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Quelles différences entre les trotskysmes (LO, LCR-NPA, PT-POI) ?

Cet article est une tentative de synthèse de l’Histoire et des différences idéologiques et programmatiques des différents courants politiques français issus du trotskysmes, issus de la Quatrième Internationale. Il est rédigé par un rédacteur qui n’est pas trotskyste et ne connaît rien au trotskysme, mais tente de comprendre pourquoi il y a trois courants différents qui se disputent et ne parviennent pas à se réconcilier, alors qu’unis, ils ont pesé 10 % des voix.


A. L’Histoire

B. Les partis actuels

C. Les différences


A. L’Histoire

En 1919, LÉNINE et les Bolchéviks (du parti ouvrier social-démocrate de Russie devenu parti communiste) ont fondé la Troisième internationale (ou Internationale communiste, ou Komintern). C’est une organisation internationale qui vise à provoquer une révolution générale par l’intermédiaire des différents partis communistes nationaux. Menée par les ouvriers, elle imposerait la dictature du prolétariat et un mode de production socialiste.

LÉNINE avait plusieurs disciples parmi lesquels STALINE et TROTSKY. À sa mort en 1924, c’est STALINE qui a pris le pouvoir et écarté TROTSKY en l’explusant du Parti communiste en 1927 puis d’URSS en 1929. Le trotskysme est d’abord et avant tout une réaction au stalinisme.

TROTSKY est partisan de la Révolution permanente dont il a fait une théorie. Il explique comment renverser les régimes bourgeois et féodaux pour y établir le socialisme, à partir de la classe ouvrière soutenue par les agriculteurs. Des états ouvriers s’installeraient, d’abord en Russie aidés par les ouvriers étrangers, puis le mouvement prospérerait comme une tâche d’huile dans le reste des états du monde.

Dans les années 1930, TROTSKY pense qu’il n’est plus possible de réformer les partis communistes, trahis par les staliniens qui dominent le Komintern (l’instance de liaison entre les différents partis communistes mondiaux). Il les accusent d’avoir renoncé à la révolution prolétarienne et à l’idée d’auto-émancipation de la classe ouvrière.

Il fonde alors en 1938 à Paris une Quatrième Internationale qui mise essentiellement sur l’effondrement du capitalisme et du stalinisme par la seconde guerre mondiale. Elle rassemble alors des groupes, des organisations et des militants de divers horizons. TROTSKY sera assassiné au Mexique en 1940.


Chronologie indicative des mouvements trotskystes en France

1938 : Fondation de la Quatrième Internationale à Paris

1944 : Création du Parti communiste internationaliste (PCI) à partir du Groupe Octobre, du Comité communiste internationaliste et du Parti ouvrier internationaliste. Hors de ce PCI reste l’Union communiste (UC).

1952 : Le PCI se scinde en deux courants : celui de la doctrine officielle (PABLO, MANDEL, FRANK) qui souhaite l’entrisme clandestin dans les organes communistes pour les noyauter ; et les partisans de LAMBERT (groupe LAMBERT) qui s’y refusent, craignant notamment de s’y corrompre.

1953 : Au niveau international, une majorité de mouvements trotskystes refusent l’entrisme et créent le Comité International pour la Quatrième Internationale (CIQI), mouvement qui existe toujours.

1956 : L’Union communiste devient Voix ouvrière

1963 : Le PCI se réunifie partiellement ce qui créé le Secrétariat unifié de la Quatrième internationale dont ses dirigeants sont PABLO, MANDEL et FRANK. LAMBERT choisit de rester à l’écart de ce mouvement.

1965 : LAMBERT fonde l’OCI (Organisation communiste internationale)

1968 : À la suite de mai 1968, le président DE GAULLE dissout la JCR (Jeunesse communiste révolutionnaire), l’OCI qui se recréé en OT (Organisation trotskyste), le PCI et Voix ouvrière qui se recréé en LO

1969 : Les membres restants du PCI dissout, membres du Secrétariat unifié de la Quatrième internationale, s’allient aux JCR pour fonder la Ligue communiste (LC)

1969 : Les lambertistes créent l’Alliance des jeunes pour le socialisme (AJS)

1970 : l’OT redevient l’OCI

1971 : Les lambertistes, par le biais de l’AJS, provoquent une scission de l’UNEF et créent l’UNEF-US en opposition à l’UNEF-Renouveau ou UNEF-SE, composée d’étudiants staliniens.

1973 : la LC est dissoute après l’attaque d’un meeting d’extrême-droite (Ordre nouveau)

1974 : La Ligue communiste devient le Front communiste révolutionnaire (FCR) puis la Ligue communiste révolutionnaire (LCR). L’OCI tente alors en vain de l’infiltrer pour en prendre le contrôle.

1976 : La LCR participent à la création du Mouvement d’action syndicale (MAS) pour en prendre le contrôle

1980 : L’UNEF-US et le MAS s’unissent au sein de l’UN-ID (indépendante et démocratique) réunifiant les tendances non staliniennes de l’UNEF.

1980 : L’OCI devient pour quelques mois l’OCI-U (unifiée)

1981 : L’OCI redevient le Parti communiste internationaliste (PCI)

1984 : Le PCI participe à la fondation du MPPT (Mouvement pour un parti des travailleurs)

1991 : Le MPPT devient le PT (Parti des travailleurs)

1992 : le PCI devient le CCI (Courant communiste internationaliste) qui est la tendance majoritaire au sein du PT

2002 : les trois représentants trotskystes réalisent 10,44 % des voix à l’élection présidentielle

2008 : le PT devient le Parti ouvrier indépendant (POI)

2009 : La LCR se dissout au sein du Nouveau parti anticapitaliste (NPA). Certains de ses membres rejoignent le Front de Gauche par le biais du mouvement Gauche unitaire.

2015 : le POI connaît une scission avec la création du Parti ouvrier indépendant démocratique (POID)


B. Les partis trotskystes actuels

La Quatrième internationale – secrétariat unifiée, n’est plus réellement représentée par une section française. Si la LCR se réclamait de la Quatrième Internationale, ce n’est pas le cas du NPA de 2009 qui cherche désormais à fonder une Cinquième Internationale. La Quatrième Internationale reste présente dans plus de 60 pays.

La Quatrième internationale lambertiste est aujourd’hui représentée par le Courant communiste internationaliste au sein du POI. Elle est présente dans 54 pays. Cette tendance se présente comme la continuité de la défense du programme de transition voulu par TROTSKY en 1938 pour revenir aux conditions de révolution prolétarienne et d’auto-émancipation de la classe ouvrière.

Le Comité international de la Quatrième Internationale de 1953 existe encore mais n’est plus représenté en France.


Lutte ouvrière

Ce parti est membre de l’Union communiste internationaliste. Il se réclame de MARX, de ENGELS, de LÉNINE et de TROTSKY. Il se dit ouvrier, communiste, révolutionnaire et internationaliste. Il veut reconstruire la Quatrième Internationale qu’il estime dévoyée.

Il réclame une société communiste en lieu et place de la société capitaliste, qui passe par la mise en commun des capacités de production et d’échanges pour assurer les besoins de l’humanité entière. Pour cela, il veut réorganiser les mécanismes de production et de redistribution des richesses, qu’il ne pense pouvoir changer qu’après une révolution mondiale au cours de laquelle « ceux qui n’ont que leur travail à vendre » prendraient le pouvoir.


Le Nouveau parti anticapitaliste

Ce parti est l’héritier direct de la Ligue communiste révolutionnaire qui se réclamait du marxisme révolutionnaire et de la lutte des classes. Son but était de réaliser le programme de transition de TROTSKY pour instaurer une démocratie ouvrière, mise en place par une révolution socialiste abolissant le capitalisme.

Le NPA prône la révolution pour renverser l’État et fonder de nouvelles institutions qui soient sous le contrôle des travailleurs et de la population. Il réclame l’abolition de la propriété privée des moyens de productions, d’échanges et de communication et le choix de la libre-production.  Il se déclare anti-productiviste et recherche par le biais de l’éco-socialisme la relocalisation de l’économie, la redistribution des richesses et la décroissance.

Enfin, il défend l’auto-organisation et l’auto-gestion. Il est encore anti-impérialiste. Il cherche à fonder une Cinquième Internationale.


Le Parti ouvrier indépendant

Le POI ne se considère pas comme trotskyste mais il est contrôlé par des trotskystes regroupés au sein du Courant communiste internationaliste (CCI). Ce parti est membre d’une « Internationale » : l’Entente internationale des travailleurs et des peuples (EIT).

Il dit défendre la classe ouvrière et les intérêts des exploités et des opprimés. Il se déclare « pour le socialisme » et en appelle à abolir le patronat et le salariat pour établir une société de justice et d’égalité, « fondée sur la socialisation des moyens de production et d’échanges« .


C. Les différences

Tous ces partis sont anticapitalistes et révolutionnaires.

Le programme de LO est le plus proche du trotskysme original en réclamant l’union internationale de tous les travailleurs (et pas seulement les ouvriers) pour changer le modèle économique, à partir duquel d’autres réformes sociales pourront être accomplies.

Le programme du NPA vise plus une révolution politique à partir de laquelle il pourra modifier les comportements économiques. Ses combats sont plus divers et plus étendus. Le NPA est prêt à s’allier pour prendre le pouvoir.

Le programme du POI se limite à défendre les ouvriers, les exploités et opprimés (quand LO voit dans chaque Homme un travailleur). Son combat est essentiellement économique pour renverser le système actuel tout en assurant l’indépendance des structures de défense sociales.



Éditorial : il faut attendre deux Français sur le podium pour parler du Tour de France.

Chaque semaine, je décrypte l’actualité qui m’a marquée dans un court éditorial. Voici celui de la semaine écoulée du lundi 21 juillet au dimanche 27 juillet 2014.

Il ne servirait à rien de continuer à se faire peur en revenant sur les différents accidents de la circulation qui touchent notre pays et qui ont amené le président HOLLANDE à déclarer un deuil de la Nation qui commence ce lundi 28 juillet jusqu’au mercredi 30 juillet inclus. Reste que l’histoire d’un chauffeur qui ne sent pas venir l’hypoglycémie est inquiétante, même si l’homme de confession musulmane nie avoir pratiqué le jeûne du ramadan.

Les bonnes nouvelles qui nous mettent un peu de baume au cœur nous viennent du sport : en escrime, les Français sont champions du monde par équipe à l’épée (épreuve masculine). En cyclisme, plusieurs Français obtiennent de très bonnes places au Tour de France comme Jean-Christophe PÉRAUD (2ème), Thibualt PINOT (3ème) et Romain BARDET (6ème). Et une mention spéciale pour l’Essonnien Tony GALLOPIN qui termine 29ème. Merci à eux !

Les moins bonnes nouvelles nous viennent de l’importation du conflit israélo-palestinien sur nos terres. Le Gouvernement commence enfin à faire preuve de fermeté avec des peines immédiates allant jusqu’à six mois de prison ferme pour les manifestants casseurs ! Taper sur la Police vous coûte toujours moins que balancer votre chat contre un mur (Attention, ce comportement n’est pas à reproduire à la maison). Et personne ne dit rien contre le NPA (Nouveau parti anticapitaliste) de Olivier BESANCENOT qui continue à appeler à la participation à des manifestations interdites. Preuve en est qu’il n’arrive plus à mobiliser ses électeurs qu’autour de la reconnaissance d’un état palestinien (comme le Front de gauche).

Enfin, tandis que le chômage augmentait de 0,3 % en juin 2014, l’Assemblée préfère perdre son temps, avant d’être bloqué par le passage à droite du Sénat en septembre, à voter une carte des régions. Elle ne durera pas tant la fronde des élus locaux est grande et elle ne permet surtout aucune économie. Mais là encore, le sentiment de changement fait toute la différence et endort les sots. À moins qu’elle ne focalise toute l’attention sur un sujet secondaire, permettant de ne pas traiter les réformes principales et urgentes. Bon été !

Retrouvez ici mon précédent éditorial de la semaine dernière.