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Un(e) traître dans la majorité municipale d’Éric MEHLHORN

Cela commence par un contre-feu médiatique allumé par Alexis TEILLET, très vite cramé, du genre feu de paille : « Regardez, on dirait que les fâcheux du FN ont voté BLANCHAUD ! » Ce faisant, TEILLET cherche-t-il vraiment à montrer l’incohérence d’un tel vote, ou à sous-entendre que BLANCHAUD serait compatible avec le FN ? Ce qui dans nos esprits désinformés par la presse subventionnée, pourrait aussi vouloir dire que BLANCHAUD = nazi ?*

Un seul vote de délibération dans lesquels des oppositions se choisissent une liste commune, et M. TEILLET en conclut que les élus FN soutiennent LaREM à Savigny… Donc dès que le FN ne vote pas contradictoirement aux autres, c’est qu’ils soutiennent LR ou un autre… N’est-ce pas là une réflexion d’extrême-droite ? Ou d’extrême-gauche ?


Mais ce n’est bien qu’un écran de fumée pour masquer qu’il y a eu une défection dans l’équipe municipale de la majorité. Comparez plutôt les résultats du vote pour l’élection du conseiller métropolitain (délibération n°1/499) avec les résultats du vote pour l’élection des conseillers territoriaux (délibération n°2/500) : 26 voix pour le candidat « Le bon sens pour Savigny » (LBSS) sur le premier scrutin. Mais plus que 25 pour la liste LBSS au deuxième.



L’interrogation de TEILLET, critiquable sur sa forme, n’en est pas moins légitime sur le fond. Effectivement, on dirait bien, pour arriver à sept, que les deux voix du FN sont allées à la liste commune, accrochez-vous bien, « Un nouvel élan pour Savigny – Agir pour vous – Savigny ensemble » ou UNEPSAPVSE (le dernier ferme la porte en partant), lesquels étaient normalement assurés d’avoir cinq voix (les trois du groupe UDI/LaREM et les deux du groupe LaREM/MoDem).

Et comme l’élection se faisait à la plus forte moyenne, et que nous n’avons que 39 élus à Savigny, une liste d’opposition qui pouvait atteindre sept voix, gagnait une place. Or, le mystère plane quant à la septième voix, obtenue par le groupe de gauche, lequel ne compte que six élus. Et si effectivement, toutes les autres voix de l’opposition étaient cristallisées autour de UNEPSAPVSE, la voix qui permis la victoire de DEFRÉMONT ne pouvait venir que de la droite !


Pour certains, c’est MEHLHORN qui pressentant une union autour de BLANCHAUD aurait voté par rancune pour DEFRÉMONT, juste pour faire perdre BLANCHAUD âgé de quelques mois de moins que DEFRÉMONT (en cas d’égalité, le siège étant attribué au candidat le plus âgé). Mais personnellement, je ne pense pas MEHLHORN assez malin pour avoir vu se dessiner une telle manœuvre qui fait perdre un siège à la droite territoriale ; celui d’Anne-Marie GÉRARD !

Pour d’autres, c’est une autre personne de la majorité, qui aurait voulu se venger en votant à gauche pour emmerder MEHLHORN. Par exemple Laurence PINON-CHEVALLIER, dont il faut se rappeler l’intervention à l’avant-dernier Conseil municipal, relativement aux heures de réunion des commissions. Et ce brave MEHLHORN de dire qu’on pouvait poser des heures de travail pour aller en commission. Tout le monde ne vend pas des pièces pour machines agricoles…

Cela pourrait-il sinon être Anne-Marie GÉRARD, élue sortante non reconduite, qui aurait volontairement voté pour une autre liste, dans le but de perdre un mandat qui ne l’intéressait pas ? Elle n’a jamais rien dit en Conseil territorial, et elle n’aspirait pas franchement à en faire partie ; c’est juste qu’elle était en haut de liste. Elle perd une réunion par mois à Vitry, qui n’est pas tout à fait à côté de Savigny, et un mandat qui n’était en plus même pas indemnisé…

Pour ma part, je vais oser une autre hypothèse qui contredit l’idée que les oppositions ont complètement fait bloc : celle d’un élu de la majorité qui aurait voté pour BLANCHAUD, tandis qu’un élu d’une minorité de la droite aurait voté pour la gauche, craignant que la liste UNEPSAPVSE n’arrive pas à rassembler les sept voix, car au vu du premier scrutin, on pouvait présager que les élus FN allaient voter nuls (si c’est bien eux qui ont voté nul précédemment).

Bref, on retiendra surtout que LR a perdu un siège au Conseil territorial du Grand-Orly Seine Bièvre, du fait d’un MEHLHORN qui ne tient pas ses troupes (qu’il considère comme telles). Et que c’est son opposition, en l’occurrence EELV, qui gagne un siège ! Champion !



*On renverra le lecteur gêné par ce dernier propos à la saine lecture de Libération ou de l’Humanité depuis trente-cinq ans (remonter les unes dans les moteurs de recherche), ou dans l’entre-deux-tours de l’élection présidentielle 2017, à la plupart des médias subventionnés, qui ont appelé à voter contre le Front national, au motif que ce serait un parti d’extrême-droite, préparant au retour des totalitarismes des années 1930. Vu son programme, le FN 2017 est plutôt à l’extrême-gauche…



Pourquoi l’extrême-gauche (LO, NPA, POI) se présente en ordre dispersé aux élections ?

Quand on écoute la télévision au moment des élections, on entend toujours des électeurs sensibles aux idées de l’extrême-gauche qui regrettent par exemple que Lutte Ouvrière (Nathalie ARTHAUD / Arlette LAGUILLIER) et le Nouveau parti anticapitaliste (Philippe POUTOU / Olivier BESANCENOT) ne fassent pas cause commune, alors qu’effectivement, leurs programmes semblent assez proches. En voici trois raisons.

Je renverrai le lecteur curieux d’en savoir plus sur les différents trotskysmes à cet article :

https://oliviervagneux.wordpress.com/2016/05/27/quelles-differences-entre-les-trotskysmes-lo-lcr-npa-pt-poi/


1. Parce que c’est inconcevable historiquement

D’un côté, vous avez des communistes légitimistes qui disent avoir gardé pur l’idéal trotskyste : LO, qui se réclament du communisme et utilisent comme emblème la faucille et le marteau. De l’autre, vous avez le NPA composé de révolutionnaires qui interprètent le trotskysme selon la lecture pabliste, du grec Michalis N. Raptis plus connu en France sous le nom de Michel PABLO. Unir ces deux partis revient à nier leur histoire, et finalement leur raison principale d’exister.


2. Parce que c’est compliqué pour la répartition des subventions de l’État

En admettant que LO et le NPA arrivent ensemble à obtenir des subventions annuelles, ce qui s’est déjà produit à différentes périodes, tout le problème sera ensuite de répartir l’argent. Et toutes les alliances de circonstances savent combien cet exercice est difficile, et nécessite de ne pas se disputer, ce qui est très difficile pour ces deux partis qui ne peuvent pas se voir vu qu’ils se disputent le même segment électoral. Donc ne pas s’allier évite aussi ce problème, mais fait clairement manquer des subventions.


3. Parce que ces partis ne veulent pas vraiment la victoire

Nathalie ARTHAUD est la plus sincère : elle affirme uniquement vouloir « faire entendre le camp des travailleurs » au premier tour de l’élection. De la même manière, le NPA n’accomplit ses coups d’éclat que lors des manifestations liées à la défense des droits économiques et sociaux. Ces partis se disputent un électorat qui représente environ 11 % de la société française. Ils ne peuvent pas rêver atteindre 50 % des voix, même par défaut, mais ils préfèrent peser dans le débat.


Il est encore trop tôt pour une telle union, et je pense que les trostskysmes préféreraient encore disparaître que mettre fin à leurs inlassables querelles de chapelle. En réalité, l’idée d’une union est essentiellement portée par des citoyens qui ne voient l’extrême-gauche trotskyste que comme le défenseur des plus pauvres. Et même si l’idée commence à faire son chemin chez les plus pragmatiques des bureaux politiques, elle n’arrivera probablement jamais.



Il ne faut pas désespérer MÉLENCHON

Après Billancourt (Hauts-de-Seine), c’est une autre cause désespérée qu’il s’agit de soutenir : Jean-Luc MÉLENCHON. Le président du Parti de gauche (PG) confie sa lassitude au site internet Hexagones. Il se dit « fatigué », « avoir besoin de bailler aux corneilles » et reconnaît même un « échec » du Front de gauche (FDG). L’homme annonce prendre du recul par rapport à son action politique.

Ce n’est plus une déprime, c’est une dépression. Après l’échec immérité du Front de gauche aux européennes (un des rares à avoir un programme) et face aux communistes qui cherchent à casser l’alliance du Front de gauche, c’est six années d’efforts depuis 2008 qui sont remis en cause et une grande absence de reconnaissance envers l’homme aux 11 %.

MÉLENCHON, le socialiste qui voulait rénover le communisme

Quand en 2007, Marie-George BUFFET mobilisait 700 000 électeurs pour faire 1,93 % des suffrages, MÉLENCHON en captait 4 millions soit 11,1 % en 2012. Un score à deux chiffres que les communistes n’avaient plus connu depuis les 15,35 % de Georges MARCHAIS en 1981. Mais surtout un résultat permis par le rassemblement autour d’un homme de socialistes, de communistes, d’écologistes et d’alternatifs. En 2008, MÉLENCHON créé le PG comme une dissidence au PS, revenant aux fondamentaux de la gauche, dévoyée par un PS social-libéral. À l’occasion des élections européennes de 2009, il propose le rassemblement du FDG pour conforter cette alliance et réalise 6,05 %. Outre, les désirs de revenir dans sa vraie famille politique (des trotskistes) et de profiter du réservoir de voix communistes, il y avait aussi la volonté de créer une vraie gauche, fidèle à MARX et à JAURÈS, ce que les électeurs dits « de gauche » n’ont jamais compris.

La rupture viendrait du Parti communiste (PC) qui préfère le PS au PG

Au PC, la plupart des cadres n’ont jamais pu « encadrer » Jean-Luc MÉLENCHON. Pour autant que Pierre LAURENT, secrétaire général du PC et Marie-George BUFFET se forcent, André CHASSAIGNE, président du groupe communiste à l’Assemblée ne se prive pas de critiquer l’ancien Essonnien. Les élections municipales de 2014 ont laissé paraître le malaise latent avec une frange du PC franchement hostile à MÉLENCHON, qui a lâchement préféré aller se cacher avec le PS tout en espérant obtenir plus de poste. Ce fut le cas à Paris où cela ne servit que les intérêts de Ian BROSSAT ou à Savigny-sur-Orge où le PC se décrédibilise avec un Laurent LIEPCHITZ qui ne connaît pas la ville. Tout le problème vient du fait que le PC ne comprend pas qu’il perd en visibilité et donc en voix en se terrant avec le PS qui ne manque pas une occasion de les trahir, comme Ramzy HAMMADI le fit en 2012, leur ravissant la septième circonscription de Seine-saint-Denis.

Une stratégie politique du PC minable à court terme, mortelle à long terme

À vaincre sans péril, on triomphe sans gloire. Le PC perd en effet ses derniers bastions qui lui sont conquis par le PS. (En 2014, par la droite à cause du rejet massif de la gauche qu’incarne HOLLANDE). L’exemple de la Seine-saint-Denis est frappant à ce sujet avec les offensives massives de Claude BARTOLONE à chaque élection pour implanter le PS au détriment du PC. Les socialistes se croient malins à épuiser son principal réservoir de voix, jusqu’à ce qu’il n’existe plus. Les socialistes se prennent pour MITTERRAND sauf qu’ils n’ont pas l’habileté politique de notre dernier président de droite (de conviction, pas d’action). La ceinture rouge des années 1960 s’étiole progressivement tandis que le PC perd toujours plus d’élus, de villes, de cantons, de circonscriptions. Leur message politique est parfaitement inaudible. On ne se souvient plus du PC lorsqu’on parle de la fête de l’Humanité ou qu’on revoit Robert HUE à la télé ou des archives de Georges MARCHAIS.

Incapables d’incarner une alternative à la gauche molle du président HOLLANDE 

Mais le problème du FDG est de n’exister que grâce à MÉLENCHON dont les coups de gueule répétés ont fini par en agacer plus d’un. L’ancien plus jeune sénateur de France, élu à Massy (Essonne), vole immanquablement la vedette à ses camarades (sauf peut-être à Clémentine AUTAIN). Pourtant, les personnes proches qui l’entourent sont aussi intelligentes, voire parfois plus compétentes que lui : Martine BILLARD, Clémentine AUTAIN, François DELAPIERRE, Éric COQUEREL, Marc DOLEZ, Jacques GÉNÉREUX, Alexis CORBIÈRE, Gabriel AMARD son gendre, RAQUEL GARRIDO son avocate… Jérôme GUEDJ aurait eu sa place s’il n’avait pas préféré le PS… De 2008 à 2012, ils ont été les chantres de l’antisarkozysme. Mais c’est le PS qui en a récolté tous les lauriers. Et aujourd’hui, trop peu leur font confiance pour faire mieux que HOLLANDE à gauche.

Terrassé par la guerre des fronts puis par la guerre républicaine (UMPS contre FN)

Elle était annoncée pour 2012 mais elle a tourné au désastre : 17,9 % pour le FN à la présidentielle de 2012 contre 11,1 % pour le FDG. MÉLENCHON se voulait le seul vrai pourfendeur de Marine LE PEN. L’homme a  bien compris que les extrêmes ne sont pas figés et passent de la gauche à la droite en fonction du climat politique. Mais les Français ne l’ont pas suivi. Et on ne peut alors pas impunément taper sur la gauche à laquelle on appartient. Dans le même temps depuis 2013, les électeurs traditionnellement PC, partent au PS, craignant un nouveau « 21 avril 2002 », tandis que nombreux au PS cèdent aux sirènes du FN. Alors dans ces conditions, blessés par leurs divergences programmatiques comme par exemple les positions sur le nucléaire (PC pour ; FDG contre), l’extrême-gauche communiste ne peut pas survivre. Et le choix de MÉLENCHON apparaît, éclairé ainsi, comme le plus raisonnable : renoncer à diriger un ensemble indirigeable qui s’est lassé de lui.

C’est une histoire qui n’est pas finie. Au dernier moment, le PC ne lâchera pas MÉLENCHON dont ils ont trop besoin. Mais l’utopie du « pouvoir au peuple » et du FDG est morte. Jean-Luc MÉLENCHON ne peut plus dire « Place au peuple » en ne rassemblant que 6 % de la population. Il est certain que sa pause politique, si l’extrême-gauche ne se recompose pas, affectera durablement la gauche française jusqu’à créer un nouvel équilibre :

– Gauche-Extrême-gauche : 32 %

– Centre (droit) : 10 %

– Droite : 33 %

– Extrême-droite : 25 %

Et l’élimination systématique de la gauche lors des grands scrutins.

P.-S. : J’ai déjà rencontré Jean-Luc MÉLENCHON un jeudi midi dans le Xème arrondissement parisien. Il marchait seul, vêtu d’un blouson en cuir, et tenant sous le bras un journal écrit par ceux qu’il fait tant semblant de détester pour attirer l’attention médiatique. Il m’a paru « petit » puisqu’il doit mesurer autour de 1m70, quand j’en fais 1m75. Nous avons un ami commun en la personne de Mgr Guy HERBULOT.