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Reconnaissance d’un chrétien du diocèse d’Évry à l’action de Mgr Yves BESCOND

J’étais ce vendredi 21 septembre 2018 à l’eucharistie, présidée par l’actuel évêque, en mémoire de l’évêque administrateur par intérim du diocèse d’Évry – Corbeil-Essonnes : Mgr Yves BESCOND, décédé un mois auparavant. Nous n’étions malheureusement pas très nombreux pour témoigner de notre reconnaissance à un pasteur qui a essayé de faire bouger l’Église catholique en Essonne, à une époque où l’Église romaine ne l’a pas suivi.

Au travers de l’homélie de Mgr Michel PANSARD, et des témoignages des quelques prêtres qui l’ont connu, on est frappé par cette image d’un « homme blessé par l’Église », laquelle a fait « avorter » nombre de ses projets, le plus important étant celui qu’il avait de partition du diocèse. Et pourtant, comment ne pas se dire que les réformes mises en place par Mgr Guy HERBULOT, ont pu aussi l’être parce que Mgr BESCOND avait débroussaillé le chemin avant lui ?

Il était vraisemblablement aussi un réformateur, mais trop révolutionnaire pour son époque, et en cela tellement caractéristique des deux premiers évêques essonniens, lesquels ont tous voulu inventer la pastorale à cette nouvelle terre de mission qu’était l’Essonne. Des hommes terriblement réalistes qui ont par exemple revendiqué une pastorale différente pour la zone urbaine et pour la zone verte, là où l’Église ne voulait qu’une seule pastorale par diocèse.

Il n’aura jamais été plus qu’évêque auxiliaire, à Évry puis à Meaux, avant de devenir aumônier d’un hôpital psychiatrique jusqu’à sa retraite. Malgré cela, il aura toujours continué inlassablement son travail de pasteur. Et c’est pour cela que c’est dommage, malgré le temps, que l’Église catholique de l’Essonne ne se soit pas plus souvenu de lui, pour exprimer sa reconnaissance due à tout pasteur qui aura eu le mérite d’essayer de moderniser l’Essonne.


Quelques images et photos :

 



Le sacrement de réconciliation, hier et aujourd’hui, par Mgr Guy HERBULOT

À l’initiative du secteur pastoral de Juvisy – Val-de-Seine, Mgr Guy HERBULOT, évêque émérite du diocèse d’Évry, donnait une conférence de Carême ce 24 mars 2017 sur le thème « Le sacrement de réconciliation, hier et aujourd’hui ». Il prônait notamment l’organisation de célébrations pénitentielles communautaires pour recevoir ce sacrement ; comme celle qui est organisée ce lundi 10 avril 2017 à 20 h 30 à Savigny.

Dans le catéchisme de 1931, le sacrement de réconciliation part de soi-même avec un questionnaire. Les prêtres, moins instruits, avaient alors des listes de péché. Le chrétien se regardait avec le risque de prêter à Dieu le regard qu’on se porte sur soi. On craignait alors plus Dieu qu’on ne l’aimait. La réconciliation au nombre d’une fois par an figurait même dans les commandements de l’Église.


Il faudra attendre le catéchisme de 1947 pour développer une vision plus biblique, plus théologale du sacrement, en partant de l’amour de Dieu. C’est dans l’amour que le péché est pardonné. Clément de Rome dit d’ailleurs que c’est l’Amour qui recouvre les péchés.

Aimer, c’est se transformer et se convertir. Le Peuple de Dieu est appelé à aimer, mais Judas n’a pas crû à cet amour. Se convertir, c’est répondre à un appel permanent à aimer. Jésus est venu nous montrer ce que signifie aimer. Seul restera ce que nous faisons par amour.

Non, Dieu ne nous aime pas moins avec notre péché ; mais plus nous sommes nous-même et plus Dieu nous aime. La réconciliation permet une expérience de la bonté de Dieu. C’est dans ce sacrement que nous recevons l’amour. Le pardon de Dieu est gratuit mais la réconciliation est une réponse.

La grâce de Dieu nous bouscule dans nos faiblesses ; elle n’est pas rationnelle. Le Seigneur prend aussi son temps qui n’est pas le nôtre. Pourtant, si Pierre a pu devenir le chef de l’Église parce qu’il est passé par l’amour et le péché.


La confession a une dimension universelle ; elle est appelée à être vécue en communauté. L’Église a donc mis en place des célébrations communautaires dans lesquelles les prêtres commençant par exhorter l’assistance à ré-étendre l’Évangile, c’est à dire Jésus nous parlant, à nous pêcheurs.

Partir de l’Évangile, c’est permettre que Dieu se porte sur nous. C’est partir de l’amour et du regard de Dieu, et dans ce regard, se reconnaître pêcheur.

Cela commence par créer le contact : regarder Dieu et savoir que Jésus me regarde et m’imprègne. Ensuite, savoir lui dire que nous avons besoin de son amour.

Puis nous pouvons :

  1. méditer sur la bonté de Dieu
  2. dire dans nos vies ce qui est en contradiction
  3. parler librement avec le prêtre

Le péché ne peut être détecté et guéri que dans l’amour, et pas dans le calcul. Cela nécessite de considérer Dieu avant de considérer le péché.

Mais on peut aussi découvrir Dieu dans le péché, comme l’ont par exemple vécus Thierry PAULIN ou le neveu du Cardinal SCHÖNBORN.

Saint Paul dit que c’est la bonté de Dieu qui nous pousse à la conversion. Et parce que nous sommes fils, nous sommes héritiers de la bonté de Dieu.



Jean-Pierre NAVE, premier permanent paroissial de Savigny, nous a quittés

Jean-Pierre NAVE aurait dû animer la table ronde consacrée aux enjeux et aux actualités de Nostra Aetate mercredi dernier (13 janvier 2016). Mais la maladie dont il était atteint depuis plusieurs années l’en aura empêché. Jean-Pierre est décédé dimanche 17 janvier à l’âge de 72 ans. Ses obsèques auront lieu le jeudi 21 janvier à 15 h 30 en la chapelle du Cénacle de Tigery (34 place Liedekerke Beaufort).

Si je n’ai pas connu Jean-Pierre lorsqu’il était à Savigny, de septembre 1992 à juin 1998, (j’étais trop jeune), c’est par le biais du dialogue inter-religieux avec le judaïsme et l’islam que j’avais fait la connaissance de ce grand intellectuel. Membre de la communauté du Chemin Neuf (Renouveau charismatique), il avait aussi fondé une association « les amis d’Etty HILLESUM » en se situant à la suite de cette mystique hollandaise morte à 29 ans à Auschwitz et qui avait touché quelque chose de l’Amour divin.

Penser à Jean-Pierre, c’est d’abord se figurer Tigery et les nombreuses formations que ce bibliste  dispensait dans un langage intelligible au plus grand nombre. Il aura consacré des années avec son épouse Christine à l’accueil de l’Autre, au dialogue entre les cultures et les religions, à l’amitié judéo-chrétienne, à la formation au sein du Cénacle de Tigery, « une maison d’accueil et de retraites spirituelles au cœur d’un grand parc, cadre favorisant le silence et la prière« .

À Savigny, il avait été un des quatre premiers permanents paroissiaux, nommé par l’évêque Mgr Guy HERBULOT. C’est à dire un homme formé (et rémunéré pour cet engagement) qui puisse animer des communautés chrétiennes sans être ordonné, préparant doucement l’Église à ce jour où il n’y aura plus de prêtres partout. Un peu comme dans les premiers temps de l’Église lorsqu’il n’y avait pas encore ce duel nécessaire entre les prêtres et les laïcs.

Tous les jours, il accueillait à la maison paroissiale Bonne Nouvelle où il avait son bureau. Il accompagnait les équipes animatrices de la paroisse sans en être le responsable. Il avait lancé le groupe de prière charismatique de Savigny devenu le pain de Vie. C’était un bon pédagogue dont les homélies restent en mémoire de ceux qui l’ont bien connu. Bref, il « exerçait un ministère de paix et de fraternité avec tous les paroissiens« , confie Danielle THOMASSET.

Passionné par la Terre sainte, il y faisait régulièrement de longs voyages. Indissociable du Chemin Neuf, il déplorait malgré tout la cléricalisation du mouvement, loin des idéaux qu’il avait contribué à propager en Essonne (avec des prêtres et des diacres imposés par l’Église qui y voyait un mouvement dissident dont elle voulait reprendre en main la pastorale). Il nous quitte avec la sérénité qui fut la sienne face à la maladie et  une confiance absolue en l’amour de Dieu.

Il ne faut pas désespérer MÉLENCHON

Après Billancourt (Hauts-de-Seine), c’est une autre cause désespérée qu’il s’agit de soutenir : Jean-Luc MÉLENCHON. Le président du Parti de gauche (PG) confie sa lassitude au site internet Hexagones. Il se dit « fatigué », « avoir besoin de bailler aux corneilles » et reconnaît même un « échec » du Front de gauche (FDG). L’homme annonce prendre du recul par rapport à son action politique.

Ce n’est plus une déprime, c’est une dépression. Après l’échec immérité du Front de gauche aux européennes (un des rares à avoir un programme) et face aux communistes qui cherchent à casser l’alliance du Front de gauche, c’est six années d’efforts depuis 2008 qui sont remis en cause et une grande absence de reconnaissance envers l’homme aux 11 %.

MÉLENCHON, le socialiste qui voulait rénover le communisme

Quand en 2007, Marie-George BUFFET mobilisait 700 000 électeurs pour faire 1,93 % des suffrages, MÉLENCHON en captait 4 millions soit 11,1 % en 2012. Un score à deux chiffres que les communistes n’avaient plus connu depuis les 15,35 % de Georges MARCHAIS en 1981. Mais surtout un résultat permis par le rassemblement autour d’un homme de socialistes, de communistes, d’écologistes et d’alternatifs. En 2008, MÉLENCHON créé le PG comme une dissidence au PS, revenant aux fondamentaux de la gauche, dévoyée par un PS social-libéral. À l’occasion des élections européennes de 2009, il propose le rassemblement du FDG pour conforter cette alliance et réalise 6,05 %. Outre, les désirs de revenir dans sa vraie famille politique (des trotskistes) et de profiter du réservoir de voix communistes, il y avait aussi la volonté de créer une vraie gauche, fidèle à MARX et à JAURÈS, ce que les électeurs dits « de gauche » n’ont jamais compris.

La rupture viendrait du Parti communiste (PC) qui préfère le PS au PG

Au PC, la plupart des cadres n’ont jamais pu « encadrer » Jean-Luc MÉLENCHON. Pour autant que Pierre LAURENT, secrétaire général du PC et Marie-George BUFFET se forcent, André CHASSAIGNE, président du groupe communiste à l’Assemblée ne se prive pas de critiquer l’ancien Essonnien. Les élections municipales de 2014 ont laissé paraître le malaise latent avec une frange du PC franchement hostile à MÉLENCHON, qui a lâchement préféré aller se cacher avec le PS tout en espérant obtenir plus de poste. Ce fut le cas à Paris où cela ne servit que les intérêts de Ian BROSSAT ou à Savigny-sur-Orge où le PC se décrédibilise avec un Laurent LIEPCHITZ qui ne connaît pas la ville. Tout le problème vient du fait que le PC ne comprend pas qu’il perd en visibilité et donc en voix en se terrant avec le PS qui ne manque pas une occasion de les trahir, comme Ramzy HAMMADI le fit en 2012, leur ravissant la septième circonscription de Seine-saint-Denis.

Une stratégie politique du PC minable à court terme, mortelle à long terme

À vaincre sans péril, on triomphe sans gloire. Le PC perd en effet ses derniers bastions qui lui sont conquis par le PS. (En 2014, par la droite à cause du rejet massif de la gauche qu’incarne HOLLANDE). L’exemple de la Seine-saint-Denis est frappant à ce sujet avec les offensives massives de Claude BARTOLONE à chaque élection pour implanter le PS au détriment du PC. Les socialistes se croient malins à épuiser son principal réservoir de voix, jusqu’à ce qu’il n’existe plus. Les socialistes se prennent pour MITTERRAND sauf qu’ils n’ont pas l’habileté politique de notre dernier président de droite (de conviction, pas d’action). La ceinture rouge des années 1960 s’étiole progressivement tandis que le PC perd toujours plus d’élus, de villes, de cantons, de circonscriptions. Leur message politique est parfaitement inaudible. On ne se souvient plus du PC lorsqu’on parle de la fête de l’Humanité ou qu’on revoit Robert HUE à la télé ou des archives de Georges MARCHAIS.

Incapables d’incarner une alternative à la gauche molle du président HOLLANDE 

Mais le problème du FDG est de n’exister que grâce à MÉLENCHON dont les coups de gueule répétés ont fini par en agacer plus d’un. L’ancien plus jeune sénateur de France, élu à Massy (Essonne), vole immanquablement la vedette à ses camarades (sauf peut-être à Clémentine AUTAIN). Pourtant, les personnes proches qui l’entourent sont aussi intelligentes, voire parfois plus compétentes que lui : Martine BILLARD, Clémentine AUTAIN, François DELAPIERRE, Éric COQUEREL, Marc DOLEZ, Jacques GÉNÉREUX, Alexis CORBIÈRE, Gabriel AMARD son gendre, RAQUEL GARRIDO son avocate… Jérôme GUEDJ aurait eu sa place s’il n’avait pas préféré le PS… De 2008 à 2012, ils ont été les chantres de l’antisarkozysme. Mais c’est le PS qui en a récolté tous les lauriers. Et aujourd’hui, trop peu leur font confiance pour faire mieux que HOLLANDE à gauche.

Terrassé par la guerre des fronts puis par la guerre républicaine (UMPS contre FN)

Elle était annoncée pour 2012 mais elle a tourné au désastre : 17,9 % pour le FN à la présidentielle de 2012 contre 11,1 % pour le FDG. MÉLENCHON se voulait le seul vrai pourfendeur de Marine LE PEN. L’homme a  bien compris que les extrêmes ne sont pas figés et passent de la gauche à la droite en fonction du climat politique. Mais les Français ne l’ont pas suivi. Et on ne peut alors pas impunément taper sur la gauche à laquelle on appartient. Dans le même temps depuis 2013, les électeurs traditionnellement PC, partent au PS, craignant un nouveau « 21 avril 2002 », tandis que nombreux au PS cèdent aux sirènes du FN. Alors dans ces conditions, blessés par leurs divergences programmatiques comme par exemple les positions sur le nucléaire (PC pour ; FDG contre), l’extrême-gauche communiste ne peut pas survivre. Et le choix de MÉLENCHON apparaît, éclairé ainsi, comme le plus raisonnable : renoncer à diriger un ensemble indirigeable qui s’est lassé de lui.

C’est une histoire qui n’est pas finie. Au dernier moment, le PC ne lâchera pas MÉLENCHON dont ils ont trop besoin. Mais l’utopie du « pouvoir au peuple » et du FDG est morte. Jean-Luc MÉLENCHON ne peut plus dire « Place au peuple » en ne rassemblant que 6 % de la population. Il est certain que sa pause politique, si l’extrême-gauche ne se recompose pas, affectera durablement la gauche française jusqu’à créer un nouvel équilibre :

– Gauche-Extrême-gauche : 32 %

– Centre (droit) : 10 %

– Droite : 33 %

– Extrême-droite : 25 %

Et l’élimination systématique de la gauche lors des grands scrutins.

P.-S. : J’ai déjà rencontré Jean-Luc MÉLENCHON un jeudi midi dans le Xème arrondissement parisien. Il marchait seul, vêtu d’un blouson en cuir, et tenant sous le bras un journal écrit par ceux qu’il fait tant semblant de détester pour attirer l’attention médiatique. Il m’a paru « petit » puisqu’il doit mesurer autour de 1m70, quand j’en fais 1m75. Nous avons un ami commun en la personne de Mgr Guy HERBULOT.