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Sénatoriales 2017 en Essonne : TRON soutient-il DELAHAYE contre BEAUDET et DUROVRAY ?

Les listes des candidats aux sénatoriales en Essonne sont désormais connues, mais elles se révèlent plus que surprenantes pour le parti LR qui apparaît extrêmement divisé.

Certes, la droite représente cette année 60 % du corps électoral (un peu plus avec le centre-droit), et devrait logiquement envoyer 3 voire même 4 sénateurs, sur les 5 qui représentent notre département.

Mais telles que les choses s’annoncent, c’est la liste centriste – divers-droite DELAHAYE qui pourrait empocher jusqu’à trois sièges, tout du moins arriver en tête des résultats en voix !

Et cela pourrait arranger deux personnes en particulier : Georges TRON, parce que cela montrerait que le tandem Stéphane BEAUDET – François DUROVRAY est mauvais à la tête de LR, et Xavier DUGOIN qui pourrait redevenir maire de Mennecy si jamais son fils Jean-Philippe, actuel maire, était envoyé au palais du Luxembourg. Gageons donc que les deux hommes activent leurs réseaux.


Tout d’abord, force est de voir le signal de détresse envoyé par les cumulards BEAUDET et DUROVRAY, obligés d’aller pousser la liste LR officielle, conduite par Jean-Raymond HUGONNET.

Mais voyons maintenant que deux autres listes sont conduites par des LR : « L’Essonne au cœur » conduite par l’ancienne députée Geneviève COLOT, et « Défendre ceux qui font l’Essonne » conduite par deux vice-présidents du Conseil départemental de l’Essonne (Caroline PARÂTRE et Alexandre TOUZET).

Et que des LR sont de plus en plus nombreux à soutenir DELAHAYE comme Aurélie GROS (qui certes ne pèse rien mais a été élu avec TRON au Département) ou plus important Franck MARLIN, qui « contrôle » tout l’Étampois. On parle aussi des élus LR de Corbeil (DASSAULT n’a-t-il pas digéré son éviction ?) ou de Savigny-sur-Orge qui pourraient aussi soutenir DELAHAYE.

On pourrait cependant se dire que LR a tout calculé pour passer juste devant la gauche divisée (entre la liste En marche, la liste des dissidents En marche, la liste vallsiste, la liste écologiste et la liste communiste) et ainsi empocher les cinq sièges au moyen de leurs 4 listes. Mais je ne les en crois personnellement pas capables.

Toutefois, si c’était cela, le jeu semble extrêmement risqué, surtout si au dernier moment, la gauche se rassemble derrière la seule liste crédible à savoir la liste des dissidents En marche, qui sont en fait les socialistes d’hier avec le soutien du MODEM et la participation d’un écolo et de DVG.

Ça ne le ferait pas trop qu’ils obtiennent (la gauche rassemblée) deux sièges (je pense qu’ils vont cependant en avoir un), juste parce que la droite s’est trop divisée. Même si franchement, l’hypothèse de deux sièges semble assez impossible.

Alors non, je pense que la dispersion de la droite est due au fait d’égos qui se disent, un peu aidés en cela, qu’il y a tellement d’électeurs de droite qu’ils ne peuvent rien faire perdre, puis qu’avec un peu de chance (en 2011, il fallait 300 voix pour envoyer un sénateur), ils peuvent aller pantoufler six ans au chaud…

Dans tous les cas, et que ce soit volontaire ou pas, il y a un message envoyé que BEAUDET et DUROVRAY ne tiennent pas leurs troupes. D’ailleurs, ça devait être sympa pour le conseil de rentrée au Département entre les vice-présidents.

Et comme par hasard, les LR qui soutenaient Georges TRON à l’élection du président départemental de LR, sont massivement derrière DELAHAYE…

Après, ça me semble quand même difficile que la liste DELAHAYE obtienne trois sièges, et je pense quand même que la liste LR officielle arrivera à en obtenir deux, avec toutes les réserves que l’on peut avoir sur HUGONNET et DARCOS dont on cherche plus à se débarrasser qu’à envoyer des élus défendre l’Essonne au Sénat.

Mais comme c’est de la politique politicienne, il n’y aura aucune sanction contre les dissidents LR COLOT, PARÂTRE et TOUZET qui ne respectent pas les candidats de leur parti. Donc tout va bien finir pour tout le monde. Et moi, ça me dégoûte toujours autant.


Personnellement, j’espère donc que DELAHAYE va avoir ses trois sièges parce que j’aimerais bien assister au retour de Xavier DUGOIN pour le bazar que ça ferait. Et pourquoi pas au retour de TRON ?

Et puis aussi parce que je déteste cordialement tant les deux PÉCRESSE-boys que sont BEAUDET et DUROVRAY.

BEAUDET qui est élu au STIF devenu IDF-Mobilités depuis des années, et qui prétend défendre nos intérêts, alors que la dernière fois qu’on a remis à neuf des rames pour le RER C remonte à 2001. Donc à part faire de la communication, je ne trouve pas qu’il soit un élu régional très utile.

Et puis DUROVRAY, qui n’en finit plus de tuer son père Nicolas DUPONT-AIGNAN, et qui certes a réalisé des économies salutaires au Département, mais qui vit quand même sur les 29 % d’augmentation de taxe foncière de 2015. Qu’il devrait nous supprimer en 2019 pour inviter les Essonniens à revoter pour LR aux municipales de 2020 !

Ceci avant que MACRON nous supprime un impôt départemental, ou retire des dotations au Département, justement pour embêter les 2/3 de départements passés à droite qui ont fait exploser les feuilles d’impôts. Et alors, ils ne pourraient plus le faire…


Achevons cet article en précisant que deux candidats aux sénatoriales sont issus de Savigny-sur-Orge, à savoir Audrey GUIBERT (FN) et Jean-Marc DEFRÉMONT (EELV).

Dernière chose, le Jean-Pierre MOULIN, candidat sur la liste COLOT est-il le président d’Essonne nature environnement ? Ou un homonyme ?



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Pourquoi le Front national ne peut pas changer de discours sur l’euro

Si Marine LE PEN a réussi à dédiaboliser le Front national en façade, relativement à son image de parti racialiste et xénophobe, il est un sujet contre lequel elle ne peut rien faire d’autre qu’y être opposé : l’euro.

Le FN défend en effet l’idée d’une souveraineté française totale, d’une indépendance réelle de la France, au moyen d’un État fort qui ait la main sur tous les sujets régaliens parmi lesquels on trouve la maîtrise de la monnaie nationale.

Bien au-delà du problème de la monnaie, ce sont tous les sujets de l’économie et des finances qui sont donc partagés avec Bruxelles, avec la limite que sans argent, impossible de conduire la moindre politique.

Or, l’existence d’une monnaie supra-nationale revient à diminuer la souveraineté de la nation, en affaiblissant l’État français, ainsi obligé de s’accorder avec les autres états, et avec la Banque centrale européenne, pour agir sur la monnaie.

Par conséquent, le FN, s’il défend réellement la souveraineté nationale, doit s’opposer à l’Union européenne et à l’euro. Tout le problème étant que si les Français sont majoritairement eurosceptiques, ils choisissent par défaut des candidats europhiles.

Lors de l’élection présidentielle de 2017, trois des douze candidats étaient ouvertement europhiles : MACRON (24,01 %), FILLON (20,01 %) et HAMON (6,36 %) soit 50,38 % des suffrages exprimés ; à nuancer par le fait qu’une partie de l’électorat FILLON est historiquement eurosceptique, comme l’ont montré les campagnes référendaires de 1992 et 2005.

Cela n’a pas empêché, en considérant quand bien même, que les eurosceptiques ne soient que 49 %, que ce chiffre est retombé à 33 % au second tour.

Dans beaucoup de sondages réalisés, le thème de l’euro est préjudiciable à Marine LE PEN car les Français craignent un appauvrissement si l’on sortait de la zone euro.

Or, le FN ne peut rien dire d’autre qu’il désire abandonner la monnaie unique, s’il veut garantir l’indépendance de la France.

Sauf à faire comme la droite modérée qui prétend que l’indépendance nationale ne passe pas par le contrôle de la monnaie.

Ou comme Nicolas DUPONT-AIGNAN, qui dit avoir retiré de son programme le thème de la sortie de la monnaie unique, parce qu’après la crise financière, il considère que l’euro est condamné à court terme. Toujours est-il qu’il n’exprime plus qu’il est contre.

Jean-Marie LE PEN pouvait se permettre d’éluder ce discours sur l’euro, d’une part parce qu’il ne s’adressait qu’à des segments électoraux minoritaires, ne cherchant pas à gagner une élection ; d’autre part, parce qu’il a co-fondé le FN en 1972 à une époque où le Marché commun était encore en plein développement, et où la question de l’euro ne se posait pas (il faudra attendre Valéry GISCARD D’ESTAING et son fameux écu). Marine LE PEN ne le peut pas.

Et pourtant, les électeurs de droite ou du Front national n’attendent pas prioritairement de réponses économiques, mais d’abord et actuellement des réponses sociétales. Les droites se trompent à parler d’économie comme elles le font, d’autant que leurs solutions dépendent du système que tant de leurs électeurs rejettent.

Marine LE PEN, parce qu’elle est à la tête de la deuxième ou troisième force politique française, est obligée de proposer une politique sur ce sujet qui ne peut que lui être préjudiciable.

À partir de là, soit elle doit trouver des économistes audacieux capables de transformer l’euro pour que les pays retrouvent la main dessus. Soit elle doit attendre et accumuler la défiance des Français vis-à-vis de l’UE et de l’euro, mais il lui sera difficile d’atteindre 50 %.

Dans tous les cas, il ne lui est pas possible de changer de discours, même pour être élu, au risque d’être en contradiction avec la ligne idéologique de son parti… Et la solution pourrait alors être effectivement de changer le parti, au risque cette fois de perdre les électeurs…



Pourquoi Nicolas DUPONT-AIGNAN a-t-il eu raison de rejoindre Marine LE PEN ?

Depuis l’annonce de son ralliement à Marine LE PEN, Nicolas DUPONT-AIGNAN est sous le feu des injures et des critiques. Le député-maire de Yerres a même signé un accord de gouvernement avec la candidate frontiste et se retrouverait propulsé Premier ministre si jamais LE PEN l’emportait dimanche. Certains disent que c’est une faute politique ; j’affirme au contraire que DUPONT-AIGNAN a eu raison de saisir cette dernière chance.

Voilà dix ans que Nicolas DUPONT-AIGNAN (NDA) tente de nous convaincre du bien-fondé de sa gestion et de son programme. Dans sa ville, il est réélu à plus de 75 %, au national, il ne dépasse pas 5 %. Faut-il y voir une influence des médias ? Toujours est-il que NDA sait qu’il a atteint son plafond de verre, profitant pour le coup des affaires de FILLON, et qu’il ne sera donc jamais président. S’allier au FN lui offre donc une porte de sortie et la raison de ne plus être candidat.


Une opportunité historique

À quelques heures du premier tour, le FN doutait d’être au second tour. Il n’a pu l’être que parce que les principaux partis se sont décrédibilisés sous ce mandat, sinon il aurait dû être troisième. Parce que NDA sait qu’il ne sera pas au second tour mais qu’il veut gouverner, du moins participer, et que LR ne lui permettra jamais parce qu’il en est issu (il faut regarder ce qui se passe en Essonne), le FN est dans le cas présent sa seule chance d’agir avant très longtemps !


NDA n’est pas DE GAULLE

Pour autant que DE GAULLE soit aussi beaucoup allé à l’instinct, le premier président de la Ve République a su être reconnu par les Français, ce que n’a jamais réussi à faire NDA. On lui a beaucoup reproché son souverainisme, qui effectivement n’est pas une priorité des Français qui ne comprennent pas qu’on ne puissent pas relancer l’Économie à cause de l’Union européenne qui a décidé que les industries polluantes, c’était à l’Est… Ça fait dix ans qu’il le dit.


L’après-élection

Si LE PEN gagne, NDA est Premier ministre. Si elle perd, il tentera de rester député. S’il réussit, il abandonnera probablement son mandat de maire et sera tranquille pendant cinq ans. S’il échoue, il restera maire. S’il n’est pas député et qu’il n’est pas réélu maire (ce qui dans les deux cas m’étonnerait même s’il ne fait plus 70 %), il passera à autre chose. Parce qu’il a 56 ans, et qu’il doit être fatigué de tout faire tout seul, en étant constamment humilié par les médias…


Passer de 1,7 % en 2012 à 4,7 % en 2017, il faut le faire. Les méchantes langues prétendront que ce n’est que grâce à FILLON, ou au Brexit et à TRUMP… Alors même si vous représentez quelque chose, vous ne servez à rien, vous ne pouvez pas apporter votre pierre à l’édifice, et finalement vous vous décevez vous-même parce que vous vous sentez inutile. En prenant la décision radicale de lier son avenir à celui du FN, NDA s’évite cinq ans de déprime en plus…

Je comprends personnellement, parce que je suis engagé en politique en indépendant, le choix de NDA. On peut regretter que ce soit avec le FN, mais LR ne l’aurait jamais repris car ils le jalousent. Il y a un moment où la politique prend beaucoup de place dans la vie, au détriment de beaucoup d’autres choses, et où il n’y a pas des milliers de solutions pour arrêter. Je pense que NDA espère faire du bien à la France, et si LE PEN rate, en profiter pour cesser cette vie.



Et si j’avais voté selon un autre mode de scrutin ? (23 avril 2017)

Il est 20 heures et les bureaux de vote viennent de fermer. Je peux donc recommencer à écrire politique et notamment parler de ces quatre autres modes de scrutin, qui ont été essayés en plus du vote officiel, seul reconnu, dans cinq villes : Strasbourg, Hérouville-Saint-Clair, Grenoble, Crolles et Allevard-les-Bains. Une occasion troublante pour constater que nos votes n’auraient peut-être pas été les mêmes avec un autre mode de scrutin.

Je ne m’en suis pas caché et je le confirme : j’ai effectivement voté blanc. Mais j’ai aussi voté pour un(e) autre candidat(e) dans le cadre d’une procuration, selon ce qui m’avait été demandé par la personne. Partons ici de l’hypothèse que le vote blanc n’existe pas, et qu’il faille obligatoirement voter pour un des onze candidats. Je me suis prêté à l’exercice, et force est de constater que ce n’est pas le même candidat pour qui j’aurais voté, selon le mode de scrutin !


La méthode de la note sur 20 :

Nicolas DUPONT-AIGNAN : 11/20

Marine LE PEN : 5/20

Emmanuel MACRON : 5/20

Benoît HAMON : 7/20

Nathalie ARTHAUD : 3/20

Philippe POUTOU : 2/20

Jacques CHEMINADE : 3/20

Jean LASSALLE : 7/20

Jean-Luc MÉLENCHON : 8/20

François ASSELINEAU : 8/20

François FILLON : 12/20


La méthode de l’élimination successive

Les candidats dans l’ordre dans lequel je les aurais éliminés

1) Nathalie ARTHAUD

2) Philippe POUTOU

3) Jacques CHEMINADE

4) Marine LE PEN

5) François ASSELINEAU

6) Benoît HAMON

7) Emmanuel MACRON

8) Jean LASSALLE

9) Jean-Luc MÉLENCHON

10) François FILLON

11) Nicolas DUPONT-AIGNAN


La méthode de l’approbation

Nicolas DUPONT-AIGNAN : OUI

Marine LE PEN : NON

Emmanuel MACRON : NON

Benoît HAMON : NON

Nathalie ARTHAUD : NON

Philippe POUTOU : NON

Jacques CHEMINADE : NON

Jean LASSALLE : NON

Jean-Luc MÉLENCHON : NON

François ASSELINEAU : NON

François FILLON : OUI


La méthode du classement des 11 (par ordre de préférence)

1) Nicolas DUPONT-AIGNAN

2) François FILLON

3) Jean-Luc MÉLENCHON

4) Jean LASSALLE

5) François ASSELINEAU

6) Jacques CHEMINADE

7) Nathalie ARTHAUD

8) Philippe POUTOU

9) Marine LE PEN

10) Benoît HAMON

11) Emmanuel MACRON


La méthode de l’approbation favorise les candidats consensuels mais élimine les candidats clivants. La méthode de la notation comme la méthode du classement reviennent à valoriser le choix du cœur. La méthode de l’élimination successive est quant à elle plus raisonnée, et elle aboutit plutôt sur un vote utile. Il sera intéressant au 19 juin de voir les résultats de ces méthodes que les électeurs pourraient tenter avant d’aller voter. Et vous qu’auriez-vous fait ?