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Sur la suppression des jurés populaires dans les cours d’assises

Ce lundi 25 mai 2020, la Commune de Savigny-sur-Orge organisait son tirage au sort de la liste préparatoire aux jurés d’assises (qui jugent des crimes punis par vingt ans de prison et plus).

Et chose « amusante » pour une année électorale, sur les 84 sélectionnés (sur 22 000 adultes), on trouve deux colistiers d’IZARD, la femme d’un autre de ses colistiers, la fille d’un de mes colistiers et ma petite sœur.

Il s’agit probablement de l’un des derniers tirages au sort, puisque MACRON a décidé que la Justice au nom du Peuple, c’est toujours bien mais que la Justice rendue directement par le Peuple, c’est mal. C’était déjà une expérimentation dans sept départements, et puis la crise sanitaire a eu bon dos pour dégager temporairement ce jury de toutes les cours d’assises.

Et donc, je me suis intéressé aux arguments des deux parties, sachant qu’on va quand même très très loin avec les anti-jurés qui sont contre parce que c’est une création, sous cette forme, de Vichy ! Et les mêmes de ne pas vouloir au jury autonome et souverain d’avant, de la IIIe République, mais de vouloir passer à une justice professionnelle.

Pour les partisans des jurys populaires, c’est l’expression de la démocratie, c’est l’intime conviction de gens appelés à se prononcer sur une affaire contre la mécanique des juges professionnels, Et la réforme ne fera pas gagner de temps, tandis qu’elle sanctuarise les crimes sexuels des autres crimes, donc que c’est démagogique.

Pour les opposants des jurys populaires, les Français ne veulent globalement pas être jurés, parce que cela peut traumatiser les plus sensibles, donc il faut les supprimer. Les jurés sont sous influence du président du Tribunal, et ils sont trop cons pour comprendre, avec le problème qu’on ne leur donne pas accès aux pièces du dossier réservés aux magistrats.

Dans ces conditions, et même si tout le monde est encore d’accord pour conserver les jurys populaires en appel, je ne peux que souhaiter leur maintien.

Ce n’est pas parce que dans les films, les jurys finissent toujours pas agir dans l’émotion que c’est ainsi dans la réalité. Et ils peuvent tout autant se tromper que les professionnels, si on peut toutefois dire qu’il existe des « professionnels » de la Justice.

Or, mon sentiment est vraiment qu’on se sert du fait que pour les viols, les hommes des jurys auraient tendance à éprouver une empathie masculine pour le violeur, homme dans 98 % des cas, et donc qu’il faut tout virer pour soi disant gagner du temps et donc de l’argent. Il y a de toute façon quelque chose de profondément détestable dans la démarche.