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Jacques CHIRAC est le vrai responsable de la montée du Front national !

Mais qui suis-je, au lendemain des obsèques de Jacques CHIRAC, pour affirmer que le cinquième président de la Ve République est le vrai responsable de la montée de l’extrême-droite en France ? Éléments de réflexion à l’appui de la thèse suivante :

C’est parce que CHIRAC a (trop) centrisé le RPR après 1982, qui était alors le parti le plus à droite, pour aller concurrencer GISCARD et élargir son électorat au centre au détriment de l’UDF, qu’il a laissé ouvert un créneau à la droite de la droite dans lequel s’est engouffré LE PEN.


De manière liminaire, je ne crois pas à une brutale conversion des Français aux idées du Front national. Tu ne passes pas de 0,11 % aux municipales de 1983 à 10,95 % aux élections européennes de 1984, juste parce que le président de ton parti (Jean-Marie LE PEN) a fait une bonne prestation dans une émission télévisée (L’Heure de vérité du 13 février 1984), dont je ne trouve pas les audiences pour démontrer l’absurdité de la force de conviction de LE PEN qui aurait alors convaincu plus de gens que le nombre qui aurait regardé l’émission.

De plus, la part de migrants et d’étrangers au sein de la population française est restée proportionnellement stable entre 1975 et 1990. Il paraît donc étonnant que les Français se soient tous réveillés un matin en trouvant qu’il y avait trop d’étrangers en France, ce qui à l’époque était la principale raison du vote FN.

Source : Wikipédia – Le pourcentage d’immigrés ne prend en compte que les personnes nées à l’étranger.


Or, pendant des années, on a considéré que les électeurs du Front national (FN) étaient les communistes blasés d’attendre le Grand Soir, tandis qu’ils se faisaient piquer leurs boulots peu qualifiés par les immigrés. Et qu’ils se seraient soudainement convertis au FN parce que MITTERRAND aurait permis à ce parti d’accroître sa visibilité médiatique… Je trouve cette thèse ridicule car d’où viendraient les voix de l’extrême-droite, sinon de la droite…

Personnellement, je pense que les vases communicants de la politique ne se sont pas tellement plus faits dans le sens PC ==> FN, que plutôt dans un sens PC ==> PS et RPR, et PS et RPR ==> FN. Même si des enquêtes d’opinion montrent quand même que de nombreux électeurs PC sont passés au FN.

Ce que je veux dire, c’est déjà qu’il y a toujours eu 10 % de fachos dans la population française, mais qu’ils votaient à droite, notamment au RPR avant 1983, mais par défaut, alors même que CHIRAC était surnommé « facho CHIRAC ».

Et ensuite et surtout, que les électeurs d’extrême-droite ont osé quitter le RPR pour le FN quand CHIRAC l’a centrisé après 1981.


Pour comprendre cette analyse, il faut revenir au contexte de l’époque.

L’expression politique de l’extrême-droite est inexistante, et personne ne se dit qu’elle pourra porter. Ils ne font même pas 1 % à chaque élection, et ne cessent de se diviser entre nationaux-catholiques et nationalistes-révolutionnaires, entre autres micro-tendances. C’est comme se dire que les trotskystes pourraient faire demain 15 % !

Et GISCARD bien que défait en 1981 n’est pas mort. Il est d’ailleurs devenu conseiller général en 1982. Et tout le monde s’attend à ce qu’il reprenne la place en 1988.

Et donc CHIRAC, qui représente crédiblement ce qui existe de plus à droite sur l’échiquier politique, n’a aucun obstacle sérieux sur sa droite, mais uniquement les centristes sur sa gauche, qu’il va tenter de vampiriser. Et donc il va centriser le RPR.

Et c’est comme cela, certes bien aidé par MITTERRAND qui veut diviser la droite, mais qui n’aurait pas réussi s’il n’avait pas existé un créneau politique laissé vide par CHIRAC à l’extrême-droite, que le FN va monter.

À partir de là, il est déjà trop tard, car tout le monde sait qu’une élection se gagne au centre, en convainquant le marais, et donc que la droite ne reviendra jamais totalement à l’extrême-droite, et qu’elle ne fera rien qui pourrait l’éloigner des centristes.

CHIRAC va rester sur sa ligne centriste en 1986, ce qui fait que le FN aura 35 députés, et donc que l’alliance RPR – UDF n’aura pas la majorité absolue aux législatives.

Et en 1988, il va perdre quand LE PEN appellera ses électeurs à voter blanc, nul ou à s’abstenir.

Rappelons quand même qu’il y aura 1,16 million de votes blancs et nuls au deuxième tour, même s’il manquera 2 millions de voix à CHIRAC pour l’emporter.

Du coup, en 1990, CHIRAC infléchit sa ligne politique (« le bruit et l’odeur »), ce qui fait dire à LE PEN que « Les Français préféreront toujours l’original à la copie ».

Or, c’est trop tard, et que LE PEN est durablement installé avec 15 % des voix, et que la droite ne peut plus récupérer sa composante d’extrême-droite.

CHIRAC va alors radicalement contre-braquer et mener une politique centriste, en se montrant plus au centre que BALLADUR avec la fracture sociale.

Cependant une fois élu, il na va rien faire de tout cela, et une infime partie de la droite, déçue de CHIRAC qu’elle trouve trop centriste continue de partir au FN, ce qui permet à ce parti d’arriver au second tour de la présidentielle de 2002, malgré la scission du MNR de Bruno MÉGRET.

CHIRAC aura alors de grandes déclarations comme « Je ne peux pas accepter la banalisation de l’intolérance et de la haine ». Mais il ne va rien faire pour ré-élargir sa base électorale à droite.

Pire, il va créer l’UMP qui rapproche officiellement le RPR du centre, et empêche dès lors tout ralliement de l’extrême-droite, à un parti qui n’est plus perçu comme de droite par les électeurs d’extrême-droite, mais de centre-droit.


C’est alors SARKOZY, qui va réussir à récupérer temporairement des électeurs d’extrême-droite, en s’éloignant du centre, et en profitant de la vieillesse de LE PEN, qui à 79 ans, n’est plus crédible comme président.

Et le FN va tomber à 10 % en 2007.

Sauf que SARKOZY, sitôt élu va croire qu’il a éradiqué le FN, et partir au centre, avec l’ouverture à gauche notamment.

Et qu’il va finalement refaire le jeu du FN en rebraquant sa ligne à droite à partir de 2009, grâce à BUISSON, au moment où le FN reprend du poil de la bête, fortifié notamment par le débat sur l’identité nationale.

Dans le même temps, le Menhir cède sa place à sa fille qui va commencer à dédiaboliser tout cela, et préparer les 33 % de la présidentielle de 2017.

Partant, faut-il croire que SARKOZY aurait pu gagner en 2012, avec quelques semaines de campagne supplémentaires, en allant chercher encore plus loin dans les voix du FN, ainsi que l’indiquent la dynamique des sondages ?

L’expérience de 1988 semble nous dire que cela n’aurait pas été possible.

Toujours est-il que le FN n’aurait selon moi pas pu exister à plus de 10 % si CHIRAC n’avait pas laissé ouvert le créneau de sa politique à la droite de la droite.



Sur l’Europe, le diktat de la pensée des Jeunes avec MACRON

« L’Europe, tu l’aimes ou tu la kiffes ! »

Je ne m’attarde pas sur le jeu de mots « tu l’aimes ou tu la quittes », prêté à SARKOZY, qui l’aurait piqué à DE VILLIERS, qui l’aurait piqué aux États-Uniens pendant la guerre du Vietnam, qui eux-mêmes l’aurait piqué à une chanson de 1928.

Non, je voudrais juste remarquer que cela ne laisse pas beaucoup de choix possibles.

Nous sommes donc forcés d’aimer l’Europe.

Y compris les Britanniques ; et je ne comprends pas ce que leur drapeau vient faire là-dedans, parce qu’on n’est pas dans une campagne pro ou contra Brexit…

Et donc 51,9 % des Britanniques ne pouvaient pas quitter l’Union européenne.

Et donc un Français ne peut pas ne pas aimer l’Europe.

Sous peine, sous entendu, d’être un nazi (HITLER avait pourtant un projet européen très clair), et de vouloir la troisième guerre mondiale, l’appauvrissement des citoyens, et la fin de la puissance des pays européens, reléguée pire qu’en Afrique, je vous assure.


Alors, bah si, je n’aime pas l’Europe, sous la forme de l’Union européenne, et je ne la kiffe pas, et je vous emmerde les jeunes Macronistes, qui veulent me dicter ce que je dois penser.

Quand les jeunes arrêteront de mythifier l’Union européenne, au motif, leur seul argument concret, qu’elle permet la liberté de circulation pour Erasmus…

Les mêmes bobos-écolos qui te parlent transition écologique et impact carbone, mais qui vivent sur plusieurs pays qu’ils relient en avion.

Et quelle arnaque, parce que dans un monde globalisé, que tu sois dans une communauté étudiante à Paris, Berlin ou Barcelone, tu parleras anglais, et tu feras les mêmes études pour avoir les mêmes diplômes et les mêmes métiers.

De plus, si les étudiants étrangers veulent venir en France, t’as pas grand monde qui veut aller ne serait-ce qu’en Belgique ; mais alors dans les pays de l’Est, c’est mort… Donc Erasmus ne se fait qu’à sens unique…


De toute façon, cette campagne ne se fait pas pour un projet européen, qui est relativement illisible. On comprend bien l’ultra-libéralisme débridé, et de signer des traités de libre-échange avec toutes les parties du monde, mais à part cela…

Non, elle se fait contre les populismes, nouveau nom des extrêmes-droites (parce que les extrêmes-gauches, on s’en fout).

Et c’est quand même génial pour ces jeunes de défendre Nathalie LOISEAU, qui en quatrième année à Sciences-Po ne savait pas qu’elle candidatait sur une liste étudiante du GUD, puis qui cinq ans après et alors qu’elle se dit gaulliste, candidatait sur une liste européenne fédéraliste, ce que DE GAULLE ne voulait surtout pas pour l’Europe…

Là aussi, leur projet européen, dont leur site internet ne dit pas grand chose d’autre que des banalités, interroge : c’est aimer l’Europe, ou l’aimer. Ça en dit long…

Bref, ça n’était pas vraiment la peine qu’ils me recouvrent, juste pour cela…




Sur le voyage d’Emmanuel MACRON en Afrique, et son discours de Ouagadougou

Mes amis, comme j’ai honte de notre président néocolonialiste qui tutoie les Africains, les appelle « ses amis » et dit que leur président s’en va réparer la climatisation lorsqu’il part aux toilettes ! Imaginez donc un peu le tollé que cela aurait provoqué si cela avait été Nicolas SARKOZY voire Marine LE PEN qui avaient tenu ces propos. Enfin, tous les moyens sont bons pour ne pas parler des problèmes ! Remarquable communication !

À part cela, quand est-ce qu’on discute du terrorisme islamiste et du coûteux maintien de l’armée française, de l’immigration en tant que fuite des cerveaux, du nouvel esclavage qui se fait avec la complicité de chefs d’états corrompus, des régimes dictatoriaux et des atteintes quotidiennes aux droits de l’Homme, du franc CFA, du développement de l’Afrique par elle-même, du fait que 40 % des Africains de l’Ouest ont entre 18 et 24 ans, des contrats économiques…

Parce que c’est bien gentil de nous dire comme avant lui, déjà MITTERRAND puis CHIRAC puis SARKOZY puis HOLLANDE que la Françafrique est morte et enterrée, quand elle n’a jamais été aussi vivante ; Vincent BOLLORÉ étant d’ailleurs surnommé le « roi de l’Afrique de l’Ouest ». C’est toujours la France qui maintient les dictatures puis l’armée qui exfiltre les dictateurs quand ils deviennent gênants. C’est elle qui construit les infrastructures et exploite les ressources…

Un document qui circule sur internet pour dénoncer la « spontanéité » des questions posées au président français.

Finalement, MACRON ne s’embête même plus à se contraindre aux usages de la diplomatie. Il s’invite à l’université, crache sur ses hôtes parce que c’est démagogue et que lui peut se le permettre car les contrats continueront, sait qu’on ne retiendra que cela de son voyage donc qu’on va parler de lui et dire qu’il est allé en Afrique. Et voilà ! Puis c’est pratique l’étranger pour cracher sur la France et la colonisation européenne, parce que c’est loin et qu’on va oublier.

À l’issue de ce voyage, je vous invite à vous demander à quoi il aura servi. On va encore annuler quelques dettes. On va inaugurer le métro d’Abidjan, largement financé par la France. On va faire la première visite d’un chef d’État français au Ghana. On va dire encourager la Francophonie. On va prolonger les contrats d’exploitation des ressources. Et on va donner de l’argent aux dictateurs pour qu’ils régulent l’immigration africaine vers la France… Comme d’habitude !


Les trois meilleures macronneries du discours :

« Qui sont les trafiquants ? Mais ce sont des Africains, mon ami ! Ce sont des Africains! »

« Mais moi je n’veux pas m’occuper de l’électricité au Burkina Faso ! C’est l’travail du président !

« Il s’en va. Reste là ! » (…) « Du coup, il est parti réparer la climatisation ! »



Pourquoi le fait de la primaire bloque toute sortie de crise à droite !

Ils voulaient une primaire pour faire comme la gauche, et renouveler la politique. Du coup, au lieu de voter pour une personnalité comme cela se faisait jusque-là dans les conventions, c’est à dire une personne pour porter un programme, ils ont choisi une personne attachée à un programme. Aujourd’hui, on veut changer la personne, mais les électeurs, en plus d’avoir choisi un programme, ont choisi une personne pour le porter…

La primaire a mis en avant une seule tendance de la droite : conservatrice pour ses idées sociétales et libérale pour ses idées économiques. Mais il suffit de voir dans le peu de cadres qui soutenaient FILLON à la primaire, que si les masses militantes sont de ce bord, les élus ou les responsables à l’intérieur du parti ne le sont pas. Du coup, il n’y a personne de la stature de FILLON qui puisse le remplacer, et la droite s’engage sur une route dangereuse pour deux mois.


La primaire a éliminé les autres personnalités

Que ce soient JUPPÉ ou SARKOZY, ils sont minoritaires dans leur famille politique… Alors que penser d’une autre personne qui ne s’est pas présenté à la primaire et qui aurait de toute façon été écrasé par les trois gros, qui rappelons-le, ont cumulé plus de 90 % des voix ! On passe quand même de 21 % avec SARKOZY à 2,5 % avec LE MAIRE. Personne n’est donc légitime pour remplacer FILLON, et s’il y en avait un, ce serait de toute façon un « perdant » de la primaire…


La primaire a verrouillé un programme

Du libéralisme et du conservatisme, c’est ce que les électeurs ont voulu et qui n’apparaissaient pas vraiment dans les programmes de JUPPÉ comme de SARKOZY. Aujourd’hui, celui qui pourrait succéder à FILLON devrait en plus accomplir un programme qui n’est pas le sien. Ce n’est pas cohérent et c’est aller autant dans le mur, que de laisser à ce candidat la possibilité de développer son programme qui n’a pas été choisi par cette droite, qui oui, s’est radicalisée !


La primaire a fixé des règles

Les règles de la primaire font qu’il n’y a qu’un seul vainqueur. Que tous se sont engagés à sa suite, y compris l’UDI. Que l’argent de la primaire a été versé sur le compte de campagne de FILLON. Ne pas respecter cette primaire, c’est faire preuve d’infidélité ; ce que les électeurs sanctionneront tout autant dans la mesure où ils veulent des dirigeants forts qui défendent des idées fortes. Quelle sale image renvoyée par ceux qui quittent le jeu en cours de partie !


La primaire était une mauvaise idée, et nous retrouvons le même problème à gauche car Benoît HAMON défend un programme qui n’est pas celui du PS. Elle est une régression démocratique qui affaiblit le rôle des partis politiques, tout en rendant le vote payant, ce qui est d’autant plus scandaleux. Tant LE PEN que MACRON vont faire des bons scores parce qu’ils sont les candidats indiscutables de leurs partis, quand les divisions d’une primaire ne cicatrisent jamais vraiment…

Les primaires ne sont pas démocratiques parce que tout le monde ne peut pas s’y présenter. Alors vivement que les partis les abandonnent pour se remettent à respecter l’article 4 de la Constitution. Donc à concourir à l’expression du suffrage, en bâtissant un programme puis en choisissant un candidat en interne par ceux qui cotisent pour cela. Mais évidemment, cela nécessite d’avoir déjà le programme donc de s’être réuni pour faire du vrai débat d’idées…

Par le jeu des primaires, les partis politiques ont crû qu’ils pouvaient se présenter sans programme ; juste sur la présidentiabilité de leur candidat. Mais qui ne se fout pas de la gueule de FILLON quand il dit vouloir supprimer 500 000 fonctionnaires ? Ou de HAMON et son revenu universel ? La primaire a fait gagner les candidats des excès parce qu’ils ont fait le plein de populisme avant même la vraie campagne. Mais si on prend les électeurs une fois, c’est pas deux.