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Michel PANSARD, évêque d’Évry-Corbeil-Essonnes

D’un Michel à l’autre ; la prière eucharistique intercédera toujours pour que l’Église en Essonne grandisse en charité « avec le Pape François, et notre évêque Michel ». L’information est donc officielle depuis midi ce 1er août 2017 : Michel PANSARD devient le 4e évêque d’Évry, en remplacement de Michel DUBOST. Il ne sera cependant installé que le 1er octobre 2017.

Jusque-là évêque de Chartres, après avoir été vicaire général de Nanterre (Hauts-de-Seine), Mgr PANSARD est devenu prêtre en 1982 puis évêque en 2005. Il est membre du Conseil (une commission de la Conférence des évêques de France) pour les question sociales et familiales, et a été président du Conseil pour les mouvements et associations de fidèles.

Souhaitons qu’il possède ce dynamisme et ce modernisme que partageaient ses prédécesseurs, pour un diocèse qui n’est pas facile à gérer. Espérons qu’il donne toute sa place aux laïcs, et leur permette, sans en prendre ombrage, d’affirmer certaines convictions sociales et familiales. Désirons enfin qu’il n’abandonne pas tout ce qui avait été initié par Mgr DUBOST, sans forcément y donner autant d’importance, au détriment d’autres activités.



Ce que je reproche aux analyses de Mgr Michel DUBOST sur le vote

Ce dimanche 27 février 2017, Mgr Michel DUBOST proposait aux jeunes du diocèse d’Évry une conférence sur le vote (« le goût de voter »), pour réfléchir à la question des élections. S’il est toujours intéressant de voir l’Église, une structure de moins en moins démocratique donner des leçons de démocratie, j’ai surtout été en désaccord avec la plupart des analyses de l’évêque. Mais un tel condensé de bienpensance est intéressant !


L’exposé de Mgr DUBOST voulait répondre à plusieurs questions :

  • Que représente le politique ?
  • Que peut-on faire ?
  • Comment en parler ? Comment agir ?

L’évêque a commencé en partant du constat d’un monde politique déboussolé. (Tant des citoyens qui ne se reconnaissent plus dans les politiques que des politiques qui donnent l’impression de ne plus comprendre le Peuple). Qu’en conséquence de cette perte de repères, c’étaient les questions de nationalisme, de protectionnisme et de lutte pour la sécurité qui prenaient la première place. Il a parlé d’un travail qu’il avait exercé auprès d’un institut de sondage qui lui avait appris qu’une campagne électorale se jouait du côté du camp dont les idées sont médiatisées.

Il a alors cité deux exemples : le choix du Brexit (en français de la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne), et l’élection de Donald TRUMP aux États-Unis. Selon lui et une source qu’il n’a pas précisé, le point clivant entre ces exemples de populisme est le diplôme. Sous entendu que les diplômés ne se laissent pas tromper par le populisme… (donc que le Brexit et TRUMP seraient populismes).

Premier point de désaccord, ce sont les diplômés qui ont fait penché la balance en faveur de tel camp, justement parce qu’ils adhèrent à l’idée, et ne pratiquent pas qu’un vote de contestation.


Ensuite, il a dénoncé la professionnalisation de la politique, devenue selon lui une nécessité face à la complexification des tâches à remplir. Ce qui provoquerait une désaffection de la démocratie.

Deuxième point de désaccord, c’est ce qu’on veut faire croire aux gens pour leur dire de rester chez eux et de laisser les partis s’occuper de l’ensemble. Ensuite, ça ne me gêne pas qu’il y ait des technocrates dans nos administrations, s’ils travaillent dans nos intérêts. Et s’ils ne le font pas, c’est parce qu’ils n’ont même pas les mêmes problèmes que nous…


Après, il nous a rappelé que nous souffrions de notre éducation inspirés « des traités de Westphalie » (de la géopolitique westphalienne, c’est à dire quand en 1648, les puissances européennes se sont mis d’accord sur l’idée « Une foi, une loi, un roi ». Or, il est vrai qu’avec la mondialisation, la France ne peut plus être que chrétienne. Que donc nous devons apprendre à vivre mélangé.

Pour moi, la géopolitique westphalienne s’est achevée en 1789 quand la République est devenue notre identité commune. Peu importe nos religions, nous étions liés par les Droits de l’Homme et du citoyen (ce qui n’a pas empêché qu’un mois après ce texte qui affirmait la propriété, on a dépossédé l’Église de ses biens…). Je déplore aussi que l’évêque ait feint d’ignorer les communautarismes. Les gens ont tendance à se regrouper par affinités.


Il nous a rappelé que la Révolution de 1789 nous avait permis de prendre le contrôle de nos vies, et de devenir des sujets responsables. Que le collectif rassemblé autour de la personne du Roi n’était donc plus sacralisé, et que cela permettait que celui qui gueule le plus fort se fasse remarquer et prenne le pouvoir.

Qu’être chrétien, c’est être responsable et affirmer sa responsabilité !

J’ai déploré à ce moment là que l’Église encourage de plus le sentimentalisme au détriment de la réflexion intellectuelle avec laquelle elle est de plus en plus mal à l’aise. Que dans notre diocèse qui avait été à la pointe, les laïcs soient écrasés par des prêtres qui reprennent le pouvoir, et transforment par exemple les équipes animatrices en chambre d’enregistrement de leurs décisions d’animation pastorale…


Pour l’évêque, la sécularisation est déjà dans l’Évangile. Les Prophètes ont désacralisé l’autorité et l’économie en montrant qu’elles n’avaient pas la vérité (que seul Dieu possède).

Dire Dieu en politique, c’est promouvoir la dignité de l’Homme.

Je ne vois la sécularisation que dans cet appel à distinguer ce qui est à Dieu et à l’empereur. J’ai regretté que Mgr DUBOST ne prenne pas l’exemple de Jésus qui a quand même passé sa vie à remettre en cause les lois juives, surtout celles atteignant à la conscience et aux libertés.


Mgr DUBOST nous a ensuite invité à nous engager, comme un service de charité, « dans la contemplation du Christ serviteur ». Que l’Homme s’accomplit en s’ouvrant aux autres. Qu’il n’y a pas de politique chrétienne mais des manières chrétiennes de faire de la politique. Il nous a alors conseillé de lire Docat qui résume la pensée politique et sociale de l’Église. Que l’Église inspire la politique. Il nous a témoigné d’un propos de Jacques DELORS (le père de Martine AUBRY pour les plus jeunes) qui disait qu’il est plus facile d’être chrétien dans l’opposition que dans la majorité. Il nous a redit que dans l’Histoire, la tentation du Bien était dangereuse.


C’est alors que Monseigneur s’est lancé dans une histoire des chrétiens et de la politique depuis 1789 des plus partielles et des plus gauchisantes qu’il m’ait jamais été donné d’entendre…

Que la Révolution avait été permise par le ralliement des députés du clergé au Tiers-état. Qu’ensuite, les chrétiens n’étaient pas à gauche (ceux qui auraient tué les prêtres au nom de la liberté) mais pas à droite non plus. Que la séparation de l’Église et de l’État s’était mal passée. Que les prêtres avaient représenté le plus gros quota de morts pendant la première guerre mondiale. Qu’après la seconde guerre mondiale, les chrétiens n’étaient plus à droite parce que c’était le camp qui était proche de HITLER. Alors ils étaient avec la gauche pour défendre la fin de la Guerre d’Algérie mais pas plus à gauche parce que la gauche était communiste. Qu’en 1968, beaucoup étaient devenus maoïstes. Qu’en 1981, les chrétiens s’étaient réconciliés avec la gauche parce que le protestant ROCARD avait rallié MITTERRAND…


Monseigneur s’est alors repris en développant la pensée sociale de l’Église en matière de politique qui se résume en trois points :

1. Donner une pleine reconnaissance à la dignité humaine (donc laisser une place à la minorité)

2. Pratiquer la solidarité (pour permettre à chacun de contribuer au bien commun)

3. Appliquer la subsidiarité (veiller que les décisions soient prises à l’échelle des personnes).


Il a ensuite développé quatre méthodes d’agir en chrétien :

1. Affirmer que le temps est supérieur à l’espace

2. Faire prévaloir l’unité sur le conflit

3. Admettre que la réalité est plus forte que les idées.

4. Reconnaître que le Tout est supérieur à la partie.


L’évêque a conclu en dénonçant une crise de la parole matérialisée par le poids des médias, la judiciarisation de la société, l’atomisation des personnes, l’affaiblissement de l’État-providence, les difficultés de l’Éducation nationale, le retour des problèmes d’identité, le manque de sens de l’Europe.


Au cours d’un temps de questions, l’évêque a présenté différentes définitions de la laïcité, laissant malhonnêtement penser que l’État ne se mêlait pas de religion.

Il faudra lui rappeler qu’il a quand même été nommé évêque aux armées sur décret du président de la République… Je n’ai pas voulu le faire en public.

Enfin, il a rappelé que nous n’élisions pas des prix de vertus mais que nous choisissons entre des visions représentées par des partis politiques. Que la politique consistait aussi à choisir le moins mauvais…

Je pense qu’on peut faire de la politique sans partis… Et qu’on peut aussi raisonner sans voir le négatif d’abord. C’est ce que propose Utopia, qui a quand même été écrit il y a 500 ans par St Thomas MORE, le saint patron des personnes politiques…

Que la plus forte évolution sociale contemporaine avait été l’installation des ascenseurs qui avait chassé les plus pauvres des combles des immeubles pour les repousser en banlieue. Il a terminé en nous conseillant de lire un livre de chaque candidat pour nous faire une idée.

À une dernière question sur le vote blanc ou l’abstention, il a répondu que cela revenait à voter pour le plus fort.

Je ne suis pas d’accord. Aux États-Unis, TRUMP n’aurait pas été élu si les contestataires s’étaient abstenus ou avaient voté blanc…


Il était enfin proposer à ceux qui le souhaitaient de remplir ce questionnaire pour débattre.

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Sur les risques d’hypocrisie pendant une visite pastorale

Mgr Michel DUBOST sera présent toute la semaine du lundi 5 au dimanche 11 décembre sur le secteur pastoral de Savigny-Viry à l’occasion d’une visite pastorale. Concrètement, une occasion pour l’évêque de toujours mieux découvrir ses secteurs et de se mettre à l’écoute des chrétiens. Mais parce que l’évêque est un personnage important, alors les réflexes de soumission face à une autorité peuvent conduire à certaines dérives…

Je ne lis dans le programme aucune attention donnée aux services de formation. Signe du temps ? On réfutera que l’évêque ne peut pas tout faire. Certains s’interrogent aussi sur la pertinence d’une telle visite à quelques mois de la retraite de l’évêque, voire sur la continuation de cet usage. Je trouve bien que l’évêque prenne un temps dédié pour qu’on puisse lui parler plus « librement » ou plus facilement. Après, personnellement, j’ai aussi son mail et son portable.


Taire les problèmes

Comme lorsque le Préfet vient visiter un quartier sensible, ou qu’un ministre se rend en prison, on met surtout en avant ce qui va, et on évite de parler de ce qui fâche. D’après les préparations auxquelles j’ai participé, je suis curieux de voir si on va évoquer le fait que nous sommes en sous-effectif quasiment partout, et trop souvent lâché par nos prêtres. De la même manière, on m’a demandé, au « JEUNE« , de « représenter« , mais je ne suis pas représentatif…


Faire comme si l’évêque ne savait rien (Savigny-Viry est à 8 km d’Évry)

Nous sommes en 2016 à l’heure d’internet. Nous pouvons à mon avis nous épargner de présenter des mouvements et des services qui existent dans tous les secteurs pastoraux, ou de lui définir ce qu’est un groupe de prière. Nous n’avons à mon avis pas plus besoin d’insister lourdement sur certaines généralités concernant les quartiers sensibles, que l’évêque ne peut que connaître, à moins que nous puissions lui apporter des expériences vécues intéressantes.


Attendre des solutions miracles de l’évêque

Parmi les questions qui reviendront le plus, car elles reviennent à chaque fois, celle de la déchristianisation et de la montée des islams, ou celle du renouvellement des équipes dans les mouvements et les services. Mais en toute honnêteté, qu’est-ce que l’évêque peut y faire, à part nous inviter à nous bouger plus pour appeler de nouvelles personnes ? Nous remettre en question pour mieux nous convertir ? Sinon de nous former pour être plus à l’aise dans notre foi.


Qu’est-ce que j’aimerais me faire petite souris pour aller espionner la rencontre avec les élus saviniens, et voir comment ces hypocrites qui font porter des lettres de licenciements (injustifiés, juste au nom de l’argent-Roi) par la Police municipale, vont aller écouter la Bonne parole ! Des griefs, je peux aussi en adresser à Viry, parce que la tentative d’assassinat de policiers à la Grande-Borne est peut être surtout la conséquence d’une politique sécuritariste.


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Cliquez pour agrandir. Ce programme est susceptible d’évolutions au cours de la semaine.



Un pacte de fraternité signé par les principaux monothéismes essonniens

À l’issue du colloque « Liberté de pensée et liberté religieuse : la place des croyants dans la cité« , les trois principaux monothéismes présents en Essonne (juifs, chrétiens et musulmans) ont signé un « pacte de fraternité » pour « construire la paix« . La signature interreligieuse a eu lieu le dimanche 17 avril 2016 au Conseil départemental de l’Essonne, en présence des représentants officiels des croyants du Département.

Alors je devrais être heureux de la signature de ce pacte, mais en réalité, je n’y crois pas. Non pas parce que je pense que les signataires ne sont pas sincères dans leurs démarches. Mais plutôt parce que beaucoup de croyants ne se reconnaissent pas dans les autorités religieuses qui ont procédé à cette signature. Ensuite, ce n’est pas de dire et de répéter qu’on veut faire la paix en sautant sur sa chaise, qui va réellement provoquer la paix…


Sur la représentativité des autorités

Pour les chrétiens, c’est structuré donc c’est la parole de l’évêque qui fait loi. Pour les juifs, Michel SERFATY est reconnu par les modérés. Mais je pense que vous ne ferez pas admettre aux juifs orthodoxes qu’il est leur rabbin (par exemple à ceux de Savigny). Quant aux musulmans, Khalil MERROUN a autorité sur les mosquées essonniennes et ceux qui les fréquentent. Mais juridiquement pas, par exemple, sur les musulmans de Savigny.


Sur la sémantique de ce pacte d’avenir (et le présent ?)

Je découvre le « racisme anti-musulman » ; je ne savais pas qu’être musulman était une race. Je déplore encoure une fois qu’on mette au même niveau l’antisémitisme, le racisme et la haine. Je suis gêné par l’emploi du mot « éducation » parce que même en connaissant l’histoire joyeuse ou douloureuse des liens interreligieux, cela ne change pas la relation nouvelle qui existe et s’invente en 2016 en Essonne, avec des références comme celle du conflit israélo-palestinien.


Sur la vision des religions

C’est bien de vouloir donner une belle image à la société. Mais peut-être devrions nous commencer par former nos croyants ? Et pas aux religions théoriques, mais aux religions telles qu’elles se pratiquent effectivement. Par exemple, sur l’islam, arrêtons dès lors de toujours crier que l’islamisme n’est pas l’islam quand c’est malheureusement une forme d’islam que nous savons présente en Essonne avec notamment des salafistes dont des Frères musulmans.


Provoquer le dialogue

J’adhère pleinement à l’esprit de ce pacte. Toutefois, je constate dès que je veux dialoguer, soit que je ne trouve pas d’interlocuteurs, soit que nous nous connaissons si bien ou si mal que nous n’avons rien à nous dire sinon des banalités. Et généralement, ça finit qu’on arrête avant de se disputer sur une controverse théologique qui ne peut que nous séparer. Une résolution peut être de créer des lieux de dialogue, qui soient par exemple numériques notamment !


Je n’aime pas la politisation du pacte

Si la République était réellement laïque, elle ne prendrait pas part dans la signature de ce pacte, ou alors, elle le ferait par l’intermédiaire du Préfet. Est-ce de l’action sociale ; je ne vois pas quelle compétence de François DUROVRAY, comme président du Département, cela vient-il chatouiller pour nécessiter son graffiti personnel. De là à penser qu’il a accepté pour faire des photos et dire qu’il agit pour la paix, il n’y a qu’un pas que je franchis d’un bond.


Pour retrouver le texte du pacte sur un plus grand format :

Pacte-fraternité-2016

Cliquez dessus pour agrandir


Maintenant, il ne nous reste plus qu’à vivre ce pacte, sans pour autant croire que tout va aller mieux parce qu’il a été signé. Car ce n’est pas le premier ni le dernier à être passé entre trois bons copains religieux qui eux, n’ont aucun problème à vivre ensemble. Non, la vraie difficulté peut exister à la base, surtout quand la politique vient s’y mêler. Montrons nous optimistes et commençons donc par parler de ce (ou Celui) qui nous rassemble : Dieu ?