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ZEMMOUR 2022, ou comment assurer la réélection d’Emmanuel MACRON

Avez-vous remarqué comment certains entretiennent la petite musique de l’imprévisibilité de la politique française ?

Généralement les mêmes qui relayent la fiction selon laquelle MACRON est sorti de nulle part, alors qu’il a quand même été ministre de l’Économie pendant deux ans et s’est fait élire en tant que dissident socialiste, avec tout l’appareil du parti à ses côtés.

Et donc on ne pourrait pas, ou plutôt il ne faudrait pas dire qu’on marche vers un nouveau MACRON contre LE PEN au deuxième tour de 2022.

Sauf que même avec une union des gauches (socialistes, écologistes, communistes et insoumis) et une union des droites (républicains et souverainistes), personne n’arrive à concurrencer les électorats de MACRON et de LE PEN.

Et comme en plus, il y a deux sondages de 1000 et 1500 personnes, dans lesquelles, avec une marge de deux points d’erreur, MACRON est à 52 contre 48 pour LE PEN…

Moi, je serai MACRON que je ferai tout pour qu’il y ait des candidatures dissidentes à l’extrême-droite, à commencer par permettre à PHILIPPOT d’avoir ses 500 signatures…

Sauf que PHILIPPOT sera le MEGRET de LE PEN père. Et donc qu’il prendra 1 à 2 % à LE PEN fille.

Bref, qui de mieux, puisque Marion MARÉCHAL ne veut pas y aller, que de pousser la candidature d’un ZEMMOUR qui est à 13 % dans les sondages.

Même si à la fin, les gens préférant l’original à la copie, il tombera en dessous de 10.

Peu importe, car le mal sera déjà fait, et que pourrait ou devrait alors se qualifier un autre candidat contre lequel MACRON devrait avoir moins de difficultés à l’emporter.

C’est vrai d’un MÉLENCHON, mais je n’en suis absolument pas convaincu pour un BERTRAND, sur lequel les voix de gauche pourraient se porter…

Alors sincèrement, je ne pense pas que ZEMMOUR va y aller. Il en a certainement très envie, et aime assurément être flatté de la sorte. Mais il connaît trop bien la vie politique pour savoir comment cela va finir…

Le fait est qu’il est déjà connu, avec une audience d’un million de personnes tous les soirs (toujours les mêmes, précisons), mais qu’il ne l’est pas en tant que politique.

Donc il pourrait très bien satisfaire à tous les naïfs qui veulent d’un M. X (qui n’a jamais été anonyme puisque tout le monde devinait qu’il s’agissait de Gaston DEFFERRE ; tellement providentiel qu’il finira à 5 % de l’élection présidentielle de 1969).

Mais il ne réussirait jamais à rassembler toute l’extrême-droite, à plus forte raison parce qu’il est juif, et qu’une partie de l’extrême-droite le déteste justement par antisémitisme.

Qu’importe l’issue, l’hypothèse de sa candidature, qui est une évidence pour certains, fragilise la candidature de LE PEN, en tant qu’elle soulève le doute.

Assurément, ZEMMOUR est meilleur débatteur que LE PEN. Voilà de quoi tout ramener au débat de 2017 et dire que LE PEN ne sera jamais capable d’être présidente, parce qu’elle s’est ratée sur un débat, ce qui est inadmissible pour une professionnelle de la politique.

La seule hypothèse ZEMMOUR suffit à fracturer toute une frange de la droite, et voilà certainement l’effet qui est davantage recherché par MACRON, mais entretenu par ZEMMOUR, tant qu’il ne s’exprime pas défavorablement à cette candidature.

Autant en 2017, ceux qui ne voulaient pas de MACRON ont eu tort de voter LE PEN au premier tour parce qu’elle serait balayée par MACRON au second tour.

Autant en 2022, ceux qui ne voudraient plus de MACRON auraient tort de voter ZEMMOUR, alors que LE PEN n’a jamais été aussi proche de l’emporter au second tour.



Pourquoi l’élection d’Emmanuel MACRON n’est pas le fruit du « dégagisme » ?

De plus en plus de médias, commençant à penser que MACRON pourrait se faire dégager en 2022 au nom d’un « Tous sauf MACRON », veulent y voir un paradoxe dans la mesure où MACRON serait lui-même le fruit d’un dégagisme. Je ne partage pas cette thèse.


De première part parce que la victoire de MACRON n’a rien eu d’écrasante au premier tour, ce qui traduirait une réelle volonté de rejet des autres partis politiques traditionnels.

C’est à dire que la qualification pour le second tour s’est jouée dans un mouchoir de poche, avec quatre candidats autour de 20 % et le deuxième candidat du second tour qui se qualifiait à 600 000 voix près.

Pour rappel, MACRON finit à 24,01 % suivi par LE PEN à 21,30 %, FILLON à 20,01 % et MÉLENCHON à 19,58 %.

Et surtout, FILLON aurait probablement été en tête au deuxième tour s’il n’y avait pas eu Nicolas DUPONT-AIGNAN.

De même que MÉLENCHON aurait été au second tour s’il n’y avait pas eu HAMON.


De seconde part, parce que MACRON n’a rien inventé mais qu’il a juste su fédérer les voix du centre avec les voix d’une gauche qui était en plein doute à l’époque de 2017, de la même manière que la droite était en plein doute en 1974 et qu’elle s’est portée sur GISCARD.

Avant de regarder les grands équilibres politiques sous la Ve République, il faut avoir en tête cette constante qu’il y a 44 à 45 % de Français à droite (extrêmes compris) et 47 % à gauche (extrêmes compris). Et un marais” centriste d’environ 9 % de la population qui fait basculer les élections d’un coup à l’autre au second tour. Lesquels ne voteront jamais pour un extrême, ce qui fait dans une configuration d’un parti modéré contre un extrême, alors le modéré gagnera toujours et que Marine LE PEN ne pourra pas dépasser 45 %.


Les grands équilibres politiques sous la Ve République :

1965 : droite 45 – gauche 31 – centre 17 – ED 5

1969 : droite 44 – centre 23 – gauche 31 – EG 1

1974 : gauche 45 – centre 33 – droite 18 – ED 1 – EG 3

1981 : centre 28 – gauche 47 – droite 21 – EG 3

1988 : gauche 45 – droite 20 – centre 16 – ED 14 – EG 4

1995 : gauche 34 – droite 24 – centre 18 – ED 15 – EG 5

2002 : droite 25 – ED 19 – gauche 34 – centre 10 – EG 10

2007 : droite 34 – gauche 30 – centre 19 – ED 10 – EG 6

2012 : gauche 41 – droite 29 – ED 18 – EG 2 – centre 9

2017 : centre 25 – ED 22 – droite 25 – gauche 26 – EG 2


MIN : droite 18 – gauche 26 – centre 9 – ED 1 – EG 1

MAX : droite 45 – gauche 47 – centre 33 – ED 19 – EG 10

2017 / 2012 = gauche – 15 ; droite – 4 ; centre + 16 ; ED + 4 ; EG =


Ces équilibres nous montrent le socle électoral de chaque camp.

Qu’il y a 55 % des Français qui votent absolument pour un camp déterminé.

Et qu’il y en a 45 % qui peuvent un coup se porter sur un candidat de leur camp mais aussi un autre coup aller au centre si ce candidat leur plaît plus.

C’est à dire que la droite fera « toujours » un minimum de 18 % et la gauche un minimum de 26 %, que ces voix se portent sur un ou plusieurs candidats.


Entre 2012 et 2017,

L’extrême-gauche n’a pas évoluée.

La droite a perdu 4 points au profit de l’extrême-droite.

La gauche a conservé sa base à 26 points.

Sauf que 15 points de l’électorat de gauche a préféré le centre en 2017.

Tout comme en 1974, 26 points de l’électorat de droite avait préféré le centre.


En somme, MACRON n’a rien réinventé.

Il s’est intelligemment placé sur le créneau du centre.

Depuis lequel il peut aspirer au choix jusqu’à 26 points de l’électorat de droite (44 – 18) et jusqu’à 21 points de l’électorat de gauche (47 – 26).

On peut donc bien s’évertuer à chercher ou à voir un quelconque dégagisme en 2017 ; la réalité est plutôt que l’a emporté le candidat du MoDem et dissident du PS…

Et le calcul de MACRON qui est de siphonner les voix de la droite en 2022 fonctionne aussi, sans rien avoir de plus de novateur ou de dégagiste.


Car en imaginant que la gauche s’unisse et fasse 47 %, tant que MACRON, avec les 9 % du centre, fait plus qu’un candidat d’union de la droite à 44 / 2 = 22, donc imaginons fait 23 %, ce dont il n’a même pas besoin car la droite va encore se diviser avec son extrême-droite, alors il se qualifie pour le second tour.

Et normalement, il l’emporte à la fin par défaut avec 53 % avec les voix des droites qui se porteront plutôt sur lui que sur le candidat de la gauche.

Sauf que, et c’est là le grain de sable, il commence à y avoir une partie de la droite qui n’a pas envie de faire le report et préfère la victoire de la gauche à un nouveau MACRON.

C’est d’ailleurs ce qui est arrivé à GISCARD en 1981, sauf que la droite la plus conne du monde, pensait alors que la gauche se décrédibiliserait et qu’elle reviendrait en championne, ce qui a mis 14 ans à arriver avec un nouveau champion qui a mis le temps à s’imposer…



Sur l’arrêt de « On n’est pas couché » (ONPC), victime du politiquement-médiatiquement-correct

Victime collatérale du Covid-19, On n’est pas couché (ONPC) s’arrêtera à la fin de la saison, qui serait apparemment décalée à la fin de l’année civile.

Enfin ! Aurais-je envie d’écrire. La fin d’un supplice tant cette émission était devenue insupportable à regarder depuis quelques années, car niaise et bienpensante. D’ailleurs, j’ai personnellement arrêté après la présidentielle de 2017 qui fut observée à charge.

Et pourtant, elle fit les grandes heures de la deuxième partie de soirée des samedis de France 2. Moins putassière que ARDISSON, elle rompait alors avec l’infotainment (le mélange d’information et de divertissement) pour retrouver un caractère davantage culturel et sérieux.

Et moi, elle a participé à ma politisation. Je précise que j’ai commencé à regarder ONPC au cours de sa deuxième saison. Déjà Éric ZEMMOUR avait remplacé Michel POLAC.


Or, c’est à la fois justement l’émission qui a fait connaître ZEMMOUR au grand public, ce qui à moi m’apparaît une très bonne chose, parce que c’est aussi le rôle du service public que de donner la parole à toutes les sensibilités politiques. Ainsi que d’autres journalistes de talent qui n’étaient pas autant mis en avant (NAULLEAU, POLONY et PULVAR).

Et puis aussi celle qui a propulsé Florence FORESTI (qui n’est finalement que très peu intervenue) et Jonathan LAMBERT dans des pastilles humoristiques, moins politisées que maintenant.

Finalement l’exact opposé de ce qu’on peut voir aujourd’hui avec les nouveaux chiens de garde du pouvoir (TCHAKALOFF, GIESBERT…) et l’humoriste Fary (« Salut les blancs »).


Mais l’émission était trop longue. On souffrait de voir les invités s’emmerder pendant trois heures à attendre que chacun fasse sa promo, pour certains seulement six ou sept minutes.

Les commentaires d’actualité de RUQUIER étaient de plus en plus orientés, et les séquences où l’on faisait analyser la politique par des artistes n’avaient aucun intérêt, sans parler des choix des dessins de presse qui tournait au dégueulis de bonnes intentions charitables.

En fait, il y a surtout deux problèmes qui expliquent le déclin de l’émission.

D’abord RUQUIER lui-même qui s’est enfermé dans un rôle appuyé d’homosexuel, comique et de gauche, ne choisissant plus d’inviter correctement que des gens de son camp, et dans la repentance permanente d’avoir médiatisé ZEMMOUR. Il faut aussi se rappeler ce grand moment de télé où il annonce l’arrivée de Marine LE PEN et où il fait fuir son public.

Et puis, encore RUQUIER qui alors que la force de son émission était d’avoir deux snipers qui flinguaient les invités, l’un de gauche et l’autre de droite, n’a jamais remplacé Natacha POLONY (l’épisode CONSIGNY fut un échec tellement il jouait mal une droite forcément bourgeoise et ultra-libérale) et a placé des bienpensants s’émerveillant de tout ce que faisaient les invités.

De fait, il n’y avait plus aucun intérêt à regarder. Toutes les productions des invités étaient géniales et portées aux nues. Limite que les seules critiques sont qu’ils avaient trop bien faits. Et puis le bien et le mal sans arguments ni autre forme de procès avec Marine LE PEN étant le mal et le progressisme le bien.


RUQUIER aurait dû s’arrêter après la présidentielle de 2017, quand l’émission est alors devenue totalement putassière. Christine ANGOT ne fut recrutée que pour sa prestation face à FILLON. Yann MOIX pour sa capacité à faire le buzz en se faisant détester.

Et au travers de tous ces nouveaux chroniqueurs, RUQUIER n’a fait que chercher un anti-ZEMMOUR qui est pourtant celui, et peut-être davantage que RUQUIER, et c’est là tout le problème, qui a marqué durablement l’émission.

Donc pas de regrets que ONPC ne s’arrête, mais le regret d’une émission de qualité le samedi soir en deuxième partie, tout comme je regrette Ce soir ou jamais (France 3).

Des invités chahutés quand ils sont mis face à leurs contradictions ou leurs incohérences et des débats avec des strêmes droates dont on pouvait aussi bien se dire « merde, je suis d’accord avec lui », ou « non, je ne suis pas d’accord, il va vraiment trop loin ». C’était de la bonne télé.

Et on ne la retrouve pas ailleurs parce que Les Grandes Gueules ou les grands débats sur CNews ou LCI n’ont aucun répondant. Il n’y a plus cet équilibre et cette culture. Bref, ONPC est surtout victime du politiquement-médiatiquement-correct, et c’est dommage.



Jacques CHIRAC est le vrai responsable de la montée du Front national !

Mais qui suis-je, au lendemain des obsèques de Jacques CHIRAC, pour affirmer que le cinquième président de la Ve République est le vrai responsable de la montée de l’extrême-droite en France ? Éléments de réflexion à l’appui de la thèse suivante :

C’est parce que CHIRAC a (trop) centrisé le RPR après 1982, qui était alors le parti le plus à droite, pour aller concurrencer GISCARD et élargir son électorat au centre au détriment de l’UDF, qu’il a laissé ouvert un créneau à la droite de la droite dans lequel s’est engouffré LE PEN.


De manière liminaire, je ne crois pas à une brutale conversion des Français aux idées du Front national. Tu ne passes pas de 0,11 % aux municipales de 1983 à 10,95 % aux élections européennes de 1984, juste parce que le président de ton parti (Jean-Marie LE PEN) a fait une bonne prestation dans une émission télévisée (L’Heure de vérité du 13 février 1984), dont je ne trouve pas les audiences pour démontrer l’absurdité de la force de conviction de LE PEN qui aurait alors convaincu plus de gens que le nombre qui aurait regardé l’émission.

De plus, la part de migrants et d’étrangers au sein de la population française est restée proportionnellement stable entre 1975 et 1990. Il paraît donc étonnant que les Français se soient tous réveillés un matin en trouvant qu’il y avait trop d’étrangers en France, ce qui à l’époque était la principale raison du vote FN.

Source : Wikipédia – Le pourcentage d’immigrés ne prend en compte que les personnes nées à l’étranger.


Or, pendant des années, on a considéré que les électeurs du Front national (FN) étaient les communistes blasés d’attendre le Grand Soir, tandis qu’ils se faisaient piquer leurs boulots peu qualifiés par les immigrés. Et qu’ils se seraient soudainement convertis au FN parce que MITTERRAND aurait permis à ce parti d’accroître sa visibilité médiatique… Je trouve cette thèse ridicule car d’où viendraient les voix de l’extrême-droite, sinon de la droite…

Personnellement, je pense que les vases communicants de la politique ne se sont pas tellement plus faits dans le sens PC ==> FN, que plutôt dans un sens PC ==> PS et RPR, et PS et RPR ==> FN. Même si des enquêtes d’opinion montrent quand même que de nombreux électeurs PC sont passés au FN.

Ce que je veux dire, c’est déjà qu’il y a toujours eu 10 % de fachos dans la population française, mais qu’ils votaient à droite, notamment au RPR avant 1983, mais par défaut, alors même que CHIRAC était surnommé « facho CHIRAC ».

Et ensuite et surtout, que les électeurs d’extrême-droite ont osé quitter le RPR pour le FN quand CHIRAC l’a centrisé après 1981.


Pour comprendre cette analyse, il faut revenir au contexte de l’époque.

L’expression politique de l’extrême-droite est inexistante, et personne ne se dit qu’elle pourra porter. Ils ne font même pas 1 % à chaque élection, et ne cessent de se diviser entre nationaux-catholiques et nationalistes-révolutionnaires, entre autres micro-tendances. C’est comme se dire que les trotskystes pourraient faire demain 15 % !

Et GISCARD bien que défait en 1981 n’est pas mort. Il est d’ailleurs devenu conseiller général en 1982. Et tout le monde s’attend à ce qu’il reprenne la place en 1988.

Et donc CHIRAC, qui représente crédiblement ce qui existe de plus à droite sur l’échiquier politique, n’a aucun obstacle sérieux sur sa droite, mais uniquement les centristes sur sa gauche, qu’il va tenter de vampiriser. Et donc il va centriser le RPR.

Et c’est comme cela, certes bien aidé par MITTERRAND qui veut diviser la droite, mais qui n’aurait pas réussi s’il n’avait pas existé un créneau politique laissé vide par CHIRAC à l’extrême-droite, que le FN va monter.

À partir de là, il est déjà trop tard, car tout le monde sait qu’une élection se gagne au centre, en convainquant le marais, et donc que la droite ne reviendra jamais totalement à l’extrême-droite, et qu’elle ne fera rien qui pourrait l’éloigner des centristes.

CHIRAC va rester sur sa ligne centriste en 1986, ce qui fait que le FN aura 35 députés, et donc que l’alliance RPR – UDF n’aura pas la majorité absolue aux législatives.

Et en 1988, il va perdre quand LE PEN appellera ses électeurs à voter blanc, nul ou à s’abstenir.

Rappelons quand même qu’il y aura 1,16 million de votes blancs et nuls au deuxième tour, même s’il manquera 2 millions de voix à CHIRAC pour l’emporter.

Du coup, en 1990, CHIRAC infléchit sa ligne politique (« le bruit et l’odeur »), ce qui fait dire à LE PEN que « Les Français préféreront toujours l’original à la copie ».

Or, c’est trop tard, et que LE PEN est durablement installé avec 15 % des voix, et que la droite ne peut plus récupérer sa composante d’extrême-droite.

CHIRAC va alors radicalement contre-braquer et mener une politique centriste, en se montrant plus au centre que BALLADUR avec la fracture sociale.

Cependant une fois élu, il na va rien faire de tout cela, et une infime partie de la droite, déçue de CHIRAC qu’elle trouve trop centriste continue de partir au FN, ce qui permet à ce parti d’arriver au second tour de la présidentielle de 2002, malgré la scission du MNR de Bruno MÉGRET.

CHIRAC aura alors de grandes déclarations comme « Je ne peux pas accepter la banalisation de l’intolérance et de la haine ». Mais il ne va rien faire pour ré-élargir sa base électorale à droite.

Pire, il va créer l’UMP qui rapproche officiellement le RPR du centre, et empêche dès lors tout ralliement de l’extrême-droite, à un parti qui n’est plus perçu comme de droite par les électeurs d’extrême-droite, mais de centre-droit.


C’est alors SARKOZY, qui va réussir à récupérer temporairement des électeurs d’extrême-droite, en s’éloignant du centre, et en profitant de la vieillesse de LE PEN, qui à 79 ans, n’est plus crédible comme président.

Et le FN va tomber à 10 % en 2007.

Sauf que SARKOZY, sitôt élu va croire qu’il a éradiqué le FN, et partir au centre, avec l’ouverture à gauche notamment.

Et qu’il va finalement refaire le jeu du FN en rebraquant sa ligne à droite à partir de 2009, grâce à BUISSON, au moment où le FN reprend du poil de la bête, fortifié notamment par le débat sur l’identité nationale.

Dans le même temps, le Menhir cède sa place à sa fille qui va commencer à dédiaboliser tout cela, et préparer les 33 % de la présidentielle de 2017.

Partant, faut-il croire que SARKOZY aurait pu gagner en 2012, avec quelques semaines de campagne supplémentaires, en allant chercher encore plus loin dans les voix du FN, ainsi que l’indiquent la dynamique des sondages ?

L’expérience de 1988 semble nous dire que cela n’aurait pas été possible.

Toujours est-il que le FN n’aurait selon moi pas pu exister à plus de 10 % si CHIRAC n’avait pas laissé ouvert le créneau de sa politique à la droite de la droite.