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Quelles différences entre le léninisme, le stalinisme et le trotskysme ?

Avant-propos : L’auteur de ces lignes n’est pas marxiste et ne croit pas à l’existence des classes sociales (donc il croit à l’impossibilité de la lutte des classes). Il pense au contraire, sans rejeter l’idéal égalitaire du communisme, que le marxisme vise à ce que des gens, un peu intelligents et souvent loin du dénuement, instrumentent les pauvres pour s’en faire leurs chefs, au nom d’un processus, qui va volontairement être bloqué en cours de réalisation.


À la base de ces trois idéologies politiques (léninisme de LÉNINE, stalinisme de STALINE et trotskysme de TROTSKY), il y a le marxisme, issu des thèses de Karl MARX et de Friedrich ENGELS, qui prônent une alternative au capitalisme, au moyen d’une société sans classes.

Le marxisme considère que l’Histoire évolue lorsque changent les rapports sociaux entre les classes sociales. MARX définit donc un processus historique pour arriver à ce régime d’égalité parfaite, qu’il appelle le socialisme. Il interprète ainsi le sens de l’Histoire :

1. À la base, c’est le féodalisme de la noblesse foncière

2. Puis des révoltes (comme les Révolutions anglaises de 1689 ou française de 1789) donnent le pouvoir à la bourgeoisie, laquelle va développer le pays.

3. Puis le développement économique du pays créé un capitalisme industriel avec suffisamment d’ouvriers pour faire la révolution (les paysans ne sont pas considérés comme tels, voire parfois comme des « petits-bourgeois », puisqu’ils possèdent leurs terres)

4. Puis les ouvriers font la révolution prolétarienne et s’emparent de leurs outils de travail ; ils créent un État prolétarien. Cette révolution pour fonctionner doit être mondiale, c’est la révolution socialiste internationale.

5. Puis la dictature du prolétariat supprime l’État, lequel s’auto-dissout.

6. Enfin, c’est la société sans classe ni propriété privée qui connaît l’égalité parfaite, aussi appelée socialisme (ou communisme intégral).


MARX a vécu de 1818 à 1883 dans une Europe industrialisée et capitaliste (Royaume-Uni, Allemagne et France). Il a donc développé des thèses d’une société sans classes, dans un contexte de pays industrialisés, et en opposition au capitalisme.

Or, la Russie de la fin du XIXe siècle n’est ni développée ni industrialisée. LÉNINE considère donc que pour arriver à la dictature du prolétariat, il faudra créer ce prolétariat donc développer la Russie, et en faire une société capitaliste et industrialisée. D’où sa nouvelle politique économique (capitaliste) en 1922.

Mais si MARX voit la dictature du prolétariat (l’auto-dissolution de l’État) comme un moyen d’accéder au socialisme, LÉNINE en fait vraiment une fin, et un but suprême à atteindre, à partir duquel adviendra naturellement le socialisme. Le léninisme vise donc à instaurer la dictature du prolétariat pour arriver au socialisme, tandis que le marxisme vise le socialisme.

Le stalinisme prétend continuer le léninisme ; lorsque STALINE succède à LÉNINE en 1924. Il prend aussi le nom de « marxisme-léninisme » ; lequel est aujourd’hui employé pour désigner les régimes politiques connaissant des dérives staliniennes.

Le trotskysme prétend, face aux dérives de STALINE, régénérer et revenir aux idéaux de base  du léninisme. C’est aussi une critique personnelle de STALINE en tant que TROTSKY visait sa place pour succéder à LÉNINE.


Sur le léninisme

LÉNINE pense que la révolution et la lutte des classes ont besoin d’un moteur qui soit le Parti, lequel dirigera la dictature du prolétariat. Il veut que chacun doit avoir « l’esprit de parti ».

Il définit ce parti dans « Que faire ? » en 1902 comme composé de révolutionnaires professionnels, à l’avant-garde de la classe ouvrière, qui portent la conscience de classe et la théorie révolutionnaire, pour et auprès des autres ouvriers qui ne la comprennent pas.

LÉNINE défend une économie marxiste, un matérialisme historique et dialectique, une vérité scientifique matérialisme.

Il rejette la démocratie sous la forme de soviets (des conseils [municipaux]), tout en affirmant la « liberté de discussion », tant qu’il y a « unité d’action ». Il défend l’ « unité de la volonté » (aussi appelé la volonté de classe), laquelle est collective et supérieure aux volontés individuelles, c’est à dire que tout le monde doit se soumettre à la collectivité.

Il dénonce l’impérialisme, comme étant le stade suprême du capitalisme.

Il justifie la terreur de masse contre les contre-révolutionnaires.

LÉNINE fonde la IIIe Internationale (ou Internationale communiste), en tant qu’il est internationaliste et vise l’union du prolétariat mondial, lequel transcende ses différences nationales.


Sur le stalinisme

STALINE considère que le léninisme est  « le marxisme de l’époque de l’impérialisme et de la révolution prolétarienne. Plus exactement : le léninisme est la théorie et la tactique de la révolution prolétarienne en général, la théorie et la tactique de la dictature du prolétariat, en particulier. »

Il considère que l’URSS est développée en 1929 et arrête la Nouvelle politique économique. Mais il se refuse de passer à l’étape suivante de la révolution mondiale. Il dit dans les années 1930 qu’il ne faut pas y renoncer, mais d’abord consolider les acquis révolutionnaires dans la seule URSS, ce qui est nationaliste et va à l’encontre de l’internationalisme marxiste.

Il instaure donc, de manière contradictoire au marxisme puis au léninisme, un État fort et autoritaire, lequel ne serait que provisoire. Il supprime aussi toute démocratie au sein du Parti communiste.

Cet état stalinien totalitaire se caractérise par une politique de terreur avec :

  • des procès truqués et l’élimination systématique de ses opposants, la déportation des opposants politiques ou des réfractaires, la manipulation de l’Histoire et des sciences, un régime militariste, une propagande organisée autour de sa personne et une surveillance de masse.
  • la suspension des les libertés publiques et personnelles acquises pendant la Révolution de 1917 : droit à l’avortement, liberté de presse, la liberté sexuelle…
  • une exaltation du travail et le dévouement du salarié à son entreprise et à l’état avec la doctrine du stakhanovisme.
  • un refus de l’égalitarisme en considérant que la société socialiste doit adopter des normes de distribution de la richesse différenciées suivant la « contribution » de chaque couche sociale à la société. (Merci Wikipédia !)

Sur le trotskysme

Le trotskysme prône la révolution permanente (une révolution ne s’arrête pas tant qu’elle n’a pas atteint tous ses objectifs), laquelle s’oppose à la révolution par étapes de STALINE, qui dit qu’il faut s’arrêter pour se concentrer sur son pays. En cela, c’est un courant internationaliste face au stalinisme, qui est nationaliste.

TROTSKY réaffirme l’importance du parti ouvrier révolutionnaire, qui doit être un lieu de démocratie et de débat ; et de la dictature du prolétariat comme base de l’auto-émancipation de la classe ouvrière et de la démocratie directe.

Il conteste la bureaucratie ; une caste de techniciens de l’État ouvrier, qui dirige tout par le haut.

TROTSKY fonde la Quatrième Internationale, pour faire la Révolution mondiale et accomplir, sinon continuer ce qui n’a pas été fait en URSS.


En conclusion, le léninisme est une variante du marxisme, laquelle n’est officiellement plus revendiquée que par certains régimes communistes. Le stalinisme est une idéologie d’inspiration marxiste et léniniste, mais détournée de ses objectifs, au profit de la seule personne de STALINE (puis de ses successeurs dans une moindre mesure). Le trotskysme est une mise à jour du léninisme, donc du marxisme, qui réclame toujours d’accomplir la Révolution prolétarienne.



J’accuse Éric MEHLHORN de favoriser le révisionnisme historique de Jean ESTIVILL

Preuve que Jean ESTIVILL devait être un très mauvais professeur, il reprend ses discours d’une année sur l’autre. Éric MEHLHORN (et Daniel GUETTO) ne l’ignorent pas, à moins qu’ils n’écoutent rien des cérémonies auxquelles ils participent. Donc ils connaissent déjà le révisionnisme malsain, frôlant le négationnisme, du professeur ESTIVILL. Et ils l’encouragent pour diviser la gauche, à la suite de SPICHER et de MARSAUDON.

J’aime bien trouver des prétextes fallacieux pour ouvrir ma gueule. Celui que mes quatre arrières grands-pères aient servis la France pendant la guerre de 1914-1918 (trois dans l’active, un dans l’intendance car il avait 44 ans en 1914) me semble être une raison légitime pour tacler rectifier les propos de ceux qui parlent faussement de cette période alors que leurs aïeux n’ont pas combattu, quand ils n’étaient pas dans le camp de l’ennemi…


Jean ESTIVILL (ex-PS, anciennement soutenu par le PCF, ex-PG, ex-DVG, POI) le diviseur utile

Jean ESTIVILL est une créature marsaudonienne, qui bien qu’élu Conseiller municipal en 1989, mais battu en 1995, n’a dû son retour aux affaires en 2001 que grâce à l’entremise de Jean MARSAUDON qui avait bien compris l’intérêt d’un homme trop aveuglé par son orgueil. Ancien responsable socialiste sur la commune, le députe-maire savait que ses camarades ne seraient jamais prêts à fusionner avec lui (et inversement). Aussi la droite avait-elle le champ libre.

Éric MEHLHORN semble s’être débarrassé de Laurence SPICHER. Il n’a donc plus comme obstacles sur sa droite que le FN et VAGNEUX. Alors pour être sûr de l’emporter aux prochaines élections, il applique ce que faisait son maître et continue de se servir d’ESTIVILL pour qu’une extrême-gauche manipulable à souhait empêche la réelle union de la gauche. Ce faisant, MEHLHORN cautionne le révisionnisme historique et se compromet…


Jean ESTIVILL, un homme profondément détestable

ESTIVILL est né le 1er janvier 1947. Il n’a pourtant de cesse de confondre son histoire personnelle avec celle de ses parents. Ainsi, il raconte à qui veut l’entendre qu’il a dû fuir le franquisme. Rappelons que FRANCO a fermé la frontière pyrénéenne en 1939. Mais en 1975, lorsque le juancarlisme a remplacé le franquisme, je n’ai pas l’impression que notre Jeannot de 28 ans se soit pressé de retourner dans le pays redevenu démocratique qu’il aime tant.

Après la commémoration du 16 octobre 2015, c’est encore lui qui racontait à qui voulait l’entendre, que Lucienne GEORGES qui venait de décéder (son ancienne colistière qui lui apportait une majorité de voix) était « brutale » et qu’il était tout le temps « obligé de repasser derrière elle pour calmer le jeu« . Mais cet affabulateur se fait discret. Une vilaine rumeur prétendait que c’est la droite qui lui payait ses affiches. Je ne sais pas, mais il n’en colle plus…


LES MENSONGES DU PROFESSEUR ESTIVILL (discours en bas de texte)

1. Le consensus autour de la Grande guerre

Les programmes scolaires sont fixés par le Conseil supérieur des programmes, dont la majorité des membres ne sont pas profs. Ces gauchistes convaincus ne font que respecter le leitmotiv historique de l’école républicaine : faire de l’idéologie avant de partager des connaissances ; c’est l’article L111-1 du Code de l’Éducation (« Outre la transmission des connaissances, la Nation fixe comme mission première à l’école de faire partager aux élèves les valeurs de la République. »)

Le discours de la souffrance est le discours marxiste qui tend à dire que la guerre, c’est mal et que pour ne pas souffrir, il ne faut pas faire la guerre. Quel serait le sens en 2015 de militariser les consciences et d’insister lourdement sur la raclée allemande de l’été 1918 qui imposera un lourd traité de paix à l’Allemagne, et favorisera l’arrivée au pouvoir d’un certain Adolf HITLER. Comprenez, professeur, que c’est votre camp qui défend ce discours que vous critiquez !

2. Le partage de l’Afrique selon l’auteur de « Les blancs, il faut les manger crus« 

En 1914, seuls le Liberia et l’Éthiopie ne sont pas colonisés en Afrique car ils se situent en dehors du partage de la Conférence de Berlin de 1884-1885, qui elle répartissait effectivement l’Afrique entre les puissances européennes. Autrement, tout le reste de l’Afrique est déjà colonisé depuis 30 ans comme le reste du monde colonisable. Vous accusez donc l’Allemagne, parce que puissance coloniale mineure, de la responsabilité de la guerre !

Le camp des puissances de l’Axe ne possédant, grâce à l’Allemagne, qu’une dizaine de colonies répartis à travers le monde, elle est en effet mathématiquement la seule à pouvoir « multiplier ses colonies« . Or, il est vrai que c’est l’Allemagne qui a déclaré la guerre à la France le 3 août 1914. Donc Jean ESTIVILL vient de brillamment nous démontrer les raisons de la première guerre mondiale. Que l’Allemagne multiplie ses colonies. Merci, professeur !

3. Quand le professeur ESTIVILL méconnait sa chronologie

Une conférence de la paix à Stockholm qui se dessine en avril 1917 ? Une conférence pour la paix ? Non, une troisième conférence socialiste contre la guerre. Elle se déroule du 5 au 12 septembre 1917 et elle ne réunit pas les chefs d’état des différents pays mais bien des socialistes, qui ne sont manifestement pas en train de se battre pendant qu’ils discutent ! D’ailleurs, elle prépare plus la IIIe Internationale communiste que la paix !

Sauf qu’ESTIVILL la met en parallèle avec l’offensive NIVELLE qui commence le 16 avril 1917 pour se terminer le 24 octobre 1917. Ce n’est donc pas l’offensive NIVELLE qui fait capoter la conférence de Stockholm puisque cette dernière est postérieure aux premiers assauts. Enfin, remarquons que les bolchéviks qui ne veulent pas faire la guerre aux Allemands la poursuivent civilement en Russie contre les mencheviks et les sociaux-révolutionnaires dès 1917 !

4. Quand le professeur ESTIVILL se focalise sur 0,0001165127 % des combattants français

Au cours de la première guerre mondiale, 1009 Français seront fusillés dont 200 en 1914 et  260 en 1915. 1009 – 460 = 549. Donc un maximum de 549 soldats français ont pu être fusillés en 1917. On n’est pas aux « plus de 600 » d’ESTIVILL. Précisons encore que sur les 554 condamnations à mort pour mutineries, il n’y en eût que 49 d’effectives dont 26 pour actes de rébellion collective commis en juin ou juillet 1917. C’est le ministère de la Défense qui le dit.

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Alors ESTIVILL qui se vante de diffuser à ses élèves « Les sentiers de la gloire« , ne fait que de l’idéologie. Parce que 1009 morts, si injustement qu’ils aient pu être fusillés, ne peuvent pas faire volontairement oublier plus de 8 millions d’autres. Jeannot fait de la micro-Histoire marxiste en isolant un fait de son contexte. Parle-t-il des milliers de grâce accordés par le président POINCARÉ pour les mutins ? Non, il ne faudrait pas pouvoir honorer la France.

5. Où on voit qu’ESTIVILL n’est pas professeur de maths

ESTIVILL prétend avoir eu 5000 élèves dans sa carrières répartis en 250 classes sur 35 ans. Un professeur d’Histoire travaille au maximum 18 heures par semaine avec des classes qui ont entre 3 et 4 heures d’Histoire par semaine. En ayant eu 250 classes pendant 35 ans, alors ESTIVILL aurait eu 7,14 classes par an ce qui est impossible ! En ayant eu 5000 élèves en 35 ans et 6 classes, alors il aurait eu des classes de 23,6 élèves quand la moyenne est à 26…

De plus, Jean ESTIVILL n’a enseigné que 17 ans à Grand-Vaux sur toute sa carrière grâce à un poste que lui a trouvé MARSAUDON. Le reste du temps, il était fonctionnaire détaché de l’Éducation nationale. Il a ainsi été permanent à la direction nationale de la FCPE, assistant parlementaire de Marie-Noëlle LIENEMANN, délégué départemental de la CASDEN (Caisse d’aide sociale de l’éducation nationale), fonctionnaire attaché à la mairie de Longjumeau…

6. Où Jean ESTIVILL joue avec le misérabilisme

« La famille du lâche, le père du lâche, le frère du lâche« . Si certains ont pu être considérés ainsi, alors Google doit connaître l’expression. Ben non, apparemment aucun des descendants ou des historiens ayant étudié les 1009 morts fusillés ne relate cette information sur la toile. Je serai donc curieux de connaître les sources de M. ESTIVILL qui cent ans après, alors que l’historiographie continue son travail, ne paraîssent pas publiquement…

C’est dommage qu’il n’ait pas plus insisté sur la dernière partie de son discours qui elle, est intéressante, pour ce qu’elle dit de vrai de la difficile réintégration de nos soldats après leur temps de service. Mais le discours marxiste vit alors une profonde contradiction puisqu’en soutenant nos soldats, ils soutiennent la guerre qui n’est que la responsabilité du capitalisme qui monte les Hommes les uns contre les autres, pour que d’autres amassent plus d’argent.


Ma conclusion

Éric MEHLHORN et Daniel GUETTO devraient avoir honte de favoriser un tel discours. Dire que mes ancêtres se sont battus pour qu’on puisse entendre cela en commémoration publique, pour que Jean ESTIVILL ait la liberté de répéter toujours les mêmes inepties en vantant les planqués du socialisme. Pour qu’on valorise une minorité en oubliant de parler du sacrifice d’une majorité : 1 350 000 morts, 1009 fusillés. Souvenons-nous, n’oublions jamais !


Le discours de Jean ESTIVILL en audio


Le texte du discours

MANIFESTE DE L’ARAC DE SAVIGNY SUR ORGE
Jean ESTIVILL, Président

Depuis toujours, il y a un consensus autour de la Grande Guerre : c’est l’immense souffrance qu’elle engendra, l’immense souffrance des combattants, l’immense souffrance de leur familles, par millions.
Par contre il fallut des années et des années pour que par la libre confrontation des opinions,le travail des historiens, on aboutisse à cette conclusion,qui aujourd’hui souffre peu la contestation : Sans vergogne, sans scrupules,cyniquement on sacrifia des millions d’hommes jeunes en leur mentant. On fit s’affronter des gens qui selon une expression désormais répandue, ne se connaissaient pas pour les seuls intérêts, d’autres qui eux se connaissaient très bien et qui prenaient cette décision monstrueuse pour se partager le monde, l’Afrique en particulier, pour multiplier les colonies et les piller.

Pour cela on se joua d’eux. En France Jaurès était assassiné, la grève générale des travailleurs contre la guerre n’eut pas lieu, le « bourrage de crâne » des deux côtés de la frontière pouvait prendre le dessus, il allait, hélas, porter momentanément ses fruits.
On fit appelle (sic) à ce qu’il y a de plus noble, de plus idéaliste, de plus sacré. On sollicita l’attachement de chacun pour sa patrie, la terre où il est né, ou qu’il a choisie, celle où il travaille, élève ses enfants, où reposent ses parents.
Mais très rapidement ces jeunes hommes se rendirent compte qu’ils étaient la dupe des politiciens et des généraux.

Un seul moment, j’évoquerai un seul moment, dans cette guerre qui dura plus de quatre ans : avril 1917. On assiste à des débrayages dans les usines, des dizaines de milliers de travailleurs, des femmes surtout bien sur se mettent en grève, à une centaine de mutineries, un espoir se dessine, une conférence de la paix à Stockholm.

Mais C’est compter sans Nivelle, qui décide une offensive qui va mobiliser 800 000 poilus et qui en quelques heures, s’avèrent être un sacrifice inutile, un de plus, 350 000 d’entre eux perdront la vie ou seront blessés.
Comment ne comprendraient ils pas, ces soldats qu’ils ne sont que de la chair à canon. Alors on refuse de plus en plus ces ordres absurdes, criminels. Mais parce que la discipline doit avoir le dernier mot, la répression va s’abattre impitoyablement, on s’adresse à Pétain, il s’y connaît. On va fusiller des soldats pour l’exemple. Plus de 600 le seront. Tous ont connu les combats, souvent leur conduite a été héroïque, peu importe !

A propos des fusillés pour l’exemple je veux apporter mon témoignage d’enseignant, ici à Savigny en particulier :
J’ai enseigné 35 ans, à plus de 250 classes, à plus de 5000 élèves. Et j’ai donc eu des dizaines de 3 ème, où le programme d’histoire aborde la guerre de 14-18. J’ai eu la chance donc d’avoir des dizaines d’adolescents durant 17 ans au collège Mermoz , chez nous ici à Grand-Vaux, d’autant plus motivés que Jean Marsaudon tenait à ce que régulièrement on aille sur un champ de bataille de la Grande Guerre,dans le cadre de ce qui se forgeait peu à peu avec les enseignants, la municipalité et les anciens combattants « le devoir de mémoire ».
Je projetai chaque année « les sentiers de la gloire » de Stanley Kubric. C’était toujours la même réaction d’indignation, une indignation qui allait croissante tout au long des années et qui se traduisit un jour en quelques mots par un élève. Au moment où les trois jeunes soldats choisis pour l’exemple vont être fusillés par leur camarades, il se tourne vers moi ce jeune garçon et dans son langage de jeune, il me dit « mais Msieur, c’est abuser ! »
Notre école publique est bien malmenée depuis longtemps, mais elle a réussi à fortifier chez notre jeunesse, sa sensibilité à l’injustice.
Hélas ce n’est pas apparemment celle de nos gouvernants, puisque toute étiquette politique confondue, on attend toujours d’eux qu’ils réhabilitent collectivement « les fusillés pour l’exemple »
La France fut longtemps rurale, pas un village sans ses morts, ses blessés, ses traumatisés à vie. Mais il y en avait où on était de la famille du lâche, le père du lâche, le frère du lâche, le fils du lâche… On ajouta ainsi de la misère à la misère.
Il est grand temps que nos gouvernants soient à la hauteur de nos jeunes adolescents.

Je ne voudrais pas terminer ce message de la section ARAC de Savigny sans dire deux mots de nos OPEX, mot barbare que nos OPEX, opérations extérieures. Il n’y a plus de poilus. Alors désormais, nous allons leur rendre hommage comme si on traitait la guerre de Cent ans ? Ce n’est pas par hasard, si très tôt les combattants de 1914, à l’image d’Henri BARBUSSE, décidèrent de fonder des associations d’anciens combattants. On leur rendra hommage à ces anciens combattants, certes, mais le droit à réparation, qu’en sera-t-il ? Nos amis, qui ont fait la guerre d’Algérie en savent quelque chose : ce n’est jamais gagné. Aujourd’hui, de jeunes concitoyens depuis quelques temps déjà se battent pour la Nation. Aujourd’hui, une Savinienne OPEX va recevoir la Croix du combattant. Déjà titulaire du titre de Reconnaissance de la Nation, et excusez du peu, de la médaille de l’ONU, pour son activité dans l’ex-Yougosavie. Que font nos gouvernants pour eux à leur retour? Formations professionnelles ? Reclassement ? Non, ils s’inscrivent pour recevoir le RSA. Ici à Savigny, nous formons une communauté, agissons. Ce sera le meilleur hommage, le plus concret, aux anciens combattants de 14-18.