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Pourquoi le Front national ne peut pas changer de discours sur l’euro

Si Marine LE PEN a réussi à dédiaboliser le Front national en façade, relativement à son image de parti racialiste et xénophobe, il est un sujet contre lequel elle ne peut rien faire d’autre qu’y être opposé : l’euro.

Le FN défend en effet l’idée d’une souveraineté française totale, d’une indépendance réelle de la France, au moyen d’un État fort qui ait la main sur tous les sujets régaliens parmi lesquels on trouve la maîtrise de la monnaie nationale.

Bien au-delà du problème de la monnaie, ce sont tous les sujets de l’économie et des finances qui sont donc partagés avec Bruxelles, avec la limite que sans argent, impossible de conduire la moindre politique.

Or, l’existence d’une monnaie supra-nationale revient à diminuer la souveraineté de la nation, en affaiblissant l’État français, ainsi obligé de s’accorder avec les autres états, et avec la Banque centrale européenne, pour agir sur la monnaie.

Par conséquent, le FN, s’il défend réellement la souveraineté nationale, doit s’opposer à l’Union européenne et à l’euro. Tout le problème étant que si les Français sont majoritairement eurosceptiques, ils choisissent par défaut des candidats europhiles.

Lors de l’élection présidentielle de 2017, trois des douze candidats étaient ouvertement europhiles : MACRON (24,01 %), FILLON (20,01 %) et HAMON (6,36 %) soit 50,38 % des suffrages exprimés ; à nuancer par le fait qu’une partie de l’électorat FILLON est historiquement eurosceptique, comme l’ont montré les campagnes référendaires de 1992 et 2005.

Cela n’a pas empêché, en considérant quand bien même, que les eurosceptiques ne soient que 49 %, que ce chiffre est retombé à 33 % au second tour.

Dans beaucoup de sondages réalisés, le thème de l’euro est préjudiciable à Marine LE PEN car les Français craignent un appauvrissement si l’on sortait de la zone euro.

Or, le FN ne peut rien dire d’autre qu’il désire abandonner la monnaie unique, s’il veut garantir l’indépendance de la France.

Sauf à faire comme la droite modérée qui prétend que l’indépendance nationale ne passe pas par le contrôle de la monnaie.

Ou comme Nicolas DUPONT-AIGNAN, qui dit avoir retiré de son programme le thème de la sortie de la monnaie unique, parce qu’après la crise financière, il considère que l’euro est condamné à court terme. Toujours est-il qu’il n’exprime plus qu’il est contre.

Jean-Marie LE PEN pouvait se permettre d’éluder ce discours sur l’euro, d’une part parce qu’il ne s’adressait qu’à des segments électoraux minoritaires, ne cherchant pas à gagner une élection ; d’autre part, parce qu’il a co-fondé le FN en 1972 à une époque où le Marché commun était encore en plein développement, et où la question de l’euro ne se posait pas (il faudra attendre Valéry GISCARD D’ESTAING et son fameux écu). Marine LE PEN ne le peut pas.

Et pourtant, les électeurs de droite ou du Front national n’attendent pas prioritairement de réponses économiques, mais d’abord et actuellement des réponses sociétales. Les droites se trompent à parler d’économie comme elles le font, d’autant que leurs solutions dépendent du système que tant de leurs électeurs rejettent.

Marine LE PEN, parce qu’elle est à la tête de la deuxième ou troisième force politique française, est obligée de proposer une politique sur ce sujet qui ne peut que lui être préjudiciable.

À partir de là, soit elle doit trouver des économistes audacieux capables de transformer l’euro pour que les pays retrouvent la main dessus. Soit elle doit attendre et accumuler la défiance des Français vis-à-vis de l’UE et de l’euro, mais il lui sera difficile d’atteindre 50 %.

Dans tous les cas, il ne lui est pas possible de changer de discours, même pour être élu, au risque d’être en contradiction avec la ligne idéologique de son parti… Et la solution pourrait alors être effectivement de changer le parti, au risque cette fois de perdre les électeurs…



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Comprendre le reflux du Front national (FN) aux législatives

D’aspect, le Front national (FN) progresse. Ils ont obtenu 7 députés au scrutin majoritaire à deux tours, quand leur précédent record était de 2 ! Mais en réalité, le Front national a perdu 1/3 de ses voix par rapport aux élections législatives de 2012. Mais alors pourquoi ce reflux ? Voici trois raisons qui peuvent justifier de la fin d’un engouement déraisonné pour ce parti, en même temps terrible car révélateur du choix du FN par convictions.

Pour beaucoup de commentateurs politiques, c’est la ligne politique gauchisante de Florian PHILIPPOT qui est à remettre en cause. Cette dernière aura pourtant eu le mérité d’amener au Front national tout l’électorat social, qui a priori ne devrait pas quitter le Paquebot. Mais au-delà, PHILIPPOT, notamment du fait de son homosexualité revendiquée, effraie une partie droitière du parti. Sans rien changer à la ligne, il risque d’être sacrifié pour donner des gages.


1. MACRON et la fin du clivage PS/LR

Beaucoup de Français votaient FN, sans en souhaiter la victoire, pour dégager une troisième voie électorale et dire leur mécontentement aux deux plus grandes formations alternant l’exercice du pouvoir. Mais aujourd’hui que MACRON a réussi ce coup politique, tous les électeurs modérés qui votaient FN pour cette raison vont plutôt aller soutenir MACRON. On retrouve ici l’idée que les Français préfèrent toujours par principe le centre aux extrêmes, et que c’est là qu’une victoire se joue.


2. Le raté du débat présidentiel d’entre-deux-tours

On sous-estime encore trop peu l’impact de la catastrophe qu’a été la prestation de Marine LE PEN face à Emmanuel MACRON. Non pas que MACRON se soit montré plus fort, mais c’est la vraie première fois que les Français découvraient Marine LE PEN. Et qu’est-ce qu’ils ont vu ? Une femme qui a passé son temps en invectives, en se limitant au fond de commerce habituel. Mais surtout une femme qui n’a su expliquer aucun dossier technique : sur l’euro, l’Europe et l’immigration.


3. Le plafond de verre décourageant les électeurs

Le scénario devient récurrent : le FN arrive à se qualifier pour le second tour, alors en face, on réalise « l’union nationale », relayée par la presse, soutenue par les financiers, encouragée par la bienpensance. Et le FN perd presque à chaque fois l’élection. Aussi, malgré le ralliement de Nicolas DUPONT-AIGNAN, que Marine LE PEN n’ait obtenu que 34 %, soit presque onze millions d’électeurs, décrit bien ce plafond de verre (qui a certes reculé au double de ce qu’il a été), mais montre l’irréalisabilité temporaire d’accéder à la victoire.


La vraie réforme du Front national ne pourra arriver qu’au décès de Jean-Marie LE PEN, qui rassure certains par une capacité à influencer sa fille, donc permet au parti de conserver sa base historique. Mais la transformation du FN en machine à gagner ne pourrait se faire que sous l’impulsion d’une Marion MARÉCHAL qui réalise la synthèse entre ce que proposait son grand-père, ce que dit sa tante et ce qui est intéressant chez PHILIPPOT. Elle s’est mise en retrait de la politique, mais pourrait revenir au moment le plus opportun pour ce parti…



Pourquoi Nicolas DUPONT-AIGNAN a-t-il eu raison de rejoindre Marine LE PEN ?

Depuis l’annonce de son ralliement à Marine LE PEN, Nicolas DUPONT-AIGNAN est sous le feu des injures et des critiques. Le député-maire de Yerres a même signé un accord de gouvernement avec la candidate frontiste et se retrouverait propulsé Premier ministre si jamais LE PEN l’emportait dimanche. Certains disent que c’est une faute politique ; j’affirme au contraire que DUPONT-AIGNAN a eu raison de saisir cette dernière chance.

Voilà dix ans que Nicolas DUPONT-AIGNAN (NDA) tente de nous convaincre du bien-fondé de sa gestion et de son programme. Dans sa ville, il est réélu à plus de 75 %, au national, il ne dépasse pas 5 %. Faut-il y voir une influence des médias ? Toujours est-il que NDA sait qu’il a atteint son plafond de verre, profitant pour le coup des affaires de FILLON, et qu’il ne sera donc jamais président. S’allier au FN lui offre donc une porte de sortie et la raison de ne plus être candidat.


Une opportunité historique

À quelques heures du premier tour, le FN doutait d’être au second tour. Il n’a pu l’être que parce que les principaux partis se sont décrédibilisés sous ce mandat, sinon il aurait dû être troisième. Parce que NDA sait qu’il ne sera pas au second tour mais qu’il veut gouverner, du moins participer, et que LR ne lui permettra jamais parce qu’il en est issu (il faut regarder ce qui se passe en Essonne), le FN est dans le cas présent sa seule chance d’agir avant très longtemps !


NDA n’est pas DE GAULLE

Pour autant que DE GAULLE soit aussi beaucoup allé à l’instinct, le premier président de la Ve République a su être reconnu par les Français, ce que n’a jamais réussi à faire NDA. On lui a beaucoup reproché son souverainisme, qui effectivement n’est pas une priorité des Français qui ne comprennent pas qu’on ne puissent pas relancer l’Économie à cause de l’Union européenne qui a décidé que les industries polluantes, c’était à l’Est… Ça fait dix ans qu’il le dit.


L’après-élection

Si LE PEN gagne, NDA est Premier ministre. Si elle perd, il tentera de rester député. S’il réussit, il abandonnera probablement son mandat de maire et sera tranquille pendant cinq ans. S’il échoue, il restera maire. S’il n’est pas député et qu’il n’est pas réélu maire (ce qui dans les deux cas m’étonnerait même s’il ne fait plus 70 %), il passera à autre chose. Parce qu’il a 56 ans, et qu’il doit être fatigué de tout faire tout seul, en étant constamment humilié par les médias…


Passer de 1,7 % en 2012 à 4,7 % en 2017, il faut le faire. Les méchantes langues prétendront que ce n’est que grâce à FILLON, ou au Brexit et à TRUMP… Alors même si vous représentez quelque chose, vous ne servez à rien, vous ne pouvez pas apporter votre pierre à l’édifice, et finalement vous vous décevez vous-même parce que vous vous sentez inutile. En prenant la décision radicale de lier son avenir à celui du FN, NDA s’évite cinq ans de déprime en plus…

Je comprends personnellement, parce que je suis engagé en politique en indépendant, le choix de NDA. On peut regretter que ce soit avec le FN, mais LR ne l’aurait jamais repris car ils le jalousent. Il y a un moment où la politique prend beaucoup de place dans la vie, au détriment de beaucoup d’autres choses, et où il n’y a pas des milliers de solutions pour arrêter. Je pense que NDA espère faire du bien à la France, et si LE PEN rate, en profiter pour cesser cette vie.



Observatoire n°7 de la campagne des législatives 2017 en Essonne (7e circonscription)

Le premier tour de l’élection présidentielle est passé et a considérablement rebattu les cartes. Alors que tout semblait donner gagnant Robin RÉDA dans un second tour face à Éva SAS, ce sont les candidats présidentiables d’En marche et de la France insoumise qui sont arrivés largement en tête, tandis que les candidats des Républicains et du Front national sont à la traîne. Vont-ils réussir à reproduire l’exploit aux élections législatives ?

Toute victoire d’Emmanuel MACRON donnerait un élan sérieux à la candidature En marche. Tout l’ambiguïté est que nous ignorons encore quelle personne représentera le parti d’Emmanuel MACRON. Dans tous les cas, le binôme Robin RÉDA – Jean-Marie VILAIN reste le plus reconnu à l’échelle de la circonscription. Mais la présidentielle a quand même placé en quatrième position le candidat soutenu par LR et l’UDI… Quoiqu’il y ait aussi le suicide politique de DLF.


Les candidats

  • Lutte Ouvrière devrait présenter un candidat

 

  • Le Nouveau parti capitaliste devrait présenter un candidat

 

  • La France insoumise présente Mounia BEN AILI en titulaire et Vivien REBIÈRE en suppléant

 

  • Le mouvement 100 % a investi Catherine BOMPARD

 

  • Le PC, EELV et le PS présentent la députée sortante Éva SAS avec probablement le castelvirois Paul DA SILVA en suppléant

 

  • En marche, qui doit investir 96 candidats MODEM sur la France, a le choix entre plusieurs candidats dont Mathieu FLOWER (MODEM), Étienne CHAUFOUR (ancien maire de Juvisy), Bernard BLANCHAUD.

 

  • LR-UDI a investi Robin RÉDA en titulaire et Jean-Marie VILAIN en suppléant.

 

  • Votre serviteur est candidat divers-droite.

 

  • DLF a investi Hélène BRUNG qui a toutefois pris des distances avec la ligne de Nicolas DUPONT-AIGNAN

 

  • Le FN a investi Audrey GUIBERT en titulaire.

L’avancement des campagnes

  • LR-UDI sont les plus avancées avec des réunions, des campagnes d’affichages, des tracts.

 

  • Éva SAS a commencé doucement sa campagne avec une réunion, une campagne d’affichage et un tract.

 

  • La France insoumise a organisé une réunion publique

 

  • En marche n’a toujours pas investi son candidat

 

  • Le FN est pour l’instant toujours à faire sa campagne présidentielle.

Les chances de chacun

Le candidat En marche devrait donc se retrouver au deuxième tour et pourrait l’emporter.

Les candidats de la France insoumise vont pâtir du soutien du PC à Éva SAS, ainsi que de l’absence médiatique de Jean-Luc MÉLENCHON. Gabriel AMARD aurait pu l’emporter, mais je pense que la France insoumise devrait plafonner autour de 10 % des voix.

La candidate du Front national devrait échouer à rien de la place qualificative. Avec un score autour de 15 %, elle n’aura pas les voix de 12,5 % des inscrits nécessaires pour se qualifier au second tour.

LR-UDI devrait améliorer le score de FILLON, mais avoir un score assez bas par rapport à ce qu’il aurait pu être il y a deux ans.

Éva SAS devrait mécaniquement chuter et ne pas pouvoir se qualifier pour le second tour.

Debout-la-France qui pouvait atteindre 5 % devrait rester à 1 %.


Je mise donc sur un second tour En marche / LR-UDI et j’imagine une victoire d’En marche avec 52 % des voix. Le tiercé final devrait se jouer dans un mouchoir de poche. Parce qu’un seul candidat de gauche ne devrait pouvoir se qualifier, alors il bénéficiera de reports de voix qui lui seront favorables, dans un contexte où la droite n’est plus au rendez-vous. Attendons déjà de voir le second tour de l’élection présidentielle, et les débuts du nouveau Gouvernement.