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Sur le documentaire « Irak, destruction d’une nation »

Pour les trente ans de la Guerre du Golfe, France télévisions et Mediapart s’associent pour proposer un très intéressant documentaire, en quatre épisodes de 52 minutes, qui retrace les cinquante dernières années de l’Irak.

La série s’ouvre avec les attentats de novembre 2015. Le premier terroriste à se faire exploser était irakien. Dès lors, le fil rouge va être de comprendre comment en est-on arrivé là.

L’Irak est un ancien territoire sous mandat britannique, qui pour se développer, va en 1972 se rapprocher de l’URSS, porter un modèle de développement de type socialiste et nationaliser son pétrole, aux mains des Anglo-Américains, ce qui ne lui sera jamais pardonné.

En 1979, la révolution iranienne porte KHOMEINY au pouvoir, ce qui représente une menace pour Saddam HUSSEIN qui est un dirigeant sunnite à la tête d’un pays majoritairement chiite.

Ce dernier va alors se lancer dans 8 ans de guerre, qui vont ruiner son pays, tout cela pour en arriver à un statu quo ante bellum. Pour payer la guerre, il est contraint d’emprunter à de nombreux pays voisins parmi lesquels le Koweit.

En 1990, le Koweit exige le remboursement de sa dette par l’Irak. L’Irak ne peut pas payer. Le Koweit se rembourse en commençant à exploiter des gisements irakiens. Saddam HUSSEIN déclenche une guerre qu’il remporte facilement.

Et c’est là où les Américains se vengent de l’affront de 1972, en déclenchant la Guerre du Golfe. Ils détruisent non seulement l’armée irakienne mais aussi toutes les infrastructures du pays en un mois.

Ce faisant, les Américains, en débarquant en Terre sainte musulmane, fédère contre eux une partie de la jeunesse islamiste saoudienne parmi laquelle celle d’un certain BEN LADEN.

Après la guerre, les Américains imposent un terrible embargo sur l’Irak au point qu’ils n’ont plus le droit de recevoir du chlore pour purifier l’eau, des vaccins pour prémunir les enfants ou des crayons à papier à cause des mines graphites. Il faudra attendre 2011 pour que le pays retrouve son PIB de 1990, à force que les Américains financent la reconstruction du pays pour essayer de gagner les cœurs.

C’est à partir de 1990 que HUSSEIN, qui était laïc à la base, islamise son discours et finalement va islamiser la société irakienne, contre l’Iran et contre l’Occident.

Les attentats de 2001 forment le prétexte pour aller attaquer, non pas les pays d’origine des terroristes du 11 septembre qui sont majoritairement Saoudiens, mais les pays qui hébergent des terroristes. Et cette fois-ci, les Américains sont décidés à se débarrasser de Saddam HUSSEIN, toujours pour l’affront de 1972.

Ils décapitent l’appareil d’état sunnite, notamment en renvoyant les 400 000 soldats de l’armée, qui vont aller fournir les futurs contingents de l’État islamique (Daech).

Ils mettent en place des chiites, qui vont très vite faire le jeu de l’Iran.

Finalement débordés en 2013 par les sunnites de Daech, les chiites du Gouvernement en appellent à l’Occident, notamment à la France.

Le prétexte des attentats de 2015 est tout trouvé, et la boucle est bouclée.



Le problème du Moyen-Orient n’est pas tant la vision des Néo-conservateurs américains qui voudraient exterminer tous les musulmans, que les conséquences locales de la Guerre-froide, en premier lieu desquelles les développements des mouvements islamistes, qui se sont servis des socialistes, pour prendre le pouvoir sur les libéraux, puis sur les socialistes. On le voit en Iran. Et on voit surtout que nous payons toujours les accords SYKES-PICOT de 1917 et les errements de la Première guerre mondiale.

La politique américaine au Moyen-Orient a été faite par des gens qui ne parlaient pas arabe et ne connaissaient pas l’Irak. On observe bien que les Américains n’ont rien compris ni à l’Irak ni au chiisme et au sunnisme ; eux qui d’ailleurs ont soutenu les Talibans contre l’URSS, là où un homme d’état comme Jean-Pierre CHEVÈNEMENT avait tout compris et tout annoncé. Au passage, quel sale type que Roland DUMAS qui crache sur CHEVÈNEMENT qu’il voit comme un idéaliste. Je suis sinon exceptionnellement d’accord avec HOLLANDE que nous aurions quand même été visés même si nous n’étions pas intervenu, et qu’il fallait intervenir.

Je le réécris : on comprend très bien comment les islamistes ont instrumenté la religion, et tiré parti de la Guerre froide, pour s’imposer dans différents pays. Mais aussi comment l’Occident a contribué à développer une conscience religieuse extrême dans tous ces pays contre ce que les libéraux pouvait représenter. Et on le paye encore, et pour longtemps…

Le documentaire rappelle tous les mensonges des États-Unis ; de la fille de l’ambassadeur koweitien présentée en pauvre infirmière ayant fui son pays, aux armes de destruction massives. Au passage, on remarque que démocrates et républicains étaient tous d’accords.

Et puis toutes les fois où les États-Unis promettent que c’est leur dernière guerre de la sorte, et puis ils reviennent et ils recommencent, toujours sans aucune vision. Et on rappelle les dérives de leur armée d’occupation, qui ont cristallisé les haines contre eux.

La série finit sur une population, excepté les Kurdes, qui regrette Saddam pour le progrès et la prospérité qu’il incarnait avant 1990, à une époque où les minorités pouvaient coexister et où les influences étrangères, de toute sorte, ne s’appliquaient pas sur l’Irak.



États-Unis d’Amérique : après TRUMP, les républicains pourront-ils encore gagner une élection présidentielle ?

C’est un peu comme le sujet de l’engloutissement des Maldives. Cela fait soixante ans qu’on en parle de manière alarmiste. Cela se rapproche inéluctablement mais ce n’est toujours pas là. Et même si je pense que le vrai basculement n’aura lieu que vers 2040, la question mérite de se poser : les évolutions démographiques aux États-Unis condamnent-elles les républicains à être désormais minoritaires dans la vie politique américaine ?

L’honnêteté intellectuelle m’oblige d’abord à reconnaître que je me suis bien planté dans une précédente analyse car je ne pensais pas que l’Arizona ni que la Géorgie pourraient basculer dans le camp démocrate, et que je ne les considérais donc pas, plusieurs mois avant l’élection, comme des swing states. Il faut aussi observer qu’un électorat qui ne se déplace habituellement pas s’est pour le coup mobilisés, ce qui ne signifie pas qu’il ne se mobilisera chaque fois.

De même, il va falloir relativiser mon analyse de cet article en observant que les républicains ont creusé l’écart de 2016 en Floride (de 1,5 point à 3,5 points), alors que la part de population hispanique continue d’y progresser. Bref, on ne peut pas penser que tous les hommes blancs qui ne représentent pas 47 % de la population, votent républicains, et que toutes les femmes issues des minorités votent démocrates, comme beaucoup aimeraient à se le représenter.

Ce que j’observe avec cette élection est un renforcement des démocrates dans les états dans lesquels les minorités deviennent une part plus importante de la population ; ce qui se traduit notamment par une réduction de score de TRUMP en 2020 par rapport à 2016 : en Arizona, au Nouveau-Mexique, au Texas et puis en Géorgie et en Caroline-du-Nord. Avec l’exception inverse de la Floride dans laquelle les Hispaniques, Cubains catholiques, sont très conservateurs.

Partant, la question est de savoir si les républicains peuvent encore gagner sans les 5 états précédemment mentionnés, qui représentent ensemble 85 grands électeurs. Or, la réponse est clairement NON, même si le candidat républicain réussit à s’emparer de tous les swing states de la Rust Belt, comme TRUMP a fait en 2016, lesquels sont en plus davantage acquis aux démocrates et avaient été perdus de justesse dans le contexte de la crise sidérurgique.

Pour autant, les démocrates n’auraient pas gagné s’ils n’avaient pas mobilisé tout cet électorat qui s’est levé contre TRUMP davantage que pour BIDEN, lequel ne va pas voter d’habitude. De telle sorte que si réellement, toute la population de chaque état allait voter, sur le seul nombre des minorités plutôt favorables aux démocrates, alors cela fait des années, au moins depuis 2000, que les républicains n’auraient plus pu revenir au pouvoir, et ils l’ont fait deux fois !

Je pense donc que les républicains peuvent encore revenir à court terme, y compris TRUMP en 2024, même si on n’a jamais vu un perdant réussir de la sorte, d’autant plus qu’il provoquerait de nouveau une mobilisation des démocrates contre lui, à cette condition que les démocrates ne se mobilisent pas, et que les équilibres démographiques n’évoluent encore pas trop, et la courbe démographique des minorités va elle aussi finir par se réduire au niveau des blancs.

Maintenant, les républicains peuvent opposer une parade à ce mouvement de l’Histoire qui pourrait d’ailleurs faire l’objet d’un nouvel article : présenter un candidat issu de la minorité, notamment hispanique. Auquel cas, ils pourraient, probablement si le candidat démocrate est aussi issu d’une minorité, se refaire dans certains états, soit du Sud avec un hispanique soit de l’Est avec un afro-américain, avec le problème de lien de l’élection au candidat du moment.

Autre problème de la politique américaine et je m’arrête là, est que le président n’est rien sans son Congrès. Et si les minorités peuvent s’identifier à un candidat au niveau national, il faut aussi qu’elles le fassent au niveau local. Ce qui compliquera de toute façon toujours plus la tâche des républicains, et conditionne finalement la politique à une représentation multi-culturaliste par ethnie, bien loin de l’idéal démocratique des pères fondateurs de la Nation…



Des références chrétiennes dans le film « The Patriot, le chemin de la liberté » avec Mel GIBSON

Impossible d’imaginer qu’une fresque historique s’essayant de retracer ne serait-ce qu’une partie de l’indépendance de la Nouvelle Jérusalem (le messianisme américain a longtemps fait les États-Unis s’imaginer en nouvelle Terre promise) puisse ne pas faire référence au christianisme.

C’est quand même la nation dont la devise est « In God We Trust » et dont le président prête serment sur la Bible pour accomplir son mandat avec l’aide de Dieu (« so help me God »). Je me suis amusé à relever quelques références.

En premier lieu, le patriote américain est forcément chrétien.

Celui de Mel GIBSON est un bon père de famille, veuf, ayant eu 7 enfants, travailleur acharné, qui bosse autant que ses esclaves qui œuvrent heureux chez lui en tant qu’hommes libres.

Il veille à la prière de ses filles, il marie son fils, et il se tourne vers Dieu ou en tout cas il prie, à la mort de son fils. Il se refuse également à tomber amoureux de la sœur de sa femme.

Il est bien sûr opposé à la guerre et profondément pragmatique. On retrouve chez lui les influences philosophique de saint Augustin, saint Thomas MORE et saint Thomas d’Aquin, par rapport aux concepts de « guerre juste » ou dans la justification de la vengeance.

Politisé, il soutient l’émancipation des Noirs ainsi que l’égalité entre les hommes. Son plaidoyer, après la mort de son deuxième fils, évoque les idées de pardon des péchés et de repentir.

Car c’est aussi un homme qui s’emporte comme lorsqu’il massacre le dernier Anglais après la mort de son premier fils, et qui est en colère contre Dieu, mais vers lequel il retourne.

La figure du révérend est intéressante. Il prend les armes. Il fait prier les prisonniers. Mais surtout, il donne sa vie pour sauver le deuxième fils du héros. C’est également lui qui porte la revendication de ne pas tuer les prisonniers.

Le bâtiment de l’église tient un rôle davantage symbolique, en tant qu’il permet de diaboliser les Anglais (et par extension les ennemis de l’Amérique) qui y enferment la population dedans et qui la brûlent.

Enfin, il faut observer la position semi-christique du Patriote au moment où le méchant colonel anglais s’apprête à essayer de le tuer sur la fin, comme s’il acceptait de s’offrir à la mort en victime sacrificielle.

Bref, cela aurait pu être un film de ou produit par GIBSON, et pas seulement un film dans lequel il joue, car c’est empreint de la mentalité et des valeurs qu’il porte dans ses films.




Outil : Aux États-Unis d’Amérique (USA), la liste des swing states (états-pivots, états-changeants, états décisifs) en 2020

La catégorisation des « swing states » est éminemment politique.

La définition qui me semble la plus juste couvre 13 états que je vais détailler ci-après.

Cependant, si l’on veut remonter à la décennie 1990, alors il convient d’ajouter 7 autres états démocrates devenus « définitivement » républicains à partir de 2000.


Les nombres entre parenthèses indiquent le nombre de grands électeurs que chaque état rapporte au candidat vainqueur.

Il est intéressant d’observer que la Floride et l’Ohio ont toujours basculé en faveur du vainqueur ces vingt-cinq dernières années.

J’ai graissé les 4 états démocrates que TRUMP a remporté à la surprise générale en 2016, alors qu’ils étaient traditionnellement démocrates.


Les 13 swing states pour l’élection de 2020

Floride (29)

Indiana (11)

Iowa (6)

Massachusetts (11)

Nevada (6)

New Hampshire (4)

Nouveau Mexique (5)

Caroline-du-Nord (15)

Ohio (18)

Pennsylvanie (20)

Virginie (13)

Wisconsin (10)

Total de grands électeurs : 148 sur 538


Les 7 swing states supplémentaires en remontant à 1996

Arizona (11)

Arkansas (6)

Kentucky (8)

Louisiane (8)

Missouri (10)

Tennessee (11)

Virginie occidentale (5)

Total de grands électeurs : 59 sur 538

Total global : 207 électeurs sur 538