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DEFRÉMONT veut form(at)er les élus saviniens à rester à une place fictivement définie !!!

Avec quelques copains, nous sommes en train de créer un organisme de formation, de conseil et de communication politique. Nous avons d’ailleurs récemment obtenu notre rattachement au centre européen de formation des élus locaux (CEFEL). D’où que je porte un petit regard, atterré, sur la formation proposée par DEFRÉMONT aux élus saviniens.

De manière liminaire, je n’ai pas (encore) trouvé de conflits d’intérêts entre l’intervenant Jacques VAN ERPE et Jean-Marc DEFRÉMONT ou le parti EELV. Je suis même d’ailleurs presque étonné, que DEFRÉMONT, qui n’est rien sans son parti, n’ait pas fait appel à la structure traditionnelle de formation des élus écologistes, mais cela aurait peut-être été un peu gros.

Et donc il y a un mec qui va venir à Savigny pour expliquer aux élus ce qu’est leur rôle et comment fonctionnent les collectivités territoriales avec pour objectif « d’acquérir une compréhension transversale et un positionnement propre au statut d’élus. »

Alors, je suis désolé, mais nous sommes sur des éléments subjectifs qui ne peuvent se définir que par contraposé d’éléments objectifs qui sont inscrits dans la loi.

Il n’y a pas UN rôle des élus. Il n’y a pas DE positionnement propre au statut d’élu.

Et ce qui m’inquiète dans cette formation, outre tous les éléments inutiles de remplissage pour occuper les 4 heures, qui ont aussi pour but de justifier que l’on remplisse autant la poche de l’intervenant, c’est principalement le I et subsidiairement le II.



Déjà le statut de l’élu est bidon. Il n’est que théorique.

Un seul exemple, par rapport aux fraudes électorales qui ont été commises pendant les municipales.

DEFRÉMONT, dont nous avons des preuves qu’il en était informé, est tenu d’en aviser le procureur en application de l’article 40 du code de procédure pénale, et de fait, passible de sanction en cas de non-dénonciation.

Sauf que la jurisprudence a établi que les élus n’étaient pas responsables en cas de non-dénonciation.

Ensuite, il n’y a pas de rôle et encore moins de droits différents qu’on soit dans la majorité ou l’opposition.

Pareil pour la délégation qui ne permet qu’à un élu de toucher du fric.

Pourquoi ne parle-t-on que du Conseil municipal et pas des commissions ?

Là encore, on tombe dans le fumeux car le Conseil municipal est biaisé à partir du moment où on a 27 élus de la majorité complètement soumis qui votent absolument tout.

Puis qu’est-ce que c’est que cette histoire de posture face aux citoyens ? Si DEFRÉMONT est dans la posture, tel n’est pas mon cas.


On pourrait encore reprocher plein de choses à la deuxième partie, avec ce refus caractéristique de distinguer le politique qui décide et l’administratif qui exécute.

On s’en fout des attentes de l’administration. Ils sont là pour bosser en fonction des demandes et de ce que la loi permet et autorise.

Il n’y a pas de place de l’élu à opposer vis-à-vis des agents. Et encore moins une place différente que l’élu soit dans la majorité ou dans l’opposition.

Et puis encore du remplissage sur des relations formelles et informelles, alors qu’on est sur des questions de morale et de déontologie, ainsi que sur le statut du personnel de la commune.


En conclusion, je suis profondément dérangé par les nombreux biais de cette formation, qui selon moi est une « enculade » parce qu’elle promet des réponses là où elle ne peut apporter que des approches.

Pour moi, c’est du bourrage de crâne sur comment les élus de l’opposition ne doivent pas faire chier, en restant à une fausse place ; alors qu’il leur appartient de se faire leur propre place, par rapport aux limites du droit.

Je persiste et je signe que DEFRÉMONT agit comme un stalinien au moyen de cet endoctrinement réducteur de nos élus et je trouve honteux qu’on dépense de l’argent pour cela. Moi, maire, j’aurais fait la même formation moi-même à mes 38 élus, et en mieux.



Casier judiciaire vierge pour les élus : une mesure essentiellement démagogique

Moraliser la vie politique, tel est le grand enjeu de la campagne présidentielle française de 2017 marquée par de nombreuses affaires. Alors, plutôt que de moraliser les électeurs, qui n’ont qu’à pas élire des corrompus, il est plus facile de faire preuve de démagogie et de répéter partout et à l’envi qu’il faut exiger un casier judiciaire vierge aux personnes politiques, comme si cela allait être la solution à tous nos problèmes…

« Un peuple qui élit des corrompus, des renégats, des imposteurs, des voleurs et des traîtres n’est pas victime, il est complice » (George ORWELL)

Je voudrais prendre trois exemples qui montrent l’absurdité de cette proposition qui contrevient de toute façon à la démocratie. Les citoyens ont le droit de choisir des pourris qui vont les rançonner d’une manière ou d’une autre. Je ne suis pas d’accord avec le fait qu’une loi permette ou interdise telle chose. D’autant que selon les condamnations du casier judiciaire, celles-ci s’effacent avec le temps, donc certains pourront quand même se présenter et se faire élire.


1er exemple : Jacques CHIRAC

Il ne fait aujourd’hui guère plus de doutes sur la responsabilité de Jacques CHIRAC dans l’affaire des emplois fictifs de la mairie de Paris. Et malgré cela, nous savons que c’est notamment Alain JUPPÉ qui a pris à la place du successeur de François MITTERRAND, tandis que lui-même ne sera finalement condamné qu’après son mandat à deux ans de sursis. Il est toujours possible de retarder ses procès (regardez le cas BALKANY) ; un tel comportement n’en est pas plus moral…


2e exemple : le candidat journaliste et lanceur d’alerte

Connaissez-vous Antoine DELTOUR et Raphaël HALET ? Ces deux Français ont été condamnés pour avoir dénoncé le scandale d’évasion fiscale du Luxleaks. Je suis journaliste, parfois lanceur d’alerte ; je peux être condamné dans le cadre de mon travail, tout en ayant agi dans l’intérêt national. Cela ne présume en rien de mon honnêteté dans le cadre d’une fonction élective. La moralité d’un candidat serait-elle donc de se taire pour ne pas risquer d’ennuis judiciaires ?


3e exemple : le candidat responsable associatif ou le chef d’entreprise

2014, j’accepte de rendre service à un ami en prenant une responsabilité associative provisoire, pour un an. Fin 2016, une banque m’appelle en me disant que le compte courant de l’association est à découvert de 1000 euros. Oui, mais je n’étais plus responsable et j’avais laissé les comptes dans le positif. Sauf que comme les formalités n’avaient pas été faites, j’étais responsable devant la Loi. Comme un chef d’entreprise qui peut prendre par la faute de ses salariés…


On pourrait multiplier les exemples, ou encore parler de ces politiques qui gèrent à distance en plaçant leurs familles quand ils sont condamnés (type Jean-Marie LE PEN qui, inéligible entre 1998 et 2000, avait mis en tête de liste sa femme Jany). Mieux vaut donc soit interdire de pouvoir se présenter selon la gravité du délit commis, soit plutôt responsabiliser les électeurs pour qu’ils préfèrent des candidats honnêtes. Et là encore, mis en examen ne signifie pas coupable !

Donc on peut être une pourriture et se présenter librement parce qu’on n’a pas été condamné. Ou inversement ne pas pouvoir être élu, à cause de condamnations privées qui n’ont rien à voir avec la politique, même s’il est probable qu’un salaud dans le privé se comporte pareillement dans le public ; quoique ? Que c’est nul tous ces candidats à la présidentielle qui vendent la proposition du casier judiciaire vierge juste pour qu’on regarde ailleurs. Quelle est leur morale ?