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Faut-il encore armer la Police ? Pour qu’elle nous protège ?

Le Défenseur des Droits, Jacques TOUBON, a rendu un rapport dans lequel il dénonce l’utilisation du flash-ball (lanceur de balle de défenses- LBD) lors de manifestations. Il réclame également un moratoire sur l’usage de cette arme. Alors je me demande, dans cet élan qui découvre que les armes sont dangereuses, s’il faut encore armer la Police. Et finalement si nous avons encore besoin d’une Police.

Car réellement, une Police qui n’est pas armée ne peut légitimement pas être envoyé pour régler des conflits, face à des personnes qui sont potentiellement plus dangereuses qu’elle. Donc elle ne peut plus avoir comme rôle que des missions administratives de second plan, au premier plan, celles qui enrichissent l’État sans danger : la verbalisation des conducteurs ou des gens mal garés, la réception de plainte, la circulation… Le travail d’une Police municipale.

Pourquoi le Défenseur des droits se réveille-t-il aujourd’hui ?

Les premiers LBD ont été utilisés en France en 1999. Leur usage a été généralisé en 2002. Chaque année, plusieurs manifestants sont effectivement blessés, mais il convient de s’intéresser aux circonstances des blessures. Jacques TOUBON dit passer à l’action à cause de la blessure récente au testicule d’un jeune homme de 14 ans dans la nuit du 13 au 14 juillet 2015 dans la ville d’Argenteuil (Val d’Oise), affaire dont l’ancien homme de droite s’est « saisi d’office« .

Quels sont les faits ?

Le jeune de 14 ans sortait de la mosquée et serait allé, à deux heures du matin, lancer quelques pétards entre amis. La Police, à la poursuite, d’un autre groupe de jeunes en train de leur balancer des tirs de mortier (qu’ils avaient dû acheter au supermarché), l’aurait confondu avec les autres et l’aurait blessé. Petits problèmes : un arrêté préfectoral interdit l’utilisation de pétards dans le Val d’Oise. Leur vente est également interdite dans le département…

Mais que fait la Police ?

Donc puisqu’on sait que c’est la méchante Police qui, comme toujours est en tort, il faut nous demander qui peut donc encore intervenir et avec quoi. On ne peut plus utiliser d’armes, mais nous avons en face de nous qui sont de mieux en mieux armés. Et les meilleures protections du monde n’empêcheront jamais un accident malheureux. Alors est-ce qu’on laisse pourrir la situation ? Est-ce qu’on en appelle à l’armée ? Est-ce qu’on créé des robots-justiciers ?

La base sociale de l’État de droit selon Thomas HOBBES

Pour le philosophe, nous faisons abdication de notre sécurité à l’État au nom du vivre-ensemble. À cette fin, nous acceptons de payer des impôts afin d’encadrer la protection de notre société. C’est ensuite à l’État de nous défendre avec les infrastructures qu’il juge nécessaire. Si l’armée est légitime pour cette cause car elle lui est entièrement dévolue, la Police qui reste un corps civil est plus discutable, selon moi.

Des civils et des militaires

Pourtant, il existe deux types de polices. Une première composée de gens ordinaires dont le premier mérite est d’avoir réussi un concours. Une seconde qui reçoit une formation para-militaire et qui compose des corps d’élite dont le professionnalisme n’est pas à remettre en cause (comme le RAID). Cela veut-il dire qu’il faudrait déployer nos unités d’élite au premier problème ? Pourquoi alors ne pas envoyer directement l’armée ?

L’adaptation à une époque

À Rome il y a deux mille ans, les soldats de la République et les vigiles urbains étaient peu armés et peu protégés. Plus la situation de l’empire s’est dégradé et plus l’épaisseur de leurs armures s’est renforcée et la longueur de leur glaive s’est allongée. Aujourd’hui, nous pouvons comparer la tenue de nos policiers, et leurs équipements, avec ceux de 1968. C’est notre situation qui se dégrade. Pourquoi donc ?

Les problèmes que l’on se cache

Dans d’autres pays européens, les policiers sont en civils juste munis d’une matraque. Eux peuvent se le permettre car on ne leur tire pas de mortier dessus, ou qu’on ne leur tend pas non plus de guet-apens. Qu’en face d’eux, il n’y a personne qui dispose d’armes de guerre. Or, tout le problème est là : que dans notre pays où la possession d’armes de guerre est théoriquement interdite, certains en soient munis. Jusqu’où faudra-t-il se protéger ?


TASER, flash ball, pistolets… toutes ces armes peuvent tuer. Y compris un coup de matraque mal placé, ou le simple fait de faire chuter quelqu’un. La vraie question est de savoir si nous voulons que soit assurée notre protection. Dans ce cas, nous devons faire confiance à la responsabilité individuelle des gens qui outrepassent la Loi et couvrir ceux qui sont là pour nous défendre (en commençant par se défendre car ils sont en première ligne).

Si tu utilises des pétards alors que c’est interdit, tu assumes de pouvoir être confondu par la Police. Le problème n’est pas l’âge du gamin ou le fait qu’il soit là au mauvais moment, c’est qu’il réalisait une action illicite… Quant à la Police nationale, je ne suis pas favorable à ce qu’elle soit envoyée partout, mais plutôt partisan d’un rétablissement de voltigeurs (des militaires) mobiles dépêchés en fonction des opérations pour le sale boulot… Voilà, discours de fachô.

2015 : le SIDA progresse toujours en France

Une carte de Nicoeno réalisée pour FranceTV.info – Tous droits réservés


Les années se suivent et se ressemblent : le SIDA (étape avancée de la séropositivité) continue de progresser en France. Alors certes, cela pourrait simplement vouloir dire une dégradation de la santé des personnes séropositives et non pas une augmentation du nombre de personnes contaminées. Pourtant, c’est le cas…

Je veux donc m’interroger sur les raisons qui font qu’un pays développé, la France, dans lequel l’accès aux préservatifs est facile et les risques sanitaires connus de tous, puisse continuer de développer le SIDA. C’est un peu comme si l’embrigadement doctrinal que l’on fait subir aux collégiens, aux lycéens ou aux communs dans les médias ne fonctionnait pas.


Comment est né le SIDA ?

Bien malin serais-je si j’avais cette réponse. Je reste cependant encore fasciné par tout ce qu’on a pu attendre (de loufoque – des théories du complot) sur la question : des rapports sexuels entre des hommes et des singes, une punition divine contre les personnes homosexuelles, une expérience génétique des Américains en Afrique qui aurait mal tourné…


Je suis partisan de la stratégie ABC (qui fonctionne en Afrique)

En 2007, George W BUSH détaillait une stratégie qui lui a valu l’inimitié de tous nos bienpensants soixante-huitards. Soit une liste d’étape à respecter pour éviter la contamination sinon la transmission : A pour Abstinence, B pour be (être en anglais) – sois fidèle, C pour condom (préservatif en anglais). Je pense que c’est à ce jour la meilleure stratégie.


Pourquoi on n’y arrive pas en France ?

J’y vois deux raisons : la première est que beaucoup (certains chiffres disent 50 000) de séropositifs ignorent leur maladie et qu’ils « couchent » pensant être sains donc transmettant le virus. La seconde est ce besoin d’émancipation des diktats de la société donc si la société dit « protégez-vous », je ne le fais pas… 2/3 des jeunes (18-25 ans) coucheraient sans préservatifs…


La réussite passe par le sexe

En Occident, celui qui réussit possède trois caractéristiques : l’argent, le pouvoir et le sexe. Je me rappelle un de mes profs à Sciences-Po (je n’ai jamais fait Sciences-Po) qui me disait que la réussite passait par le fait d’avoir « une femme, des enfants, un poisson rouge et une maîtresse« . Alors, cumuler les partenaires sexuelles serait un signe de réussite. (Pas à mes yeux de fachô)


La preuve par la science

De plus en plus d’études scientifiques veulent démontrer que l’homme n’est pas fait pour rester éternellement avec la même femme (du genre que l’amour dure trois ans). Donc qu’il est normal de cumuler les aventures sexuelles. La preuve scientifique, c’est qu’une femme ne pourrait avoir deux orgasmes consécutifs qu’avec deux partenaires successifs différents…


Plus de sexe = plus de risques

Après, cela obéit aux lois de proportionnalité. Plus je fréquente de partenaires et plus j’ai de risques d’être contaminé, en tombant sur une personne séropositive ou en ne me protégeant pas ou en me protégeant mal. Je trouve juste cela dommage de devoir passer sa vie à se soigner parce qu’on a eu un comportement à risque, même une fois.


À quand la responsabilisation ?

Je crains que le développement du SIDA en France tient aussi au fait que les Français n’ont pas assez d’engagements responsables. Par exemple, lorsque je donne mon sang, je m’assure qu’il soit le meilleur possible, je ne vais pas aller me droguer juste avant… Une femme lorsqu’elle est enceinte fait attention pour son bébé. Pourquoi le souci de l’Autre n’est pas systématique ?


Que l’école et les médias changent leur discours

Je pense que la propagande hygiéniste ne passe par car elle est trop empreinte d’un discours idéologisée post-soixante-huitard. Quand le message donné aux gens est « Sortez couverts« , cela signifie aussi que celui qui ne sort pas est le dernier des impuissants. Je suggère donc de revoir toutes les campagnes de prévention pour mettre en avant l’impact du SIDA sur soi et les autres.


Je suis malgré tout admiratif des peuples Africains qui subissent le SIDA plus directement que nous, qui survivont avec nos trithérapies, et qui prennent des mesures efficaces pour endiguer l’épidémie. Est-ce là l’individualisme de nos sociétés occidentales ? Je le crains. Voilà la sale mentalité que j’espère un jour voir changer : « C’est tout pour ma gueule, tant pis si j’ai le SIDA (et surtout si je le file à quiconque), de toute façon je dois bien mourir un jour. » Alors changeons cela !