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Ma grand-mère, ma Mémé, Juliette CLÉOPHAX est décédée ce 07 juillet 2018

Quelques Saviniens pouvaient la connaître, en tant qu’elle était une des plus anciennes résidentes du foyer-logement César-Franck, depuis 2006.

Aujourd’hui, je pleure ma grand-mère dont le cœur s’est paisiblement arrêté de battre, dans son sommeil, dans l’apaisement des anti-douleurs, au lever du jour de ce samedi 07 juillet 2018, en la chambre n°263 de la clinique du Moulin de Viry.

C’est dur. Quatorze jours que je pleure. Avec elle, je pleure aussi mon enfance, insouciante, et je prends brutalement conscience que celle-ci est en fait terminée depuis quatorze ans. Elle était la dernière de mes quatre grands-parents ; je ne pourrais plus revenir dans le passé, et quitter ce présent qui me dégoûte et m’ennuie, pour être son petit garçon chéri.

Ma grand-mère était née le premier mardi de novembre 1925. Elle nous quitte le premier samedi de juillet 2018, dans sa quatre-vingt-treizième année. Avec tous ses ennuis de santé, il y a déjà bien longtemps que les médecins diagnostiquaient qu’elle ne serait plus parmi nous et je veux quand même me réjouir qu’elle ait pu vivre si longtemps.

J’avais eu tellement peur pour sa dernière opération ; je pensais qu’elle ne survivrait pas à l’anesthésie. J’étais tellement euphorique quand j’ai appris que cela s’était bien passé, j’en riais nerveusement. Je la voyais repartie pour encore quelques années. Mais cela n’a duré qu’une journée…

Je veux écrire l’importance qu’à eu pour moi d’accompagner ma grand-mère dans sa fin de vie, par les soins palliatifs. D’avoir pu parler avec elle jusqu’à mercredi soir, dernière fois où je l’ai vue consciente. Avoir le temps de lui dire que je l’aimais, que je lui demandais pardon pour mes bêtises ou ce que je n’avais pas pu être, de lui dire merci pour avoir été là.

De constater qu’elle ne souffrait pas, du moins que sa douleur était prise en charge, ce qui m’a enlevé cette angoisse. Avec elle, et en nous consolant mutuellement, de prendre acte de la séparation qui se préparait.

Je veux dire ma détresse d’avoir pleuré devant elle, de ne pas avoir su la rassurer quand elle me disait qu’elle ne sentait plus ses jambes, qu’elle appelait sa maman, ou qu’elle allait mourir. Quand au moment de partir mercredi soir, elle m’a attrapé la main, et elle m’a demandé de rester parce qu’elle savait que c’était bientôt la fin.

La dernière bonne nouvelle qu’elle aura pu entendre, dans son inconscient ou dans son subconscient, c’est que sa dernière petite-fille aura eu son bac. Comme un signe pour lui dire qu’elle nous aura accompagné jusqu’à la fin de notre jeunesse, et que nous sommes maintenant des adultes. Autre signe, elle part juste avant la réinauguration du square Jean D’HERS, dans lequel elle nous emmenait si souvent.

Je veux aussi réaffirmer ma foi en la résurrection, en cet espérance d’un jour retrouver ma grand-mère, parti rejoindre mon grand-père, mon petit frère Bruno, mon parrain, mes autres grands-parents… L’être humain est quelque chose de trop formidable pour qu’il n’y ait rien après ; il y a tellement peu de chances d’arriver à ce que nous sommes que tout ne peut pas s’arrêter là.

Je suis reconnaissant au personnel de la clinique pour la manière dont ils ont traité ma grand-mère. Néanmoins scandalisé par certains que je trouvais irrespectueux, mais aussi rassuré par d’autres que je trouvais très humains et très éthiques. Aussi merci à Christine DOURNES, directrice du foyer-logement, d’être venue la visiter ; d’avoir pris ce temps.

Dans ma dernière conversation avec ma grand-mère, je lui ai rappelé tout ce qu’elle avait fait pour nous, et tout ce qu’on faisait ensemble. Je lui ai rechanté les comptines qu’elle m’avait apprise. Mais je lui ai surtout redit que je me souvenais des arcs en ciel qu’elle me montrait quand j’étais petit. Alors à partir de maintenant, chaque fois que je verrais un arc-en-ciel, je penserais à elle, et bien sûr plus souvent.

En forme de testament, ma grand-mère a dit qu’elle comptait sur nous, et qu’elle avait une belle famille. Tachons maintenant de continuer cela !



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