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Sur l’élection à la présidence du Parti socialiste en mars/avril 2018

C’était ce mercredi 07 mars 2018 le grand débat des candidats au poste de secrétaire général du Parti socialiste (PS), devant seulement 204 000 spectateurs. Sans plus attendre, je vais commencer par achever le suspense : qui peut gagner à part Olivier FAURE ?

Lequel se retrouvera élu par une partie des 30 000 électeurs encartés et à jour de cotisation. (On rappellera qu’il n’y en eu guère plus de 90 000 – 120 000 revendiqués – sous le précédent mandat au cours duquel ils ont tout contrôlé ; soit quasiment autant que d’élus sur des listes socialistes en France…)

Mais surtout pour quoi faire ? Le Parti socialiste est inaudible donc mort, poignardé à la fois par sa gauche mélenchoniste et sa droite macroniste. Il reste donc un centre-gauche qui ne veut juste pas se positionner, et fait semblant de croire à une drôle de synthèse insipide qui annone tels des mantras : l’écologie, le féminisme, le progrès et l’accueil des migrants.

Ce n’est pas tellement la faute de HOLLANDE. Davantage celle d’un rideau, installé depuis trente ans, qui est tombé : la gauche n’est pas sociale, et encore moins socialiste. (La droite ne l’est pas non plus ; en réalité, aucun parti ne l’est, sinon des personnes individuellement)

Les cadres du PS sont des petits-bourgeois, qui se sont formés dans les officines de gauche, et ne connaissent et ne comprennent pas grand chose à la vraie vie. Ils souffrent beaucoup en ce moment dans les médias (et je trouve cela très jouissif) par rapport à #Balancetonporc, ou aux révélations sur leurs trains de vie.


Mais qui se rappelle encore de MITTERRAND, qui en 1971 lors du Congrès fondateur du PS, disait : « Celui qui n’accepte pas la rupture avec l’ordre établi, avec la société capitaliste. Celui-là, je le dis, ne peut pas être adhérent du Parti socialiste » ?

Concept auquel il n’a jamais crû, et auquel il a officiellement renoncé en 1983. De là, que pouvait faire la gauche, à part se renier de bout en bout ? Et d’en remettre une grave couche avec l’Europe, et le traité européen, allant contre le vote du Peuple français.

La seule chance du PS a été de se maintenir comme deuxième force politique française, et de bénéficier des alternances, tout en suscitant un nouvel espoir à la fin des années 1990, en s’alliant avec le centre autour du thème de la social-démocratie et en s’emparant de l’écologie.

Ce qui s’est fait partout en Europe, et a échoué, quand au bout d’un mandat (parfois plus), les déficits publics ont explosé, et donc que les impôts ont augmenté (essentiellement pour les pauvres, lesquels n’ont pas vu les écarts de richesse se réduire).

Puis surtout quand les électeurs ont fini par s’apercevoir qu’il n’y avait ni social ni démocratie à gauche… Certes un peu d’écologie, et c’est peut-être le seul sujet sur lequel ils ont été moteur, en bien et en mal. Et les électeurs sont partis chez MACRON, parce qu’il a fait ses armes à gauche, et que le libéralisme, c’est quand même plus sympa que l’anticapitalisme marxiste.

C’est hypocrite, parce que MACRON n’est pas de gauche, mais c’est cohérent parce que la gauche est morte en 1983 avec les espoirs douchés de 1981.


Du coup, le vallsiste Luc CARVOUNAS n’a plus beaucoup de réservoir de voix et il sera bon dernier. Surtout que son programme vise à rassembler la gauche, laquelle est désormais minoritaire au PS. Donc il veut vendre le PS soit à MÉLENCHON soit à MACRON…

Le troisième sera Stéphane LE FOLL, qui tel un Vincent PEILLON, va « payer » son amitié et sa proximité avec HOLLANDE. Il propose de continuer les recettes qui perdent ; il va prendre la porte, en plus d’être de toute façon trop vieux.

Parviendra au deuxième tour, mais sera finalement défait le frondeur Emmanuel MAUREL, parce que des tenants de la vraie gauche sont encore au PS, mais restent minoritaires depuis qu’ils se sont barrés avec HAMON, et surtout qu’il n’y a pas VALLS en épouvantail face à eux.

Du coup, ce sera Olivier FAURE, parce qu’il est jeune, qui continuera de ne pas exister dans le paysage politique français ; son parti étant désormais le cinquième de France avant d’être définitivement balayé aux prochaines municipales, départementales et régionales sauf à des alliances avec LaREM, dont MACRON ne veut globalement pas, sauf têtes à sauver.

On ne peut enfin pas, ne pas parler de Najat VALLAUD-BELKACEM, qui aurait certes été élue la plus facilement parce qu’elle fait l’unanimité chez les bobo-quinoa de la gauche. Mais elle n’aurait rien pu faire de plus. C’est mieux qu’elle infiltre un institut de sondage ; ça peut toujours être utile pour la suite.


Dans tout cela, j’ai sincèrement de la peine pour tous ceux qui croient en la justice sociale, en la solidarité et en la réduction des inégalités et des écarts de richesse.

Mais la vérité est qu’ils seront toujours trahi par la gauche, laquelle si elle a été motrice pour obtenir des avancées sociales (la dernière remontant quand même à JOSPIN), n’a jamais réellement tenté de poser les bases d’un paradis socialiste ; à commencer par le fait que la caste dominante au PS n’a jamais voulu renoncer à ses privilèges…

J’apprécie donc quand tous se réclament de MITTERRAND, dont le bilan politique a surtout été de nous montrer que le programme de la gauche était inapplicable. Ce qui arrive aujourd’hui était prévisible, et préfiguré par MITTERRAND. Mais personne n’a voulu le voir ; alors tant pis !



Parlez-vous MACRON ?

C’est l’une des « forces » de l’actuel président français, en tant qu’elle compense la « faiblesse » de son manque de charisme (c’est un technocrate ennuyeux qui sait manier la langue de bois et parler pour ne rien dire). Emmanuel MACRON parvient ainsi à s’approprier un vocabulaire et une sémantique qui font qu’on va immédiatement penser à lui lorsqu’on les réentendra. Petit tour d’horizon de ces expressions, pour certaines remises au goût du jour. – Liste non exhaustive.

  • « en marche »
  • « et en même temps »
  • « de la poudre de perlimpinpin »
  • « fainéants »
  • « je vous fiche mon billet »
  • « premier de cordée »
  • « croquignolesque »
  • « (Oui), et alors ? »
  • « (je ne suis pas) le Père Noël »

N’hésitez-pas à m’aider à compléter cette liste en m’envoyant les mots ou les expressions qui vous font invariablement penser à MACRON quand vous les entendez. François HOLLANDE aura été tellement normal qu’à part « sans dents », on ne se rappelle plus de sa parole présidentielle diffuse…



Mais où est donc passé François HOLLANDE ? Est-il encore président ?

Sa normalité l’aura rendu transparent pour ne pas écrire insignifiant. François HOLLANDE est encore pour deux mois le président de la cinquième puissance mondiale. Pourtant déjà, on ne le voit plus, on ne l’entend plus ; mais on sait qu’il est au théâtre ou qu’il fait ses adieux de la scène internationale en tant que chef d’État. Alors y a-t-il encore un capitaine de vaisseau ? Il faudrait plutôt se demander s’il y en a eu pendant cinq ans…


Je voudrais commencer par vous proposer cette chronologie à charge du quinquennat :

Janvier 2012 (on commence avant) : « Mon ennemi, c’est la finance »

Mai 2012 : Promesse d’une République exemplaire

Mai 2012 : Élection de François HOLLANDE

Juin 2012 : Mort d’Olivier FERRAND, le fondateur de Terra Nova

Septembre 2012 : promesse de l’inversion de la courbe du chômage

Octobre 2012 : ratification du Pacte budgétaire européen

Novembre 2012 : début des travaux parlementaires sur le mariage pour tous

Décembre 2012 : début de l’affaire CAHUZAC

Janvier 2013 : Guerre au Mali

Mai 2013 : Approbation du mariage pour tous

Octobre 2013 : affaire Léonarda DIBRANI

Janvier 2014 : Signature du Pacte de responsabilité et mise en place du CICE

Janvier 2014 : Révélation de la liaison avec Julie GAYET / Séparation d’avec Valérie TRIERWEILER

Mars 2014 : Déroute aux municipales. Manuel VALLS premier ministre

Avril 2014 : Annonce de 60 milliards € d’économies

Avril 2014 : Démission d’Aquilino MORELLE, plume du président

Août 2014 : Renvoi des ministres MONTEBOURG et HAMON

Août 2014 : Démission de Thomas THEVENOUD (phobie administrative)

Septembre 2014 : Réforme des rythmes scolaires

Septembre 2014 : Publication de « Merci pour ce moment » (les sans dents)

Décembre 2014 : Démission de Faouzi LAMZAOUI, poursuivi après pour abus de biens sociaux

Janvier 2015 : Attentats

Janvier 2015 : Marche en hommage avec les chefs d’État

Août 2015 : loi Macron

Novembre 2015 : Attentats

Novembre 2015 : Congrès et débat raté sur la déchéance de nationalité

Décembre 2015 : COP 21

Janvier 2016 : Démission de Christiane TAUBIRA, caution de gauche

Mars 2016 : loi EL KHOMRI et Nuit debout

Juillet 2016 : Révélation des tarifs du coiffeur du président

Juillet 2016 : Attentats de Nice et de Saint-Étienne-du-Rouvray

Août 2016 : Démission d’Emmanuel MACRON, caution libérale

Octobre 2016 : « Un président ne devrait pas dire ça »

Décembre 2016 : Renoncement de François HOLLANDE

Janvier 2017 : Victoire du frondeur HAMON à la primaire de la gauche


Avez-vous des nouvelles de HOLLANDE ? On sait qu’il va au théâtre (plutôt qu’à la primaire de la gauche) ou au Conseil européen où il se fait tancer par la Première ministre de Pologne. De temps en temps, il vient rappeler que le FN, c’est mal, bien que ce soit sous son mandat que ce parti ait atteint ses plus gros scores. Il soutiendra MACRON mais ne peut pas le dire officiellement, faute de tuer la gauche, à défaut de la mettre dans un état comparable à la France.

Alors François HOLLANDE a-t-il été dépassé par la fonction ? Sa normalité l’empêchant de rentrer dans les habits présidentiels ? Pouvait-il faire quelque chose, ou était-il confronté à l’épuisement idéologique de la gauche ? Difficile également de succéder à SARKOZY après l’avoir tant critiqué, et de ne pas susciter le HOLLANDE bashing à son tour… Oui, le président a échoué sur la plupart de ses grandes promesses tandis que la République n’aura pas été exemplaire.

HOLLANDE n’aura été bon qu’à l’extérieur quand les Français l’attendaient à l’intérieur… Sur l’emploi et la croissance par exemple. Le pacte de responsabilité est un échec car il n’a pas créé d’emploi ; la loi MACRON puis la loi EL KHOMRI auront surtout accéléré la précarisation de l’emploi. Certes, le déficit est stabilisé à 2,7 % et la dette est revenue à 96 % du PIB, mais il y a 600 000 chômeurs de plus. Et la croissance repart partout ailleurs en Europe, sauf en France…

Oui, François HOLLANDE aura été chef de guerre et rassembleur au lendemain des attentats mais il aura eu besoin de cela pour devenir président. Le reste du temps, il aura commenté son propre quinquennat entre deux averses, lorsqu’un oiseau malicieux ne lui déféquait pas dessus… Il aura parlé de guerre en Syrie ou de déchéance de nationalité, sans rien y faire ! En cause, un rendez-vous manqué avec l’Union européenne et la diplomatie internationale…

Le quinquennat de HOLLANDE s’achève sur le résultat d’une primaire qui le désavoue et l’empêche de se représenter. Il paie de n’avoir pas réussi à unir la gauche, et d’avoir fui ses responsabilités par un compromis permanent qui se révèle après coup être un échec. En politique, il faut faire des choix. Sûrement que HOLLANDE est sympa en privé et plein d’humour (même si personne ne retient aucune de ses blagues). Mais quelle aura été son idée de la France ?



Pourquoi Manuel VALLS aurait tort de candidater à la présidentielle en 2017

Ira-t-il ? N’ira-t-il pas ? Manuel VALLS annoncera sa décision ce lundi 5 décembre à 18 h 30 lors d’une conférence de presse à Évry. C’est marrant ce choix d’Évry, parce qu’à ma connaissance, VALLS vit depuis au moins 2013 avec sa femme dans un appartement située dans le quartier de La Bastille à Paris. Le Premier ministre devrait en profiter pour dire s’il a prévu de démissionner, et quand, même si son agenda à Matignon est déjà vide.

Avant, les premiers ministres n’étaient que candidats à la présidentielle (CHIRAC, BALLADUR, JOSPIN) donc ils lâchaient les affaires trois bons mois avant. Mais maintenant où ils doivent en plus passer par une élection primaire, c’est six mois avant minimum qu’ils arrêtent pour se préparer. Je me demande aussi comment va faire VALLS, qui s’il n’est plus ministre, redevient député. Or, il ne peut laisser la main à Carlos DA SILVA jusqu’en juin qu’en démissionnant.


La gauche est dans une dynamique de défaite

Quelque soit le candidat qui y aille, avec ou sans MACRON et MÉLENCHON et Compagnie à côté, la gauche perdra du fait de ces cinq ans qu’elle a raté au pouvoir. Ensuite, ce qui vient de se passer en Italie est caractéristique d’un mouvement global en Occident. Les peuples ne veulent plus de la gauche qui leur dresse un discours anti-libéral sinon décroissant, quand malheureusement la croissance libérale est la seule à améliorer les conditions de vie des gens.


Ce n’est pas dans son calendrier

VALLS voulait y aller en 2022. Il sait qu’aucun Premier ministre sortant sous la Ve n’a jamais été élu de suite après. Il espérait aussi prendre le temps de reconstruire la gauche après le naufrage annoncé et s’imposer alors en chef de parti, dont on retiendrait davantage cette œuvre reconstructrice que les difficultés des cinq années au pouvoir. Si VALLS se grille en 2017, alors il partira avec un désavantage pour refondre le PS, en plus d’être mal placé pour 2022.


Manuel VALLS reste impopulaire à gauche

VALLS incarne les lois MACRON et EL KHOMRI. HAMON représente l’aile gauche du PS (EMMANUELLI) tandis que MONTEBOURG représente cette gauche déçue qui croyait au discours du Bourget. Je ne suis pas certain que VALLS remporte la primaire de gauche, et même s’il y arrivait, je ne vois pas comment il pourrait être mieux placé que troisième. Pourtant, le PS ne pourra rester crédible qu’en arrivant troisième ! Surtout s’il veut incarner l’opposition.


Celui qui était détesté en 2011, avec pour preuve ses 5 % à la primaire, va peut être et sûrement représenter la gauche ! Et trop peu seront les militants socialistes qui vont refuser d’avaler cette nouvelle couleuvre de la part de l’homme qui bien avant FILLON voulait supprimer les 35 heures. Au fait, n’est-ce pas VALLS qui a converti HOLLANDE au social-libéralisme que MACRON incarne à outrance ? Pour réussir se faire nommer Premier ministre en 2014 malgré ses 5 % ?