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Sur le documentaire-fiction « An zéro, comment le Luxembourg a disparu » (Arte)

Pour les dix ans de la catastrophe de Fukushima, Arte propose un docu-fiction de 80 minutes qui imagine un accident nucléaire à la centrale de Cattenom (Moselle) qui rayerait le Luxembourg de la carte. Alors sincèrement, passez votre chemin, et pas uniquement parce que la co-réalisatrice, Myriam TONOLETTO, l’a désavoué.

https://www.arte.tv/fr/videos/093703-000-A/an-zero-comment-le-luxembourg-a-disparu/


C’est un film assez bizarrement construit en deux parties avec d’abord le temps de la catastrophe, ou plutôt de la fuite, puis le temps de la vie après. Mais sans grande transition entre les parties.

En fait, il manque surtout de crédibilité.

Et possiblement aussi de moyens.

Donc c’est clair qu’un accident nucléaire de type 7 n’est ni une éruption volcanique ni un tsunami qui s’abat d’un coup, et donc qu’il n’y a pas un grand voile noir qui emporte les gens.

Mais en fait, on dirait que les retombées radioactives ont quitté la France pour le Luxembourg et qu’elles se sont arrêtées sur ce seul pays. Et donc que la France, la Belgique et l’Allemagne ont continue à vivre comme si de rien n’était. D’ailleurs, tu as les militaires en tenue classique qui protège l’accès à la zone, mais c’est tout.

On essaie de t’émouvoir au début avec les enfants séparés de leurs parents, les gens qui se battent au moment de fuir, le liquidateur à la peau nécrosé et qui vomit. Mais c’est trop général et trop rapide pour que tu puisses réellement t’identifier.

Du coup, dans la deuxième partie, tu as des intervenants qui dissertent de savoir ce que va devenir la langue luxembourgeoise, et combien de temps le Gouvernement va-t-il pouvoir rester représentatif, et si les réfugiés luxembourgeois ne vont pas être perçus que comme des vilains riches, et puis on te dit que la France ne peut pas rembourser les dégâts. Et il n’y a qu’un procès, à Bordeaux, contre le lanceur d’alerte.


Ce que je retiens, c’est que les Français ont installé plusieurs de leurs centrales à la limite de la frontière dans les années 1970. Puis que quand MITTERRAND a été élu, il a dit c’est la faute à GISCARD et il a quand même continué.

Quelle a été le lobbying réel d’EDF ? Il est clair qu’on ne pose pas beaucoup de questions qui pourraient déranger, et que leur nom n’est d’ailleurs pas cité. Donc on a un documentaire insipide et sans saveur.

Et donc on obtient un film antinucléaire assez caricatural, qui ne voit l’énergie nucléaire, que sous le prisme de l’accident. Mais finalement un accident qui n’est pas crédible, puisqu’il ne fait finalement que déplacer quelques centaines de milliers de personnes ailleurs en Europe.




Sur les tirs de missiles depuis la Corée-du-Nord

KIM-Jong-Un avait promis de faire rentrer la Corée-du-Nord dans le cercle des puissances nucléaires « avant la fin de l’année » (2017), et il y est parvenu. Ou presque. Parce que certes, il maîtriserait la technologie, mais en attendant, il n’arrive toujours pas à s’en servir. Et heureusement ! Mais alors pourquoi toute cette agitation médiatique, un peu comme si les médias attendaient impatiemment une prochaine guerre (nucléaire) ?

L’annonce de la réalisation de cet objectif est doublement dangereuse pour le chef coréen. D’une part parce que la Corée-du-Nord n’est toujours pas prête à rayer les États-Unis d’Amérique de la carte comme elle le promet. D’autre part, parce que si le financement des recherches sur l’arme nucléaire est abouti, alors il va falloir utiliser l’argent au service de la population, par exemple pour la nourrir, au risque de se rendre compte qu’on y arrivera pas…

Depuis 1953, la Corée-du-Nord soutient les KIM en tant qu’ils ont promis d’obtenir la bombe atomique pour rivaliser avec les États-Unis. En soi, cette promesse est d’ailleurs celle qui motive le plus le peuple, davantage que l’idée de réunifier les deux Corées qui n’ont plus grand chose en commun. Or, maintenant que cet objectif est considéré comme atteint, l’avenir de la Corée-du-Nord pourrait s’imaginer différemment que sous une gouvernance familiale tyrannique…

Pourquoi persiste-t-on à dire que KIM-Jong-Un veut vraiment la guerre ? Il veut juste dire qu’il est en capacité de la mener, de manière à obtenir un poids diplomatique qui lui permette de survivre. D’abord pour justifier tous les sacrifices menés depuis des dizaines d’années au nom de l’objectif nucléaire. Ensuite, parce que la bombe atomique est le seul moyen de garder une réelle indépendance ; en témoigne l’exemple de l’Iran, sous une forme de tutelle internationale.

Enfin, combien de temps la communauté internationale va-t-elle continuer lamentablement de feindre ignorer d’où peut provenir la matière première nécessaire à la bombe ? Veut-on nous faire croire que ni la Russie ni la Chine ne sont arrangés d’avoir un tel voisin qui refuse ouvertement l’américanisme asiatique ? La grandeur de l’Amérique se fait dans la guerre. TRUMP sinon l’Amérique n’ont-ils pas aussi intérêt à une guerre, à la condition qu’elle ne soit pas nucléaire ?



Faut-il arrêter le nucléaire après les accidents de Tchernobyl et Fukushima ?

Ce dimanche 12 février, France 2 diffusait une enquête sur la catastrophe de Fukushima, montrant que les autorités japonaises avaient été autant dépassées que les soviétiques à Tchernobyl. Le documentaire donnait ensuite une très large part à voir de la pression de la France pour que les grandes puissances nucléaires n’abandonnent pas d’utiliser les technologies françaises nous rapportant chaque année plusieurs milliards d’euros.

La réflexion que je me suis faite après ce reportage est que finalement, tant qu’un pays n’a pas été confronté à un accident nucléaire, il ne saura pas gérer pareil problème. Et pourtant Tchernobyl et Fukushima restent des cas exceptionnels tant par les circonstances qui les ont provoqués que par la gestion catastrophique dont ils ont été l’objet. La vraie question étant finalement : veut-on avoir de la lumière quand on allume son interrupteur chez soi le soir ?

Je suis pro-nucléaire ; pas seulement pour le Cocorico français, mais parce que je pense que c’est une énergie propre malgré les quantités de déchets radioactifs produits, dont je ne doute pas que les avancées de la science nous permettront un jour de faire quelque chose d’autre que de les enterrer. Pour autant, je trouverais quand même bien qu’on puisse diminuer la part nucléaire au profit d’énergies renouvelables non polluantes. Nous n’arrivons pas à le faire…

Les deux catastrophes de Tchernobyl et de Fukushima doivent cependant nous donner à réfléchir sur les lieux de construction de nos centrales, la qualité et la sécurité  des chantiers de construction (et là dessus, je crains pour l’EPR de Flamanville), la nécessité d’installer des outils de dépannage à proximité des centrales, la nécessité de doubler ou tripler les plans des centrales à laisser entre de bonnes mains et le sérieux et la compétences des agents du nucléaire.

À Tchernobyl, c’est dans un réacteur bâclé tant sur la construction pour faire des économies que sur les vérifications de sécurité pour le finir plus tôt, qu’on a raté un test parce que les sept systèmes de sécurité avaient été manuellement déverrouillés par des techniciens un peu plein de vodka et pas spécialement formés au nucléaire. À Fukushima, c’est un réacteur construit en bord de mer dont la sécurité a été noyé par un tsunami trois fois plus fort qu’attendu…

Parce que la France est pionnière en la matière, qu’elle a des spécialistes du nucléaire et que son sol est moins accidentogène que le Japon à la limite de quatre plaques tectoniques, je ne pense pas que nous risquions un accident nucléaire de l’ampleur des deux constamment repris en exemple par tous les anti-nucléaire. Toutefois, j’ai deux craintes : qu’un terroriste peut-être infiltré finisse par en faire sauter une et que des défauts de construction puissent être fatals.

Là-dessus, je pense que c’est à l’État de forcer les compagnies publiques ou privées à faire le nécessaire pour la sécurité, l’entretien de leurs installations et la qualité des personnes qu’ils embauchent. Clairement, je pense que ce n’est pas le cas et que la France n’est pas à l’abri d’un petit accident. Je pense donc que l’État devrait pouvoir mener ses propres vérifications et confisquer la gestion des centrales aux sociétés qui refusent d’être totalement transparente.



Il ne faut pas désespérer MÉLENCHON

Après Billancourt (Hauts-de-Seine), c’est une autre cause désespérée qu’il s’agit de soutenir : Jean-Luc MÉLENCHON. Le président du Parti de gauche (PG) confie sa lassitude au site internet Hexagones. Il se dit « fatigué », « avoir besoin de bailler aux corneilles » et reconnaît même un « échec » du Front de gauche (FDG). L’homme annonce prendre du recul par rapport à son action politique.

Ce n’est plus une déprime, c’est une dépression. Après l’échec immérité du Front de gauche aux européennes (un des rares à avoir un programme) et face aux communistes qui cherchent à casser l’alliance du Front de gauche, c’est six années d’efforts depuis 2008 qui sont remis en cause et une grande absence de reconnaissance envers l’homme aux 11 %.

MÉLENCHON, le socialiste qui voulait rénover le communisme

Quand en 2007, Marie-George BUFFET mobilisait 700 000 électeurs pour faire 1,93 % des suffrages, MÉLENCHON en captait 4 millions soit 11,1 % en 2012. Un score à deux chiffres que les communistes n’avaient plus connu depuis les 15,35 % de Georges MARCHAIS en 1981. Mais surtout un résultat permis par le rassemblement autour d’un homme de socialistes, de communistes, d’écologistes et d’alternatifs. En 2008, MÉLENCHON créé le PG comme une dissidence au PS, revenant aux fondamentaux de la gauche, dévoyée par un PS social-libéral. À l’occasion des élections européennes de 2009, il propose le rassemblement du FDG pour conforter cette alliance et réalise 6,05 %. Outre, les désirs de revenir dans sa vraie famille politique (des trotskistes) et de profiter du réservoir de voix communistes, il y avait aussi la volonté de créer une vraie gauche, fidèle à MARX et à JAURÈS, ce que les électeurs dits « de gauche » n’ont jamais compris.

La rupture viendrait du Parti communiste (PC) qui préfère le PS au PG

Au PC, la plupart des cadres n’ont jamais pu « encadrer » Jean-Luc MÉLENCHON. Pour autant que Pierre LAURENT, secrétaire général du PC et Marie-George BUFFET se forcent, André CHASSAIGNE, président du groupe communiste à l’Assemblée ne se prive pas de critiquer l’ancien Essonnien. Les élections municipales de 2014 ont laissé paraître le malaise latent avec une frange du PC franchement hostile à MÉLENCHON, qui a lâchement préféré aller se cacher avec le PS tout en espérant obtenir plus de poste. Ce fut le cas à Paris où cela ne servit que les intérêts de Ian BROSSAT ou à Savigny-sur-Orge où le PC se décrédibilise avec un Laurent LIEPCHITZ qui ne connaît pas la ville. Tout le problème vient du fait que le PC ne comprend pas qu’il perd en visibilité et donc en voix en se terrant avec le PS qui ne manque pas une occasion de les trahir, comme Ramzy HAMMADI le fit en 2012, leur ravissant la septième circonscription de Seine-saint-Denis.

Une stratégie politique du PC minable à court terme, mortelle à long terme

À vaincre sans péril, on triomphe sans gloire. Le PC perd en effet ses derniers bastions qui lui sont conquis par le PS. (En 2014, par la droite à cause du rejet massif de la gauche qu’incarne HOLLANDE). L’exemple de la Seine-saint-Denis est frappant à ce sujet avec les offensives massives de Claude BARTOLONE à chaque élection pour implanter le PS au détriment du PC. Les socialistes se croient malins à épuiser son principal réservoir de voix, jusqu’à ce qu’il n’existe plus. Les socialistes se prennent pour MITTERRAND sauf qu’ils n’ont pas l’habileté politique de notre dernier président de droite (de conviction, pas d’action). La ceinture rouge des années 1960 s’étiole progressivement tandis que le PC perd toujours plus d’élus, de villes, de cantons, de circonscriptions. Leur message politique est parfaitement inaudible. On ne se souvient plus du PC lorsqu’on parle de la fête de l’Humanité ou qu’on revoit Robert HUE à la télé ou des archives de Georges MARCHAIS.

Incapables d’incarner une alternative à la gauche molle du président HOLLANDE 

Mais le problème du FDG est de n’exister que grâce à MÉLENCHON dont les coups de gueule répétés ont fini par en agacer plus d’un. L’ancien plus jeune sénateur de France, élu à Massy (Essonne), vole immanquablement la vedette à ses camarades (sauf peut-être à Clémentine AUTAIN). Pourtant, les personnes proches qui l’entourent sont aussi intelligentes, voire parfois plus compétentes que lui : Martine BILLARD, Clémentine AUTAIN, François DELAPIERRE, Éric COQUEREL, Marc DOLEZ, Jacques GÉNÉREUX, Alexis CORBIÈRE, Gabriel AMARD son gendre, RAQUEL GARRIDO son avocate… Jérôme GUEDJ aurait eu sa place s’il n’avait pas préféré le PS… De 2008 à 2012, ils ont été les chantres de l’antisarkozysme. Mais c’est le PS qui en a récolté tous les lauriers. Et aujourd’hui, trop peu leur font confiance pour faire mieux que HOLLANDE à gauche.

Terrassé par la guerre des fronts puis par la guerre républicaine (UMPS contre FN)

Elle était annoncée pour 2012 mais elle a tourné au désastre : 17,9 % pour le FN à la présidentielle de 2012 contre 11,1 % pour le FDG. MÉLENCHON se voulait le seul vrai pourfendeur de Marine LE PEN. L’homme a  bien compris que les extrêmes ne sont pas figés et passent de la gauche à la droite en fonction du climat politique. Mais les Français ne l’ont pas suivi. Et on ne peut alors pas impunément taper sur la gauche à laquelle on appartient. Dans le même temps depuis 2013, les électeurs traditionnellement PC, partent au PS, craignant un nouveau « 21 avril 2002 », tandis que nombreux au PS cèdent aux sirènes du FN. Alors dans ces conditions, blessés par leurs divergences programmatiques comme par exemple les positions sur le nucléaire (PC pour ; FDG contre), l’extrême-gauche communiste ne peut pas survivre. Et le choix de MÉLENCHON apparaît, éclairé ainsi, comme le plus raisonnable : renoncer à diriger un ensemble indirigeable qui s’est lassé de lui.

C’est une histoire qui n’est pas finie. Au dernier moment, le PC ne lâchera pas MÉLENCHON dont ils ont trop besoin. Mais l’utopie du « pouvoir au peuple » et du FDG est morte. Jean-Luc MÉLENCHON ne peut plus dire « Place au peuple » en ne rassemblant que 6 % de la population. Il est certain que sa pause politique, si l’extrême-gauche ne se recompose pas, affectera durablement la gauche française jusqu’à créer un nouvel équilibre :

– Gauche-Extrême-gauche : 32 %

– Centre (droit) : 10 %

– Droite : 33 %

– Extrême-droite : 25 %

Et l’élimination systématique de la gauche lors des grands scrutins.

P.-S. : J’ai déjà rencontré Jean-Luc MÉLENCHON un jeudi midi dans le Xème arrondissement parisien. Il marchait seul, vêtu d’un blouson en cuir, et tenant sous le bras un journal écrit par ceux qu’il fait tant semblant de détester pour attirer l’attention médiatique. Il m’a paru « petit » puisqu’il doit mesurer autour de 1m70, quand j’en fais 1m75. Nous avons un ami commun en la personne de Mgr Guy HERBULOT.