOLLANDE. Davantage celle d’un rideau, installé depuis trente ans, qui est tombé : la gauche n’est pas sociale, et encore moins socialiste. (La droite ne l’est pas non plus ; en réalité, aucun parti ne l’est, sinon des personnes individuellement)

Les cadres du PS sont des petits-bourgeois, qui se sont formés dans les officines de gauche, et ne connaissent et ne comprennent pas grand chose à la vraie vie. Ils souffrent beaucoup en ce moment dans les médias (et je trouve cela très jouissif) par rapport à #Balancetonporc, ou aux révélations sur leurs trains de vie.


Mais qui se rappelle encore de MITTERRAND, qui en 1971 lors du Congrès fondateur du PS, disait : « Celui qui n’accepte pas la rupture avec l’ordre établi, avec la société capitaliste. Celui-là, je le dis, ne peut pas être adhérent du Parti socialiste » ?

Concept auquel il n’a jamais crû, et auquel il a officiellement renoncé en 1983. De là, que pouvait faire la gauche, à part se renier de bout en bout ? Et d’en remettre une grave couche avec l’Europe, et le traité européen, allant contre le vote du Peuple français.

La seule chance du PS a été de se maintenir comme deuxième force politique française, et de bénéficier des alternances, tout en suscitant un nouvel espoir à la fin des années 1990, en s’alliant avec le centre autour du thème de la social-démocratie et en s’emparant de l’écologie.

Ce qui s’est fait partout en Europe, et a échoué, quand au bout d’un mandat (parfois plus), les déficits publics ont explosé, et donc que les impôts ont augmenté (essentiellement pour les pauvres, lesquels n’ont pas vu les écarts de richesse se réduire).

Puis surtout quand les électeurs ont fini par s’apercevoir qu’il n’y avait ni social ni démocratie à gauche… Certes un peu d’écologie, et c’est peut-être le seul sujet sur lequel ils ont été moteur, en bien et en mal. Et les électeurs sont partis chez MACRON, parce qu’il a fait ses armes à gauche, et que le libéralisme, c’est quand même plus sympa que l’anticapitalisme marxiste.

C’est hypocrite, parce que MACRON n’est pas de gauche, mais c’est cohérent parce que la gauche est morte en 1983 avec les espoirs douchés de 1981.


Du coup, le vallsiste Luc CARVOUNAS n’a plus beaucoup de réservoir de voix et il sera bon dernier. Surtout que son programme vise à rassembler la gauche, laquelle est désormais minoritaire au PS. Donc il veut vendre le PS soit à MÉLENCHON soit à MACRON…

Le troisième sera Stéphane LE FOLL, qui tel un Vincent PEILLON, va « payer » son amitié et sa proximité avec HOLLANDE. Il propose de continuer les recettes qui perdent ; il va prendre la porte, en plus d’être de toute façon trop vieux.

Parviendra au deuxième tour, mais sera finalement défait le frondeur Emmanuel MAUREL, parce que des tenants de la vraie gauche sont encore au PS, mais restent minoritaires depuis qu’ils se sont barrés avec HAMON, et surtout qu’il n’y a pas VALLS en épouvantail face à eux.

Du coup, ce sera Olivier FAURE, parce qu’il est jeune, qui continuera de ne pas exister dans le paysage politique français ; son parti étant désormais le cinquième de France avant d’être définitivement balayé aux prochaines municipales, départementales et régionales sauf à des alliances avec LaREM, dont MACRON ne veut globalement pas, sauf têtes à sauver.

On ne peut enfin pas, ne pas parler de Najat VALLAUD-BELKACEM, qui aurait certes été élue la plus facilement parce qu’elle fait l’unanimité chez les bobo-quinoa de la gauche. Mais elle n’aurait rien pu faire de plus. C’est mieux qu’elle infiltre un institut de sondage ; ça peut toujours être utile pour la suite.


Dans tout cela, j’ai sincèrement de la peine pour tous ceux qui croient en la justice sociale, en la solidarité et en la réduction des inégalités et des écarts de richesse.

Mais la vérité est qu’ils seront toujours trahi par la gauche, laquelle si elle a été motrice pour obtenir des avancées sociales (la dernière remontant quand même à JOSPIN), n’a jamais réellement tenté de poser les bases d’un paradis socialiste ; à commencer par le fait que la caste dominante au PS n’a jamais voulu renoncer à ses privilèges…

J’apprécie donc quand tous se réclament de MITTERRAND, dont le bilan politique a surtout été de nous montrer que le programme de la gauche était inapplicable. Ce qui arrive aujourd’hui était prévisible, et préfiguré par MITTERRAND. Mais personne n’a voulu le voir ; alors tant pis !