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Koh Lanta : le début de la fin ?

Je regarde Koh Lanta depuis le tout début en 2001, sans jamais en avoir raté une saison, et je dois bien admettre que cela faisait longtemps qu’il n’y avait pas eu une édition aussi rafraîchissante, déchaînant autant les passions. Mais à quel prix ?

Jamais la professionnalisation du programme n’aura été autant développée, ce qui représente une hérésie par rapport aux fondamentaux de l’émission.

Bien sûr, on ne pourra jamais retrouver la candeur de la toute première émission, avec des gens qui ne connaissaient pas du tout le concept.

D’ailleurs, à l’époque, les saisons duraient 40 jours (contre 32 aujourd’hui), et les corps étaient autrement moins bien préparés à l’émission.

Le premier grief que révèle cette saison est qu’il faut nécessairement aller rechercher des anciens candidats pour stimuler l’intérêt du public.

Parce que tous les nouveaux ont perdu en sincérité et jouent des personnages. À les écouter, ils ne se sont jamais entraînés alors qu’ils abordent trop bien les épreuves récurrentes.

Le summum étant ceux qui ont compris le truc, et qui se servent de Koh Lanta uniquement pour se faire connaître, ou comme d’une passerelle vers d’autres jeux de télé-réalité.

Il faut d’ailleurs voir aujourd’hui toute la communication qu’ils développent sur les réseaux sociaux en parallèle de la diffusion de l’émission, pour se faire repérer.

Du coup, regarder des gens bronzer sur la plage, développer leur langue de pute et montrer qu’ils peuvent monter en clash, n’a aucun intérêt, surtout dans le cadre d’une émission dont le pitch est de nous montrer des aventuriers humanistes repoussant leurs limites.

C’est d’ailleurs ce qui fait l’échec de toutes les émissions dérivées comme Moundir et les apprentis aventuriers, et bien d’autres, dans lesquelles le scénario est trop écrit et l’aventure trop absente.

Et c’est aussi une erreur de la production dont les castings sont de moins en moins intéressants car de plus en plus putassiers, avec des gens dont on ne se rappelle même plus au niveau de la finale, et d’autres dont on ne retient que les embrouilles.

Ce qui suscite des commentaires et des réactions qui n’ont jamais été aussi violentes sur les réseaux sociaux ; de la faute également d’un montage de plus en plus attaché à certains candidats, qui n’hésite plus à en effacer d’autres quasi-totalement d’un épisode !

Alors on observe les efforts pour diversifier les épreuves et les conditions d’aventure. Et puis Denis BROGNIART, de plus en plus libre et franc dans ses commentaires.

Mais l’épisode de 56 minutes diffusé en 1 heure 40 parce qu’il y a 3 coupures pub. Avec 15 minutes de reprise de la dernière émission, et des séquences prolongées pour tirer sur la corde, c’est nul même si on regardera quand même, mais de plus en plus désintéressé.

Et puis quand même, ce qu’on aime voir, c’est les gens qui galèrent. Et c’est pas l’autre qui fait le feu en trois heures, qui construit une cabane en bois ou qui reste 21 jours sans manger.

Je pense que Koh Lanta a encore sa place à la télé, parce que cela reste le divertissement traditionnel familial de TF1 avec Papa qui se rince l’œil, Maman qui tolère parce que ce n’est pas non plus vulgaire, et les enfants qui n’y voient que des aventures de Robinson Crusoé.

Mais on est clairement dans une phase d’épuisement qui repose trop sur le sensationnalisme, sans lequel effectivement les audiences ralentissent. Mais qui pourrait à terme être trop fatal à l’émission, et finir par la reléguer en deuxième partie de soirée.




Koh Lanta vs The Island, comparaison de deux émissions de survie

Quinze ans après le début de la téléréalité en France, le concept s’épuise et lasse les spectateurs qui réclament toujours plus de trash. Les émissions de survie n’échappent pas à ce mouvement. Personnellement, j’aime beaucoup Koh Lanta (TF1) et je n’en rate pas une saison, mais j’ai aussi eu envie d’aller voir ce que proposait M6 avec The Island pour cette saison 2, ayant été favorablement intéressé par la saison 1.

Comme dans les émissions musicales à leur début, nous y voyions des gens dans lesquels nous pouvons nous identifier : ils ne savaient pas chanter (et on se moquait d’eux), ils apprenaient et à la fin, c’était super, même s’ils ne chantaient pas d’une manière exceptionnelle. C’est pareil dans les émissions de survie, dans lesquelles aujourd’hui, quasiment tous ceux qui font Koh Lanta ont une expérience, ce qui rend l’émission ennuyeuse.


Le concept

Koh Lanta, ce sont 18 personnes (hommes et femmes mélangés) sur une île pendant 40 jours qui forment deux équipes, s’affrontent tous les trois jours et éliminent un perdant. Au bout de 20 jours, ils ne font plus qu’une seule équipe, et doivent à terme être dans les 4 derniers pour avoir leur chance. Ils reçoivent 5 kg de riz et peuvent gagner du feu, du matériel ou de la nourriture dans des jeux de confort tous les 3 jours également.

The Island, ce sont deux fois 14 personnes (d’un côté des hommes et de l’autre des femmes) sur une île pendant 28 jours qui doivent survivre en se débrouillant tous seuls. Sauf qu’ils peuvent trouver sur l’île des « objets recrachés par la mer » (faut-il faire semblant de croire que nos océans sont aussi pollués, ou est-ce une réalité ?). Ils ont parmi eux un médecin et une caméra qui est censée tout filmer de leur aventure (ça me semble aussi peu crédible)


Les téléréalités de survie

Leurs forces :

  • ça vide la tête
  • ça permet de rêver et de nous transposer fictivement en Robinson
  • les candidats sont attachants

Leurs faiblesses :

  • c’est une perte de temps
  • on n’apprend pas assez de choses sur la nature qui environne les candidats
  • les disputes sont trop mises en avant

Les menaces :

  • ennuyer le public
  • ne pas avoir de bons candidats qui font le show

Les opportunités :

  • dévoiler des personnalités télévisuelles fortes

Le rythme de l’émission

Koh Lanta dure en moyenne 2 heures (publicités incluses), multipliées par 14 épisodes, pour retracer trois jours d’aventure, et généralement, on s’y ennuie vers la fin, lorsqu’il y a trop d’attention donné aux conflits qui existent entre les personnes.

The island dure 1 heure 30, mais on s’y ennuie tout du long, à part quand arrive enfin un événement particulier. Je pense clairement qu’il ne faut pas vouloir raconter 28 jours en 9 épisodes (d’autant qu’ils ne racontent pas tous autant de jours).


La survie

Dans Koh Lanta, il n’y a plus cette impression des premières saisons qu’ils manquent de nourriture. D’autant que les « aventuriers » pratiquent deux épreuves sportives en trois jours à intervalle continu. N’ont-ils vraiment que leur riz, ou la production les aide-t-elle un peu ? Les candidats y sont relativement assez peu mangés par les insectes.

Dans The island, où certes ils n’ont pas le riz, nous avons clairement l’impression qu’ils sont vidés à partir de quelques jours, et qu’ils ne font rien d’autre que de chercher de la nourriture. Là, le sentiment est plutôt que la production les a réellement abandonné. Les candidats sont surtout tous couverts de piqures et de morsures…


L’intérêt de la non-mixité des équipes

Qu’apporte le fait de séparer hommes et femmes comme une année sur Koh Lanta et maintenant dans The Island ? Juste le sexisme de dire à la fin que les Hommes n’ont pas tout déchiré, tandis que les femmes se sont montrés plus fortes qu’attendues. En réalité, pas de risques que les candidats se sautent pas dessus au prétexte qu’ils vivent en maillots de bain, parce que dès qu’ils ont faim, ils relèguent leurs pulsions sexuelles au second plan.


Dans mon cœur, c’est encore Koh Lanta qui emporte mes faveurs, même si le concept s’épuise clairement avec le temps. The Island a bien su se renouveler pour cette deuxième saison, mais si ce fut bien trop long pour rendre l’aventure intéressante. Après, l’important reste qu’on s’attache aux personnes et qu’on ne passe pas un trop mauvais moment, qui si c’était le cas, nous ferait quitter le poste. Pas sûr que tout cela continue encore longtemps…

Le chrétien dans la télé-réalité

On disait la télé-réalité à bout de souffle. La sixième saison des « Anges de la télé-réalité » n’est pas plutôt terminée que commence l’émission « Nabilla, en famille à Paris ». L’autre soir, je regardais en même temps que mon amie Lucie l’émission « Qui veut épouser mon fils ? » sur TF1. Nous échangions des SMS pour nous moquer des candidats et moi de ne pas être tendre avec les caricatures de chrétien.

Dans les émissions de télé-réalité, il en faut souvent un. Comme il faut aussi maintenant un candidat homosexuel et au moins un autre issu de la diversité. Petite analyse de quatre comportements clichés qui isolent les chrétiens dans la société, en les enfermant dans une représentation médiévale et arriéré.

Cette étude a été menée sur différents candidats de télé-réalité ayant participé à « Koh Lanta », « Secret Story », « l’Amour est dans le Pré », « Qui veut épouser mon fils ? » ou encore « Nabilla ».

Il a des idées bien arrêtés, notamment en termes de valeurs

Naturellement, tous les chrétiens sont homophobes, pro-vie (comprendre anti-avortement), anti-euthanasie, anti-préservatif, pour la contamination par le VIH, désireux d’arriver vierges au mariage. Ils pensent être supérieurs aux autres, sont mesquins, opportunistes et calculateurs. Ils n’aiment pas les croyants d’autres religions, notamment les juifs et les musulmans. Ils ont plein d’idées sur la politique et voudraient des politiques chrétiens. Surtout, ils se croient chrétiens.

Il cite la Bible à tort et à travers

Pour justifier son attitude et ses comportements, le chrétien a toujours sous le coude une référence de la Bible, qui une fois sur deux, n’est pas dans la Bible mais dans l’imaginaire collectif et populaire. Tel un Témoin de Jéhovah ou un charismatique, il manie habilement des morceaux de phrases qu’il isole de leur contexte, leur donnant un tout autre sens. Il aime particulièrement les Pères de l’Église comme saint Augustin, pour les relents de paganisme de leurs écrits.

Il bénit ce qu’il mange 

Le repas est un grand moment de télé-réalité car il force les candidats à paraître ensemble. L’occasion est trop belle pour notre chrétien de ne pas se faire remarquer par un bénédicité ou une prière. Dommage pour lui de ne pas comprendre que si Dieu est à l’origine de la création du monde, alors ce qu’on mange est naturellement bon et béni. Ou que s’il veut remercier d’avoir à disposition le « pain de ce jour » (qui est la Parole de Dieu), alors compris comme la nourriture, il ne tient qu’à lui d’œuvrer pour une meilleure répartition des ressources alimentaires sur notre planète en surproduction.

Il jure et prie en permanence

Généralement asocial, il passe son temps à invoquer son Dieu par la prière ou avant de prendre une décision importante. Il le fait de manière ostentatoire, en contradiction avec les indications de jésus sur la prière en Matthieu, 5. Le signe de croix est son rituel quotidien et un outil qu’il emploie pour montrer sa piété et surtout se faire remarquer. Là encore, ne comprenant pas la symbolique de ce geste qui nous place en présence de Dieu, il en use et abuse à l’évocation d’un mort ou d’une chose grave.

Maintenant, vous ferez plus attention si comme moi, vous perdez votre temps à regarder la télé-réalité. Sauf que sorti assez vite des émissions avec éliminations, ils ne durent pas assez longtemps pour pouvoir montrer la bonté de la nature humaine, qui se retrouve dans tout homme. Mais qui perce souvent assez mal chez les candidats de ces émissions, la bêtise prenant le pas sur le reste.