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Christine RODIER, Robin RÉDA et Éric MEHLHORN ont-ils intérêt à quitter LR ?

Une semaine après les 8,48 % aux européennes, et maintenant que Laurent WAUQUIEZ a démissionné de la présidence des Républicains, préfigurant un changement de ligne politique, nombre de militants et d’élus LR ne savent plus où ils habitent. Ils s’interrogent. Doivent-ils rester LR en vue des prochaines municipales ou rejoindre un parti de droite macroniste comme Agir, pour espérer obtenir un soutien présidentiel ?


Je vous propose d’étudier cette situation par l’exemple de trois élus LR du Nord-Essonne.

D’un côté, il y a Christine RODIER, maire d’Athis-Mons, plutôt tenante d’une droite réactionnaire, ancienne candidate du Mouvement pour la France de Philippe DE VILLIERS ; par ailleurs, proche de Georges TRON, lui-même vu plutôt à la droite de la droite.

De l’autre, il y a Éric MEHLHORN, maire de Savigny, plutôt libéral et centriste, une droite orléaniste, proche de JUPPÉ et de PÉCRESSE.

Au milieu, il y a Robin RÉDA, député et ancien maire de Juvisy, qui se veut bonapartiste et rassembler les droites, mais qui en réalité est orléaniste aussi. Pro Bruno LE MAIRE qui a rejoint MACRON ; les deux ne se cachent pas de continuer à avoir des contacts, alors que RÉDA est président de la fédération départementale LR…


Il y a quelques jours, j’aurais pensé plausible que face à une droite WAUQUIEZ qui s’affaiblisse au contact du RN, les libéraux puissent s’en aller, et rejoindre un parti comme Agir, juste afin d’obtenir l’appui des macronistes aux municipales, tout en conservant celui de LR qui ne va pas désinvestir tous ses candidats.

Je ne dis pas cependant qu’ils l’auraient fait, car jusque-là, et sans échéances électorales, LR restait une grosse force politique avec des grosses mairies, les départements et les régions, un groupe à l’Assemblée et la majorité au Sénat. Mais là, il est clair que cela n’imprime plus, dans la libération progressive de la parole des cadres et des militants !

Même si le RN est arrivé en tête à Athis, RODIER la première ; pas plus que les deux autres dans des villes où le RN est moins fort, n’ont aucun intérêt à rester dans un LR droitier, puisqu’ils feraient alors fuir leurs électeurs centristes vers En marche, tandis que les électeurs extrêmes iront quand même au RN original.

Alors certes, RODIER, MEHLHORN et RÉDA ont soutenu BELLAMY aux européennes, mais en passant tous rapidement, avec armes et bagages, ils pouvaient espérer s’en tirer à bon compte. MACRON est assez malin, il connaît ses forces et la carte électorale. Il sait qu’il ne peut pas gagner tout seul.

RODIER elle-même n’a-t-elle pas envoyé Omar EL MOURABET comme une taupe chez En marche pour préparer le terrain d’une liste commune s’il avait l’investiture ?

RÉDA représente quand même la fédération. On attend d’ailleurs toujours qu’il s’exprime sur la question, mais rien, nulle part… Son départ constituerait une belle prise de guerre, et la faillite d’une section départementale de LR qui a perdu tous ses cadres historiques, à l’exception de TRON, toujours visé par les affaires… PERRIMOND ne se représentera pas, et on parle de la femme de RÉDA comme d’une possible tête de liste…

Seul MEHLHORN pouvait payer les pots cassés d’un passage à En marche, en tant que lui est trop mauvais en tant qu’élu. Car même RODIER a réussi à progressivement modifier son image, en s’entourant d’une administration qui parvient à rattraper les pots cassés.


Or, maintenant que LR va probablement adopter une ligne PÉCRESSE, nos bons amis n’ont plus intérêt à partir.

Car ainsi, ils vont quand même garder la voix des LR droitiers qui ne veulent pas du RN.

Tout en partant chasser du côté du centre-droit et des libéraux, où ils se casseront la gueule, parce que les électeurs préféreront les originaux macronistes.

Si donc se posait la question d’un faux-départ des derniers élus locaux de LR, parce qu’ils auraient quand même cumulé les investitures Agir et LR, celui-ci n’a plus de raison de se poser, même si à n’en pas douter, les LR qui le peuvent demanderont aussi l’investiture d’Agir !

Et il est intéressant d’en déduire que LR va oublier de mener une campagne à droite pour désormais mener une campagne au centre, suivant le principe que la victoire se joue au centre.

Ce faisant, ils vont se heurter à un centre fort, et devraient être assez inaudibles, entre LaREM, le MoDem, l’UDI et Agir.

Partant, la campagne ne se jouera pas à droite, mais avec ceux de droite, en ont marre de ce jeu de vases communicants, et veulent des valeurs et des convictions !

Or, en ne quittant pas LR, et en faisant semblant que le parti se réforme, les élus locaux vont tenter de jouer la carte du renouveau. Cela ne pourra pas être pire qu’avec WAUQUIEZ, mais risque malgré tout de rester insuffisant…



Pourquoi élire un nouveau président des républicains (LR) en 2017 ?

Je ne sas pas pour vous, mais personnellement, j’ai cette impression que LR au niveau national est en élection permanente ; un sentiment certainement entretenu par les médias : d’abord le psychodrame de 2012 avec l’élection de COPÉ. Puis l’élection du président en 2015 (SARKOZY). Puis la primaire de la droite et du centre en 2016 (FILLON). Et maintenant la nouvelle présidence de LR en 2017… Mais à part cela, que font-ils ?

J’ai beau n’avoir que 26 ans, j’ai une vision constitutionnelle un peu datée ; celle de 1958. Les partis politiques doivent contribuer à l’organisation de la vie politique. Or, que fait LR depuis 2012 ? Ils attendent que ça se passe, en jouant sur l’histoire de la droite, qui traditionnellement est meilleure gestionnaire que la gauche. Moyennant quoi, ils ont réussi à gagner aux municipales, aux départementales et aux régionales puis ils se sont fait laminer par En marche…

Alors pourquoi ce soudain recul, et surtout pourquoi alors qu’ils font plus que MÉLENCHON, on ne les entend pas ? Non pas parce que leur programme a changé, mais parce qu’ils n’ont plus rien à proposer, et qu’en tant qu’alternative par défaut à l’existant ; En marche est plus neuf donc plus sexy. Or, seul FASQUELLE, candidat à la présidence LR prévoyait de refonder le parti, tandis que les trois autres candidats de 2017 veulent s’en servir comme tremplin électoral.

C’est bien le troisième tour de la primaire de la droite. Le sarkozyste WAUQUIEZ va s’opposer à la filloniste PORTELLI et au juppéiste Maël DE CALAN. Or, en caricaturant, mais à peine le dernier propose de soutenir MACRON tandis que les deux autres veulent d’une droite dure sur les questions régaliennes, ce qui les assimile au FN. Or, Marine LE PEN est très affaiblie mais n’a pas disparu, gardant son socle électoral d’extrême-droite : LR est donc entre le fer et l’enclume.

À quoi bon donc continuer une élection qui va dans le mur, avec des candidats qui se moquent du parti. Car un parti n’est efficace que quand il est structuré départementalement pour diffuser la bonne parole, et qu’il est une boîte à idées pouvant attirer de nouvelles personnes. Mais dans le cas présent, nous voyons juste un LR refermé sur soi, qui mise sur son socle électoral historique en brassant les mêmes idées qui l’ont sorties dès le premier tour de 2017…

Quand bien même WAUQUIEZ gagnera dès le premier tour, sa légitimité sera immédiatement contestée, en tant que tous les courants de la droite n’auront pas été représentés à cette élection, et que tous s’acharneront à le faire tomber pour ne pas qu’il soit le prochain éliminé du premier tour de 2022. En attendant, tout le problème pour LR reste de se faire entendre pour autre chose que ses élections internes, par exemple en proposant à l’Assemblée…

Où sont les gaullistes ? Où sont les vrais libéraux ? (partis chez MACRON). LR aurait tort de s’imaginer reparti en force, parce qu’ils ont gagné les sénatoriales, et que MÉLENCHON s’essouffle, même s’il reste fort à gauche. Ils tiennent parce qu’ils ont une base de gens qui y voient les successeurs du parti du général DE GAULLE. Mais cet électorat disparaît tous les jours, et LR ne recrute quasiment plus chez les jeunes… Finalement, quel  nouvel échec de SARKOZY…