Archives du mot-clé FN

Savigny-sur-Orge : Raymonde DANGUEUGER est décédée

J’apprends ce jeudi 17 septembre 2020 le décès de Raymonde DANGUEUGER à l’âge de 97 ans.

Je présente mes respectueuses condoléances à sa famille et ses amis.

Ses obsèques auront lieu ce vendredi 18 septembre 2020 à 10 heures 00 en l’église sainte-Thérèse de Savigny-sur-Orge.

Conseillère municipale de Savigny-sur-Orge de 1995 à 2008, d’abord sous l’étiquette du Front national, puis sous l’étiquette du Mouvement national républicain de Bruno MÉGRET, elle avait apporté son soutien à la liste d’Audrey GUIBERT pour les élections municipales de mars 2014.

Elle avait également participé à de nombreuses autres élections, toujours sans succès.

Entre nous, j’ai vraiment hâte de voir comment le sectaire et intolérant nouveau maire de Savigny va lui rendre hommage si toutefois celui-ci avait la correction républicaine d’honorer sa mémoire.

Même si nous avons déjà vu les limites d’application des prétendues valeurs de gauche que sont la laïcité et le voltairianisme (« Je ne suis pas d’accord avec ce que vous dites, mais je me battrai jusqu’à la mort pour que vous ayez le droit de le dire. ») du bonhomme…



 

Jacques CHIRAC est le vrai responsable de la montée du Front national !

Mais qui suis-je, au lendemain des obsèques de Jacques CHIRAC, pour affirmer que le cinquième président de la Ve République est le vrai responsable de la montée de l’extrême-droite en France ? Éléments de réflexion à l’appui de la thèse suivante :

C’est parce que CHIRAC a (trop) centrisé le RPR après 1982, qui était alors le parti le plus à droite, pour aller concurrencer GISCARD et élargir son électorat au centre au détriment de l’UDF, qu’il a laissé ouvert un créneau à la droite de la droite dans lequel s’est engouffré LE PEN.


De manière liminaire, je ne crois pas à une brutale conversion des Français aux idées du Front national. Tu ne passes pas de 0,11 % aux municipales de 1983 à 10,95 % aux élections européennes de 1984, juste parce que le président de ton parti (Jean-Marie LE PEN) a fait une bonne prestation dans une émission télévisée (L’Heure de vérité du 13 février 1984), dont je ne trouve pas les audiences pour démontrer l’absurdité de la force de conviction de LE PEN qui aurait alors convaincu plus de gens que le nombre qui aurait regardé l’émission.

De plus, la part de migrants et d’étrangers au sein de la population française est restée proportionnellement stable entre 1975 et 1990. Il paraît donc étonnant que les Français se soient tous réveillés un matin en trouvant qu’il y avait trop d’étrangers en France, ce qui à l’époque était la principale raison du vote FN.

Source : Wikipédia – Le pourcentage d’immigrés ne prend en compte que les personnes nées à l’étranger.


Or, pendant des années, on a considéré que les électeurs du Front national (FN) étaient les communistes blasés d’attendre le Grand Soir, tandis qu’ils se faisaient piquer leurs boulots peu qualifiés par les immigrés. Et qu’ils se seraient soudainement convertis au FN parce que MITTERRAND aurait permis à ce parti d’accroître sa visibilité médiatique… Je trouve cette thèse ridicule car d’où viendraient les voix de l’extrême-droite, sinon de la droite…

Personnellement, je pense que les vases communicants de la politique ne se sont pas tellement plus faits dans le sens PC ==> FN, que plutôt dans un sens PC ==> PS et RPR, et PS et RPR ==> FN. Même si des enquêtes d’opinion montrent quand même que de nombreux électeurs PC sont passés au FN.

Ce que je veux dire, c’est déjà qu’il y a toujours eu 10 % de fachos dans la population française, mais qu’ils votaient à droite, notamment au RPR avant 1983, mais par défaut, alors même que CHIRAC était surnommé « facho CHIRAC ».

Et ensuite et surtout, que les électeurs d’extrême-droite ont osé quitter le RPR pour le FN quand CHIRAC l’a centrisé après 1981.


Pour comprendre cette analyse, il faut revenir au contexte de l’époque.

L’expression politique de l’extrême-droite est inexistante, et personne ne se dit qu’elle pourra porter. Ils ne font même pas 1 % à chaque élection, et ne cessent de se diviser entre nationaux-catholiques et nationalistes-révolutionnaires, entre autres micro-tendances. C’est comme se dire que les trotskystes pourraient faire demain 15 % !

Et GISCARD bien que défait en 1981 n’est pas mort. Il est d’ailleurs devenu conseiller général en 1982. Et tout le monde s’attend à ce qu’il reprenne la place en 1988.

Et donc CHIRAC, qui représente crédiblement ce qui existe de plus à droite sur l’échiquier politique, n’a aucun obstacle sérieux sur sa droite, mais uniquement les centristes sur sa gauche, qu’il va tenter de vampiriser. Et donc il va centriser le RPR.

Et c’est comme cela, certes bien aidé par MITTERRAND qui veut diviser la droite, mais qui n’aurait pas réussi s’il n’avait pas existé un créneau politique laissé vide par CHIRAC à l’extrême-droite, que le FN va monter.

À partir de là, il est déjà trop tard, car tout le monde sait qu’une élection se gagne au centre, en convainquant le marais, et donc que la droite ne reviendra jamais totalement à l’extrême-droite, et qu’elle ne fera rien qui pourrait l’éloigner des centristes.

CHIRAC va rester sur sa ligne centriste en 1986, ce qui fait que le FN aura 35 députés, et donc que l’alliance RPR – UDF n’aura pas la majorité absolue aux législatives.

Et en 1988, il va perdre quand LE PEN appellera ses électeurs à voter blanc, nul ou à s’abstenir.

Rappelons quand même qu’il y aura 1,16 million de votes blancs et nuls au deuxième tour, même s’il manquera 2 millions de voix à CHIRAC pour l’emporter.

Du coup, en 1990, CHIRAC infléchit sa ligne politique (« le bruit et l’odeur »), ce qui fait dire à LE PEN que « Les Français préféreront toujours l’original à la copie ».

Or, c’est trop tard, et que LE PEN est durablement installé avec 15 % des voix, et que la droite ne peut plus récupérer sa composante d’extrême-droite.

CHIRAC va alors radicalement contre-braquer et mener une politique centriste, en se montrant plus au centre que BALLADUR avec la fracture sociale.

Cependant une fois élu, il na va rien faire de tout cela, et une infime partie de la droite, déçue de CHIRAC qu’elle trouve trop centriste continue de partir au FN, ce qui permet à ce parti d’arriver au second tour de la présidentielle de 2002, malgré la scission du MNR de Bruno MÉGRET.

CHIRAC aura alors de grandes déclarations comme « Je ne peux pas accepter la banalisation de l’intolérance et de la haine ». Mais il ne va rien faire pour ré-élargir sa base électorale à droite.

Pire, il va créer l’UMP qui rapproche officiellement le RPR du centre, et empêche dès lors tout ralliement de l’extrême-droite, à un parti qui n’est plus perçu comme de droite par les électeurs d’extrême-droite, mais de centre-droit.


C’est alors SARKOZY, qui va réussir à récupérer temporairement des électeurs d’extrême-droite, en s’éloignant du centre, et en profitant de la vieillesse de LE PEN, qui à 79 ans, n’est plus crédible comme président.

Et le FN va tomber à 10 % en 2007.

Sauf que SARKOZY, sitôt élu va croire qu’il a éradiqué le FN, et partir au centre, avec l’ouverture à gauche notamment.

Et qu’il va finalement refaire le jeu du FN en rebraquant sa ligne à droite à partir de 2009, grâce à BUISSON, au moment où le FN reprend du poil de la bête, fortifié notamment par le débat sur l’identité nationale.

Dans le même temps, le Menhir cède sa place à sa fille qui va commencer à dédiaboliser tout cela, et préparer les 33 % de la présidentielle de 2017.

Partant, faut-il croire que SARKOZY aurait pu gagner en 2012, avec quelques semaines de campagne supplémentaires, en allant chercher encore plus loin dans les voix du FN, ainsi que l’indiquent la dynamique des sondages ?

L’expérience de 1988 semble nous dire que cela n’aurait pas été possible.

Toujours est-il que le FN n’aurait selon moi pas pu exister à plus de 10 % si CHIRAC n’avait pas laissé ouvert le créneau de sa politique à la droite de la droite.



Vos questions : Olivier VAGNEUX votera blanc aux élections européennes de 2019

Plusieurs personnes me demandent ce que je compte voter aux européennes 2019.

Avant toute chose, je rappelle que je rends tous mes votes publics, que vous pouvez retrouver en suivant ce lien bleu.

Ainsi donc, comme aux européennes de 2014, je vais voter blanc, ce que l’on peut aussi bien faire, tant en mettant une feuille de papier blanc dans l’enveloppe, qu’en ne mettant rien dedans, et donc en la déposant vide dans l’isoloir, ce qui sera comptabilisé comme blanc.


Pourquoi vais-je voter blanc, me demanderez-vous maintenant ?

Tout d’abord, parce que je tiens à me déplacer pour aller voter, mais qu’aucune liste ne suscite pleinement mon adhésion. Aucune ne partage réellement et sincèrement ma vision d’une Europe qui ne soit pas tournée vers la finance ultra-libérale, les traités de libre-échange, le creusement des inégalités et l’appauvrissement des peuples… Mais pour une Europe des nations, qui soit à la fois sociale et environnementale, tout en respectant la souveraineté politique et juridique des états qui la compose. Qui par exemple, permette aux états qui le souhaitent d’arrêter le glyphosate de suite, sans qu’il n’y ait besoin d’un accord européen formel pour permettre aux états de le faire. Inversement, que la transposition du droit européen n’impose pas des réformes, notamment sociétales, à certains pays dont la population ne veut pas. Et c’est au prétexte de l’UE qu’il y aura la PMA, la GPA, et compagnie…

Ensuite, parce que je ne crois pas au fonctionnement de l’Union européenne tel qu’il est actuellement, et que je pense sa réforme impossible dans la mesure où elle susciterait l’unanimité. Je suis surtout actuellement bien échaudé par le fait que l’Union s’oppose au Brexit, et qu’elle fasse tout ce qu’elle peut pour empêcher la sortie du Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d’Irlande-du-Nord, ce qui ne m’apparaît pas très démocratique. Je voudrais aussi qu’elle se remette en question par rapport à ses objectifs de puissance, de paix et de prospérité, qui sont des échecs, ou plutôt des états de fait indépendants de l’action politique. Une Union inaudible au plan international, et incapable de développer des projets qui englobent tous les pays, parce qu’elle manque de vision et d’ambition avec des états qui se détestent, certains étant des paradis fiscaux, d’autres manipulés par l’étranger…

Enfin, parce que cette campagne m’a passablement énervée, avec un MACRON que je ne supporte plus de voir et d’entendre, et qui mérite sincèrement d’arriver deuxième.

C’est à la limite la première élection où je serai tenté de voter Rassemblement national contre ce « système », qui comme par hasard – je suis complotiste :

  • renvoie l’affaire FILLON un mois avant les élections,
  • rend un arrêt dans l’affaire des assistants parlementaires à trois jours des élections pour le seul FN, et pas question de ceux du MoDem,
  • publie une vidéo datée de deux ans pour déstabiliser l’extrême-droite autrichienne et accuser les alliés du RN,
  • ne dresse le bilan des votes au Parlement que des élus FN/RN,
  • s’insurge des prises de parole voulues de Steve BANNON, du coup décomptées du temps de parole du FN/RN, et crie à l’ingérence dans ce seul sens ;
  • ne cesse d’aller puiser dans l’imaginaire de la Libération, quitte à faire du révisionnisme historique. Non, les soldats de 1939-1945 ne sont pas morts pour créer cette Union européenne…

Et ça va jusqu’à diffuser Monsieur BATIGNOLE trois jours avant les élections, pour bien nous faire comprendre que les nazis sont de retour.

J’oubliais aussi les consignes de vote de la LICRA, qui dans ce sens, sont acceptables :


Donc pour ne pas faire de grosse bêtise inutile, et MACRON n’attend qu’un nouveau second tour à la présidentielle contre LE PEN pour pouvoir encore la battre, je préfère voter blanc, par dépit et par défaut. Parce que je ne crois plus dans cette Europe. Parce que je pense qu’il y a besoin de la refonder, en recommençant avec quelques états, et sur quelques points précis, sans s’emmerder avec le juridique et le politique. Soyons déjà capables de faire de l’économique et du commercial, et de peser face aux États-Unis d’Amérique et à la Chine…



Sur la mauvaise idée du changement de nom du Front National

Ce sera donc le « Rassemblement national » ; un nom qui continuera intentionnellement de faire penser au Front national, avec cependant trois défauts : au lieu de « F haine », ce sera le « R haine » ; au lieu du RN, certains écriront RNP (Rassemblement national populaire, un parti collaborationniste sous l’Occupation dont vient un des fondateurs du FN) ; et question nouveauté, c’était le nom des listes de LE PEN aux législatives de 1986…

Ce changement de nom est de toute façon un faux problème, ce parti va rester un organe personnel, au service d’une famille, qui continuera de ne pas tolérer les ambitions autres que celles de ceux qui ne s’appellent pas LE PEN. En témoigne PHILIPPOT. qui s’est fait mettre dehors parce qu’après la présidentielle de 2017, il apparaissait plus capable que Marine LE PEN pour exercer le pouvoir ; pire qu’on s’est rendu compte qu’il était le vrai cerveau du duo.

Par ailleurs, le choix du mot « rassemblement », est un aveu de faiblesse. Les idées du Front ne pourront donc jamais être majoritaires, et LE PEN, pour gouverner devra donc rassembler des gens qui ne partagent pas ses idées. Mais qui veut encore faire le rassemblement autour d’une perdante ? LE PEN pourrait-elle donc participer à une coalition dans laquelle elle n’est pas majoritaire ? Et s’allier officiellement à la droite, signifie perdre toutes les voix de la gauche.

Le risque d’un nouveau nom est aussi la normalisation, et la perte de la légitimité et de la reconnaissance historique. Bien sûr, le rassemblement est un terme appuyé qui fait référence au RPF de DE GAULLE, et au RPR de CHIRAC. Mais le FN historique avait une identité, qu’il a perdu dans le fourre-tout marinien, lequel n’a pas été capable d’exposer son programme lors du débat d’entre-deux tours. A-t-on besoin d’un énième nouveau (petit) parti eurosceptique ?

Est-il donc si compliqué de comprendre que les électeurs du FN rejettent le système, les dérives de l’ultra-libéralisme, l’Union européenne et surtout l’immigration ? Il ne sert à rien de leur écrire un programme outre-mesure, ou de modifier la façade, alors qu’un développement encore plus poussé de la critique de ces thèmes finirait à terme par payer, de la même manière qu’en quinze ans, le FN a doublé ses voix de 17 % à 33 % au second tour d’une présidentielle…