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Sur le non-cumul des mandats que 2017 remet en cause

Élection présidentielle oblige, les différents candidats ne veulent pas se fâcher avec les parlementaires cumulards au cas où ces derniers pourraient leur apporter des voix de soutien. Moralité : il est de bon ton de dire qu’on va remettre en cause le non-cumul au nom de la démocratie. Car après tout, si l’électeur veut élire son député-maire ou son sénateur-maire à toute élection qui se présente, il est libre et responsable.

Personnellement, je fais partie de ceux qui pensent que le Peuple a toujours raison, même quand il élit un HITLER dans l’Allemagne de 1933 : c’est sa souveraineté. Ensuite, je ne vois pas pourquoi il faudrait limiter ou renvoyer chez lui un élu qui bosse et qui est compétent. Mais le vrai problème se pose lorsque votre élu est un tocard qui ne fait que courir derrière les indemnités, dont il vit aussi ce qui est scandaleux, parce qu’il est incapable de travailler.


Indemnités et responsabilités

Qui mérite 8272 € par mois ? Celui qui fait 6 fois la semaine d’un travailleur de 35 heures payé au SMIC ? Le vrai problème des indemnités des élus est qu’elles sont devenues un salaire, voire une rente, au lieu d’être des notes de frais remboursables, ou une compensation, à lier à un barème, par rapport au salaire réel du travailleur. Mais derrière cette question, qui est capable de bosser sérieusement sur 3 ou 4 mandats à la fois ? Cette professionnalisation est impossible.


Le cumul des mandats exécutifs

Sachant qu’un parlementaire est tenu de siéger en séances publiques, en commissions qui elles même sont préparées par des réunions, en délégations, en missions d’information, parfois en réunions de groupes, en groupes d’amitié, en groupes d’étude, et en qu’en même temps, ils doivent être dans leur circonscription, quand peut-il sérieusement se consacrer à un autre mandat, quel qu’il soit, avec les obligations qui vont avec. Alors trois ou quatre mandats…


Le cumul des mandats dans la durée

Sur ce point, j’ai envie d’écrire qu’il faut laisser faire l’alternance, qui a aussi sorti des gens très bien à cause des étiquettes. SARKOZY a fait limiter les mandats présidentiels à deux consécutifs, mais qui réélirait son président trois fois, surtout quand il est à 20 % de popularité après deux ans ? Certes, il y a des fiefs indéboulonnables comme les Landes où Henri EMMANUELLI est élu depuis trente ans. Mais aux électeurs aussi de mettre un terme au cumul.


Je pense que c’est aux élus eux-même de décider en leur âme et conscience de se présenter ou pas à plusieurs postes tout en sachant qu’ils ne pourront pas les tenir, c’est un fait. Mais bien stupides les électeurs qui placent leur candidat partout, et qui s’étonne ensuite qu’il ne bosse pas, ou qu’il bosse mal. Personnellement, je pense bon qu’un député conserve un ancrage local de simple conseiller municipal, mais uniquement s’il le fait sérieusement, et pas plus !



Et REBSAMEN acheva de compléter son CV politique

Ainsi va la vie. François REBSAMEN (PS) est réélu maire de Dijon et président de la communauté urbaine du Grand Dijon. Il quitte donc le Gouvernement où il occupait le poste pourri de ministre du Chômage (pardon du Travail). Il n’aura rien fait. Il n’avait pas d’ambitions. Il retourne finir sa carrière politique bien au calme.

Rebs était déjà ancien sénateur, ancien conseiller général… Le voilà ancien ministre. Cumulé à ses indemnités de maire d’une ville de plus de 100 000 habitants (151 000) et de président de communauté urbaine, je pense que l’homme connaîtra une retraite mensuelle à cinq chiffres. D’ici à ce qu’on lui rajoute ensuite une commission théodule : le Conseil constitutionnel ?

Ministre oui, mais à l’Intérieur

Rebs voulait l’Intérieur et il aurait certainement été bon. C’est en plus un ministère qui réussit quand on vise le premier ministrat voire la présidence. Il faut dire qu’il s’y connaît avec Dijon qu’il a bien quadrillé de caméras de « vidéo-protection » (c’est le terme de gauche et quand on est à droite, on parle de « vidéosurveillance »). Mais HOLLANDE avait choisi VALLS en 2012.

Source : Le miroir (www.miroir-mag.fr)

Source : Le miroir (www.miroir-mag.fr)

Puis VALLS pas fou n’allait pas mettre une personne comme Rebs pour lui succéder au cas où qu’il se montre bon. Pire imaginons qu’il ait été en première ligne au moment des attentats de janvier, on en faisait un président en 2017. Non, il fallait s’en débarrasser alors on l’a mis au ministère dont on ne peut rien tirer et où on ne peut rien faire : le Travail…

Le Travail plutôt que le Sénat à droite

Jean-Pierre BEL, président du Sénat de 2011 à 2014 l’avait dit dès le départ : il ne ferait qu’un mandat. Donc il lui fallait un successeur qui soit de gauche si le Sénat restait à gauche. Mais comme il est passé à droite, Rebs a préféré éviter de se ramasser face au candidat de la droite et partir quêter un ministère. Il ne restait alors que le Travail pour calmer ses ardeurs.

Le ministère impossible

Dépendant de la santé économique de la France, nos socialistes détestés ont malgré tout compris que le keynésianisme n’avait jamais fonctionné et qu’il ne servait à rien de créer de « faux » emplois publics. Donc on ne fait rien et on se retrouve tous les 26 ou 27 du mois pour annoncer la hausse. J’exagère bien sûr. Entre cela, on visite des entreprises et Pôle emploi.

Qui pour lui succéder au Travail ?

Forcément quelqu’un qu’on déteste pour qu’il s’y casse la gueule. Donc un aubryste sinon un frondeur. Alain VIDALIES semble bien parti. Mais comme la rumeur veut que Anne HIDALGO ait accepté l’organisation des JO à Paris en échange de l’entrée de son mari au Gouvernement, je pense fort à l’aubryste Jean-Marc GERMAIN.


Loi du non-cumul oblige, Rebs est obligé de démissionner. Enfin, cela ne semble pas trop difficile pour lui. Ce que je trouve dommage est la résignation (ou la lucidité) dont a fait preuve Rebs jusqu’au bout : je ne peux rien faire, je ne fais rien. Son successeur fera-t-il autrement ?