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Pascal PRAUD, ou la fausse irrévérence à la télévision

De plus en plus d’articles de la presse mainstream s’élèvent pour dénoncer le vilain méchant Pascal PRAUD qui serait de plus en plus fachô dans ses émissions. Et de le présenter comme un poil à gratter et un homme de provocation. Alors, pour autant que j’apprécie beaucoup le bonhomme, justement par rapport à ses prises de position, je réfute l’idée qu’il soit un animateur polémique, parce que du système, et dans le système.

Je reprocherai trois choses à Pascal PRAUD : qu’il fasse semblant d’être libre et de défendre la liberté d’expression alors qu’il est soumis à ses employeurs ; de ne rien dénoncer du système économique et politique du foot alors qu’il y aurait beaucoup à écrire et à dire ; enfin, de reprocher aux autres de ne pas avoir sa liberté, alors qu’il s’est bien abstenu de critiquer avant de réussir, et d’avoir la place qui lui permet cette fausse outrecuidance, parfois néanmoins justifié.

Bien sûr que c’était mieux avant, et que COLUCHE et DESPROGES ont pu dire des choses qui les mèneraient aujourd’hui devant le Tribunal. Oui, il y a un problème de liberté d’expression, y compris sur le sujet de racisme, en tant qu’il est le fond de commerce des antiracistes, et que si tu dis qu’il n’existe pas, tu mets les bienpensants au chômage. Et effectivement, PRAUD fait trop souvent des raccourcis et empêche certains développements de ses invités ou chroniqueurs.

Mais personnellement, j’en ai marre de ces donneurs de leçons qui passent leur temps à regretter un passé qu’ils ont laissé démolir. De personnes qui font semblant de critiquer un système, mais qui ne vont pas jusqu’au bout, parce que cela reste leur gagne-pain. Qui font croire qu’elles ont toujours été grandes gueules, alors qu’ils ont attendu d’atteindre le sommet de leur carrière, pour commencer à chatouiller, d’abord mollement puis un peu plus virulemment.

Qu’est-ce donc qui est le plus énervant ? Une presse qui se choque de pas grand chose, et qui prouve son entre-soi par ce besoin de dénoncer celui qui se montre un peu différent. Ou un animateur qui lance des polémiques contrôlées, dont il ne peut ignorer qu’elles vont faire parler de lui, et qui attise ensuite le feu avec les médias toujours pour faire parler de lui ? PRAUD, tel un MACRON, est une construction du système pour faire croire qu’il est ouvert et tolérant…

Non pas seulement que PRAUD soit un « idiot utile » pour montrer la pluralité de C8, puisque lui-même y trouve son compte. Mais il participe, malgré lui, à donner l’image d’une progression de l’extrême-droite dans la société, juste parce qu’il va tenir un discours différent du gauchisme politiquement correct ambiant. Et en soi, cette instrumentalisation est dégueulasse parce que Pascal PRAUD apparait personnellement loin de cela, même s’il invite de plus en plus à droite.



Mais pourquoi tant de publicité municipale pour le dernier livre de Jean ESTIVILL ?

Jean ESTIVILL ne serait-il pas devenu « l’idiot utile » d’Éric MEHLHORN ? Une suite logique dans le parcours de cet homme qui fut successivement l’idiot utile de Jean MARSAUDON puis de Laurence SPICHER-BERNIER ? Mais qu’est-ce qu’un idiot utile ? Celui qui au travers de la défense de ses convictions fait le jeu d’intérêts opposés. Cette expression a souvent été utilisée pour désigner des communistes qui défendaient subjectivement l’URSS…

Jean ESTIVILL à Savigny, c’est comme Mounia BEN AILI à Juvisy ; des gens qui passent leur temps au nom d’une extrême-gauche, à taper sur la gauche, et qui font finalement gagner la droite. Ils sont d’autant plus incohérents par rapport à leurs convictions que leur défense de l’immigration ne fait que diminuer le coût du travail, ou que leur combat pour ne pas respecter les règles de régulation économique, ne fait qu’enrichir les banques qui inventent l’argent des prêts.

Si l’information municipale est plus que légère à Savigny, Jean ESTIVILL a pour sa part, droit à un article, et à exposer sa publicité dans les présentoirs de la mairie. Une publicité mensongère qui plus est, à bien des titres. D’autant que si le narrateur est le double de l’auteur, il ne peut bien s’agir que du fantasme de la vie rêvée de M. ESTIVILL sur laquelle il convient de préciser quelques éléments avant d’aller plus loin. Et de relever des incohérences chronologiques.

Jean ESTIVILL est né le 1er janvier 1947. S’il préside une association d’anciens combattants, il faut quand même préciser que ce dernier était trop jeune pour faire partie d’un contingent de soldats. Mais en même temps trop vieux pour nous raconter sa jeunesse à Ivry dans les années 1960. Le narrateur parle de ses copains de maternelle puis de ses camarades. En 1960, il avait treize ans ; on va admettre que celui qui a écrit la publicité n’a pas lu le livre pour raconter ça…

ESTIVILL l’auteur, se présente en historien. Mais quelle recherche historique a-t-il faite ? Quels mémoires ou quelles thèses a-t-il écrit ? Il se dit professeur ; il n’a enseigné que 20 ans quand il a passé le reste de sa carrière planqué à la FCPE, ou bien même assistant parlementaire de Marie-Noëlle LIENEMANN ; en tout cas détaché des élèves. Et quel rapport à l’Histoire ? Son père envoyé en 1940 dans un camp de la mort (de concentration plutôt), car lui né en 1947…

ESTIVILL se raconte franc-maçon, vénérable au Grand-Orient de France. Faut-il le croire, de même que faut-il croire qu’il ait vraiment un jour côtoyé des bandits, à part tous ceux qui pullulent à gauche ? On nous rappelle enfin sa responsabilité dans une association familiale laïque… J’en connais trop pour savoir qu’elles sont aujourd’hui trop souvent composées de personnes n’étant pas épanouie dans leurs familles et qui veulent détruire celle des autres…

Alors pourquoi tous ces honneurs pour Monsieur ESTIVILL ? Est-il le seul avec la mehlhorniste Marie-Josée CHAVENON à écrire dans cette ville ? Mais cela va plus loin encore avec la mise en avant de sa présence à la commémoration du 19 mars 1962 présentée à tort comme la fin de la guerre d’Algérie (c’est juste quand les Français ont reçu interdiction de tirer sur les Algériens, mais que la réciproque n’était pas vraie). Alors a-t-il vraiment renoncé à sa carrière politique ?