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Sur l’équité du temps de parole au moment des élections…

J’entends beaucoup les gens se plaindre qu’il y a 34 listes candidates aux élections européennes de 2019, dont la moitié qu’ils ne connaissent pas. Et alors ? Qu’est-ce que cela peut vous faire, à partir du moment où les citoyens ont des causes à défendre ? Par contre, c’est clair que nous n’entendrons quasiment pas parlé de ces petites listes à cause du système inégalitaire et inéquitable, de la répartition du temps de parole…

Dans une démocratie idéale, il devrait y avoir une égalité complète du temps de parole afin de laisser (presque) les mêmes chances à chacun.

Or, le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) a mis en place un système d’équité, qui ne concerne d’ailleurs que les clips de campagne officiels, et qui ne fait que favoriser les partis déjà installés dans la vie politique. (Et tout le monde ne reçoit pas autant d’argent que MACRON pour monter son parti du jour au lendemain…)

Ainsi sur un total de 312 minutes (pourquoi seulement 312 ? Est-ce que les élections sont importantes avec seulement 312 minutes de télévision en onze jours ?), la liste En Marche dispose de 55 minutes de temps de parole, tandis que les plus petits et les plus inconnus des partis auront 3 minutes et 33 secondes.

Chaque liste dispose en effet d’un forfait de trois minutes, qui est élargi en fonction du nombre de parlementaires qui soutiennent la liste (alors que ce n’est pas le rôle des parlementaires qui sont des élus de la Nation et pas des élus partisans…), des derniers résultats électoraux et des sondages. Enfin, il y a une heure trente de correction pour rééquilibrer un peu les choses.

Mais ailleurs, dans les débats, et sur le reste des plateaux télé, vous voyez toujours les mêmes, dont certain qui comme Nicolas DUPONT-AIGNAN, se plaignent quand ils ne sont pas invités, mais ne disent plus rien quand on leur laisse le micro avec leur plus de 4 % (en même temps, on ne pourrait pas inviter GLUCKSMANN si on ne prenait que ceux certains de faire plus de 5 %…).

Avec quand même, des petits efforts, ici ou là, pour présenter tel candidat dont on ne reparlera plus jusqu’à la prochaine élection s’ils ont survécu… J’ai été frappé d’une remarque d’ASSELINEAU que c’est vrai, qu’à part son affichage caractéristique, et que Quotidien se foute régulièrement de sa gueule, on ne l’a quasiment plus entendu depuis la présidentielle…

Les médias sont d’ailleurs encore plus hypocrites, lorsqu’ils nous expliquent comme France Télévisions, qu’ils s’appuient sur cinq critères pour faire leur choix, alors qu’au moins deux sont subjectifs : les résultats aux précédentes élections, le nombre d’élus en France et au Parlement européen, les sondages et intentions de vote, la dynamique de campagne, et les durées imparties par le CSA.

Alors je ne sais pas sur quels sondages on s’appuie, lesquels sont globalement et quand même très souvent à côté (ceux qui ne voyaient pas LE PEN au deuxième tour en 2002, pas FILLON en tête de la primaire de la droite, pas HAMON gagnant de la primaire de la gauche) ; de même est-ce bien le rôle d’un média de juger d’une dynamique de campagne ? À quoi cela se voit-il ?

N’oublions pas non plus que c’est MACRON qui a fait modifier la découpe du temps de parole, en intégrant le soutien des parlementaires qui le favorise, et dessert plus ou moins le Front national (un tout petit peu), la France insoumise (moyennement) et Europe écologie les Verts (plutôt beaucoup).

En fait, ce système qui assume de ne pas être égalitaire, mais qui se dit équitable, ne l’est pas tellement plus et favorise toujours les grosses formations, qui s’entretiennent à force de sur-médiatisation, et n’ont aucun intérêt à changer le système.

Alors je ne dis pas que j’ai envie d’entendre et de sur-entendre les identitaires, pour ne citer qu’eux, qui présentent plusieurs listes, mais je pense que c’est malgré tout le rôle de la démocratie de leur donner du temps d’antenne, à partir du moment où on les a autorisés à concourir. Sinon, on les bloque en amont, si c’est pour qu’ils ne fassent rien parce que personne ne les connaît, et qu’ils n’ont pas eu la chance de se faire connaître…

Si donc on me répond que ce n’est pas sérieux de laisser 34 listes se présenter, je réponds que ce n’est pas sérieux de ne donner sincèrement la parole qu’aux six têtes des listes qui sont les mieux placées dans les sondages…



Les médias ont-ils fait ce qu’il fallait pendant cette campagne présidentielle 2017 ?

Jamais les médias n’auront été aussi conspués pendant cette campagne présidentielle. Tant par les candidats importants reprochant qu’on parle trop des affaires et pas assez des programmes, que par les candidats moins médiatisés le reste de l’année qui reprochant qu’on ne parle pas assez d’eux. Alors pourquoi autant de défiance face à ce qui est censé être un contre-pouvoir ? Font-ils réellement ce qu’il faut, avec honnêteté ?

Je suis journaliste, et mon regard ne sera donc pas objectif en écrivant ces lignes. Néanmoins, parce que ce ne sont pas les autres médias qui m’influencent, je ne pense pas plus que la population puisse se laisser influencer par les médias. Certes, peut-être ils convainquent une toute petite minorité qui n’a pas de personnalité et a besoin de suivre des meneurs. Mais autrement, ils ne font pas l’élection et on peut trouver sur internet des traitements qui nous plaisent…


Oui, les médias ont parlé de ce qui intéressent les électeurs

Tout à fait entre nous, il est plus jouissif de parler des affaires pour dire autour de la machiné à café qu’ils sont tous pourris, que de la réforme des retraites à accomplir pour préserver le modèle social, sujet négatif en plus. Les grands médias papier ont fait de très bons dossiers, et leurs sites internet ont de bonnes infographies permettant des comparaisons faciles. Pour le reste, les papiers ont été axés sur ce qui fait vendre, car on n’achète pas les infos sérieuses !


Non, les médias ont trop parlé des affaires et pas assez des idées

Le Penelopegate a commencé le 25 janvier et a été alimenté chaque semaine par de nouvelles révélations sur tel candidat. Les médias ont surtout épinglé les idées difficilement réalisables, sans toujours parler des contradictions qui se dégageaient des idées des uns et des autres. Ils ont pris parti contre certains candidats, sur le vote utile et les hypothèses alarmistes en cas de candidats au second tour. Ils ont trop relayé les sondages pour prétendre qu’ils s’en défiaient.


Synthèse : les médias pendant cette présidentielle

La montée de MACRON a généré un intérêt inédit : comment un homme du système peut-il se prétendre anti-système ? Puis il y a eu les primaires, au cours desquelles ils ont relayé les sondages qui se sont plantés en voyant les victoires de JUPPÉ et de VALLS. Aujourd’hui, les médias parlent plus des affaires que des idées dont ils parlent aussi, parce que les candidats en viennent à plutôt parler affaires que idées, comme pendant les grands débats et les meetings


Il faut distinguer deux types de médias : les gratuits qui sont grands publics et ont pour but de faire de l’audience : ceux-là ont plus que de raison parler des affaires. Et puis des médias plus confidentiels qui ont fait du bon boulot, mais que personne ne va acheter. La corruption n’a pas commencé avec cette campagne, et pourtant, c’est seulement en 2017 qu’on a eu l’impression de la découvrir, parce que les Français ne croient plus aux idées donc ne s’y intéressent plus.

On ne peut pas jeter bébé avec l’eau du bain. Certains, même s’ils ont l’impression d’être minoritaires et peut-être le sont-ils, ont quand même fait le travail. Qui a achetés ces journaux ? Mais parce que l’information gratuite, qui est possédée par de grands patrons est plus accessible, alors la perception des informés est faussée car captivée par les travers d’une majorité, au milieu desquels elle n’arrive plus à faire la part des choses et à voir l’objectif indépendant existant.



2015 : le SIDA progresse toujours en France

Une carte de Nicoeno réalisée pour FranceTV.info – Tous droits réservés


Les années se suivent et se ressemblent : le SIDA (étape avancée de la séropositivité) continue de progresser en France. Alors certes, cela pourrait simplement vouloir dire une dégradation de la santé des personnes séropositives et non pas une augmentation du nombre de personnes contaminées. Pourtant, c’est le cas…

Je veux donc m’interroger sur les raisons qui font qu’un pays développé, la France, dans lequel l’accès aux préservatifs est facile et les risques sanitaires connus de tous, puisse continuer de développer le SIDA. C’est un peu comme si l’embrigadement doctrinal que l’on fait subir aux collégiens, aux lycéens ou aux communs dans les médias ne fonctionnait pas.


Comment est né le SIDA ?

Bien malin serais-je si j’avais cette réponse. Je reste cependant encore fasciné par tout ce qu’on a pu attendre (de loufoque – des théories du complot) sur la question : des rapports sexuels entre des hommes et des singes, une punition divine contre les personnes homosexuelles, une expérience génétique des Américains en Afrique qui aurait mal tourné…


Je suis partisan de la stratégie ABC (qui fonctionne en Afrique)

En 2007, George W BUSH détaillait une stratégie qui lui a valu l’inimitié de tous nos bienpensants soixante-huitards. Soit une liste d’étape à respecter pour éviter la contamination sinon la transmission : A pour Abstinence, B pour be (être en anglais) – sois fidèle, C pour condom (préservatif en anglais). Je pense que c’est à ce jour la meilleure stratégie.


Pourquoi on n’y arrive pas en France ?

J’y vois deux raisons : la première est que beaucoup (certains chiffres disent 50 000) de séropositifs ignorent leur maladie et qu’ils « couchent » pensant être sains donc transmettant le virus. La seconde est ce besoin d’émancipation des diktats de la société donc si la société dit « protégez-vous », je ne le fais pas… 2/3 des jeunes (18-25 ans) coucheraient sans préservatifs…


La réussite passe par le sexe

En Occident, celui qui réussit possède trois caractéristiques : l’argent, le pouvoir et le sexe. Je me rappelle un de mes profs à Sciences-Po (je n’ai jamais fait Sciences-Po) qui me disait que la réussite passait par le fait d’avoir « une femme, des enfants, un poisson rouge et une maîtresse« . Alors, cumuler les partenaires sexuelles serait un signe de réussite. (Pas à mes yeux de fachô)


La preuve par la science

De plus en plus d’études scientifiques veulent démontrer que l’homme n’est pas fait pour rester éternellement avec la même femme (du genre que l’amour dure trois ans). Donc qu’il est normal de cumuler les aventures sexuelles. La preuve scientifique, c’est qu’une femme ne pourrait avoir deux orgasmes consécutifs qu’avec deux partenaires successifs différents…


Plus de sexe = plus de risques

Après, cela obéit aux lois de proportionnalité. Plus je fréquente de partenaires et plus j’ai de risques d’être contaminé, en tombant sur une personne séropositive ou en ne me protégeant pas ou en me protégeant mal. Je trouve juste cela dommage de devoir passer sa vie à se soigner parce qu’on a eu un comportement à risque, même une fois.


À quand la responsabilisation ?

Je crains que le développement du SIDA en France tient aussi au fait que les Français n’ont pas assez d’engagements responsables. Par exemple, lorsque je donne mon sang, je m’assure qu’il soit le meilleur possible, je ne vais pas aller me droguer juste avant… Une femme lorsqu’elle est enceinte fait attention pour son bébé. Pourquoi le souci de l’Autre n’est pas systématique ?


Que l’école et les médias changent leur discours

Je pense que la propagande hygiéniste ne passe par car elle est trop empreinte d’un discours idéologisée post-soixante-huitard. Quand le message donné aux gens est « Sortez couverts« , cela signifie aussi que celui qui ne sort pas est le dernier des impuissants. Je suggère donc de revoir toutes les campagnes de prévention pour mettre en avant l’impact du SIDA sur soi et les autres.


Je suis malgré tout admiratif des peuples Africains qui subissent le SIDA plus directement que nous, qui survivont avec nos trithérapies, et qui prennent des mesures efficaces pour endiguer l’épidémie. Est-ce là l’individualisme de nos sociétés occidentales ? Je le crains. Voilà la sale mentalité que j’espère un jour voir changer : « C’est tout pour ma gueule, tant pis si j’ai le SIDA (et surtout si je le file à quiconque), de toute façon je dois bien mourir un jour. » Alors changeons cela !