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Mes reproches à la conférence de Charles ZORGBIBE au 4e salon du Livre d’Histoire de Savigny-sur-Orge

Étonnante et très décevante conférence du parrain du 4e salon du Livre d’Histoire, Charles ZORGBIBE ; lequel n’est pas historien de formation, et cela s’en ressent sur la méthode de travail, et le manque criant de rigueur scientifique…

S’il voulait que j’achète son livre de 496 pages intitulé L’imbroglio, Roosevelt, Vichy et Alger, c’est raté, parce que la conférence m’a fait douter de sa crédibilité d’historien.

Je ne prétends pas qu’il soit pétainiste, et qu’il essayait de réhabiliter PÉTAIN au travers d’une positivisation de son image au travers du regard des États-Uniens. Mais il y avait tout de l’esprit et de la logique réflexive des tenants de la théorie du glaive et du bouclier.

Et non, on ne peut pas dire que Franklin Delano ROOSEVELT était pétainiste et vichyste, parce qu’il appréciait personnellement l’homme et le militaire PÉTAIN, ce que semble effectivement traduire des courriers rassemblés par l’auteur !


Tout d’abord, ZORGBIBE nous a expliqué que la Cour Suprême bloquait systématiquement les mesures de politique intérieure de ROOSEVELT, lequel était menacé par une procédure d’impeachment, ce qui ne lui laissait de latitude que sur la politique extérieure, et justifiait qu’il s’y intéresse autant.

Or, la Cour Suprême s’est rallié au New Deal en 1937 ; le Congrès américain a toujours été démocrate sur la période de 1932 à 1945 ; je n’ai trouvé aucune trace d’un impeachment envisagé contre ROOSEVELT, et la conférence portait sur une période débutant en 1940.


Ensuite, ZORGBIBE a nuancé le vichysme de l’administration américaine en nous expliquant que si les États-Unis avaient soutenu PÉTAIN jusque très tardivement, ils ne soutenaient pas pour autant la collaboration et l’alliance militaire contre les bolchéviques ; et que ROOSEVELT se mettait en colère dès que Vichy faisait un pas vers l’Allemagne.

Mais Vichy n’est rien d’autre qu’un régime de collaboration, engageant la France aux côtés du Reich dans la guerre contre le communisme !

Donc ROOSEVELT, s’il était vichyste, devait être pour la collaboration. Enfin, ce n’était pas très clair pour l’auteur, qui ne voulait pas dire cela, mais quand même…


Après, ZORGBIBE a prétendu que la preuve de l’estimé portée à la France vichyste par ROOSEVELT était la nomination d’un de ses amis très proche, l’amiral William LEAHY, qui serait un vétéran de la guerre de Sécession (1861-1865).

Je ne comprends pas comment c’est possible en tant que LEAHY est né en 1875… Et puis cela ne justifie rien de placer ses potes à des postes d’ambassadeurs, tout en nous disant qu’il était encore plus vichyste que ROOSEVELT, ce qu’il n’a pas étayé !


Puis ZORGBIBE, qui était parti sur l’année 1942, est brutalement revenu sur l’année 1941, pour nous parler de l’invasion de Saint-Pierre-et-Miquelon par les gaullistes, au mépris de toute chronologie.

Et donc que ROOSEVELT envisageait une guerre pour reprendre Saint-Pierre-et-Miquelon, (qui ont été prises le 23 décembre), mais qu’il en a été interrompu par Pearl Harbor, et l’entrée en guerre des États-Unis, qui est intervenu quinze jours avant les 7 et 8 décembre 1941 !


La conférence s’est arrêté assez brutalement, faute de temps, sans qu’on ne s’attarde trop sur les conséquences du débarquement allié de 1942.

Or, à mon sens, c’est toute la partie des relations américano-vichystes qui commence à ce moment qui était la plus intéressante à traiter…


Je m’arrête là, en indiquant avoir appris que Pierre LAVAL était surnommé « Black Peter » par les États-Uniens, et avoir eu confirmation, au travers d’un extrait des lettres de LEAHY que PÉTAIN souffrait vraisemblablement d’un Alzheimer dès 1942.

Et enfin, propre à Savigny-sur-Orge, en exprimant ma surprise que ce soit Annie DEPRINCE, ancienne responsable du service des Archives, qui ait animé cette conférence…