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Pour ses cent ans, le Parti communiste français (PCF) s’offre un futur bide à la présidentielle 2022

C’est dans une relative indifférence médiatique que les communistes français ont célébré leur cent ans, à la suite du Congrès de Tours qui s’était tenu du 20 au 25 décembre 1920. Avec néanmoins une annonce : ils ne soutiendront pas Jean-Luc MÉLENCHON à la prochaine présidentielle de 2022 et ils feront candidats seuls.

Peut-être ainsi éviteront-ils le psychodrame de 2016 avec les cadres qui commencent par voter qu’ils ne soutiendront pas MÉLENCHON en 2017. Puis comme personne n’attendait ce résultat, qui provoquera finalement la chute de Pierre LAURENT, on a fait voter les militants qui à 53 %, ont choisi d’aller avec MÉLENCHON mais sans programme ni plate-forme commune…

Je ne vais pas ici retracer l’histoire des communistes français. Ils ont vraiment apporté à la vie politique française entre 1943 et 1947. Mais ils ont été les supplétifs de la SFIO puis du PS la plupart du reste du temps. Et surtout, ils ont été les espions assumés de Moscou, tendance STALINE, à partir de 1924, et ils le seraient encore si feu l’URSS était toujours parmi nous.

Aujourd’hui, quand on regarde les photos des rassemblements du PCF, ce ne sont soit que des blancs très vieux, avec un histoire familiale derrière, soit que des immigrés, ouvriers ou employés. Et leurs cadres sont caricaturalement des bobos blancs, profs et homosexuels. En soi, rien d’étonnant à ce qu’ils stagnent à 3 %, ce qui est mieux que le 1 % des années 2007.

Bien que cela ait été un grand tabou dans les années 1980 et début des années 1990, le PCF, qui a atteint ses meilleurs scores après-guerre auréolés du mythe de ses exploits dans la Collaboration Résistance, a successivement perdu ses militants d’abord au profit du PS, au fil des dérives sanglantes de l’URSS en 1956 et 1968, puis de la montée du Front national.

Parce que la répartition des richesses est un bien beau concept, mais uniquement quand tu es le plus pauvre des pauvres. À partir du moment où il y a des immigrés, non seulement plus pauvres que toi, mais qui en plus viennent te prendre ton travail, l’idéal communiste s’érode peu à peu, à plus forte raison quand tout est encadré et contrôlé par un pays étranger.

Sans réforme, sans aggiornamento, sans modernisation et sans recherche de cohérence, le PCF ne peut rien gagner. Il ne perd pas ses derniers bastions parce qu’il a soutenu MÉLENCHON mais parce qu’il n’est plus dans le coup. Personne en France ne connaît Fabien ROUSSEL et Ian BROSSAT, même avec sa bonne figure, ne dépassera pas 5 %, sinon que de très peu.

Le PCF commet une erreur de croire que la visibilité vient du nombre de candidatures aux élections, alors que dans le contexte d’une gauche explosée, le communisme pourrait retrouver plus de place, mais pas non plus la première, à la condition d’un discours clair et cohérent, qui ne soit pas dans l’absolu d’un anticapitalisme et d’un antilibéralisme qui ne fait plus recette.

Tout le problème est d’inventer un communisme du XXIe siècle, en sortant des thèses d’ENGELS qui étaient adaptées à la société industrielle du XIXe siècle. Et tant que les communistes ne voudront pas essayer cet exercice, auxquels les trotskystes, avec lesquels ils pourraient se retrouver, n’arrivent pas plus ; alors le PCF ne sera plus jamais un parti de masse.



Élections européennes : et si on parlait du scandale de Place publique ?

Je m’en vais vous raconter une très jolie histoire. C’est un essayiste français, Raphaël GLUCKSMANN, fils d’un célèbre philosophe, qui se réveille un matin, et qui constate que les forces de gauche sont divisées, et qui décide avec quelques amis que sont Claire NOUVIAN et Thomas PORCHER de fonder un mouvement qui devra rassembler la gauche en vue des élections européennes, afin que celle-ci arrive en tête au soir du 26 mai.

Et donc l’idée de départ, qui était de proposer une alternative, s’attendait naïvement à ce que tous les Yannick JADOT (EELV), Jean-Luc MÉLENCHON (LFI), Olivier FAURE (PS), Benoît HAMON (Generation-s), Ian BROSSAT (PCF) et Pierre LARROUTUROU (Nouvelle Donne) se désistent pour laisser la place à ce mouvement, avant que plus sérieusement, ne soit proposé une liste commune dans laquelle chacun aurait sa place, provoquant le départ de Thomas PORCHER.

Mais qui n’a pas compris que Place publique est une officine du PS, plus exactement du PS d’Olivier FAURE qui voulait changer l’image de son parti en mettant autre chose en avant que le nom marqué de socialisme ? Avec le non moins paradoxe que GLUCKSMANN est en même temps un libéral qui a soutenu SARKOZY, que c’est un bo-bo parisien du type de tous ces apparatchiks qui ont causé la perte du PS, car trop coupés des réalités sociales du pays.

Les ralliements ont été grandement médiatisés, alors qu’ils n’ont aucun poids. Pierre LARROUTUROU qui est de tous les bons coups, abandonnant soudain HAMON qu’il devait au départ rallier, puis Aurore LALUCQ, porte-parole inconnue de Generation-s, et bien sûr le PS, qui finit par prendre le contrôle de la liste, sans en avoir l’air, et qui présente le même programme en mots depuis 20 ans : la jeunesse, l’écologie, l’emploi et la justice sociale.

Peu de membres du PS ont eu le courage de dénoncer l’hypocrisie de cette liste, mis à part Stéphane LE FOLL. Ne pas y aller sur son nom, laisser la place à une tête inconnue du grand public et qui ne mobilise pas à gauche, et proposer des recettes qui ne fonctionnent plus. Une sorte d’entrisme à l’envers pour favoriser l’élection d’une personne qui dit qu’elle n’aime pas la politique, au risque de se retrouver à Bruxelles pour faire de la politique. Schizophrénique !

Lors qu’on écoute le premier secrétaire du PS, il explique qu’il a vendu Solférino en vue de préparer les élections de 2022. Sauf qu’au rythme où il va, et avec les choix qu’il fait, le PS ne fera pas de meilleurs résultats aux prochaines législatives, s’il n’a pas disparu avant… Pour la première fois, le PS risque de ne pas envoyer d’eurodéputés à Bruxelles, ainsi que d’être définitivement distancé par MÉLENCHON et les écologistes. Et ça ne réagit pas plus…

Il n’y a qu’à voir dans ma ville, ils continuent de viser prioritairement l’électorat populaire là où le communautarisme est en train de l’emporter sur eux. Ils continuent de se présenter comme écolos, alors qu’ils ne font rien quand ils sont élus. Ils s’enfoncent sur des créneaux qui sont déjà pris, et au lieu de réinventer la gauche, ils retapent la façade du PS, en espérant que les électeurs ne s’apercevront pas qu’ils vendent les mêmes produits, sans plus les assumer…

Place publique trahit les militants fidèles du parti socialiste, qui s’en retournent d’ailleurs vers HAMON, notamment en province. La manière dont FAURE a préparé cette alliance en cachette, en faisant croire qu’il y allait, puis en faisant ratifier cette proposition qui restait la seule au vote du bureau du PS est anti-démocratique. Mais Place publique trahit surtout la gauche en montrant que les idéaux politiques ont disparu au profit de l’opportunisme des personnes…




Il ne faut pas désespérer MÉLENCHON

Après Billancourt (Hauts-de-Seine), c’est une autre cause désespérée qu’il s’agit de soutenir : Jean-Luc MÉLENCHON. Le président du Parti de gauche (PG) confie sa lassitude au site internet Hexagones. Il se dit « fatigué », « avoir besoin de bailler aux corneilles » et reconnaît même un « échec » du Front de gauche (FDG). L’homme annonce prendre du recul par rapport à son action politique.

Ce n’est plus une déprime, c’est une dépression. Après l’échec immérité du Front de gauche aux européennes (un des rares à avoir un programme) et face aux communistes qui cherchent à casser l’alliance du Front de gauche, c’est six années d’efforts depuis 2008 qui sont remis en cause et une grande absence de reconnaissance envers l’homme aux 11 %.

MÉLENCHON, le socialiste qui voulait rénover le communisme

Quand en 2007, Marie-George BUFFET mobilisait 700 000 électeurs pour faire 1,93 % des suffrages, MÉLENCHON en captait 4 millions soit 11,1 % en 2012. Un score à deux chiffres que les communistes n’avaient plus connu depuis les 15,35 % de Georges MARCHAIS en 1981. Mais surtout un résultat permis par le rassemblement autour d’un homme de socialistes, de communistes, d’écologistes et d’alternatifs. En 2008, MÉLENCHON créé le PG comme une dissidence au PS, revenant aux fondamentaux de la gauche, dévoyée par un PS social-libéral. À l’occasion des élections européennes de 2009, il propose le rassemblement du FDG pour conforter cette alliance et réalise 6,05 %. Outre, les désirs de revenir dans sa vraie famille politique (des trotskistes) et de profiter du réservoir de voix communistes, il y avait aussi la volonté de créer une vraie gauche, fidèle à MARX et à JAURÈS, ce que les électeurs dits « de gauche » n’ont jamais compris.

La rupture viendrait du Parti communiste (PC) qui préfère le PS au PG

Au PC, la plupart des cadres n’ont jamais pu « encadrer » Jean-Luc MÉLENCHON. Pour autant que Pierre LAURENT, secrétaire général du PC et Marie-George BUFFET se forcent, André CHASSAIGNE, président du groupe communiste à l’Assemblée ne se prive pas de critiquer l’ancien Essonnien. Les élections municipales de 2014 ont laissé paraître le malaise latent avec une frange du PC franchement hostile à MÉLENCHON, qui a lâchement préféré aller se cacher avec le PS tout en espérant obtenir plus de poste. Ce fut le cas à Paris où cela ne servit que les intérêts de Ian BROSSAT ou à Savigny-sur-Orge où le PC se décrédibilise avec un Laurent LIEPCHITZ qui ne connaît pas la ville. Tout le problème vient du fait que le PC ne comprend pas qu’il perd en visibilité et donc en voix en se terrant avec le PS qui ne manque pas une occasion de les trahir, comme Ramzy HAMMADI le fit en 2012, leur ravissant la septième circonscription de Seine-saint-Denis.

Une stratégie politique du PC minable à court terme, mortelle à long terme

À vaincre sans péril, on triomphe sans gloire. Le PC perd en effet ses derniers bastions qui lui sont conquis par le PS. (En 2014, par la droite à cause du rejet massif de la gauche qu’incarne HOLLANDE). L’exemple de la Seine-saint-Denis est frappant à ce sujet avec les offensives massives de Claude BARTOLONE à chaque élection pour implanter le PS au détriment du PC. Les socialistes se croient malins à épuiser son principal réservoir de voix, jusqu’à ce qu’il n’existe plus. Les socialistes se prennent pour MITTERRAND sauf qu’ils n’ont pas l’habileté politique de notre dernier président de droite (de conviction, pas d’action). La ceinture rouge des années 1960 s’étiole progressivement tandis que le PC perd toujours plus d’élus, de villes, de cantons, de circonscriptions. Leur message politique est parfaitement inaudible. On ne se souvient plus du PC lorsqu’on parle de la fête de l’Humanité ou qu’on revoit Robert HUE à la télé ou des archives de Georges MARCHAIS.

Incapables d’incarner une alternative à la gauche molle du président HOLLANDE 

Mais le problème du FDG est de n’exister que grâce à MÉLENCHON dont les coups de gueule répétés ont fini par en agacer plus d’un. L’ancien plus jeune sénateur de France, élu à Massy (Essonne), vole immanquablement la vedette à ses camarades (sauf peut-être à Clémentine AUTAIN). Pourtant, les personnes proches qui l’entourent sont aussi intelligentes, voire parfois plus compétentes que lui : Martine BILLARD, Clémentine AUTAIN, François DELAPIERRE, Éric COQUEREL, Marc DOLEZ, Jacques GÉNÉREUX, Alexis CORBIÈRE, Gabriel AMARD son gendre, RAQUEL GARRIDO son avocate… Jérôme GUEDJ aurait eu sa place s’il n’avait pas préféré le PS… De 2008 à 2012, ils ont été les chantres de l’antisarkozysme. Mais c’est le PS qui en a récolté tous les lauriers. Et aujourd’hui, trop peu leur font confiance pour faire mieux que HOLLANDE à gauche.

Terrassé par la guerre des fronts puis par la guerre républicaine (UMPS contre FN)

Elle était annoncée pour 2012 mais elle a tourné au désastre : 17,9 % pour le FN à la présidentielle de 2012 contre 11,1 % pour le FDG. MÉLENCHON se voulait le seul vrai pourfendeur de Marine LE PEN. L’homme a  bien compris que les extrêmes ne sont pas figés et passent de la gauche à la droite en fonction du climat politique. Mais les Français ne l’ont pas suivi. Et on ne peut alors pas impunément taper sur la gauche à laquelle on appartient. Dans le même temps depuis 2013, les électeurs traditionnellement PC, partent au PS, craignant un nouveau « 21 avril 2002 », tandis que nombreux au PS cèdent aux sirènes du FN. Alors dans ces conditions, blessés par leurs divergences programmatiques comme par exemple les positions sur le nucléaire (PC pour ; FDG contre), l’extrême-gauche communiste ne peut pas survivre. Et le choix de MÉLENCHON apparaît, éclairé ainsi, comme le plus raisonnable : renoncer à diriger un ensemble indirigeable qui s’est lassé de lui.

C’est une histoire qui n’est pas finie. Au dernier moment, le PC ne lâchera pas MÉLENCHON dont ils ont trop besoin. Mais l’utopie du « pouvoir au peuple » et du FDG est morte. Jean-Luc MÉLENCHON ne peut plus dire « Place au peuple » en ne rassemblant que 6 % de la population. Il est certain que sa pause politique, si l’extrême-gauche ne se recompose pas, affectera durablement la gauche française jusqu’à créer un nouvel équilibre :

– Gauche-Extrême-gauche : 32 %

– Centre (droit) : 10 %

– Droite : 33 %

– Extrême-droite : 25 %

Et l’élimination systématique de la gauche lors des grands scrutins.

P.-S. : J’ai déjà rencontré Jean-Luc MÉLENCHON un jeudi midi dans le Xème arrondissement parisien. Il marchait seul, vêtu d’un blouson en cuir, et tenant sous le bras un journal écrit par ceux qu’il fait tant semblant de détester pour attirer l’attention médiatique. Il m’a paru « petit » puisqu’il doit mesurer autour de 1m70, quand j’en fais 1m75. Nous avons un ami commun en la personne de Mgr Guy HERBULOT.