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Fiscalité, Économie, Finances : comment Emmanuel MACRON a piégé la droite ?

Emmanuel MACRON se révèle beaucoup plus intelligent que je ne l’aurais imaginé, malgré le nombre ahurissant de conneries ou de phrases vides de sens qu’il peut prononcer. Il est surtout très politique, dans le sens de très idéologue. Ainsi, il n’est peut-être pas de gauche mais en tout cas, il souhaite clairement la mort de la droite pour favoriser l’extrême-droite, et ainsi l’emporter. Et la droite qui est tombée dans tous les pièges…

Le socialiste Guy MOLLET s’y trompait lorsqu’il évoquait « la droite la plus bête du monde » sous la IVe République ; c’est aujourd’hui, dans les années 2010, que la droite se fait encore et toujours plus stupide. Avec ce paradoxe que la droite n’est plus à droite, pour ne pas ressembler à l’extrême-droite qui elle-même est moins à droite que le RPR de 1990. Bref, ils pensaient en 2014 qu’ils retrouvaient le pouvoir pour 15 ans : ils l’ont plutôt perdu pour facilement 10 ans…


Sur la fiscalité locale

En 2014 et 2015, nombre de collectivités locales (mairies et départements) ont drastiquement augmenté les impôts locaux pour bien montrer que la gauche avant eux avait endetté ou ruiné les collectivités, et qu’un Gouvernement de gauche était néfaste parce qu’il réalisait des coupes dans les dotations. L’argument n’a pas pris puisque la gauche a été réélue. Or,avec la suppression de la taxe d’habitation pour 80 % des ménages, la droite va devoir réaugmenter les impôts, se tirant une balle dans le pied en vue des élections de mars 2020.


Sur les Finances

Qui a obtenu les ministères touchant à l’argent ? Les LR constructifs. Dans un gouvernement de quelle couleur politique ? Dirigé par un LR dans tous les cas. Qui va procéder aux nouvelles coupes nécessaires à obtenir un déficit de moins de 3 % du PIB ? La droite. Qui va être responsable de la faillite ou des délocalisations de toutes ces entreprises qu’on ne peut pas sauver comme GM & S ou Whirlpool ? Des ministres de droite ! Bravo, les opportunistes !


Sur l’Économie

Qui a une solution pour dynamiser la création de richesses en France ? Personne, d’autant que l’Europe nous empêche concrètement de remettre en place une agriculture ou une industrie productiviste ; et ce n’est pas avec des services qu’on créé de la valeur ajoutée. Bref, est-ce qu’on peut faire autre chose qu’attendre que la croissance mondiale reparte, pour en profiter ? Oui, on peut commencer l’exploitation de gaz de schiste, ou alors ubériser encore plus la France.


LR se refusant toujours pour l’instant à exclure les ministres au Gouvernement (normal, s’ils reversent une partie de leur salaire ; et puis LR a quand même perdu 5,6 millions € de subventions annuelles) ; les Français croiront que l’échec économique (prévisible) du début de quinquennat est dû à la droite. Et quand elle sera virée du Gouvernement, ou quand viendra les élections de 2020 et 2021, il sera trop tard pour redorer l’image, surtout si LR ne s’est pas réformé



Éviction du général DE VILLIERS, comme un air de déjà vu après celle du général SOUBELET

Le Chef d’État major des armées a donc démissionné, même si dans les faits et vu l’humiliation que lui a infligé Emmanuel MACRON, cela ressemble quand même à ce qu’on l’a démissionné. Du moins, on lui a mis une telle pression qu’il lui aurait été difficile de rester plus longtemps, tout en conservant son honneur et la cohérence de son message, MACRON comptant de toute façon et comme toujours passer en force.

Alors quel est son vrai tort ? Tout comme l’ancien directeur des opérations et de l’emploi à la Direction générale de la Gendarmerie nationale, le fait de s’être exprimé de manière politiquement-médiatiquement correct devant la commission de la Défense nationale, et d’avoir protesté contre les baisses annoncés de crédits. Plus exactement, d’avoir trouvé qu’une idée du président de la République était mauvaise !

Dans le cas du général DE VILLIERS, ce serait la faute des fabricants d’armes sous la pression duquel complexe militaro-industriel, le Chef d’état-major des armées serait soumis ; du moins à en croire le président français. Je ne trouve pas cela très crédible quand on sait que nos fusils d’assaut sont allemands, et que TRUMP vient de passer des contrats d’armement, avec la Pologne, après deux jours en France dont un 14 juillet. Quelle humiliation !


En fait, DE VILLIERS aurait dû fermer sa gueule et à la limite remercier de ne perdre que 200 millions € tout en devant continuer Vigipirate et les opérations extérieures. Mais non, tout va bien, même si c’est déjà un miracle que nous n’ayons pas plus de morts par défaut de notre matériel, tant le sable malien a achevé de ruiner nos équipements qu’il faudrait renouveler. On envoie quand même des Français se battre avec 70 % de matériel défectueux !

Pour sa part, le général SOUBELET avait eu le malheur en 2013 de pointer les errements et les échecs de la politique sécuritaire et judiciaire du gouvernement AYRAULT lors d’une audition publique pour une mission parlementaire. On l’avait alors placardisé en lui donnant la responsabilité de la Gendarmerie de l’Outre-mer, puis en finissant de lui retirer toute responsabilité de commandement.

Y a-t-il donc un précédent dans la méthode ? Désormais, pour changer les têtes, on enverra les généraux s’exprimer au Parlement, puis prenant prétexte d’un de leur propos, on les limogera ? Ce qui est schizophrène est cette limite que sans crédits supplémentaires (le vrai problème à chaque fois), la situation ne sera que pire. Donc ne pourra rester que le général, sous lequel il n’arrive pas d’incidents, mais qui n’a surtout pas soulevé que ça allait mal…


Je trouve vraiment dangereux pour la démocratie que la liberté d’expression devant la Représentation nationale soit ainsi menacée. Je rappelle d’une part que le faux-témoignage est puni de 5 ans de prison, tandis que les deux hommes avaient dû faire le serment de devoir toute la vérité à l’Assemblée avant leur audition.

Mais aussi et surtout, vu l’article 41 de la loi du 29 juillet 1881 qui dit  : « Ne donneront lieu à aucune action en diffamation, injure ou outrage ni les propos tenus ou les écrits produits devant une commission d’enquête créée, en leur sein, par l’Assemblée nationale ou le Sénat, par la personne tenue d’y déposer, sauf s’ils sont étrangers à l’objet de l’enquête« .

Par son comportement, Emmanuel MACRON prouve bien là qu’il est un président de gauche. D’un côté, son programme était plus que léger sur les questions de sécurité, et je ne comprends toujours pas son fameux « On ne peut pas lutter contre le terrorisme sans action résolue contre le réchauffement climatique. » De l’autre, il est fasciné par la chose armée, et teste son pouvoir en renvoyant le Chef d’état major des armées pour montrer que c’est lui le chef.

En tout état de cause, voilà qui ne correspond pas à l’idée que je me fais du chef, et même si nous sommes loin du coup d’état, la défiance monte, parce qu’on se fout quand même hypocritement beaucoup de tous ceux qui sont là pour nous protéger. Et ce sont quand même eux qui subissent la guerre au Mali ou les interminables heures de surveillance Vigipirate, quand MACRON ne fait que les visiter occasionnellement et par pure communication politique.

Rappelons enfin que la crise entre le président et le CEMA relativement au budget a été précédée de la démission de Sylvie GOULARD, ministre des armées qui rechignait à soutenir ces coupes ; ce pourquoi elle a été remplacée par Florence PARLY, qui par son expérience professionnelle, n’aura pas de scrupules à les accomplir…



Emmanuel MACRON, arrêtez l’essentialisme : « la France » n’a pas organisé la rafle du Vel d’Hiv !

Qu’est-ce que l’essentialisme ? C’est un courant philosophique qui considère que l’individu est déterminé, et qu’il se définit par ces mêmes déterminations desquelles il peut difficilement échapper. Il s’oppose à l’existentialisme de Jean-Paul SARTRE.

Prenons un exemple : Des terroristes se réclamant de l’islam ont commis un attentat.

J’essentialise : Tous les musulmans sont de potentiels terroristes.

Prenons un autre exemple : Un terroriste a pris la ligne 1 du métro ce matin.

J’essentialise : Tous les usagers de la ligne 1 du métro sont de potentiels terroristes.


Emmanuel MACRON commémorait, ce dimanche 16 juillet 2017, le 75e anniversaire de la rafle du Vel d’Hiv. Pour l’occasion, il avait invité le Premier ministre israélien Benyamin NETANYAHOU. Il a notamment prononcé ces quelques phrases au cours d’un discours :

« Il est si commode de voir en Vichy un monstruosité née de rien (…) mais c’est faux »

« Alors oui, je le redis ici, c’est bien la France qui organisa la rafle puis la déportation et donc, pour presque tous, la mort des 13 152 personnes de confession juive arrachées les 16 et 17 juillet à leur domicile »

« Je récuse les accommodements et subtilités de ceux qui prétendent que Vichy n’était pas la France »

« Vichy, ce n’était pas tous les Français, mais c’était le gouvernement et l’administration de la France »


Je vous propose maintenant qu’on remplace certains termes dans ces phrases, et que vous me disiez ce que vous en pensiez, naturellement pollué par votre politiquement-médiatiquement-correct.

Vichy devient le terrorisme islamiste ; La France devient l’islam ; Les Français deviennent les musulmans ; La rafle devient les attentats

==> « Il est si commode de voir dans le terrorisme islamiste un monstruosité née de rien (…) mais c’est faux« 

==> « Alors oui, je le redis ici, c’est bien l’islam qui organisa les attentats terroristes de Charlie, du Bataclan, de Nice…« 

==> « Je récuse les accommodements et subtilités de ceux qui prétendent que le terrorisme islamiste n’est pas l’islam« 

==> « Le terrorisme islamiste, ce ne sont pas tous les musulmans, mais c’est la doctrine coranique, appliquée de manière rigoriste, de l’islam« 

Pourquoi donc est-ce qu’on peut cracher sur la France, mais que quand c’est l’islam, ça ne passe pas ? On refuse d’essentialiser lorsqu’il est question du terrorisme islamiste. C’est exactement la même chose qu’on devrait faire en parlant de la France.


Bonus : oserait-on dire devant Bibi NETANYAHOU :

« c’est l’état d’Israël qui organise la colonisation israélienne en Palestine ? »

Non, parce que même en Israël, une partie de la population la condamne. Mais effectivement, c’est bien le gouvernement d’extrême-droite de Benyamin NETANYAHOU qui organise la colonisation israélienne en Palestine.


Donc, non, Emmanuel MACRON, ce que Vichy a fait sans aucune compétence juridique légale et sans autre légitimité populaire qu’un ensemble de deux votes de confiance au maréchal PÉTAIN, ce n’est pas ce que LA France a fait.

C’est ce qu’une France a fait, une partie de la France, qu’on l’appelle « État français », ou « Gouvernement de Vichy », ce n’est pas ce qu’on fait les Français !

Même si certainement 10 % ont collaboré, 1 % a réellement résisté, et 89 % ont fermé leur gueule.


Alors oui, Vichy n’est pas né de rien. Oui, un gouvernement de la France en 1942 (à distinguer du régime de la France libre qui gouvernait certaines colonies, donc une partie de la France) a raflé puis déporté 13 152 juifs.

Mais Vichy n’était pas LA France. Vichy, comme le disait DE GAULLE, c’était un gouvernement de fait, pas un gouvernement de droit !

Merci de ne pas tout mélanger. Merci de ne pas tout essentialiser !

Au fait, c’est très questionnant que les gauchistes prétendent aujourd’hui qu’il y a plusieurs France, puisqu’une France multiculturelle ou une France multiethnique ou même une France coupée en deux, mais que pour le cas des années de l’Occupation, le concept ne puisse soudainement pas s’appliquer !


Je finirais en commentant deux autres phrases du discours de MACRON :

« Nous ne cèderons rien aux messages de haine, nous ne cèderons rien à l’antisionisme car il est la forme réinventée de l’antisémitisme ».

==> Pure démagogie en présence de NETANYAHOU. Critiquer l’essence de la politique israélienne, ce n’est pas souhaiter le génocide de toutes les personnes d’origine sémite. D’autant qu’on peut être juif et antisioniste, alors qu’on peut difficilement être juif et antisémite…

« Ce sont toutes ces haines qui se fondent sur ce que l’on est, sur d’où l’on vient, sur ce que l’on croit, que nous devons combattre »

==> Pour moi, le meilleur moyen de combattre la haine est de ne pas en créer. Mais quand on entend MACRON cracher sur la Résistance et ceux qui ont suivi DE GAULLE en les ignorant, ou considérer que les colons ont été des criminels contre l’humanité, je me dis qu’il fait tout pour diviser et créer de la haine.

Cette tendance à l’essentialisation est aussi là pour nous dresser les uns contre les autres, en supprimant toutes les nuances de gris, et en nous renvoyant à une dichotomie blanc/noir (soit je suis pour Israël, soit pour la Palestine, mais je ne peux pas dire que les deux sont moralement condamnables).

Je terminerai rassuré en repensant à une récente macronnerie de notre président, que je n’ai toujours pas compris, et qui ne me rassure pas dans le cadre de sa politique de lutte contre le terrorisme :

« On ne peut pas prétendre lutter efficacement contre le terrorisme, si on n’a pas une action résolue contre le réchauffement climatique. »



Baisse de la taxe d’habitation, ou comment tuer la commune à petit feu ?

Au commencement fut la volonté d’intercommunalité, qui ne connut pas le succès escompté. Puis vint l’encouragement à la fusion des communes, mais là encore, les Français résistèrent. C’est alors qu’Emmanuel MACRON eut l’idée la plus brillante qui soit pour faire disparaître l’échelon communal : l’assécher financièrement. Ainsi, nous pourrions mieux prendre notre part à la mondialisation dans de grandes agglomérations.

Je commencerais par rappeler le rêve de nos technocrates européens : trois niveaux de gouvernance. Jusque là aucun problème, d’autant que nous vivions très bien avec la commune, le département et l’État. Mais ces braves soldats formés à l’école ultra-libérale de Chicago, veulent plutôt que nous adoptions le modèle : intercommunalité – métropoles (ou grandes régions en province) et Union européenne. Adieu communes, départements, régions et finalement État !


Des compétences obligatoires d’une commune

Selon la Loi, la commune ne dispose que de compétences limitées, dont le coût est théoriquement pris en charge par la dotation globale de fonctionnement : l’entretien de l’hôtel de ville, des bâtiments communaux (comme les écoles et les cimetières), l’accomplissement des missions d’état civil, la conservation des archives communales… Tout le reste n’est que service public supplémentaire, justifiant et justifié par d’autres taxes, notamment foncière et d’habitation.


Vers des coupes, des augmentations d’impôts et des fermetures de services ?

La baisse de la taxe d’habitation sera-t-elle compensée ? Rien n’est moins sûr. Dans tous les cas, on imagine mal que l’État, en mal d’économies, rende exactement la même somme aux collectivités. Pour autant, voilà cinq ans, depuis 2012, que nos communes ne cessent de réduire leur train de vie, trop souvent en s’attaquant au service public, davantage qu’au budget de fonctionnement interne des mairies. On ne saurait trop craindre la manière dont les équipes municipales vont gérer cette baisse.


Tuer la commune

À partir du moment où les villes auront été dépossédées de leurs principales compétences au profit de l’intercommunalité, elles n’auront plus besoin d’être gérées par une équipe élue ni financées au moyen d’une fiscalité propre. À partir de là, elles seront remplacées par une administration de mission qui se contentera de délivrer l’état civil, et de remplir des formulaires lorsqu’il conviendra de faire des travaux ici et là. La commune n’existera plus que dans les faits…


Je savais que la mort de la commune était annoncée à l’horizon 2025 car elle est trop petite et trop faible budgétairement pour être intéressante du point de vue du marché. Voilà qu’Emmanuel MACRON accélère le processus ; c’est à se demander si une équipe municipale élue en 2020 aura encore un quelconque pouvoir de décision. Toujours est-il que les 20 % de contribuables qui vont encore payer la taxe d’habitation doivent s’attendre à de fortes hausses de taux. Pour MACRON, les plus riches, c’est comme les retraités, ça doit payer !