Archives du mot-clé François Fillon

Pourquoi élire un nouveau président des républicains (LR) en 2017 ?

Je ne sas pas pour vous, mais personnellement, j’ai cette impression que LR au niveau national est en élection permanente ; un sentiment certainement entretenu par les médias : d’abord le psychodrame de 2012 avec l’élection de COPÉ. Puis l’élection du président en 2015 (SARKOZY). Puis la primaire de la droite et du centre en 2016 (FILLON). Et maintenant la nouvelle présidence de LR en 2017… Mais à part cela, que font-ils ?

J’ai beau n’avoir que 26 ans, j’ai une vision constitutionnelle un peu datée ; celle de 1958. Les partis politiques doivent contribuer à l’organisation de la vie politique. Or, que fait LR depuis 2012 ? Ils attendent que ça se passe, en jouant sur l’histoire de la droite, qui traditionnellement est meilleure gestionnaire que la gauche. Moyennant quoi, ils ont réussi à gagner aux municipales, aux départementales et aux régionales puis ils se sont fait laminer par En marche…

Alors pourquoi ce soudain recul, et surtout pourquoi alors qu’ils font plus que MÉLENCHON, on ne les entend pas ? Non pas parce que leur programme a changé, mais parce qu’ils n’ont plus rien à proposer, et qu’en tant qu’alternative par défaut à l’existant ; En marche est plus neuf donc plus sexy. Or, seul FASQUELLE, candidat à la présidence LR prévoyait de refonder le parti, tandis que les trois autres candidats de 2017 veulent s’en servir comme tremplin électoral.

C’est bien le troisième tour de la primaire de la droite. Le sarkozyste WAUQUIEZ va s’opposer à la filloniste PORTELLI et au juppéiste Maël DE CALAN. Or, en caricaturant, mais à peine le dernier propose de soutenir MACRON tandis que les deux autres veulent d’une droite dure sur les questions régaliennes, ce qui les assimile au FN. Or, Marine LE PEN est très affaiblie mais n’a pas disparu, gardant son socle électoral d’extrême-droite : LR est donc entre le fer et l’enclume.

À quoi bon donc continuer une élection qui va dans le mur, avec des candidats qui se moquent du parti. Car un parti n’est efficace que quand il est structuré départementalement pour diffuser la bonne parole, et qu’il est une boîte à idées pouvant attirer de nouvelles personnes. Mais dans le cas présent, nous voyons juste un LR refermé sur soi, qui mise sur son socle électoral historique en brassant les mêmes idées qui l’ont sorties dès le premier tour de 2017…

Quand bien même WAUQUIEZ gagnera dès le premier tour, sa légitimité sera immédiatement contestée, en tant que tous les courants de la droite n’auront pas été représentés à cette élection, et que tous s’acharneront à le faire tomber pour ne pas qu’il soit le prochain éliminé du premier tour de 2022. En attendant, tout le problème pour LR reste de se faire entendre pour autre chose que ses élections internes, par exemple en proposant à l’Assemblée…

Où sont les gaullistes ? Où sont les vrais libéraux ? (partis chez MACRON). LR aurait tort de s’imaginer reparti en force, parce qu’ils ont gagné les sénatoriales, et que MÉLENCHON s’essouffle, même s’il reste fort à gauche. Ils tiennent parce qu’ils ont une base de gens qui y voient les successeurs du parti du général DE GAULLE. Mais cet électorat disparaît tous les jours, et LR ne recrute quasiment plus chez les jeunes… Finalement, quel  nouvel échec de SARKOZY…



Publicités

Lettre ouverte à François FILLON, après sa défaite à la présidentielle 2017

Savigny-sur-Orge, le 24 avril 2017

Monsieur le Premier ministre,

Je fais partie de ces centaines de milliers d’électeurs dont les voix vous ont manqué ce dimanche.

J’ai personnellement pris la décision de ne pas voter pour vous lorsqu’il y a deux semaines, a été révélé que votre femme avait perçu des fonds publics depuis 1982, et non pas depuis 1997 comme vous l’aviez indiqué sur TF1, ou 1988 comme écrit un temps sur votre site de campagne, ou 1986 comme dit devant la presse. Je me suis demandé jusqu’à quand vous alliez nous mentir, et j’en ai conclu que je ne voulais pas de ce président parce que vous n’étiez pas sincère. Pourtant, je pensais que c’était votre marque de fabrique, vous le premier à avoir reconnu être à la tête d’un État en faillite…

Très sincèrement, je me moque bien du fait que votre femme ait perçu de l’argent public : ce qui m’a dégoûté, ce sont vos mensonges et votre incapacité à dire la vérité une fois pour toutes, ce qui aurait cassé le bec du Canard enchainé.

Alors si je vous parle ici de ce qui a été pour moi décisif, il me faut également vous dire un mot de ce qui me freinait bien avant cela de voter pour vous.

1. Comme beaucoup de Français, j’ai eu des réserves sur votre réforme de la Sécurité sociale ou le passage des 35 aux 39 heures. Quand j’en parlais autour de moi, je me rendais bien compte que les gens ne comprenaient pas cela non plus, et en disaient d’ailleurs beaucoup de bêtises. Mais au lieu d’avoir des documents clairs pour l’exprimer, je n’ai reçu aucun tract de votre parti pour me l’expliquer. J’ai juste eu un document du candidat investi LR pour les législatives, qui parlait surtout de lui…

2. Dans ma ville, et à intervalles réguliers, j’ai vu l’expression libre, notamment associative, disparaître sous quatre de vos affiches identiques. Je ne suis pas trop con ; une seule aurait suffi pour porter votre message. Je m’en suis ouvert aux colleurs de votre parti ; ils n’en avaient rien à faire, tant pis pour vous…

3. J’en viens donc à parler du personnel de votre parti. Il y a un certain nombre de personnes qui vous ont trahi, et que vous n’avez pas exclu, faisant le jeu d’un système de baronnies que les Français ne peuvent plus voir. Je veux un chef de l’État fort ; or, vous vous êtes laissé piétiner… Mais plus que tout, la catastrophe réside chez la majorité de vos élus qui sont incompétents et que votre parti ne parvient pas à former… Ils donnent une mauvaise image du parti LR ! Dans mon département, alors que des économies étaient possibles, ils ont choisi d’en faire de manière limitée pour augmenter massivement les impôts. Idem dans ma ville. Je pense que les électeurs ont compris que votre élection amènerait à une augmentation d’impôts, et que vous ne réaliseriez pas vraiment certaines économies.

4. Sur la ligne de votre parti ensuite, vous avez non seulement trahi vos électeurs en plus de trahir la mémoire de Philippe SEGUIN. Vous êtes europhile quand vos électeurs n’ont pas digéré 2005. Vous êtes libéral quand SEGUIN montrait la menace que représentait le libéralisme sur les politiques sociales gaullistes. Vous allez draguer au centre dans des alliances UDI-MODEM, de gens qui vous trahissent. Ce qui vous a manqué, ce sont les voix du centre-droit qui sont partis rejoindre MACRON. Alors que si vous aviez fait campagne à droite, vous auriez pris les voix de LE PEN et de DUPONT-AIGNAN ; vous n’auriez quand même pas eu les voix du centre-droit, mais vous seriez au second tour.

Pendant trop longtemps, vous vous êtes caché derrière tous ces problèmes, refusant de les résoudre. Je recevais des chaines de mail pour me dire non pas que vous étiez le meilleur, mais que vous étiez le moins pire. Quelle a été votre idée de demander qu’on vous soutienne davantage qu’on vous aime !  J’étais abreuvé de sondages Filteris m’expliquant que vous alliez gagner haut la main. Que votre femme aurait pu gagner 4000 euros par mois si elle avait été avocate et non pas votre assistante parlementaire. Ce n’est pas ce qui m’intéressait.

Je reste heureux que vous ayez gagné la primaire parce que vous le méritiez, mais vous n’avez ensuite pas fait ce qu’il fallait pour l’emporter.

Changez donc de ligne politique, renouvelez le personnel politique de votre parti, défendez vraiment vos convictions par du militantisme, et vous retrouverez les suffrages de la majorité des électeurs !

Au second tour, comme au premier, je voterai blanc. Je trouve enfin que vous faites une grave erreur politique d’appeler vos électeurs à voter contre Marine LE PEN. Vous prétendiez vouloir libérer les Français mais vous les enchainez dans une consigne de vote ; c’est la dernière contradiction qui me rassure quant au fait que j’ai eu raison de ne pas vous soutenir…

Je vous prie d’agréer, Monsieur le Premier Ministre, l’expression de ma très haute considération.

Olivier VAGNEUX



Et si j’avais voté selon un autre mode de scrutin ? (23 avril 2017)

Il est 20 heures et les bureaux de vote viennent de fermer. Je peux donc recommencer à écrire politique et notamment parler de ces quatre autres modes de scrutin, qui ont été essayés en plus du vote officiel, seul reconnu, dans cinq villes : Strasbourg, Hérouville-Saint-Clair, Grenoble, Crolles et Allevard-les-Bains. Une occasion troublante pour constater que nos votes n’auraient peut-être pas été les mêmes avec un autre mode de scrutin.

Je ne m’en suis pas caché et je le confirme : j’ai effectivement voté blanc. Mais j’ai aussi voté pour un(e) autre candidat(e) dans le cadre d’une procuration, selon ce qui m’avait été demandé par la personne. Partons ici de l’hypothèse que le vote blanc n’existe pas, et qu’il faille obligatoirement voter pour un des onze candidats. Je me suis prêté à l’exercice, et force est de constater que ce n’est pas le même candidat pour qui j’aurais voté, selon le mode de scrutin !


La méthode de la note sur 20 :

Nicolas DUPONT-AIGNAN : 11/20

Marine LE PEN : 5/20

Emmanuel MACRON : 5/20

Benoît HAMON : 7/20

Nathalie ARTHAUD : 3/20

Philippe POUTOU : 2/20

Jacques CHEMINADE : 3/20

Jean LASSALLE : 7/20

Jean-Luc MÉLENCHON : 8/20

François ASSELINEAU : 8/20

François FILLON : 12/20


La méthode de l’élimination successive

Les candidats dans l’ordre dans lequel je les aurais éliminés

1) Nathalie ARTHAUD

2) Philippe POUTOU

3) Jacques CHEMINADE

4) Marine LE PEN

5) François ASSELINEAU

6) Benoît HAMON

7) Emmanuel MACRON

8) Jean LASSALLE

9) Jean-Luc MÉLENCHON

10) François FILLON

11) Nicolas DUPONT-AIGNAN


La méthode de l’approbation

Nicolas DUPONT-AIGNAN : OUI

Marine LE PEN : NON

Emmanuel MACRON : NON

Benoît HAMON : NON

Nathalie ARTHAUD : NON

Philippe POUTOU : NON

Jacques CHEMINADE : NON

Jean LASSALLE : NON

Jean-Luc MÉLENCHON : NON

François ASSELINEAU : NON

François FILLON : OUI


La méthode du classement des 11 (par ordre de préférence)

1) Nicolas DUPONT-AIGNAN

2) François FILLON

3) Jean-Luc MÉLENCHON

4) Jean LASSALLE

5) François ASSELINEAU

6) Jacques CHEMINADE

7) Nathalie ARTHAUD

8) Philippe POUTOU

9) Marine LE PEN

10) Benoît HAMON

11) Emmanuel MACRON


La méthode de l’approbation favorise les candidats consensuels mais élimine les candidats clivants. La méthode de la notation comme la méthode du classement reviennent à valoriser le choix du cœur. La méthode de l’élimination successive est quant à elle plus raisonnée, et elle aboutit plutôt sur un vote utile. Il sera intéressant au 19 juin de voir les résultats de ces méthodes que les électeurs pourraient tenter avant d’aller voter. Et vous qu’auriez-vous fait ?



Pourquoi je voterai blanc au premier tour de l’élection présidentielle de 2017

En écrivant cet article, j’ai découvert que le vote n’était secret en France que depuis 1913. Bref, tout cela pour répondre à mes détracteurs qui vont s’offusquer que je révèle mon vote (qui peut malgré tout encore changer si jamais j’étais touché par une quelconque grâce dans les prochaines 48 heures). Et en même temps, comme je me présente aux élections législatives, je trouve plus honnête de dire mon choix et surtout de le justifier.

Si on fait la moyenne des tests de proximité idéologique avec les candidats, je suis plus proche en 1) de FILLON, en 2) de LE PEN, en 3) de DUPONT-AIGNAN, et en 4) de MÉLENCHON. FILLON est le candidat dont je suis le plus proche au niveau des idées, donc j’ai longtemps hésité à voter pour lui avant que, par cohérence par rapport à mes engagements locaux, certains aspects de son programme et de sa personnalité ne me fassent finalement privilégier le vote blanc.


Le vote blanc par conviction

Je veux voter parce que c’est une possibilité de porter ma voix pour me faire entendre. Mais je veux aussi exprimer dans mon vote que la majorité de mes convictions ne sont portées par aucun des onze candidats. Alors plutôt que de choisir « le moins pire », qui est un raisonnement complètement con, que les Français appliquent pourtant au quotidien et qui les rend malheureux, je rappelle que je suis libre et indépendant et que je peux voter en dehors des 11 !


J’apprécie plusieurs candidats

Même si François FILLON est celui avec lequel je suis le plus d’accord (mais pas sur tout), bien que je ne sois pas dupe que son programme pour relever la France est clairement irréalisable ; bien que je n’ai pas aimé son attitude pendant l’affaire Pénélope ; bien que je rejette son europhilie, et surtout que l’ensemble confond rigueur et austérité et fera aussi des dégâts, je trouve hypocrite de dire que seulement un candidat aurait raison sur tous les sujets.

Je pense que si on veut réellement ralentir l’immigration, le programme de Marine LE PEN est le meilleur (même s’il ne serait pas appliqué en cas d’élection).

Je trouve que le diagnostic (mais pas les solutions) de François ASSELINEAU sur les limites de l’Union européenne est le plus abouti.

Je crois que Jacques CHEMINADE est celui qui dénonce le mieux la négativité de la financiarisation à outrance, et heureusement qu’il est là.

Je pense que Jean LASSALLE est le plus intègre et le plus habité par ce qu’il fait. Qu’il a le mieux compris la France rurale.

J’apprécie la fidélité de Nathalie ARTHAUD à l’idéal communiste, même si c’est une idéologie qui ne fonctionne pas et se révèle négative pour les hommes

J’affirme que Jean-Luc MÉLENCHON a le meilleur programme en matière de démocratie directe, à l’exception de son idée de VIe République, et avec quelques réserves sur le référendum révocatoire. Il est celui qui fait le plus Chef d’État avec le plus de culture.

J’apprécie la volonté révolutionnaire de Philippe POUTOU, pour faire changer le système qui est irréformable en l’état.

Je trouve enfin que Nicolas DUPONT-AIGNAN est le plus sérieux et son programme en matière de souverainisme économique et politique me semble le plus réaliste.

Mais par contre, je ne me retrouve vraiment pas dans la candidature de Benoît HAMON ni dans celle d’Emmanuel MACRON.


Mes convictions

Parce que de droite, je dis que les libertés publiques sont notre bien le plus précieux. Ces libertés qui se retrouvent dans le modèle social français, s’incarnent dans l’État de droit, qui s’essouffle en 2017 du fait de mauvaises politiques et de mauvais citoyens. Alors si ce n’est pas de changer le régime ou le personnel politique qui fait que tout ira mieux, je refuse de soutenir ceux qui, directement ou indirectement, atteignent au modèle social français et à l’État de droit.


Je suis globalement déçu de cette campagne et aucun candidat ne m’a convaincu. Je n’ai reçu qu’un tract du FN dans ma boîte aux lettres (un de LR et un du PS pendant la primaire et un autre de LR pour la législative) ; que font les partis qui reçoivent autant d’argent public ? Voter FILLON, ce serait voter LR, et donc dire que mon combat local pour plus d’honnêteté et de moralité en politique n’a pas de sens. Donc à cause de LR en Essonne, je ne vote pas FILLON.

J’entends déjà tous ceux qui me disent que je fais le jeu des autres partis ; mais c’est la République et la démocratie ! Et si la gauche repasse, et qu’elle refait des conneries, je serai dans la rue. Et si c’est la droite qui en fait, j’y serai peut-être aussi ! Et non, je me serai exprimé, et quand 50 % des Français voteront blanc, alors les élus ne seront plus légitimes mais ça nécessitera d’abord une prise de conscience des électeurs et qu’ils s’intéressent à la politique…