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Scandalisé qu’on n’accepte plus de nouvelles inscriptions au catéchisme, faute d’animateurs

Je suis vraiment très en colère d’apprendre que l’Église catholique à Savigny-sur-Orge (Essonne) n’accepte plus de nouvelles inscriptions d’enfants au catéchisme (hormis en CE1), faute d’animateurs en catéchèse.

Je veux d’abord écrire que je trouve scandaleuse cette manière de faire, de se résigner, d’abandonner, en premier lieu parce qu’on parle de catéchèse des enfants !


Certes, le Christ a dit en Matthieu 19,14 : « Laissez les enfants, ne les empêchez pas de venir à moi, car le royaume des Cieux est à ceux qui leur ressemblent.« 

Cette phrase, sorti de son contexte, ne veut rien dire ou ne se comprend pas. Elle sert même à des prêtres qui se croient incarnation du Christ à justifier leur pédophilie…

Mais elle dit surtout quelque chose de l’importance pour l’Église, qui a retenu cette phrase de Jésus dans le canon des Écritures, de ne pas écarter les enfants de la foi parce qu’ils sont capables d’en vivre l’expérience ; et que le respect de leur liberté n’est pas forcément de leur permettre de choisir plus tard, si l’on pense que le christianisme est une bonne religion.

De plus, il y a surtout que le catéchisme, au cœur de notre foi, quelque soit notre âge, est un des premiers liens, voire le premier lien, des enfants avec Jésus.

C’est aussi un lieu de rencontre entre l’Église et le monde, qui permet l’adaptation et la transformation de la première au deuxième ou par ce deuxième.


Alors quand j’entends que les groupes sont complets… Grrr…

Est-ce à croire qu’il y a des quotas de chrétiens à sauver ?

Est-ce qu’on a dépassé le nombre en 2018/2019 ?

Nous sommes pourtant loin des 150 enfants par niveaux en 1970 !

Est-ce qu’on croule sous le fric des dons de chrétiens trop nombreux ?

Comment espérer de futurs chrétiens si l’on se prive de catéchisme, et que l’on refuse des enfants ?

Et la seule réponse que j’obtiendrais à cette question est de me faire reprocher que mon problème est ma propre foi, parce que je ne fais pas assez confiance à l’Esprit saint…


J’ai l’impression que ce choix de limiter les inscriptions, qui peut-être ne concernera qu’un seul enfant mais quand bien même, ne choque personne, que tout le monde s’en fout…

Je n’ai entendu qu’une unique annonce appelant des animateurs, donc je ne trouve pas que l’on cherche beaucoup. Rien dans l’agenda paroissial ou le journal de secteur.

On dira qu’on ne veut pas appeler n’importe qui, notamment pour ne pas refuser les vieux qui ne se proposent d’ailleurs plus.

Mais comme on n’appelle déjà presque personne en particulier, par peur qu’ils refusent ou parce qu’on présume qu’ils refuseront…

Et puis que font nos prêtres et nos diacres ? Ils n’ont même pas un groupe à eux ! Et qu’on ne me ressorte pas l’argument de la pédophilie.

Je ne sais d’ailleurs même pas si l’équipe animatrice en a parlé lors de sa dernière réunion ; j’espère en tout cas qu’elle s’est saisie du problème !


Au pire du pire, tu rajoutes les gamins dans des groupes pré-existants.

Au mieux, tu fais des vrais appels personnalisés, et tu vas chercher les gens.

Mais tu ne refuses personne ! Qui es-tu d’ailleurs pour distribuer ces refus ?

Alors je ne dis pas qu’il faut faire comme dans certaines paroisses où l’on cadenasse les portes et où l’on explique aux gens qu’ils sortiront quand on aura trouvé les animateurs nécessaires.

Mais où va-t-on si on se décourage, si on renonce, si on commence à refuser les enfants parce qu’il n’y a plus assez d’animateurs ? Autant partir tout de suite…


Pour ceux qui ne le savent pas, je me suis moi-même proposé plusieurs fois, depuis un an que j’ai quitté le catéchuménat, pour animer un groupe de caté (école primaire) ou d’aumônerie (collège-lycée), sinon même pour dépanner occasionnellement, sans prendre aucune responsabilité, en appui d’autres personnes.

Mais on a toujours décliné mes propositions, sans réellement de justifications convaincantes :

  • une fois, parce que je provoquais un complexe d’infériorité auprès des autres animateurs parce que je continue de me former ;
  • une autre fois parce que mes engagements politiques n’étaient pas assez fraternels… (cliquez sur la réponse qui m’a été faite pour l’agrandir)

Or, je pense plutôt que c’est ma foi qui est le vrai problème, parce que je réfléchis, parce que je pose des questions, parce que j’exprime des contradictions, y compris contre le pape et l’Église institutionnelle, et qu’on a peur qu’à ma suite, les gens commencent à réfléchir, et qu’ils arrêtent de croire selon leurs découvertes… Comme si par exemple, notre foi devait accepter des choses fausses, comme on en a tant développées au Moyen-Âge !


Je suis en colère de voir mon Église ainsi s’abîmer.

Je ne suis pas d’accord avec ces choix, que je trouve sincèrement inadmissibles !

Je sais que tout le monde se fout de mon avis, mais cela me soulage de l’exprimer par l’écriture.

Et si jamais, parmi mes lecteurs, cela donnait des idées ?



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Sur mon rapport aux miracles – octobre 2018

Cet article n’a d’intérêt que parce que je commence une formation religieuse, sur les miracles de l’évangile, qui doit durer jusqu’en juin 2019. Lors de la première session, il a été demandé aux participants d’essayer de définir leur expérience des miracles, de manière à pouvoir en observer l’évolution, à tout le moins de pouvoir comparer les mots mis au début de la formation, avec ceux qui seront, à l’issue de la dernière réunion.


Si je crois aux miracles ? Pas vraiment, en tant que je mets ma foi directement en Dieu, et pas dans une manifestation divine tendant à me prouver l’existence ou l’amour de Dieu.

Si je pense que les miracles existent ? Oui, mais pour les autres, et par rapport à ce que les autres en disent ou reconnaissent d’une situation. Je ne dirais pas de moi-même que telle situation est un miracle, parce que je suis trop cartésien.

Ce que j’appelle miracle ? Ce que la science ou la raison ne peuvent pas expliquer aujourd’hui.

Si j’ai été témoin d’un miracle ? Non, ou alors tout, sinon beaucoup de choses, sont miracles. Mais par exemple, je ne dirais pas que de m’en être bien tiré à Grand-Vaux est un miracle.

À suivre…



Pourquoi garder la foi malgré le deuil et la perte de nos proches ?

Très souvent, j’entends des personnes me dire avoir perdu la foi au moment du décès d’un proche. Entre peine, colère et douleur, elles s’interrogent : « Si Dieu existe vraiment, pourquoi nous enlève-t-il les gens que nous aimons ? S’il est Amour, pourquoi accepter de nous faire souffrir ainsi ? S’il est vraiment Dieu, pourquoi ne peut-il pas empêcher la mort ? »

La réponse que j’ai personnellement envie d’apporter, mais que beaucoup jugent irrecevable, est que : Non, Dieu n’est pas responsable de la mort des gens, et en plus, qu’il est certainement malheureux de ce qui arrive, pour nous comme pour la personne qui décède.

Non, Dieu n’est pas là, du haut du ciel, à nous fliquer et à nous faire mourir, plus ou moins douloureusement, le jour où il estime qu’on a notre compte. Mais il faut reconnaître que la Tradition et la piété populaire ne nous aident pas, lorsqu’elles disent, par abus de langage, au moment des obsèques que c’est Dieu qui nous « rappelle » à lui. C’est juste une image !


Un problème lié à cette réponse est qu’elle remettrait en cause la toute puissance de Dieu. Pourquoi Dieu ne pourrait pas empêcher la mort ? Je pense quand même qu’il le peut au nom du principe que « Rien n’est impossible à Dieu », même si la Bible ne fait trace d’aucune immortalité, qu’elle ne ferait pas sens, et que toute résurrection, à laquelle nous sommes tous appelées, passe d’abord par la mort. Jésus lui-même a dû mourir pour ressusciter.

Mais je pense aussi que Dieu, dans le respect de notre liberté humaine, et dans le respect de la liberté (symbolique car nous parlons de textes mythologiques) d’Adam et Ève, de leur choix de désobéir et de choisir une vie éloignée de l’arbre de vie, s’interdit d’intervenir de cette manière ; et il nous laisse donc vivre puis mourir au hasard de la vie, sans préjuger de nos actes terrestres. Ce n’est donc pas Dieu qui ne peut pas, mais Dieu qui ne veut pas !


Ce qui est valable pour la mort l’est autant pour la vie, que Dieu a créé un jour. À tout le moins, pour notre conscience de la vie, qui fait de Dieu le créateur de toutes choses à nos yeux. (Je crois notamment en Dieu parce que nous sommes la seule espèce animale à pouvoir développer une pensée, au sens pascalien du terme.) Ce n’est pas plus Dieu qui « donne » les bébés ; mais la capacité de procréer. (Je n’entre pas dans les cas particuliers des enfants promis par Dieu.) Et le fait de ne pas pouvoir procréer n’est pas non plus une punition, mais un aléa génétique.

Dieu se garde d’intervenir pour respecter notre liberté ; et si nous sommes chrétiens et que nous croyons à la Résurrection, alors d’une part nous croyons que l’âme du défunt, dont le corps n’est qu’une forme à un moment de l’Histoire, est toujours là, quelque part où l’on peut la prier et lui demander d’intercéder pour nous ; d’autre part, que nous ressusciterons donc que la séparation, avec tout ce qu’elle comporte, n’est que temporaire.

Je ne prétends pas avoir la vérité sur cette question, mais voilà mon espérance personnelle en ce jour du Souvenir des défunts 2017. Puissions-nous donc, malgré la mort, toujours choisir la vie que Dieu nous promet en abondance !



Le christianisme n’est pas du sentimentalisme

Parce que nous sommes en 2017 donc partageons 2000 ans d’Histoire, nous ne pouvons plus réduire le christianisme à un amas de bons sentiments. Pourtant, c’est ce que j’observe de plus en plus dans nos groupes de catéchuménat (préparation de groupes d’adultes à recevoir les sacrements chrétiens). Avons-nous donc peur de chasser nos catéchumènes par un discours trop sévère, ou ne doutons-nous pas nous-même de Jésus ?

Lors de notre dernière séance catéchuménale, nous avons travaillé avec l’évangéliaire d’Égbert (une illustration des évangiles datant du XIe siècle) en demandant à nos catéchumènes, à partir de différents passages d’Évangile, qui était Jésus et ce qui nous donnait envie de le suivre. Malheureusement, l’aspect humain de Jésus a été en grande partie gommé tandis que pour éviter de nous poser plus de questions, tout nous donnait envie de le suivre : un beau paquet !


La religion dépasse la raison

La religion n’est pas scientifique. Personne n’a jamais prouvé que l’âme continuait de vivre après la mort du corps, et pourtant, c’est la même la base de la Résurrection, donc du christianisme. Comment peut-on donc croire au Christ si on ne croit pas à l’irrationalité de la Résurrection. Quand on dit que Jésus est 100 % homme et 100 % Dieu, ça fait 200 % et ça ne marche pas… Mais ça ne veut pas dire 50 % Homme et 50 % Dieu avec ce qui nous arrange dedans.


Jésus n’est pas que Dieu

On doit s’interroger sur les raisons qui poussent Jésus à aller aux noces de Cana ou à pleurer à la mort de son ami Lazare. N’y est-il que pour accomplir un miracle, ou parce qu’il se rend compte de la réalité de la condition humaine ? Non, Jésus est assimilé aux hommes de son temps, et il se bourre aussi la gueule, et il est aussi malheureux de perdre ses amis. Et il vivrait en 2017 qu’il aurait Facebook et un iPhone. Arrêtons de ne faire de Jésus humain qu’un Dieu !


Pourquoi suivre Jésus ?

Dire qu’on est d’accord avec tout ne veut rien dire, et revient plutôt à dire poliment qu’on est véritablement d’accord avec rien sans oser l’exprimer. Les comportements de Jésus peuvent se transcrire en une morale qu’on peut suivre sans être chrétien. La question est compliquée et nécessite une introspection que les chrétiens n’osent trop souvent pas faire, de crainte d’avouer qu’ils ont peur de leur propre mort. Quel que soit le regard des autres, est-ce honteux ?


Arrêtons d’affaiblir Dieu à ne s’intéresser qu’à son aspect divin, ce qui nie le sens de la démarche de l’Incarnation. Osons mettre des mots sur nos démarches de foi, en essayant ensuite de les exprimer publiquement. Quel est l’acte ou l’attitude de Jésus que j’ai le plus envie d’imiter ? Et c’est là que le bat blesse, parce que nous passons de la réflexion à l’action, et que nous devons véritablement nous engager dans notre christianisme. La foi, ce sont aussi les actes !