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Pourquoi je pense que Donald TRUMP ne sera pas réélu en 2020

Autant je pensais que TRUMP pouvait être élu en 2016, car j’avais bien senti la déception des électeurs démocrates dans les états de la Rust Belt, qui ont pris de plein fouet la crise de 2008. Autant je pense que TRUMP sera largement battu en 2020, malgré ses bons résultats économiques, et quelque soit le candidat démocrate qu’il aura en face de lui, même si la candidature de Joe BIDEN n’a sincèrement rien d’excitante pour les États-uniens…

TRUMP a fait le job pour les électeurs républicains convaincus, mais les électeurs républicains demeurent minoritaires dans le pays. Ce qui fait l’élection américaine est l’enthousiasme suscité par le candidat démocrate qui déplace plus ou moins aux urnes les minorités ethniques.

Mais là où TRUMP a foiré réside dans sa politique à l’égard des électeurs démocrates qui ont voté pour lui, et qui ne lui chercheront pas les excuses traditionnelles des républicains.

Il n’empêche pas les fermetures des usines. Il n’a pas fait son mur pour empêcher l’immigration. Et sa politique internationale est un bide tant avec la Corée-du-Nord qu’avec la Syrie, même si les soldats sont effectivement de retour à la maison…

Il faut aussi voir que les médias dans leur globalité, même si les républicains regardent des télés républicaines, et les démocrates des télés démocrates, n’ont pas pardonné à TRUMP d’être élu, alors que ce sont ces mêmes médias qui ont exaspéré les électeurs démocrates. L’élite n’a pas supporté que sa candidate, CLINTON, même si TRUMP fait partie de l’élite, ait perdu et aussi largement, et à cause de ces ploucs ouvriers de la Rust Belt encore une fois.

Vu d’Europe, la compréhension de l’élection américaine ou de la politique de TRUMP est d’ailleurs pathétique. Les gens restent en boucle sur le fait que CLINTON avait le vote populaire, ce qui veut uniquement dire que les démocrates vivent globalement plus entre eux. Puis ils s’imaginent des frontières sans barrières avec le Mexique, que les camps ont commencé avec TRUMP et qu’ils n’arrête pas d’expulser des immigrés. Alors qu’il y a des clôtures électriques et des barbelés partout sur la frontière, que les camps ont été institutionnalisés par BUSH, mais pas fermés sous OBAMA, et que c’est ce dernier qui détient le record du nombre d’expulsions.

TRUMP fait aussi tout ce qu’il faut pour ne pas être réélu entre ses tweets ridicules, ses colères qui lui font renouveler l’administration tous les six mois, et ses décisions qui n’ont aucun sens, et qui se contredisent les unes les autres comme avec les Kurdes. Ce que donc les médias se pressent de relever, ce qu’ils ne faisaient pas de la même manière avec OBAMA, qui faisait quand même moins de conneries, et qui a perdu pour sa politique économique.

L’impeachement n’aboutira pas, mais il permet de taper sur TRUMP, et de faire de la campagne à venir un référendum pro ou anti TRUMP. Cependant là où TRUMP perdra, malgré la faiblesse record du taux de chômage, et qu’il fasse ce qu’il faut pour résister à la Chine, sera que les électeurs démocrates se mobiliseront en masse pour le virer, et qu’il se retrouvera minoritaires dans la Rust Belt notamment, qu’il n’a pas autant sauvé que ce qu’il claironnait partout.

Maintenant, TRUMP ne s’attendait absolument pas à être élu en 2016. Il était très satisfait de son coup de com, ou de son coup de pub. Cependant, il a été élu et il a goûté au pouvoir. Je suis curieux de savoir comment il acceptera de la lâcher dans ce contexte.



Pour en finir avec le procès en illégitimité de l’élection de Donald TRUMP en 2016

À l’occasion des élections américaines de mi-mandat, les différents médias ne cessent de rappeler que TRUMP a été devancé par CLINTON de près de 3 millions de voix, ce qui sous-entend qu’il serait illégitime. Or, le système américain des grands électeurs est justement intéressant, d’un point de vue démocratique, parce qu’il contrebalance les effets sociologiques de regroupement de population par affinités et niveau de richesse.

Du point de vue du système électoral états-unien, TRUMP a gagné. Il faut donc arrêter de vouloir imposer partout notre système français si démocratique que LE PEN, MÉLENCHON et DUPONT-AIGNAN font 45 % des voix au premier tour de la présidentielle, mais qu’ils n’ont ensuite que 6 % des députés à l’Assemblée… On devrait surtout s’interroger sur la concentration des bourgeois friqués et sur la ghettoïsation des immigrés qui provoquent ces résultats !


Pour comprendre la carte :

En rouge foncé, les états où TRUMP a obtenu plus de 30 % d’avance sur CLINTON,

En rouge clair, ceux où TRUMP a obtenu plus de 20 % d’avance sur CLINTON,

En rose, ceux où TRUMP a obtenu plus de 10 % d’avance sur CLINTON,

En jaune, les états où le score s’est joué à moins de 2 % entre les deux favoris

En bleu pâle, les états où CLINTON a obtenu plus de 30 % d’avance sur TRUMP,

En bleu turquoise, ceux où CLINTON a obtenu plus de 20 % d’avance sur TRUMP,

En bleu foncé, ceux où CLINTON a obtenu plus de 10 % d’avance sur TRUMP,

En gras, le nombre de grands électeurs de l’état.


L’enseignement majeur de cette carte est que les états dans lesquels les démocrates sont très majoritaires (plus de 20 % d’avance sur les républicains) sont plutôt des états très peuplés, comme la Californie ou New-York, ce qui se traduit par un grand nombre de grands électeurs ; et que les états dans lesquels les républicains sont très majoritaires (plus de 20 % d’avance sur les démocrates) sont des états assez peu peuplés, avec 5,6 grands électeurs en moyenne.

De telle sorte qu’à chaque scrutin, les démocrates sont en principe assurés d’obtenir un minimum de 117 grands électeurs, sur les 270 qu’il faut obtenir pour être élu, tandis que les républicains ne sont normalement garantis d’en avoir que 79. On observe donc bien ici une concentration des électeurs démocrates entre eux dans certains états localisés de l’Ouest et du Nord-Est, tandis que l’électorat républicain est beaucoup plus diffus dans la population.


Pour autant, la victoire de TRUMP relève bien d’un large mouvement populaire de fond, lequel se traduit par le fait qu’il a emporté la plupart des états clés indécis, les fameux swing states, souvent de justesse, à quelques dizaines de milliers de voix près. Car son discours économique protectionniste et anti-système a davantage su rassurer les ouvriers de la Rust Belt que le programme de CLINTON, héritière des échecs d’OBAMA, lui-même élu grâce à ces états.

Or, ce sont les seules voix de ces ouvriers industriels, minoritaires mais traditionnellement acquis aux démocrates, et qui auraient pourtant voté Bernie SANDERS, qui ont manqué à CLINTON. Et les analystes et les politologues, qui sont du système donc croient le connaitre, ne comprennent toujours pas qu’à cause de l’immigrationisme et du libéralisme des démocrates, ces gens aient pu aller voter pour TRUMP, alors que le parti républicain est celui du patron !

La France vit ce même mouvement, avec des socialistes qui à force de défendre l’immigration et de céder à la finance donc d’abandonner leurs usines, ont vu leur électorat ouvrier partir au Rassemblement national. Et les Français de droite, comme les États-uniens démocrates n’ont toujours pas compris que JUPPÉ aurait gagné face à MACRON grâce à sa ligne centriste, comme SANDERS aurait gagné face à TRUMP grâce à sa ligne anti-système, mais plus à gauche.


On peut donc toujours trouver injuste que ne participent au vote final que les seuls grands électeurs issus du parti arrivé en tête, ce qui est une règle qui n’est globalement pas contestée en dehors des périodes d’élections ; il suffirait en fait aux démocrates de mieux se répartir sur le territoire pour l’emporter puisqu’ils sont effectivement majoritaires en nombre.

On peut d’ailleurs repenser à toutes ces études parues dans les années 2000 et tendant à prouver que l’immigration allait permettre aux démocrates de s’emparer définitivement des différentes places du pouvoir américain. La preuve en est que non, grâce à ce système, et en cela, il me paraît tout autant démocratique que le vote populaire.

On rappellera enfin que TRUMP, qui aura quand même remporté 30 des 50 états, est quand même le quatrième président à être élu sans la majorité des suffrages populaires, et que même si ce système favorise les républicains, il n’empêche que ces derniers arrivent à être majoritaires à la Chambre des représentants, même sans jerrymandering, là encore parce que dans les districts, les démocrates sont plus concentrés entre eux, que les républicains !




Pourquoi TRUMP pourrait réussir !

Sans nous avancer sur la possible réussite de la rencontre non-diplomatique des États-Unis d’Amérique (EUA) avec la Corée-du-Nord, force est de reconnaître que TRUMP fait bouger les choses. Et même si ce qu’il fait, et la manière dont il le fait est critiquable, il obtient des résultats là où les EUA n’obtenaient plus rien depuis la fin de la Guerre Froide. De là à écrire qu’il n’est pas aussi stupide que ceux que certains le représentent…

À bien y regarder, TRUMP n’est toujours critiqué que par les mêmes. Des personnes qui pensaient qu’ils ne pourraient pas gagner l’élection, et qui n’ont pas supporté qu’il la gagne. Mais il ne déçoit pas au sein de son camp, en tant qu’il fait ou qu’il prépare globalement ce qu’il a promis. Il est aussi, à sa manière, le « maître des horloges », et il pourrait arriver avec quelques victoires aux élections de mi-mandat, autour desquelles il organise le temps de sa politique.


Parce qu’il mène une politique de court terme

Je n’ai aucun doute sur le désastre que représente une politique économique ultra-libérale. Seulement TRUMP ne sera plus en poste le jour où les ennuis commenceront. Il peut détaxer les produits américains et surtaxer les produits européens. Les produits asiatiques vont avoir besoin de quelques années pour envahir le marché. Pour le reste, il est dans la communication, et on voit surtout ses coups d’éclat, dont ses successeurs auront à payer les pots cassés.


Parce qu’il enfonce des portes ouvertes

Quelle autre politique contre l’Iran et la Corée-du-Nord que les sanctions économiques pour les forcer à négocier, voire pour faire tomber le régime de l’intérieur (ce qui est possible en Iran) ? Quelle autre ville que Jérusalem pour situer la capitale israélienne ? TRUMP n’invente rien ; il ne fait que mettre en œuvre des options, qui ont été proposées et validées dans les années 1990, puis qui ont été abandonnées pour des raisons tenant plus à l’émotion qu’au but recherché.


Parce que les États-Unis restent la première superpuissance mondiale

Ils enfreignent les règles de l’OMC. Ils n’attendent pas l’aval de l’ONU. Ils abandonnent les accords internationaux. TRUMP part du G7 en le cassant. Or si, en face, il n’y a que des mots, c’est parce que personne n’ose essayer de s’opposer à la superpuissance américaine. Et TRUMP joue de cette faiblesse, sachant que la Russie est isolée, que l’Union européenne, vue comme la pire menace, est incapable de parler d’une seule voix et que la Chine ne veut pas croître trop vite.


Parce que tous ses opposants sont divisés

C’est valable aussi bien en politique intérieure, où les démocrates ne se sont pas remis de la défaite de CLINTON, qu’en politique extérieure où chacun cherche à porter sa voix individuellement. TRUMP reste minoritaire, sauf qu’en face de lui, ses différents opposants n’arrivent pas à s’allier pour peser plus que lui. Et les Républicains sont trop contents d’avoir la place pour la saborder, d’autant que ceux qui lui résistaient s’effacent progressivement (maladie de Mc CAIN…).


TRUMP va réussir, mais sûrement pas là où on l’attend. Il n’aura pas forcément les résultats escomptés, mais il réussit à faire bouger les choses, et donc à rendre aux Américains la fierté d’une Amérique moteur, comme sous REAGAN, là où ça ronronnait… Tous les DE NIRO qui lui disent « fuck president » sont déjà ses opposants ; ils ne convainquent que des convaincus, et peut-être même continuent-ils à renforcer ceux qui ont voté TRUMP par rejet de CLINTON ?



La série House of Cards (US) a-t-elle pu faire perdre Hillary CLINTON ?

Je ne sais pas pour vous, mais les deux principaux sentiments que l’on acquiert à la vision de la première série originale Netflix House of cards (donc la version US) sont que les démocrates sont de sales types (pour rester poli) et que le pouvoir politique s’abîme dès qu’il devient une affaire familiale, que ce soit celle d’un couple ou d’un héritage père/fils.

Or, Hillary CLINTON possédait le double désavantage d’être démocrate et surtout d’être la femme de… Alors même si House of cards n’a été vu que par 9 millions d’Américains, selon les chiffres donnés par Netflix, le différentiel entre CLINTON et TRUMP en 2016 n’est que de 3 millions de voix. Insuffisant pour faire l’élection, mais sûrement pas négligeable pour travailler les consciences et instiller dans la société un profond sentiment anti-démocrates.

Qui est Frank UNDERWOOD, personnage principal ? Un démocrate qui n’est bon que dans la conquête du pouvoir, et qui d’ailleurs l’abandonne rapidement après l’avoir gagné car ça ne l’intéresse pas réellement. C’est sinon un raté, qui n’aura pour seule réforme que de piller le fonds d’indemnisation des victimes des ouragans pour financer une réforme du travail inefficace ; un homme trop lâche pour guerroyer, aux comportements misogyne, violent voire raciste.

À bien y regarder, il s’agit d’une série profondément anti-démocrate qui aligne les clichés véhiculés dans les spots républicains. Les démocrates contre les armes à feu. Les démocrates à fond pour soutenir les personnes homosexuelles. Les démocrates pour régulariser massivement les immigrés sud-américains, vus comme des réservoirs de voix. Les démocrates pour demander l’assistanat au moyen notamment du système de santé pour le plus grand nombre.

En face, les républicains sont indemnes. Ils s’opposent à tout, mais c’est le jeu politique. Ils présentent un candidat qui finit par foirer parce que rattrapé par les démons des choses qu’il a faites pendant la guerre. Outre qu’on peut donc pardonner à cet homme, les autres républicains sont absents ; et finalement pas si terribles puisqu’on veut même leur proposer de travailler avec les démocrates, qui sont ceux qui créent finalement le plus d’opposition en interne !

Et puis il y a l’image de la corruption du pouvoir, exprimée au travers de ce couple qui ne s’aime plus lui-même parce que chacun de ses membres aime trop le pouvoir, et qui se trompe abondamment toujours pour servir leurs intérêts. On peut alors voir un effet psychologique inconscient pour l’électeur de vouloir sauver le mariage CLINTON, déjà fragilisé par l’affaire LEWINSKI, et de vouloir éviter plus de troubles ou de tentations à Hillary (ou à Bill), qui nous sont familiers.

Même si House of cards n’a certainement pas fait perdre CLINTON, cette série présente une Amérique malheureuse, de plus en plus pauvre et de moins en moins bien comprise et soutenue par ses élus, sous une succession de présidents démocrates finalement tous médiocres, en plus d’être corrompus. Or, d’habitude, le méchant est un républicain, fort de sa carrure mais va-t-en guerre. Donc je pense que oui, dans le contexte, cela n’a pas spécialement aidé CLINTON !