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Emmanuel MACRON, arrêtez l’essentialisme : « la France » n’a pas organisé la rafle du Vel d’Hiv !

Qu’est-ce que l’essentialisme ? C’est un courant philosophique qui considère que l’individu est déterminé, et qu’il se définit par ces mêmes déterminations desquelles il peut difficilement échapper. Il s’oppose à l’existentialisme de Jean-Paul SARTRE.

Prenons un exemple : Des terroristes se réclamant de l’islam ont commis un attentat.

J’essentialise : Tous les musulmans sont de potentiels terroristes.

Prenons un autre exemple : Un terroriste a pris la ligne 1 du métro ce matin.

J’essentialise : Tous les usagers de la ligne 1 du métro sont de potentiels terroristes.


Emmanuel MACRON commémorait, ce dimanche 16 juillet 2017, le 75e anniversaire de la rafle du Vel d’Hiv. Pour l’occasion, il avait invité le Premier ministre israélien Benyamin NETANYAHOU. Il a notamment prononcé ces quelques phrases au cours d’un discours :

« Il est si commode de voir en Vichy un monstruosité née de rien (…) mais c’est faux »

« Alors oui, je le redis ici, c’est bien la France qui organisa la rafle puis la déportation et donc, pour presque tous, la mort des 13 152 personnes de confession juive arrachées les 16 et 17 juillet à leur domicile »

« Je récuse les accommodements et subtilités de ceux qui prétendent que Vichy n’était pas la France »

« Vichy, ce n’était pas tous les Français, mais c’était le gouvernement et l’administration de la France »


Je vous propose maintenant qu’on remplace certains termes dans ces phrases, et que vous me disiez ce que vous en pensiez, naturellement pollué par votre politiquement-médiatiquement-correct.

Vichy devient le terrorisme islamiste ; La France devient l’islam ; Les Français deviennent les musulmans ; La rafle devient les attentats

==> « Il est si commode de voir dans le terrorisme islamiste un monstruosité née de rien (…) mais c’est faux« 

==> « Alors oui, je le redis ici, c’est bien l’islam qui organisa les attentats terroristes de Charlie, du Bataclan, de Nice…« 

==> « Je récuse les accommodements et subtilités de ceux qui prétendent que le terrorisme islamiste n’est pas l’islam« 

==> « Le terrorisme islamiste, ce ne sont pas tous les musulmans, mais c’est la doctrine coranique, appliquée de manière rigoriste, de l’islam« 

Pourquoi donc est-ce qu’on peut cracher sur la France, mais que quand c’est l’islam, ça ne passe pas ? On refuse d’essentialiser lorsqu’il est question du terrorisme islamiste. C’est exactement la même chose qu’on devrait faire en parlant de la France.


Bonus : oserait-on dire devant Bibi NETANYAHOU :

« c’est l’état d’Israël qui organise la colonisation israélienne en Palestine ? »

Non, parce que même en Israël, une partie de la population la condamne. Mais effectivement, c’est bien le gouvernement d’extrême-droite de Benyamin NETANYAHOU qui organise la colonisation israélienne en Palestine.


Donc, non, Emmanuel MACRON, ce que Vichy a fait sans aucune compétence juridique légale et sans autre légitimité populaire qu’un ensemble de deux votes de confiance au maréchal PÉTAIN, ce n’est pas ce que LA France a fait.

C’est ce qu’une France a fait, une partie de la France, qu’on l’appelle « État français », ou « Gouvernement de Vichy », ce n’est pas ce qu’on fait les Français !

Même si certainement 10 % ont collaboré, 1 % a réellement résisté, et 89 % ont fermé leur gueule.


Alors oui, Vichy n’est pas né de rien. Oui, un gouvernement de la France en 1942 (à distinguer du régime de la France libre qui gouvernait certaines colonies, donc une partie de la France) a raflé puis déporté 13 152 juifs.

Mais Vichy n’était pas LA France. Vichy, comme le disait DE GAULLE, c’était un gouvernement de fait, pas un gouvernement de droit !

Merci de ne pas tout mélanger. Merci de ne pas tout essentialiser !

Au fait, c’est très questionnant que les gauchistes prétendent aujourd’hui qu’il y a plusieurs France, puisqu’une France multiculturelle ou une France multiethnique ou même une France coupée en deux, mais que pour le cas des années de l’Occupation, le concept ne puisse soudainement pas s’appliquer !


Je finirais en commentant deux autres phrases du discours de MACRON :

« Nous ne cèderons rien aux messages de haine, nous ne cèderons rien à l’antisionisme car il est la forme réinventée de l’antisémitisme ».

==> Pure démagogie en présence de NETANYAHOU. Critiquer l’essence de la politique israélienne, ce n’est pas souhaiter le génocide de toutes les personnes d’origine sémite. D’autant qu’on peut être juif et antisioniste, alors qu’on peut difficilement être juif et antisémite…

« Ce sont toutes ces haines qui se fondent sur ce que l’on est, sur d’où l’on vient, sur ce que l’on croit, que nous devons combattre »

==> Pour moi, le meilleur moyen de combattre la haine est de ne pas en créer. Mais quand on entend MACRON cracher sur la Résistance et ceux qui ont suivi DE GAULLE en les ignorant, ou considérer que les colons ont été des criminels contre l’humanité, je me dis qu’il fait tout pour diviser et créer de la haine.

Cette tendance à l’essentialisation est aussi là pour nous dresser les uns contre les autres, en supprimant toutes les nuances de gris, et en nous renvoyant à une dichotomie blanc/noir (soit je suis pour Israël, soit pour la Palestine, mais je ne peux pas dire que les deux sont moralement condamnables).

Je terminerai rassuré en repensant à une récente macronnerie de notre président, que je n’ai toujours pas compris, et qui ne me rassure pas dans le cadre de sa politique de lutte contre le terrorisme :

« On ne peut pas prétendre lutter efficacement contre le terrorisme, si on n’a pas une action résolue contre le réchauffement climatique. »



La religion, structure naturelle propre à l’Homme plutôt que institution sociale (invention culturelle)

La philosophie et l’anthropologie opposent facilement la culture comme la partie du milieu de l’Homme qu’il créé lui-même, à la nature composée du milieu donné à l’homme et de l’être biologique que constitue l’Homme lui même. De fait, la religion est souvent considérée comme culturelle car une institution sociale affirmant une transcendance divine. Pourtant, l’Histoire nous montre que toute civilisation possède une religion.

La religion, universelle, serait donc naturelle à l’Homme doté d’une conscience, donc capable de se transcender (ce que ne peut pas une intelligence artificielle qui ne pourra scientifiquement pas imaginer meilleure dans son domaine). Pour sa part, l’existentialisme de Jean-Paul SARTRE affirme que « l’Homme est fondamentalement désir d’être Dieu« , ce qui peut aussi se comprendre par le fait que l’Homme veuille naturellement se transcender pour s’améliorer ou progresser.


La religion, élément de nature et élément de culture

Claude LÉVI-STRAUSS fait de la prohibition de l’inceste la démarche permettant le passage de la nature à la culture, tout en affirmant que cette règle est commune à la nature (universelle) mais qu’elle a force de loi (donc culturelle). La religion, elle, s’inscrit aussi dans cette même démarche dans la mesure où la croyance existe dans tous les groupes humains (d’où la pratique de la sépulture depuis les hommes préhistoriques) mais où elle s’organise de manière culturelle.


L’Homme et la religion : l’Homme est naturellement religieux

L’Homme se distingue de l’animal par sa conscience, d’abord de lui-même, ensuite de son environnement, enfin d’une métaphysique (un monde qui échappe à son expérience sensible). Parce que la religion est naturelle à l’Homme, alors quand bien même la personne se serait convaincue de l’inexistence de dieux, elle aboutirait à la conclusion qu’elle est son propre Dieu. Mais devra-t-elle alors renoncer à projeter ailleurs ce besoin transcendantal, par exemple sur des objets matériels comme l’argent.


Le sens de l’Histoire

Le mouvement naturel des religions tend du polythéisme (plusieurs entités divines : dieux ou esprits) vers le monothéisme (une seule entité) en passant par l’hénothéisme (il existe plusieurs divinités mais il y en a quand même un, souvent le mien, qui est le plus fort). Outre le fait de justifier ce que l’Homme ne peut tout contrôler, comme les évènements climatiques, la religion est l’expression d’un besoin social de relations, qui semble aujourd’hui superfétatoire grâce aux moyens de communication numériques.


Religion et relation

Selon le sens du mot « religion » que l’on choisit, on trouve cette idée de relier donc de créer du lien social. À partir du moment où l’Homme accepte d’interagir durablement avec son semblable, alors il est dans la religion car il reconnaît une valeur à l’autre. Au travers du fait religieux, il y a un rejet de la solitude et une transcendance de la place de l’Homme au sein d’une relation, qui se fait alors minimum à deux, que l’Homme ne pourrait obtenir tout seul.


L’hypothèse athéiste

Cette hypothèse n’a de sens que dans la mesure où elle reconnaît l’existence de croyances qu’elle nie ensuite. Elle ne saurait être naturelle puisqu’elle nécessite qu’il y ait un ou des dieux pour pouvoir s’inscrire en faux contre la ou les divinités. Elle est surtout une hypothèse dangereuse car elle nie la nature humaine qui se cherche un ou des dieux, au risque de ne pas se rencontrer soi-même. À partir de là, la vie ne possède pas plus de sens que la mort.


Dans la Bible, la première interdiction faite à l’Homme dans les Dix paroles est d’avoir un autre Dieu et d’adorer une idole ou une image. En réalité, il s’agit d’un appel à ne pas s’adorer soi-même bien qu’icône de Dieu dans la tradition judéo-chrétienne. Quelle que soit la croyance des personnes, la religion est une donnée commune dans l’organisation de toute société, ceci parce qu’elle est naturelle à l’Homme, qui est un être de croyances, à discerner toute sa vie.



Il ne faut pas désespérer MÉLENCHON

Après Billancourt (Hauts-de-Seine), c’est une autre cause désespérée qu’il s’agit de soutenir : Jean-Luc MÉLENCHON. Le président du Parti de gauche (PG) confie sa lassitude au site internet Hexagones. Il se dit « fatigué », « avoir besoin de bailler aux corneilles » et reconnaît même un « échec » du Front de gauche (FDG). L’homme annonce prendre du recul par rapport à son action politique.

Ce n’est plus une déprime, c’est une dépression. Après l’échec immérité du Front de gauche aux européennes (un des rares à avoir un programme) et face aux communistes qui cherchent à casser l’alliance du Front de gauche, c’est six années d’efforts depuis 2008 qui sont remis en cause et une grande absence de reconnaissance envers l’homme aux 11 %.

MÉLENCHON, le socialiste qui voulait rénover le communisme

Quand en 2007, Marie-George BUFFET mobilisait 700 000 électeurs pour faire 1,93 % des suffrages, MÉLENCHON en captait 4 millions soit 11,1 % en 2012. Un score à deux chiffres que les communistes n’avaient plus connu depuis les 15,35 % de Georges MARCHAIS en 1981. Mais surtout un résultat permis par le rassemblement autour d’un homme de socialistes, de communistes, d’écologistes et d’alternatifs. En 2008, MÉLENCHON créé le PG comme une dissidence au PS, revenant aux fondamentaux de la gauche, dévoyée par un PS social-libéral. À l’occasion des élections européennes de 2009, il propose le rassemblement du FDG pour conforter cette alliance et réalise 6,05 %. Outre, les désirs de revenir dans sa vraie famille politique (des trotskistes) et de profiter du réservoir de voix communistes, il y avait aussi la volonté de créer une vraie gauche, fidèle à MARX et à JAURÈS, ce que les électeurs dits « de gauche » n’ont jamais compris.

La rupture viendrait du Parti communiste (PC) qui préfère le PS au PG

Au PC, la plupart des cadres n’ont jamais pu « encadrer » Jean-Luc MÉLENCHON. Pour autant que Pierre LAURENT, secrétaire général du PC et Marie-George BUFFET se forcent, André CHASSAIGNE, président du groupe communiste à l’Assemblée ne se prive pas de critiquer l’ancien Essonnien. Les élections municipales de 2014 ont laissé paraître le malaise latent avec une frange du PC franchement hostile à MÉLENCHON, qui a lâchement préféré aller se cacher avec le PS tout en espérant obtenir plus de poste. Ce fut le cas à Paris où cela ne servit que les intérêts de Ian BROSSAT ou à Savigny-sur-Orge où le PC se décrédibilise avec un Laurent LIEPCHITZ qui ne connaît pas la ville. Tout le problème vient du fait que le PC ne comprend pas qu’il perd en visibilité et donc en voix en se terrant avec le PS qui ne manque pas une occasion de les trahir, comme Ramzy HAMMADI le fit en 2012, leur ravissant la septième circonscription de Seine-saint-Denis.

Une stratégie politique du PC minable à court terme, mortelle à long terme

À vaincre sans péril, on triomphe sans gloire. Le PC perd en effet ses derniers bastions qui lui sont conquis par le PS. (En 2014, par la droite à cause du rejet massif de la gauche qu’incarne HOLLANDE). L’exemple de la Seine-saint-Denis est frappant à ce sujet avec les offensives massives de Claude BARTOLONE à chaque élection pour implanter le PS au détriment du PC. Les socialistes se croient malins à épuiser son principal réservoir de voix, jusqu’à ce qu’il n’existe plus. Les socialistes se prennent pour MITTERRAND sauf qu’ils n’ont pas l’habileté politique de notre dernier président de droite (de conviction, pas d’action). La ceinture rouge des années 1960 s’étiole progressivement tandis que le PC perd toujours plus d’élus, de villes, de cantons, de circonscriptions. Leur message politique est parfaitement inaudible. On ne se souvient plus du PC lorsqu’on parle de la fête de l’Humanité ou qu’on revoit Robert HUE à la télé ou des archives de Georges MARCHAIS.

Incapables d’incarner une alternative à la gauche molle du président HOLLANDE 

Mais le problème du FDG est de n’exister que grâce à MÉLENCHON dont les coups de gueule répétés ont fini par en agacer plus d’un. L’ancien plus jeune sénateur de France, élu à Massy (Essonne), vole immanquablement la vedette à ses camarades (sauf peut-être à Clémentine AUTAIN). Pourtant, les personnes proches qui l’entourent sont aussi intelligentes, voire parfois plus compétentes que lui : Martine BILLARD, Clémentine AUTAIN, François DELAPIERRE, Éric COQUEREL, Marc DOLEZ, Jacques GÉNÉREUX, Alexis CORBIÈRE, Gabriel AMARD son gendre, RAQUEL GARRIDO son avocate… Jérôme GUEDJ aurait eu sa place s’il n’avait pas préféré le PS… De 2008 à 2012, ils ont été les chantres de l’antisarkozysme. Mais c’est le PS qui en a récolté tous les lauriers. Et aujourd’hui, trop peu leur font confiance pour faire mieux que HOLLANDE à gauche.

Terrassé par la guerre des fronts puis par la guerre républicaine (UMPS contre FN)

Elle était annoncée pour 2012 mais elle a tourné au désastre : 17,9 % pour le FN à la présidentielle de 2012 contre 11,1 % pour le FDG. MÉLENCHON se voulait le seul vrai pourfendeur de Marine LE PEN. L’homme a  bien compris que les extrêmes ne sont pas figés et passent de la gauche à la droite en fonction du climat politique. Mais les Français ne l’ont pas suivi. Et on ne peut alors pas impunément taper sur la gauche à laquelle on appartient. Dans le même temps depuis 2013, les électeurs traditionnellement PC, partent au PS, craignant un nouveau « 21 avril 2002 », tandis que nombreux au PS cèdent aux sirènes du FN. Alors dans ces conditions, blessés par leurs divergences programmatiques comme par exemple les positions sur le nucléaire (PC pour ; FDG contre), l’extrême-gauche communiste ne peut pas survivre. Et le choix de MÉLENCHON apparaît, éclairé ainsi, comme le plus raisonnable : renoncer à diriger un ensemble indirigeable qui s’est lassé de lui.

C’est une histoire qui n’est pas finie. Au dernier moment, le PC ne lâchera pas MÉLENCHON dont ils ont trop besoin. Mais l’utopie du « pouvoir au peuple » et du FDG est morte. Jean-Luc MÉLENCHON ne peut plus dire « Place au peuple » en ne rassemblant que 6 % de la population. Il est certain que sa pause politique, si l’extrême-gauche ne se recompose pas, affectera durablement la gauche française jusqu’à créer un nouvel équilibre :

– Gauche-Extrême-gauche : 32 %

– Centre (droit) : 10 %

– Droite : 33 %

– Extrême-droite : 25 %

Et l’élimination systématique de la gauche lors des grands scrutins.

P.-S. : J’ai déjà rencontré Jean-Luc MÉLENCHON un jeudi midi dans le Xème arrondissement parisien. Il marchait seul, vêtu d’un blouson en cuir, et tenant sous le bras un journal écrit par ceux qu’il fait tant semblant de détester pour attirer l’attention médiatique. Il m’a paru « petit » puisqu’il doit mesurer autour de 1m70, quand j’en fais 1m75. Nous avons un ami commun en la personne de Mgr Guy HERBULOT.