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Sur la disparition d’EssonneInfo, premier média pure player essonnien

Je n’aurais pas l’hypocrisie de pleurer EssonneInfo parce que nos relations n’ont jamais été très bonnes. Ils m’ont toujours méprisé en tant que candidat politique, et surtout n’avaient pas apprécié que je m’interroge sur les engagements politiques de deux de leurs journalistes. Néanmoins, il est toujours triste qu’un média cesse ses activités.

Une fois n’est pas coutume, je ne suis pas d’accord avec l’analyse qu’ils dressent de ce qu’ils considèrent être un échec… Je trouve d’ailleurs qu’ils y vont fort dans l’auto-critique parce qu’ils ont beaucoup bossé pendant neuf ans, qu’ils ont employé plusieurs journalistes et qu’ils ont fait le job, malgré toutes les critiques que j’ai pu émettre sur le fond de leurs papiers.

Alors non pas qu’ils ont fait une erreur d’évoluer fin 2015 en rendant leurs contenus payants, cela est nécessaire pour tirer des revenus et c’est aussi un gage de qualité d’avoir des gens prêts à payer pour vous lire. Mais ils se sont surtout heurtés à la dure réalité de l’économie de la presse avec des citoyens qui ne sont pas prêts à acheter de l’information.

Ils s’interrogent de savoir si les applis et le digital aurait pu les sauver ; bien sûr que non. À partir du moment où le citoyen se sent informé en ayant seulement lu le bandeau des actualités de BFM pendant 5 minutes, et qu’il lâche l’article dès qu’il voit qu’il y a plus de 1500 signes, c’est toute une éducation critique à faire et à refaire, dès le plus jeune âge.

Je souhaite à tous leurs journalistes de rebondir, et je les remercie quand même de ce qu’ils ont fait pour l’information en Essonne, et pour me donner un peu de visibilité. Leur arrêt nous montre que l’information professionnelle ne peut vivre que perfusée par les aides, et les publicités, d’où les accusations de soumission. Alors oui, c’est moche, mais c’est ainsi…

Moi-même journaliste de formation, je n’ai jamais réussi à vivre de l’information, en plus du fait que je n’ai pas la mentalité pour intégrer certaines structures de presse. J’en suis réduit à former un collectif pour qu’on mutualise les achats de matériel, et qu’on se le passe, sans garantie d’être payé pour ce qu’on fait. Alors je suis admiratif qu’ils aient essayé, et échoué…



Pourquoi garder la foi malgré le deuil et la perte de nos proches ?

Très souvent, j’entends des personnes me dire avoir perdu la foi au moment du décès d’un proche. Entre peine, colère et douleur, elles s’interrogent : « Si Dieu existe vraiment, pourquoi nous enlève-t-il les gens que nous aimons ? S’il est Amour, pourquoi accepter de nous faire souffrir ainsi ? S’il est vraiment Dieu, pourquoi ne peut-il pas empêcher la mort ? »

La réponse que j’ai personnellement envie d’apporter, mais que beaucoup jugent irrecevable, est que : Non, Dieu n’est pas responsable de la mort des gens, et en plus, qu’il est certainement malheureux de ce qui arrive, pour nous comme pour la personne qui décède.

Non, Dieu n’est pas là, du haut du ciel, à nous fliquer et à nous faire mourir, plus ou moins douloureusement, le jour où il estime qu’on a notre compte. Mais il faut reconnaître que la Tradition et la piété populaire ne nous aident pas, lorsqu’elles disent, par abus de langage, au moment des obsèques que c’est Dieu qui nous « rappelle » à lui. C’est juste une image !


Un problème lié à cette réponse est qu’elle remettrait en cause la toute puissance de Dieu. Pourquoi Dieu ne pourrait pas empêcher la mort ? Je pense quand même qu’il le peut au nom du principe que « Rien n’est impossible à Dieu », même si la Bible ne fait trace d’aucune immortalité, qu’elle ne ferait pas sens, et que toute résurrection, à laquelle nous sommes tous appelées, passe d’abord par la mort. Jésus lui-même a dû mourir pour ressusciter.

Mais je pense aussi que Dieu, dans le respect de notre liberté humaine, et dans le respect de la liberté (symbolique car nous parlons de textes mythologiques) d’Adam et Ève, de leur choix de désobéir et de choisir une vie éloignée de l’arbre de vie, s’interdit d’intervenir de cette manière ; et il nous laisse donc vivre puis mourir au hasard de la vie, sans préjuger de nos actes terrestres. Ce n’est donc pas Dieu qui ne peut pas, mais Dieu qui ne veut pas !


Ce qui est valable pour la mort l’est autant pour la vie, que Dieu a créé un jour. À tout le moins, pour notre conscience de la vie, qui fait de Dieu le créateur de toutes choses à nos yeux. (Je crois notamment en Dieu parce que nous sommes la seule espèce animale à pouvoir développer une pensée, au sens pascalien du terme.) Ce n’est pas plus Dieu qui « donne » les bébés ; mais la capacité de procréer. (Je n’entre pas dans les cas particuliers des enfants promis par Dieu.) Et le fait de ne pas pouvoir procréer n’est pas non plus une punition, mais un aléa génétique.

Dieu se garde d’intervenir pour respecter notre liberté ; et si nous sommes chrétiens et que nous croyons à la Résurrection, alors d’une part nous croyons que l’âme du défunt, dont le corps n’est qu’une forme à un moment de l’Histoire, est toujours là, quelque part où l’on peut la prier et lui demander d’intercéder pour nous ; d’autre part, que nous ressusciterons donc que la séparation, avec tout ce qu’elle comporte, n’est que temporaire.

Je ne prétends pas avoir la vérité sur cette question, mais voilà mon espérance personnelle en ce jour du Souvenir des défunts 2017. Puissions-nous donc, malgré la mort, toujours choisir la vie que Dieu nous promet en abondance !



Pourquoi je ne suis pas favorable à la légalisation de l’euthanasie

Le décès de l’écrivain Anne BERT en Belgique (octobre 2017) relance une nouvelle fois le débat de l’euthanasie en France.

Ce sujet est éminemment sensible et casse-gueule dès qu’on veut en parler, eu égard au fait que l’Homme a peur tant de la souffrance que de la mort ; aussi bien de la sienne, que de celle des autres, qui préfigure la sienne.

Or, plus les années passent et plus la recherche médicale avance, et plus l’espérance de vie progresse, et plus la souffrance et la mort deviennent des réalités qui nous sont insupportables. D’où des intérêts croissants pour l’immortalité et le transhumanisme.

Certainement aussi le fait que le fait religieux a régressé, donc que les Hommes ne croient plus en une vie après la mort, qu’ils veulent donc contrôler celle-là de bout en bout ; et justement qu’ils ne comprennent pas la mentalité djihadiste de gens qui meurent ici pour continuer de vivre ailleurs.


Je peux entendre que des personnes puissent avoir envie de mourir, mais j’ose affirmer que ce n’est pas à l’État, par nature protecteur des plus vulnérables et des plus faibles, d’en permettre ou d’en favoriser les moyens.

Et j’affirme qu’il faut maintenir son interdiction pour se prémunir d’un certain nombre de dérives ; sans pour autant que la Justice n’engage de poursuites lorsque l’euthanasie est réellement consentie. À celui qui demande la mort de s’en prémunir cependant.

Reste que la douleur des proches, qui est une des étapes du deuil, mais qui existe avant le décès, en préfiguration de celle qui sera quand la personne sera morte, peut faire refuser l’euthanasie, peut-être de manière égoïste ; mais je dis que chaque voix se doit d’être entendue.


Il convient, selon moi, de distinguer suicide assisté (provoquer soi-même son décès) et euthanasie (faire provoquer son décès par un tiers). Et là encore, il faut séparer l’euthanasie souhaitée et exprimée par la personne (comme Anne BERT), et l’euthanasie qui ne peut pas être demandée (un accident qui plonge brutalement dans le coma ou une personne qui ne s’est jamais prononcée puis qui n’est plus en état de le faire).

Dans tous les cas, je pense qu’il doit être permis à un médecin de faire valoir un droit de conscience pour refuser de pratiquer l’euthanasie.

Celle-la même qui existe déjà dans les faits au moyen de la sédation profonde et continue, permise par la loi Léonetti de 2016.

Et inversement, que l’euthanasie ne doit pas être proposée par l’équipe médicale pour récupérer des lits…

Mais que faire de l’avis de la famille, surtout si elle est divisée ? Et à partir de quand décide-t-on qu’une personne qui n’a plus d’activité cérébrale, n’est plus vraiment une personne ?

Et de nous demander si c’est effectivement encore une vie de se voir partir en ne pouvant plus bouger, ni manger, ni rien faire que d’attendre… Notons que je ne répondrai pas à ces questions qui appellent à des réponses personnelles.


La légalisation de l’euthanasie me semble dangereuse en plusieurs points :

  • elle intervient normalement dans une situation de faiblesse, au cours de laquelle la personne n’a pas forcément tous ses moyens. Et quand bien même la personne était d’accord avant, elle peut ne plus l’être après.
  • elle représente un caprice civilisationnel en ce qu’elle offre à l’Homme l’illusion de contrôler sa mort, et de l’arrêter dès qu’il estime qu’elle devient trop dure.
  • elle pose une question légitimant la mise sous tutelle d’un individu par l’état donc la perte de ses libertés : »L’État doit-il avoir droit de vie ou droit de mort sur ses citoyens ? »

Ma vision, certainement influencée par ma religion, est que la vie n’est pas merveilleuse, et que souffrir, sans lui attribuer aucune vertu, peut en faire partie, surtout à la fin.

Plusieurs de mes proches ont été sédatés jusqu’à la mort. Et même si c’était leur volonté, j’y vois une double lâcheté, outre celle de m’abandonner, que celle de fuir leur vie comme j’éteins ma console de jeu quand j’enchaine les défaites.

Je pense qu’une personne doit pouvoir se suicider (et généralement, cela est possible seul par surdose médicamenteuse), mais j’estime qu’elle n’a pas à faire reposer cette décision sur un tiers, donc qu’elle n’a pas à demander l’euthanasie à l’État. Après, chacun assume et y va de sa responsabilité.

Mais à partir du moment où l’avis de tiers est requis, il n’y en a pas un qui soit plus légitime qu’un autre ; et que tant qu’il existe une opposition, celle-ci doit, selon moi, être respectée.

Que donc certains veulent euthanasier leurs proches, à leur demande, chacun s’arrange avec sa conscience, et moi égoïstement, je m’interroge aussi quant à ma responsabilité dans ce qui reste un meurtre (dans l’action d’enlever une vie).

Mais ce n’est pas du ressort de l’État que d’assassiner (le mot est choisi) ses citoyens, et l’autoriser est une porte ouverte à la fin de tout respect pour la personne humaine, à partir du moment où on se met d’accord de dégager tous les improductifs qui coûtent à la société.

Le temps va passer, et mon avis changera peut-être. En attendant, il est celui-là.

 

 



Pourquoi Dieu ne peut-il pas empêcher la mort de ceux que l’on aime ?

À chaque journée de souvenir des défunts, les chrétiens se posent et se re-posent cette question. Si Dieu existe vraiment et qu’il est tout puissant, alors pourquoi ne peut-il pas empêcher la mort de certaines personnes ? D’autant qu’on dit partout qu’Il est « Amour« , alors nous aime-t-Il vraiment s’Il créé une douleur et une souffrance dans la séparation ?

Ce que j’aime bien dans ma religion chrétienne, c’est son humanité, c’est que Jésus pleure lorsqu’il apprend la mort de son ami Lazare. Si l’Évangile ne s’étend pas plus sur les sentiments du Christ, on sait qu’il ne se retient pas ses larmes ni qu’il n’en rajoute pas plus à ses émotions. Même Lui, même Dieu n’a pas pu empêcher la mort de Lazare car il est arrivé trop tard.


La mort, étape nécessaire à la Résurrection

À chaque fois que Jésus fut dans un mauvais pas, il s’en est toujours tiré. Jusqu’à ce que le Fils-à-Papa décide qu’il devait se laisser capturer et mourir sur la Croix en laissant les copains qu’ils l’avaient accompagné se débrouiller seuls. Dolorisme ? Masochisme ? Non, la résurrection est une nouvelle vie auprès de Dieu distincte de la vie terrestre qui doit s’achever par la mort.


Pourquoi croire si Dieu n’est pas tout puissant ?

Si Dieu ne contrôle ni la vie ni la mort, à quoi bon perdre son temps à être croyant ? Pourquoi contrôlerait-il plus qui va au paradis ou en enfer ? (Notons que Jésus ne parle que de Royaume de Dieu et de géhenne). Sûrement parce que le message du Christ s’adresse d’abord à nous aujourd’hui pour notre vie terrestre de vivant et nous invite à ne pas nous centrer sur l’après.


Un Dieu anthropomorphique pour un Homme en divinisation

La Genèse nous dit que l’Homme a été créé à l’image et à la ressemblance de Dieu. Si l’Homme ne peut pas contrôler la vie ou empêcher la mort dans le corps de naissance (il peut cependant copier le vivant sans savoir pourquoi à l’origine x cellules faisant y donnent un homme viable), Dieu ne le peut pas plus en 2015. Et Il est sûrement très malheureux de son impuissance.


Le mythe du paradis perdu et le cycle de la vie

La Genèse nous raconte que le premier homme et la première femme vivaient dans un jardin avec plein d’arbres fruitiers, notamment l’arbre de la vie et l’arbre de la connaissance du bien et du mal. À partir du moment où l’Homme a « connu« , il a perdu la vie éternelle. Sûrement a-t-il compris qu’il était poussière (poussière d’étoile ?) et qu’il retournerait tôt ou tard à la poussière.


Du péché originant (qui nous fait Homme) au péché originé (qui nous constitue Homme)

La mort est-elle la conséquence du péché originel, du fait que deux sagouins aient mangé le fruit qu’on leur avait dit de ne pas manger parce qu’ils ont écouté un serpent qui parle ? Nous sommes ce que nous sommes grâce au péché originant, parce que nous avons librement préféré une vie de travail et de douleur mais une vie d’aventure qu’une vie d’ennui au verger.


La mort n’est pas une punition mais bien la contrepartie de notre vie. Nous pouvons vivre notre liberté (pas tous autant que nous le voudrions) mais il y a un moment où cela s’arrête et nous ne savons pas quand ou pourquoi. Oui, cela sera triste. Oui, cela sera injuste. Mais ce sera la vie, qui par chacune de nos actions, aura influé sur la vie de tant d’autres personnes.

Ensemble, choisissons la Vie !