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Municipales : plus de deux listes peuvent fusionner ensemble au second tour

Aux élections municipales, la fusion de listes est-elle limitée à seulement deux listes fusionnantes ensemble ?

Ou trois, ou quatre, voire même cinq listes du premier tour peuvent-elles fusionner ensemble sur une seule et même liste ?

La réponse se trouve au deuxième alinéa de l’article L.264 du code électoral.

« Ces listes [pouvant se présenter au second tour] peuvent être modifiées dans leur composition pour comprendre des candidats ayant figuré au premier tour sur d’autres listes sous réserve que celles-ci ne se présentent pas au second tour et qu’elles aient obtenu au premier tour au moins 5 % des suffrages exprimés.« 

Le pluriel, des autres listes, indique donc qu’un nombre de listes supérieures à deux (trois, quatre…) peuvent fusionner ensemble au deuxième tour, sous réserve qu’elles aient chacune obtenues au moins 5 % des suffrages exprimés.

Par ailleurs, il n’existe pas de restriction au nombre total de fusions de listes. C’est à dire que peuvent concourir au second tour plusieurs listes fusionnées.


Cette analyse a été confirmée ce 14 avril 2020 par le service Élections de la préfecture de l’Essonne.




Observatoire politique des élections municipales 2020 à Savigny-sur-Orge – n°2 – novembre 2019

On commence enfin à y voir légèrement plus clair dans ces élections municipales.

Je maintiens qu’il y aura sept listes candidates à la fin.

Et je m’étonne toujours autant du retard occasionné par les nouveaux délais de pré-campagne, réduits de un an à six mois, qui font que seulement cinq listes se sont pour l’instant officiellement déclarées (IZARD, BLANCHAUD, VAGNEUX, FABRE et DEFRÉMONT) à moins de cinq mois des élections.



Les 11 listes potentielles (en italique, celles qui pourraient ne pas aboutir)

– IZARD (majorité présidentielle) – soutenu par LaREM

– BLANCHAUD (divers-droite) – soutenu par Nous citoyens et le CNIP

– VAGNEUX (divers-droite)

– FABRE (centre) – soutenu par l’UDI

– DEFRÉMONT (union de la gauche) – soutenu par EELV, le PS et le PCF

– MEHLHORN (union de la droite) – soutenu par LR

– GUIBERT (Rassemblement national)

– CURATOLO (divers droite)

– ESTIVILL (extrême-gauche) – soutenu par le POI

– MAHROUG (France Insoumise)

– … (musulmane communautaire)


Les 2 partis qui veulent participer mais qui ne savent pas encore avec qui

– Debout-la-France

– Le Mouvement Démocrate


Les négociations en cours

– DLF cherche à quitter LR, mais ne trouve personne d’autre (pourquoi n’iraient-ils pas avec CURATOLO ?)

– Le MoDem négocie de pouvoir rester avec LR.



Les sondages

Je n’ai toujours pas de connaissance de sondage officiel, même si un proche de MEHLHORN m’a soutenu qu’il y en avait un et que j’étais à 3 % pour me dire que j’étais minable.


La campagne

Les documents : 2 pour VAGNEUX, 1 pour FABRE, rien pour les autres

L’affichage : Disputés entre VAGNEUX et FABRE

Les sites internet et les réseaux sociaux : en construction pour la plupart des candidats

Les locaux de campagne : un seul pour FABRE ; BLANCHAUD y réfléchit


La dynamique de campagne

Au global, l’élan suscité par la candidature LaREM est retombé. VAGNEUX et FABRE en profitent, mais cela ne peut durer que tant qu’ils ne sont que tous les deux.

– IZARD est sur le terrain et régulièrement en porte-à-porte. Mais il a plus de mal que prévu, et les gens ne le connaissent pas.

– BLANCHAUD est assez présent dans le quartier du Boulevard du Bardy à Juvisy. Il est dynamique sur internet mais semble avoir des difficultés à composer sa liste.

– VAGNEUX se rend présent par ses journaux et son affichage. Mais beaucoup ne le connaissent pas, et on le voit trop souvent tout seul, ou très faiblement accompagné.

– FABRE fait plutôt un bon début de campagne, mais il est poursuivi par sa réputation. Le soutien de Laurence SPICHER-BERNIER ne semble rien changer.

– DEFRÉMONT commence, mais son équipe reste globalement la même qu’en 2014 et il ne perce pas au-delà de la gauche historique.


L’avancement des listes

À ce stade, seuls FABRE et VAGNEUX semblent en mesure de présenter 39 personnes. Leurs listes restent cependant ouvertes jusqu’au dernier moment.


Estimation des scores (je fais exprès de ne rien me mettre – les couleurs indiquent des dynamiques par rapport au mois écoulé)

IZARD (LaREM) : 20 % (↓)

– BLANCHAUD : 7 % (↑)

– VAGNEUX

– FABRE (UDI) : 9 % (↑)

– DEFRÉMONT (UG) : 13 % (↓)

– MEHLHORN : 11 % (↑)

Il reste 40 % à accorder dont les 15 % du RN.


État des lieux

À ce stade, les candidats attendent d’abord de savoir ce que fait le RN, puis l’annonce d’entrée en campagne de MEHLHORN (logiquement fin novembre).

Même si certains annoncent des programmes en décembre, rien ne devrait réellement se passer avant janvier, du fait de la mauvaise période des fêtes.

Pour l’instant, et tant qu’il ne se passe rien, la dynamique du vide profite à FABRE et à VAGNEUX, mais cela ne devrait pas durer.




Écriture d’invention : La proposition, ou quand David FABRE suggère un ticket à Éric MEHLHORN pour le second tour des municipales 2021

ÉPISODE 1 : La proposition


Nous sommes le dimanche 21 mars 2021, aux alentours de 21 heures 20.

C’est à la fois le premier tour des élections municipales à Savigny-sur-Orge, dans l’Essonne, et en même temps le premier tour des élections départementales.

À l’origine, les municipales devaient se tenir en mars 2020. Mais la popularité du président Emmanuel MACRON ayant brutalement chutée à 19 % à la fin de l’année 2018, celui-ci a décidé en mars 2019 de les repousser d’un an, en espérant qu’elle remonte d’ici là.

Les premiers résultats pour les municipales s’esquissent… MEHLHORN (LR), le maire sortant, et IZARD (LREM) semblent au coude à coude, mais les scores sont beaucoup plus serrés que prévus, et l’ordre d’arrivée apparaît de moins en moins certain.


Minute après minute, la salle des fêtes se remplit progressivement de Saviniens inconnus dont la seule appétence pour la politique se limite aux résultats d’élections ; à ce soir très précis. Pour savoir qui est arrivé en tête. Pour essayer de deviner qui sera le prochain maire. Pour vivre l’Histoire. Pour se faire voir auprès de celui qui aura la puissance municipale pour les prochaines années, en espérant qu’il fasse tomber quelques miettes de sa table.

Les mêmes qui étaient arrivés au second tour de l’élection municipale de 2014 en affirmant que SPICHER allait gagner parce qu’elle était alliée avec FABRE, au sortir d’un raisonnement de comptoir que 21 et 14 font 35…

On sait qu’on reverra ces gens dimanche prochain, et peut-être même le jour de l’élection officielle du maire, puis qu’ils disparaîtront de nouveau ensuite pendant six ans. Curieuse espèce qui mériterait une observation ethnologique poussée.


Les bureaux de vote n°1 et 2 finissent de dépouiller. Un énième dysfonctionnement de l’administration a quelque peu retardé la mise en place des opérations de dépouillement pour la partie municipale.

Audrey GUIBERT (RN), qui participait à la tenue d’un de ces bureaux, s’énerve de l’attroupement qui se fait autour d’elle ; de ces gens qui veulent voir les premiers résultats.

Elle est surtout en colère de ce retard qui l’empêche d’exercer ses fonctions de responsable départementale du RN, alors que les appels se multiplient sur son téléphone, et qu’elle ne peut décemment pas les prendre.


D’autres têtes de liste sont déjà dans la salle : David FABRE, en grande discussion avec ses colistiers, toujours plein d’emphase, avec sa bonhommie, son accent et sa rondeur d’un homme du Sud-Ouest qu’on n’arrive pas réellement à détester. Lui se réjouit de son score qui sera plus haut que ce que tous les sondages pouvaient lui prédire.

Jean-Marc DEFRÉMONT, à la tête de la liste écolo-insoumise, se décompose au fur et à mesure que les résultats se précisent. Il change littéralement de couleur et devient livide.

Et Olivier VAGNEUX fait clairement la gueule parce qu’il a compris que sa vie politique s’arrêterait ce soir, au plus tard dans une semaine… Il a raté sa campagne, l’a sûrement aussi un peu sabordé tant il voulait que tout s’arrête.


Alexis IZARD, tête de liste En marche se trouve dans son QG savinien de la Grande-Rue. Entouré de Bernard BLANCHAUD et de Pierre GUYARD qui l’a rejoint sur sa liste, il se dit confiant mais reste en réalité extrêmement méfiant. Ce soir là, ils sont seulement deux à parfaitement comprendre ce qu’il se passe, et ni BLANCHAUD ni GUYARD ne sont de ces deux là.

Les sondages donnaient pourtant IZARD bien en tête, mais il s’inquiète de ce taux de participation à seulement 54 %. Il faut bien dire que cette élection s’est transformée en référendum anti-MACRON, et que le contexte politique national n’est plus du tout favorable à tous ceux qui se réclament du président.


Éric MEHLHORN, enfin attend péniblement dans son bureau. Il a encore pris une taille et son visage est toujours plus rouge et bouffi, mais sincèrement, plus personne ne voit la différence. Le blond de ses cheveux perd aussi en intensité ; il vieillit tout simplement. Il irait bien s’en griller une, voire même plusieurs. Mais ses proches lui conseillent de ne pas sortir tant que les résultats définitifs ne sont pas connus. Pourtant, il n’a pas réellement à craindre pour sa personne, d’autant qu’il n’a pas rencontré de franches hostilités durant sa campagne. Les gens auraient même plutôt tout oublié, et se montreraient presque compréhensifs.

Il est néanmoins anxieux et regarde frénétiquement sa collection de voitures de course et ses tableaux d’avions de chasse. Les SMS et les notifications défilent sur ses portables. Il sait qu’il joue gros. Les premiers résultats dans le Sud-Essonne ne sont pas super favorables à la droite. Son mandat de conseiller départemental aussi est en jeu ce soir. S’il perd, il devra retrouver un emploi. S’il gagne, il n’a plus qu’à tenir jusqu’à au moins 57 ans pour toucher sa retraite d’élu.

À ses côtés, se tiennent quelques uns de ses fidèles parmi lesquels Véronique, sa femme, dernièrement embauchée au cabinet du maire, Caroline COUTINHO, Alexis TEILLET ou encore Julien MIALLET qui ont fait le pari de miser sur MEHLHORN.

BÉNÉTEAU n’est pas là, mais il n’a pas finalement pas fait dissidence. ACHTERGAËLE non plus. Ils sont encore sur la liste, mais savent qu’on leur fera payer leur manque de soutien, et qu’ils seront très vite écartés.


Aucun sondage officiel n’est paru, même si trois partis en ont commandé un, réalisés fin 2020, qui ne seront dans aucun cas déclarés à la commission des comptes de campagne.

La liste En marche arrive toujours en tête avec 22 à 28 % des voix, suivie de la liste LR entre 18 et 24 %. la liste de gauche est créditée de 15 à 19 %. Celle du RN de 11 à 14 %. Enfin, la liste UDI est créditée de 6 à 9 % tandis que tous les autres sondés ont déclaré soutenir une autre liste. Dans tous les cas, celle de VAGNEUX n’a jamais été testée.


Dans la salle des fêtes, la tension monte. Des soutiens de DEFRÉMONT ont invectivé des colistiers du RN, en réponse à des provocations de ces derniers. La Police municipale, et quelques autres personnes du public, font barrage puis écartent gentiment les plus excités. L’un semble d’ailleurs carrément ivre, il est fermement reconduit dehors.

Un jeune journaliste d’EssonneInfo est là et interviewe Olivier VAGNEUX. Deux dames d’une soixantaine d’années, s’avancent, interrompent le candidat, et disent au journaliste que celui-là, il ne faut pas l’écouter, car il ne raconte que des conneries.

Trois élus de la majorité municipale, que l’on n’a jamais entendu en conseil, viennent aussi voir VAGNEUX, dont le score ne dépassera vraisemblablement pas 13 %, pour se moquer et le provoquer. Tout à coup, ils se sentent en position de force et se vengent et se libèrent de sept ans de vexations.


Entre temps, les premiers résultats par bureaux tombent. MEHLHORN dépasse les 30 % aux Gâtines et aux Marguerites. En Marche fait de bons résultats sur le Plateau, entre 26 et 28. FABRE, un très bon score à Grand-Vaux et aux Prés-saint-Martin. « Quel clientélisme a-t-il encore inventé pour obtenir ces résultats ? », se demande un ancien élu, fin connaisseur de la politique municipale.

L’écran de vidéoprojection de la salle des fêtes sort soudainement de son mode veille, éclairant tout l’espace d’un teinte bleutée.

La première diapo présente une photo de toutes les têtes de liste.

Ultime vengeance d’Armand STEIGER à l’encontre d’Olivier VAGNEUX, la photo de ce dernier est dégueulasse, datée, pixelisée au possible, sorti d’on ne sait où. Comme une vengeance du responsable des services d’information à l’encontre de celui qui a porté plainte contre lui pour détournement de fonds de l’ASLS Musculation ; des faits non établis par la Justice, de toute façon pour partie prescrits…

Le silence se fait, comme s’il se passait quelque chose de vachement important, alors que ce ne sont que les résultats du premier tour, et qu’il apparaît à l’avance que tous les candidats sont qualifiés pour le second tour…


Il est 21 heures 42 lorsque les résultats des municipales s’affichent sur l’écran. Ceux-ci ne sont pas encore officiels, et l’inscription « estimations » est précisée en face de chaque résultat, car il faut attendre que MEHLHORN descende pour les proclamer :

  • La liste LR/Libres/MODEM dissident, DVD et indépendants conduite par Éric MEHLHORN, arrive en tête avec 23 %.
  • La liste LREM/MODEM/PS, conduite par Alexis IZARD obtient 21,5 %.
  • La liste RN/DLF, conduite par Audrey GUIBERT, obtient 17,5 %.
  • La liste UDI, conduite par David FABRE, obtient 14,5 %.
  • La liste EELV/LFI, conduite par Jean-Marc DEFRÉMONT, obtient 13 %.
  • La liste Vivons Savigny autrement, conduite par Olivier VAGNEUX, obtient 10,5 %.

Un tonnerre d’applaudissements résonne quasiment instantanément dans la salle, venant d’un public très clairement acquis à MEHLHORN. Quelques membres du collectif Sauvons l’enfance de Savigny huent les résultats, mais leurs voix sont couvertes. Plus personne ne doute que MEHLHORN, arrivé en tête de ce premier tour, ne soit pas reconduit pour six ans de plus.

C’est alors que David FABRE demande au journaliste d’EssonneInfo présent de le suivre, s’avance jusque devant la scène mais ne monte pas dessus, et fait signe qu’il veut faire une déclaration. Certains lui cherchent un micro, mais FABRE fait signe qu’il n’en a pas besoin. La très grande masse de la foule se tait pour l’écouter ; plusieurs dans le public se moquent de lui sans même savoir ce qu’il va dire. Et en quelques mots bien pesés et bien préparés, il indique qu’il va proposer une union à Éric MEHLHORN pour le second tour, dans l’intérêt de Savigny et des Saviniens, et bla bla bla

Quelques uns sourient nerveusement, d’autres éclatent de rire. Peu comprennent que David FABRE est l’homme le plus sérieux du monde, et que cette alliance a déjà été préparée et actée par les états-majors des partis.

À SUIVRE !