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Sur l’hypocrisie et la récupération autour de l’incendie de Notre-Dame-de-Paris

Je vais commencer par une affirmation personnelle : je demeure globalement insensible à l’incendie de la cathédrale parisienne. Je suis surtout triste pour les charpentes qui dataient du XIIIe siècle, et je participerai très marginalement au financement de la reconstruction, mais rien de plus de mon côté. La cathédrale n’est qu’un bâtiment au service de l’annonce de la foi, même si celui-ci avait été particulièrement travaillé.

C’est donc avec une profonde gêne que j’entends aussi bien les catholiques qui sont effondrés, qui vont prier pour le bâtiment (alors qu’on ne prie normalement que Dieu), et qui, pour certains y voient un signe de la vengeance de Dieu qui s’abattrait sur une France décadente ; que tous les laïcards qui tout à coup y voient un symbole intemporel, dont ils cherchent pourtant d’habitude à faire taire le message à l’origine de l’élan qui a bâti cette cathédrale.

Cette dernière réflexion doit d’ailleurs nous interroger sur le rapport qu’entretiennent les francs-maçons (qui se réclament des bâtisseurs de cathédrales) à ce type de lieux, parce que je les trouve étonnamment bienveillants. J’attends sinon encore une réaction des musulmans. Pas de celle que les femmes voilées enlèveraient leur voile en solidarité avec les chrétiens qui mettent un voile quand il arrive quelque chose aux musulmans, mais un petit mot d’amitié fraternelle.

Cependant, jusqu’à présent, je n’ai pas entendu dire grand chose d’intéressant, mis à part par le grand rabbin de France Haïm KORSIA. L’intervention de MACRON, dont je doute de l’émotion, transpirait la récupération avec un élément de langage à destination de l’électorat catho tous les deux mots. Que pouvait-il dire autrement qu’il reconstruirait l’église ? Qu’il allait la raser pour en faire le nouveau temple du libéralisme débridé ? Notre-Dame rapporte trop pour cela !

Ce qui est formidable est que la laïcité n’existe alors plus ; pas plus que la République puisqu’il existerait une communauté catholique, alors qu’il n’y a qu’une communauté nationale. Soudainement, plein de politiques se mettent à dire qu’ils sont catholiques, et des mecs comme MÉLENCHON viennent t’expliquer la place du christianisme en France et pleurer la cathédrale, dans le même style qu’ils ont utilisé pour réagir à la mort de Fidel CASTRO ou de Hugo CHAVEZ.

Je déplore encore le mode édition spéciale, qui donne à cet incendie, la même portée qu’un attentat, signal que certains bâtiments semble valoir autant que la vie humaine. Et puis les gens de s’étonner que la pierre ne brûle pas ; et d’autres de bloquer sur les présumées reliques, dont je me fous éperdument car elles n’apportent rien à ma foi (mais tant mieux qu’elles existent pour ceux pour qui elles signifient quelque chose). Et les interventions pour meubler…

Vient maintenant le temps de la collecte des fonds ; et alors que l’Église, dont on oublie toutes les affaires, est en crise économique, les chrétiens vont investir pour ce bâtiment, alors qu’il serait plus chrétien d’investir dans les paroisses, et de laisser le mécénat se charger de ce bâtiment public. Preuve que les gens sont plus attachés au symbole, qu’au message qu’il contient, et à ce pourquoi on l’a érigé… Je suis très gêné par tout ce que je vois.



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Grenades de désencerclement (GLI F4) et lanceur de balles de défense (LBD) : la grande hypocrisie !

On a dévoyé deux concepts (la grenade de désencerclement et le lanceur de balles de défense), et puis on s’étonne qu’ils ne fonctionnent plus, sinon toujours avec des ratés…

Je suis pour l’interdiction des armes actuelles en tant qu’elles sont trop dangereuses, mais pour qu’on revienne à un système d’armement similaire mais moins lourd, réservé à certaines corps spécifiques des forces de l’ordre, dans la logique de ce pour quoi elles avaient été crées, à la base !


À l’origine, la grande désencerclante devait permettre aux forces de l’ordre de se dégager, au moyen d’un triple-effet de souffle, assourdissant et lacrymogène.

Puis en 2011, on a eu la brillante idée d’y porter dans le dernière modèle la quantité de TNT à 25 grammes, soit autant que dans les grenades des unités de grenadiers de 1914-1918, et on s’étonne que ce soit devenu une arme de guerre qui fasse des blessés voire des morts !


Même problème avec le lanceur de balles de défense (LBD) dont le concept est de faire un projectile le plus gros possible et lancé avec le moins de vitesse possible, afin de repousser l’hostilité d’une foule.

Et on en a aussi fait une arme de guerre, avec en plus le raté d’une précision minable, puisque 10 % des tirs ont atteint des zones que les forces de l’ordre n’ont pas le droit de viser (même s’il est possible que certains policiers craquent à force, usés par les samedis de mobilisation).


À partir de là, nous assistons à des débats ultra-manichéens entre ceux qui veulent interdire aux forces de l’ordre de pouvoir se protéger, et ceux qui veulent en faire des Robocop…

Et personne ne semble dire qu’on puisse faire des grenades de désencerclement qui auraient le même effet avec 15 ou 20 grammes de TNT. Ou qu’on puisse faire d’autres flash-balls avec des balles plus grosses et des systèmes de propulsion volontairement moins puissants…

Dans le même genre, on a aussi le discours qui nous dit que tous les policiers sont des cow-boys, ou inversement qu’ils sont tous inoffensifs et qu’ils ne font jamais exprès.

Et puis à côté, le discours que ce serait toujours la faute des gilets jaunes qui iraient se jeter sur les grenades, ou à côté jamais la leur, même quand les vidéos sont accablantes.


Je déplore toute la surenchère à laquelle nous assistons venant d’une gauche hyper-laxiste qui cherche à exister, tout comme une droite hyper-sécuritariste ; mais surtout l’absence de modération de tous les propos que l’on peut entendre, alors que la vérité, en tout cas, les mensonges sont tous bien partagés !

Oui à des grenades de désencerclement, parce que oui, certains sont là pour tuer du flic.

Oui à des flash-balls, mais effectivement, quand les policiers frappent au visage des mecs en train de filmer, c’est quand même qu’il y a un problème !

Mais avec des armes moins lourdes, qui alors qu’elles sont pour la défense, ont des capacités d’armes offensives ; et surtout qui poussent les gens en face à s’adapter, et à adopter des armes de même poids…

Car si d’un côté, certains citoyens ont des armes lourdes, il faudrait peut-être se demander où ils les trouvent, et les empêcher de les avoir ; plutôt que de partir du fait qu’ils les ont, pour en donner aussi aux forces de sécurité, qui perdront plus facilement la guerre de l’image…



Pourquoi je boycotte les repas 2019 et 2020 de bonne année de l’ASTSM

Cette année, et pour la première fois depuis 11 ans que je cotise, et que j’adhère à l’association sainte-Thérèse saint-Martin (ASTSM) de Savigny, je vais boycotter le repas de nouvelle année auquel ma présence semble être devenue indésirable.

Je garde surtout en tête la manière dont j’ai été traité à l’assemblée générale 2018 lorsque j’ai voulu aborder le sujet de ce repas

Et en plus, quand j’ai appris que MEHLHORN (le maire) était invité à l’apéritif, qu’il venait, et que personne n’a allumé ses feux de détresse, en se disant que s’il était là cette année 2019, pour la première fois du mandat, c’est pour faire sa campagne…


Au début, c’était un repas paroissial de bonne année très sympathique, organisé par l’ASTSM. Mais il n’y avait qu’une centaine de personnes qui venaient.

Et puis pour faire nombre, on s’est mis à inviter des personnes « amies » de l’association, et le repas paroissial est devenu une espèce de banquet ouvert, à la table duquel vous pouvez ne plus vous retrouver avec vos amis, mais avec des personnes non pratiquantes, et complètement inconnues, avec qui vous n’avez rien à vous dire pendant le repas.

Et quand ceux-ci sont vos opposants politiques notoires, et qu’ils sont venus pour faire campagne, et que comme bonne pioche, vous avez fait le service de l’apéritif, et que quand vous n’arrivez il n’y a plus que de la place à table avec eux, et qu’ils vont passer le temps du repas à vous insulter et à vous expliquer pourquoi vous avez tort de faire de la politique…

Mais l’association ne veut pas voir qu’il y a en fait un problème à ce que les paroissiens de Savigny ne viennent pas à ce repas, et surtout que 3/4 des cotisants soient juste des gens intéressés par la mise à disposition des salles paroissiales ; pour la seule raison qu’il y a un nombre toujours plus important de participants à ce repas…

Plutôt elle refuse de s’interroger sur les raisons pour lesquelles les paroissiens ne veulent pas financer leur Église locale…


Il y a aussi le sujet de l’argent, quand j’ai osé aborder parce que certaines paroissiennes avaient été choquées que certains ne payent pas ou très peu le repas (c’est un système de don libre).

En gros, on m’a accusé de m’intéresser à l’argent, alors que c’est ce qui fait vivre cette association, et que tout ce qu’elle fait, à l’exception de ce repas et des relations publiques, est une question financière.

Ils se moquent qu’on paye au repas, parce que l’important c’est qu’on soit au repas, mais les cotisations, c’est autre chose…

Surtout qu’il faut voir le battage fait pendant le repas pour que les gens cotisent à l’association, ce qui est généralement un échec…


Il y a encore cette hypocrisie quand aux « amis » invités.

Certains peuvent inviter qui ils veulent, y compris des politiques.

À moi, je me fais reprocher d’être en campagne par ma seule présence…

Et puis, il y a les amis politiques, notamment les élus qui vont à la table des responsables de l’association et des religieux (du moins l’ancienne maire SPICHER quand elle venait), et qui n’en bougent pas. Ceux-là ne peuvent parler qu’avec certaines personnes !

Et le bureau de l’association musulmane de Savigny, qui est aussi souvent invité (comme les autres confessions mais ce sont les seuls à vouloir venir), et qui là aussi, reste à la table des chefs.

Avec cette chose formidable qu’ils ont leur repas, parce qu’ils ont besoin de venir pour manger de la viande halal, et ne semblent pas pouvoir se satisfaire de tous les autres mets qui échappent au rituel.

J’avais d’autant plus de mal quand c’était le bureau qui accueillait des imams salafistes et frères musulmans dans leur salle de prière, et que l’un des responsables étant un voisin que je savais battre sa femme.

Je finis qu’il serait temps, en plus, qu’on arrête de faire semblant qu’il y a deux associations musulmanes de Savigny.

Et je note que seul mon ami Jean-Marie CORBIN avait eu la conviction de partir quand il avait vu cela, mais qu’il n’avait été suivi par personne, moi le premier, ce qu’aujourd’hui, je regrette.


Enfin, il y a cette chose formidable qu’en cuisine, et au service, on trouve principalement les bénévoles de la brocante qui ne sont pas pratiquants, et qui vont servir les pratiquants. Mais cela, je crois que tout le monde s’en fout, peu importe le symbole envoyé…


Donc lassé de cette hypocrisie, et pour ne pas qu’on me reproche d’être en campagne, je ne viendrai pas ni en 2019 ni en 2020. Mais je continuerai quand même à leur filer mon fric, parce que c’est utile à l’entretien des églises.



Sur la place des jeunes dans l’Église catholique

À Savigny, nous écrivons actuellement le prochain Projet pastoral de secteur 2018-2021. Et avec les meilleures intentions du monde, nos bons chrétiens développent un volet jeunes. Et je pense que c’est hyper-contreproductif, parce que nos jeunes chrétiens n’aspirent d’abord qu’à une seule chose : qu’on leur fiche la paix ! Ensuite, qu’on les considère comme des grands, sans ce faux-jeunisme hypocrite qui tranquillise les vieux.


Le premier problème, c’est que ce ne sont que des quinquagénaires et plus qui se posent la question de proposer une « politique » jeunes, et du fait du fossé générationnel, notamment de la fracture numérique, ils sont quand même à la masse. Et que les recettes qui ont fait florès il y a dix ans ne fonctionnent plus aujourd’hui !

Le deuxième, c’est que les jeunes qui servent de cobayes dans ce genre de réflexions, ont trop souvent une spiritualité charismatique. Et ils veulent de la prière, et des chorales ; et si les jeunes ne sont pas contre dans les grands rassemblements spirituels comme le Fraternel, ils s’en moquent le reste de l’année.

Le troisième, c’est les animateurs qui veulent « transmettre » la foi ; sans forcément bien savoir quel est leur foi. Et qui enseignent un catéchisme, au lieu de PARTAGER leur foi et de dire ce qu’ils vivent, ce qui suppose un recul de sa pratique religieuse. Donc ils font passer quelque chose de désincarné et impersonnel au travers des jeunes, et parfois ça reste, ou ça s’en va…

Le quatrième, c’est de vouloir responsabiliser les parents pour qu’ils mettent la pression sur les jeunes, alors que nos jeunes resteraient d’eux-mêmes, si le caté et l’aumônerie étaient intéressants, et surtout si on transformait la démarche administrative de parents qui demandent les sacrements pour leurs enfants, en démarche de foi des jeunes.

Le cinquième, c’est l’absence de l’assemblée voire aussi des prêtres au long de l’année. C’est bien de dire qu’il faut des jeunes, mais il faut aussi les laisser occuper une place, sans leur donner, mais sans les bloquer. Et trop souvent, nous ne sommes que dans le sentimentalisme, et finalement dans l’hypocrisie parce que nous voulons des jeunes pour dire que les vieux ne sont pas responsables du déclin de l’Église, et pouvoir leur reporter la faute dessus.


Bref, je suis assez malheureux parce que, de ce que j’en vois, nous considérons les jeunes cathos comme des grands immatures, au moyen d’un jeunisme malsain. Et au lieu de leur permettre de s’affirmer dans leurs propres convictions (ce qui entre nous est mal vu ; et je peux en témoigner de ce que j’en vis), on préfère en faire de bons chrétiens de tradition, qui clairement s’ennuient à la messe, et donc finissent par se tirer.

Ce qui me fait mal est que le concile Vatican II est justement responsabilisateur, et qu’il fait éclater les distinctions sociales et sociétales. Et qu’on recommunautarise pour séquencer et diviser le Peuple de Dieu. Qu’on commence donc par traiter les jeunes comme des chrétiens adultes, et qu’on fasse une « politique » pour les chrétiens dans leur ensemble, avant de faire une sauce pour chaque mouvement, service ou segment…

Avec du recul, et un regard critique, je m’aperçois que le (mon) Christ déserte de plus en plus nos églises. Avec le souci qu’il n’est parfois même plus là dans nos démarches sacramentelles et dans tout ce qui est accompagnement et éducation à la foi. Donc oui, on fait de la religion, mais on ne « fait » plus de foi. Et j’entends des discours auxquels les gens ne croient pas ; et je vois des gens qui interprètent l’Évangile, mais d’une manière pas toujours très christique… Et ils ne me donnent pas envie d’être (plus) chrétien…